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LES SIECLES ET LES JOURS. LETTRES (1693-1754) ET NOTE SAINT-SIMON DES DUCHES-PAIRIES, ETC.
SAINT-SIMON DUC DE
CHAMPION
108,00 €
Épuisé
EAN :9782745302519
Un Dubois noir et rouge, l'aimable Gualterio, l'implacable et doux Fleury, les ministres d'Argenson, Maurepas, le roide Berwick, l'exquis Valincour, le sulfureux Richelieu... : autant de correspondants, plus ou moins épisodiques, de Saint-Simon. Dès que, hors Mémoires, ils apparaissent au fil des temps, en l'une ou l'autre des quelque 370 lettres ou billets ayant échappé au désastre, quelle proximité des personnages, et, si variables sont les "effets d'optique", quelle neuve présence que celle du seigneur de La Ferté ou du bourgeois de Paris, par ailleurs héros fabuleux et intermittent, toujours et plus que jamais occupé du monde, à l'instar d'une incroyable princesse des Ursins, dite Ursa major ! Sur arrière-plan d'histoire est ici proposée une gerbe d'écrits contrôlés, commentés et trop peu connus, joints à d'autres textes justement célèbres : la Lettre à Louis XIV, sommation d'un "Nathan invisible", où passent les ombres de Fénelon et des prophètes ; la Note "Saint-Simon", mémorial d'une lignée et histoire d'une vie avant Chateaubriand... , si éloquente en sa trajectoire ; divers extraits dans lesquels, parmi d'éblouissantes caracoles stylistiques, au long d'un tracé trop pointilliste, hélas ! s'expriment la constance d'une foi, les lignes de force d'une idéologie, les pentes d'une rêverie aisément fascinée. Ces pages ne laissent pas d'enrichir et nuancer, hors écran, par-delà leur rhapsodie même et les emblèmes d'un Moi hyperbolique, et malgré les ellipses de la temporalité, l'image, faussement marginale et autrement authentique, du plus irremplaçable des écrivains.
Il a été un personnage si extraordinaire et si unique en son genre, que c'est avec beaucoup de raison que La Bruyère a dit de lui dans ses Caractères qu'il n'était pas permis de rêver comme il a vécu. A qui l'a vu de près, même dans sa vieillesse, ce mot semble avoir encore plus de justesse. C'est ce qui m'engage à m'étendre sur lui." Saint-Simon
Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, fut l'un des favoris de la cour de Louis XIV. Grand seigneur, il eut le privilège de loger à Versailles et d'y observer les intrigues de palais. Durant plus de trente ans, Saint-Simon va être l'historiographe du roi et de la cour. Ses Mémoires, oeuvre colossale de plusieurs milliers de pages, ne sont pas une entreprise autobiographique, il s'agit en fait d'une gigantesque fresque historiographique. Le titre des Mémoires est trompeur. Saint-Simon en avertit son lecteur: "Je ne parle pas du coeur, dont ce n'est pas ici le lieu. (...) Ces Mémoires ne sont pas faits pour y parler de moi." Il précise : "J'écris une histoire particulière (...) celle du temps et du pays où on vit." Une histoire donc et non une autobiographie : les Mémoires sont rédigés à la première personne, mais une personne se postant discrète et anonyme, comme une caméra cachée, dans les couloirs de Versailles et les allées de son jardin. De là, on assiste, spectateur comblé, voyeur patenté, au défilé impressionnant des courtisans intéressés et aux tableaux vivants des gens de cour. À la mort du Grand Dauphin en 1712, Saint-Simon se plaît à "croquer" tout ce beau monde qui "méditait profondément aux suites d'un événement si peu attendu, et bien davantage sur eux-mêmes'. Tels sont les Mémoires de Saint-Simon, drôles, vivants, scrutateurs, une somme incomparable sur les moeurs politiques du temps que renferme un traité de morale caustique sur la fatuité éternelle de l'homme."
Pour cette nouvelle édition, établie par Yves Coirault, le texte a été soigneusement revu sur le manuscrit. En outre, les Additions au Journal de Dangeau, soigneusement collationnées sur la copie originale, viennent compléter, tome par tome, le texte des Mémoires. Le lecteur pourra ainsi comparer deux états de cette oeuvre dont l'élaboration et la composition restent à bien des égards mystérieuses. D'autres appendices, se rapportant directement au texte de Saint-Simon, sont publiés dans chacun des volumes. Dans l'appareil critique, on n'a retenu qu'un choix des variantes les plus significatives, afin de laisser la plus grande place à l'annotation qui tire parti du profond renouvellement des études historiques de ces dernières années.
Lire Saint-Simon aujourd'hui c'est avant tout voir en lui, à l'instar de Proust, l'écrivain capable de ressusciter sous nos yeux un monde étrange; c'est se plonger dans un témoignage dont le manque d'exactitude est compensé par la magie de l'atmosphère; c'est y chercher, plutôt que des renseignements historiques, l'esprit d'un siècle, et le bonheur d'une langue éblouissante.