Le peintre admirable du Sommeil d'Endymion, de la Mort d'Atala et du Portrait de Chateaubriand fut aussi poète. Formé aux hu- manités classiques dans sa jeunesse, il est l'auteur de libres traductions de poètes antiques grecs (Alcée, Sappho...) et latins (Catulle, Claudien, Martial). En 1808 il entreprit l'imitation et illustration des Odes d'Anacréon, dont l'édition fut posthume. Le musée du Louvre conserve le précieux manuscrit du premier état de ce travail intense et foisonnant, dans lequel s'entremêlent la recherche poétique et l'invention des images ? compositions ou vignettes ? en regard du texte.Seul un fac-similé pouvait restituer ce tout organique dans son intégrité. L'étude qui l'accompagne retrace l'histoire du manuscrit, les différentes étapes du projet d'édition et des versions posthumes, et analyse les sources esthétiques de l'artiste. L'écriture de Giro- det est parfois difficile à déchiffrer mais la transcription intégrale jointe à l'étude permet au lecteur d'en apprécier toutes les subtilités et de retrouver le charme de la poésie anacréontique.
De Jacopo Bellini à Eugène Delacroix, six cents carnets d'artistes et albums de collectionneurs, conservés au musée du Louvre, permettent de mieux comprendre le processus créatif des maîtres qui les ont exécutés et d'apprécier le goût des amateurs qui se sont attachés à les constituer. Ces oeuvres précieuses et fragiles demeurent pour la plupart méconnues. Certaines d'entre elles, reproduites pour la première fois dans leurs dimensions d'origine, accompagnées d'une étude inédite, invitent désormais le public le plus large possible au plaisir de la découverte. Le carnet dit "des Pyrénées", classé "trésor national" en 2003 et acquis par le musée du Louvre en 2004, fait ici l'objet pour la première fois d'une reproduction intégrale. Il a été commencé par Delacroix en juillet 1845, lorsqu'il se rendit en cure aux Eaux-Bonnes, une station thermale des actuelles Pyrénées-Atlantiques. Ebloui par le spectacle des montagnes, l'artiste a couvert ses pages d'études de paysages parfois rehaussées d'aquarelle et reproduit les costumes traditionnels revêtus par les paysans de la vallée d'Ossau. Ce carnet est l'un des plus remarquables du fonds Delacroix du Louvre.
Né à Saint-Anne, sur l'île de la Guadeloupe, Guillaume Guillon Lethière (1760-1832) fut un personnage clé dans le monde de le peinture française de la fin du)(vol' et du premier tiers du XIXe siècle. Fils d'un planteur blanc et d'une esclave métisse, il arriva à Rouen avec son père à l'âge de quatorze ans pour y suivre une formation d'artiste peintre puis s'installa à Paris. Il fit son chemin avec succès au travers des époques tumultueuses de la Révolution, du Premier Empire et de la Restauration, obtenant les plus hautes distinctions dans son domaine. Malgré sa réussite remarquable et son oeuvre considérable comprenant peintures et dessins, Guillaume Lethière est aujourd'hui peu connu. Ce catalogue abondamment illustré permet de le révéler à un plus vaste public et de lui redonner la place qui lui revient dans l'histoire de l'art, celle d'un des plus éminents artistes de sa génération.
Paki Sale rosine ; Ondoa Ndo sylvie marie berthe ;
Cet ouvrage en hommage au professeur Alice Delphine Tang, Revisite la pensée féminine telle qu'elle éclot des uvres littéraires du Champ francophone. Il apparaît de manière générale, que les écrivaines développent une esthétique à la fois transgressive et affective qui permet l'émergence d'une voix dissonante dans le concert des idées établies. Cette démarche de recherche est une mise en cause du phallologocentrisme qui sert de fondement à plusieurs institutions sociopolitiques et idéologiques, pour militer en faveur d'une communauté épanouie dans l'accord (vous avez dit à-coups ? ) parfait des genres. C'est dire en définitive que l'esthétique féminine est toujours peu ou prou féministe. L'ouvrage se veut être une trajectoire des écritures féminines, mosaïques des situations de femmes et aussi décryptage des imaginaires féminins sous le regard double du masculin et du féminin.
Au cours de sa vie, le collectionneur parisien Gustave Dreyfus (1837-1914) a rassemblé plus de 1600 oeuvres d'art de la Renaissance, qui étaient exposées dans son appartement situé boulevard Malesherbes. Ses nombreux visiteurs avaient ainsi l'occasion d'admirer des sculptures de Desiderio da Settignano et Francesco Laurana, des tableaux attribués à Jacopo Bellini et à Botticelli, et surtout un nombre impressionnant de médailles et de plaquettes : la collection de bronzes de Dreyfus était en effet l'une des plus importantes d'Europe, comparable à celle du musée du Bargello. Amateur passionné, Dreyfus était une figure incontournable dans le milieu intellectuel et artistique de son époque. Il connaissait la marquise Arconati-Visconti, Edmond de Goncourt, la princesse Mathilde Bonaparte, les Camondo et les Rothschild, mais aussi de nombreux artistes comme Auguste Rodin, Gabriele D'Annunzio ou Jules Massenet. Il fréquentait Adolfo Venturi et le jeune Bernard Berenson ; il était un habitué des cabinets du Louvre, où il rencontrait Charles Ephrussi, Léon Bonnat ou des conservateurs réputés comme Clément de Ris et Philippe de Chennevières. Grand voyageur, Dreyfus faisait preuve d'un goût et d'un talent exceptionnels, et toute occasion lui était bonne pour enrichir sa collection en suivant les conseils que lui prodiguaient s. amis Alfred Armand et Wilhelm von Bode. Aujourd'hui, la plupart de ses médailles et plaquettes italiennes, tout comme une bonne partie de ses tableaux et sculptures, se trouvent dans les plus importantes collections américaines, notamment la National Gallery de Washington et la Frick Collection de New York, où elles sont arrivées par le biais du marchand d'art Joseph Duveen. D'autres pièces de première importance - tels le Buste de Diotisalvi Nerani par Mino da Fiesole, le Saint Jérôme de Bartolomeo Bellano, ainsi qu'un corpus d'une centaine de médailles et petits bronzes - enrichissent les collections du musée du Louvre, à la suite de donations effectué. par Dreyfus et sa famille.
Ce précieux livret d'inspiration japonaise recèle la quintessence de l'art d'être chat : un traité d'éthologie et de pensée féline déployé en 24 planches exceptionnelles. Intellectuel raffiné et conseiller éditorial chez Officina Libraria, le chat Padamu a accepté de dévoiler l'ordinaire de l'une de ses journées, exemplaire... Il s'est laissé portraituré sur le vif, heure par heure, et saisir par le crayon mordant de Jack Tow. Un portrait tout en majesté et élégance, dans les poses les plus (ou les moins...) plastiques. Chaque moment, croqué par un dessin, est rehaussé par un aphorisme de Padamu traduit du miaou par Paola Gallerani qui, forte de sa compétence en matière d'idiome félin et de sa connaissance intime de son " collègue ", a restitué toute sa sagesse et sa sagacité. Le temps qui se déroule ici fait figure de véritable philosophie féline. L'art d'être chat, comme un art d'être...