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Blasphème. Brève histoire d'un "crime imaginaire"
Saint Victor Jacques de
GALLIMARD
14,00 €
Épuisé
EAN :9782070177608
Il avait disparu de notre horizon politique. Voltaire en avait fait une infraction d'un autre âge. La Révolution française allait le congédier du domaine de la loi, pour l'ériger en " crime imaginaire ". Et voici que le blasphème, notion si longtemps désuète, s'invite à nouveau dans notre vie publique, sourdement d'abord, puis au grand jour, dans le fracas des attentats sanglants de janvier 2015. Ce " péché de bouche " a une longue histoire qu'il faut retrouver pour mieux comprendre comment, d'un siècle à l'autre, il s'est articulé à nos guerres civiles et à nos conflits idéologiques. Outrage religieux, crime identitaire, délit politique : le blasphème n'a cessé de se métamorphoser au gré des époques, avant de déserter, en 1791, nos manières de penser, puis de réapparaître voici quelques années sous des atours inédits. C'est cette trajectoire que Jacques de Saint Victor restitue afin de rendre intelligibles les raisons et les enjeux du débat que le blasphème suscite aujourd'hui. Son invocation récente, par certains, au nom du respect des " convictions intimes ", met à l'épreuve un principe fondamental, propre à notre nation depuis des siècles, la liberté d'expression, et, au-delà, une manière singulière de s'entretenir des choses de la cité.
Résumé : C'est " un mythe ", proclamait Fellini. Héritière de plus de deux mille ans d'histoire païenne et chrétienne, Rome est une ville au charme ensorceleur : à l'ombre de ses ruines, de ses palais, de ses places et de ses églises millénaires, l'homme a enfoui son plus précieux savoir. Mais cette reine de l'univers ne cesse, depuis Romulus, de cacher de troublants secrets. Mamma Roma peut se révéler, comme la louve de Tite-Live, venimeuse et cruelle... Ce livre lève un coin du voile sur ces mystères en nous plongeant au coeur de la Rome vivante : des palais de l'aristocratie " noire " au ghetto, des monastères dérobés aux borgate populaires, Jacques de Saint Victor nous conduit en des lieux méconnus qu'il arpente depuis plus de vingt ans. Une promenade dans les splendeurs et les misères de Rome, ses héros et ses bandits, ses saints et ses prêtres corrompus, ses ragazzi et ses tifosi. De la Dolce Vita à aujourd'hui, en passant par les " années de plomb ", le lecteur se fraye un chemin partout où planent des ombres étranges, comme dans un vrai Romanzo Criminale où s'entremêlent le crime et le pouvoir, le profane et le sacré. Une façon de mieux comprendre ce que Du Bellay appelait déjà " le démon romain ".
Ce sont deux universitaires myopes. Elle est italienne, Michela. Lui, français, est le narrateur. Ils pourraient jouer dans un film de Nanni Moretti : ils sont les personnages du nouveau récit de Jacques de St Victor. A la cinquantaine, ils s'aperçoivent qu'ils ne supportent plus de vivre les vacances en touristes. Chaque séjour dans un hôtel menace de se terminer par une catastrophe conjugale. La solution : s'enraciner. Trouver le jardin d'Eden, un petit coin de paradis... En Italie bien sûr. Une maison à restaurer, quelle bonne idée ! Jacques de St Victor, professeur de droit, historien se rêvait dans sa jeunesse agent immobilier. Mais avec l'âge, il s'est détaché des maisons, choisissant une vie de nomade, vouée aux livres. Mais où en Italie ? Les Pouilles bien sûr, l'Apulie contemporaine, la région préférée des intellectuels bohèmes ! Ils sillonnent la région du Salento, les agences immobilières quand soudain Michela a une idée lumineuse. Elle se souvient que son père lui a légué un morceau de couvent près de Lecce : " Qui sait ? On pourrait peut-être décider de le restaurer ? ". " Je retenais un soupir. J'avais déjà visité ce lieu dont elle parlait. Ce n'était pas vraiment un couvent, selon moi, mais la bâtisse était plus imposante qu'un simple prieuré. Dans le coin, on disait il convento. Il avait été bâti à la Renaissance sur une ancienne chapelle basilienne. Cette baraque ne m'avait pas du tout plu la première fois où je l'avais visitée. C'était la deuxième année où je venais dans les Pouilles. Bien avant la crise des subprimes. Je n'osais encore rien dire parce que c'était une maison de famille. Mais pour moi, le lieu était détestable. Je tentais une démarche dilatoire. Bon, il faudrait avant de se décider qu'on aille jeter un coup d'oeil sur cette ruine.Je ne sais pas pourquoi j'avais dit " ruine ". Ce n'était pas une ruine. C'était pire. " Mais le narrateur n'est pas au bout de ses surprises. Lui, le spécialiste de la mafia, découvre que le couvent est un cercle de jeu aux mains des gangsters locaux. Mais ce couple excentrique ne recule devant rien et se lance dans la rénovation du couvent. L'amour rend aveugle mais l'amour des vieilles pierres aussi. Qu'importe, après l'enfer, le purgatoire, il y aura peut-être au bout du chemin de croix le Paradis. Un récit rapicolant, intime et très grand public. Une plongée dans une Italie secrète. L'histoire désopilante d'une restauration de vieille maison.
En descendant la Via Appia, cette route mythique qu'empruntaient les légionnaires romains, les éléphants d'Hannibal, les esclaves de Spartacus et les chars de Césars, Jacques de Saint Victor nous invite à un voyage peu commun. Outre le fait qu'il déteste la marche et ne se départit jamais d'un décapant sens de l'humour, l'auteur est l'un des plus fins connaisseurs de l'Italie. Au volant de sa vieille Panda, il nous introduit dans l'Italie profonde. Loin des tours opérateurs, des exploits sportifs et de l'égotisme gratuit, c'est une plongée au c?ur des mythes, au croisement des grandes cités antiques et de l'ultra-violence des mafias d'aujourd'hui. Suivre l'Appia, la plus ancienne route de l'Occident unissant le christianisme et le paganisme, l'Antiquité et le Moyen Âge, l'Occident et l'Orient, c'est retourner au berceau de la civilisation et de la vie publique. La Philosophie, la Démocratie, la Tragédie et la Comédie, Dieu et le Droit n'ont-ils pas trouvé leur source au creux de cette via publica ? Emprunter l'Appia, c'est aussi se frotter à la rudesse des " Sibéries du sud " et du populino, le petit peuple qui échappe aux statistiques et se reconnaît à son esprit " baroque ", ses rites insolites et ses superstitions. D'ailleurs, la Regina Viarum, la Reine des Voies, n'a rien perdu de son antique vocation de lieu de perdition. L'auteur nous révèle certaines anecdotes inédites et troublantes sur ce Far-west fasciste, sur l'épisode des Marocchinate, sur les " nouveaux Guépards ", la Camorra et la Casa Nostra, ces organisations secrètes et criminelles qui terrorisent et pillent le pays. Jacques de Saint Victor est un érudit passionnant qui a fait de cette traversée géographique un voyage heuristique, une remontée dans le temps et un petit traité du libéralisme intellectuel, ce qui n'est pas sans susciter de vifs débats avec sa femme. Naturellement, Michela, l'Italienne des Pouilles à l'irrésistible franc-parlé, est une députée féministe de gauche et professeur de philosophie morale tandis que son historien de mari ne jure que par Montesquieu et Tocqueville. Toujours dans un avion entre Rome et Paris, elle donne des conférences sur le couple pendant que lui développe " un cas préoccupant de régression touristique " en s'enfonçant dans les méandres de l'Appia. Mais n'est-ce pas aussi pour retrouver un peu de ce temps perdu de l'enfance, de cet état d'équilibre originel ?
Tu entres à présent dans l'honorable société de la Cosa Nostra (...). Tu y entres vivant et tu en sors mort. Dans ta vie, la Cosa Nostra passe avant toute autre chose. Avant ta famille, avant ton pays, avant Dieu." Cet extrait du serment mafieux témoigne d'une implacable réalité. La mafia a pris corps en Europe au XIXe siècle mais elle connaît, depuis la mondialisation, un essor considérable. A l'aune de la plus brutale actualité, Jacques de Saint Victor livre dans cette étude des informations et des analyses inédites, en particulier sur la mafia calabraise (la "Ndrangheta), aujourd'hui la plus puissante et la plus méconnue d'Europe, sur la mafia napolitaine et la mafia sicilienne. Mais ce livre ne se limite pas aux mafias italiennes ou italo-américaines, notamment parce que ces dernières se trouvent de plus en plus concurrencées par d'autres organisations criminelles. Il aborde ainsi, dans une synthèse unique en son genre, les liens qui se sont noués, tout au long du XXe siècle, avec les autres mafias du monde (triades chinoises, Babas turcs, mafia albanaise ou yakuzas japonais). C'est une autre histoire du XXe siècle qui se dessine dans ces pages, une histoire occulte faite de sang, de peur, de corruption, et de"zones grises"(où se retrouvent les services secrets et le monde des affaires) qui en disent long sur les faiblesses de nos démocraties contemporaines. La globalisation pose aujourd'hui une question cruciale: la société libérale aura-t-elle les moyens d'éviter la domination du crime? Biographie de l'auteur Docteur en histoire du droit, Jacques de Saint Victor est maître de conférences à l'université de Paris VIII, où il enseigne notamment l'histoire des phénomènes criminels dans le cadre du diplôme de criminologie et à l'université de Rome III. Il est aussi un critique au Figaro littéraire. Auteur de nombreux ouvrages, dont Le Roman de l'Italie insolite (éditions du Rocher, 2006), il prépare la publication de la monumentale Histoire des Républiques italiennes au Moyen Age (16 volumes) de Sismondi (coll. Bouquins)."
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.