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Montherlant ou l'indignation tragique
Saint Robert Philippe de
HERMANN
40,40 €
Épuisé
EAN :9782705670825
L'INDIGNATION TRAGIQUE«On m'a reproché quelquefois de n'avoir pas beaucoup d'amour, mais j'ai de l'indignation, qui est une forme d'amour.»Montherlant (Service inutile)Les écrivains ne se démodent que dans l'esprit de ceux qui ne les ont pas lus, ou qui les ont mal compris. On connaît l'antienne contemporaine: On ne lit plus Gide, on ne lit plus Mauriac, on ne lit plus Montherlant. À peine Malraux - avec Proust et Claudel - survit-il à cette affectation d'ignorance, mais c'est parce qu'il fut ministre. Lorsqu'on passe dans le posthumat, les lecteurs ne sont plus les mêmes - moins nombreux, mais plus sérieux. La mode est une imposture redoutable, mais ôte-t-elle au goût d'hier son charme exemplaire? Ce n'est pas seulement le style qui change, mais les affects qui le forment. Tout style est une mémoire. Que saurions-nous des multiples facettes du Grand Siècle sans Corneille, Racine, Molière? Il y a toujours, à un moment donné, un déclin: le théâtre de Voltaire, ses poèmes épiques, sont nuls ou à peu près. La culture qui a inspiré Gide, Mauriac, Montherlant, n'est plus transmise, d'où l'actuelle difficulté, pour certains, de pénétrer leur oeuvre; d'où aussi la nécessité de le faire si l'on veut vivre autrement qu'en vaguant au fil de l'eau. Ce qui est vrai, et triste, c'est que l'écriture traverse aujourd'hui une passe difficile; la toile, dont raffolent les gogos, fait pour l'écriture figure de toile d'araignée. Je vous avertis que les analyses les plus lucides ne comportent pas de remède; le remède est en nous. Il faut savoir s'échapper, au prix de quelque solitude, prendre les modes comme elles sont - légères et éphémères. Le risque est de paraître dédaigneux, qu'importe?Les tourments qui ont fait l'oeuvre de Gide ne sont plus très actuels. Ceux qui ont fait l'oeuvre de Mauriac n'habitent plus, ou si peu, la religion chrétienne, sécularisée au point d'avoir pu être comparée par un crétin à une ONG. Nous barbotons dans cette confusion des genres: on dit que nos repères (mot très utilisé) se sont perdus dans cette légèreté de l'air du temps. S'il est un écrivain qui fut lucide quant à son posthumat, c'est bien Montherlant. Quoi de plus naturel que de vouloir se survivre? C'est une angoisse que connaissent même ceux qui n'ont pas d'oeuvre. L'écrivain, l'artiste en général, sait que rien n'est périssable comme son oeuvre. L'immortalité a ses secrets. Mais les siècles se tiennent par un fil mystérieux qui ne se rompt jamais tout à fait: disons continuité à défaut d'immortalité. Montherlant a été élevé dans la religion chrétienne dont, agnostique de bonne foi, il a tiré de merveilleuses évocations. Et dans une autre religion, séculière, qui était le patriotisme - cet attachement fol, mais «pas plus que tout amour». Le patriotisme fut la religion exaltée par la Grande Guerre, dont l'évocation imprime ses premières oeuvres - l'exil, le songe, le chant funèbre... Et tout incroyant qu'il fut, Montherlant a été affecté profondément par le désamour du christianisme. Quant à la patrie... Il note dans Tous Feux éteints: «Avoir vu mourir en soixante-quinze ans, une nation et une religion». Caton paraît dans cette amertume.
Résumé : La tragédie syrienne doit être replacée dans son contexte planétaire, marqué par un affrontement sans merci entre deux visions du monde. Au-delà des ambitions stratégiques, économiques ou idéologiques, elle apparaît comme un enchevêtrement complexe de luttes impliquant une quinzaine de guerres et deux centaines d'acteurs, gouvernementaux ou autres (armées, milices, agents spéciaux, ONG, think tanks). Ce "printemps arabe", qui a fait des centaines de milliers de morts et des millions de réfugiés, reste opaque pour le public, en raison d'une désinformation massive qui masque l'agression internationale subie par la Syrie, la cruauté de sanctions illégales et le prix payé par la population. Retombée de la fièvre actuelle au Proche-Orient, la chute éclair de la Syrie en décembre 2024 livrera-t-elle un jour ses secrets ? Comment les forces du HTS (Mouvement de Libération du Levant), soutenues par la Turquie et le Qatar, ont-elles pu s'emparer sans combats des principales villes et de Damas en quelques jours ? Bachar Al Assad disparaissant des écrans. Pourquoi l'armée s'est-elle retirée sans tirer un seul coup de feu, laissant le pays à la merci des envahisseurs ? Bien qu'il ait suscité des espoirs, ce coup de théâtre est de mauvais augure pour l'avenir.
Le conflit de Syrie a de multiples facettes dont la plupart ne sont jamais évoquées. On peut recenser une quinzaine de guerres concernant 120 pays (gouvernements, armées, agents spéciaux, milices...). Au-delà des objectifs stratégiques, économiques et religieux, deux visions de l'ordre mondial s'opposent. Cette tragédie, qui a fait des centaines de milliers de morts, des millions de réfugiés, est difficile à éteindre, aucun belligérant n'ayant déclaré la guerre. Les enjeux réels, les acteurs, restent inconnus du public, une dont est victime la Syrie. L'issue annoncée de la guerre rendra peut-être justice au peuple syrien, martyrisé, mais résilient.
Les technologies visant à augmenter les capacités physiques et psychologiques des soldats ont toujours fait partie intégrante de l'histoire militaire. Toutefois, les recherches actuelles n'ont plus rien à voir avec les expériences du passé, à tel point qu'il est désormais possible de parler d'une révolution de la condition humaine qui mènera à plus ou moins brève échéance à une situation où les guerres du futur seront menées par des "super soldats". Cette possibilité, qui est de plus en plus réelle et inévitable, mais qui demeure étonnamment négligée par les éthiciens, ouvre la porte à une série de questions fondamentales : ces technologies sont-elles moralement problématiques ? Si elles sont permises, en vertu de quels critères est-il possible de distinguer celles qui sont acceptables de celles qui ne devraient pas être tolérées ? Ces innovations vont-elles enfreindre les principes moraux de la "guerre juste" ? Quels devraient être les paramètres éthiques du développement de ces technologies ? Ce premier ouvrage en langue française sur le soldat augmenté cherche à répondre à ces questions. Refusant d'adopter un point de vue manichéen sur cette question, Jean-François Caron explique que les nouvelles technologies d'augmentation entraînent un dilemme moral important. D'un côté, elles peuvent être interprétées comme une obligation morale de la part de l'armée à l'égard des soldats. De l'autre, elles peuvent également entraîner des violations des règles de la guerre. A la lumière de cette tension, l'auteur propose une vision nuancée des tenants et aboutissants de ces technologies militaires et suggère un cadre éthique original permettant de délimiter leur développement et leur utilisation.
En quelques décennies, le jeu vidéo est devenu l'une des pratiques culturelles les plus prisées des adolescents. Sources de problèmes et d'inquiétudes pour les uns, simple loisir pour les autres, les pratiques vidéoludiques sont souvent l'objet de critiques et la cible de nombreux stéréotypes, malgré leur grande popularité. A partir d'enquêtes de terrain, cet ouvrage propose de déconstruire les présupposés sur le jeu vidéo afin de mieux comprendre sa relation avec ces adeptes singuliers que sont les adolescents et, depuis plusieurs années déjà, les adolescentes. De leur rôle dans la construction identitaire de jeunes joueurs aux représentations de l'adolescence dans les scénarios qu'ils proposent, les jeux vidéo révèlent alors leur complexité à la lumière des regards sociologiques et anthropologiques.
Lapointe Pascal ; Dupont Christophe ; Boileau José
L'information est un service public essentiel. Sans information, comment prendre des décisions éclairées sur les enjeux de société de l'heure ? La question est devenue encore plus importante à l'heure des réseaux sociaux, qui fournissent de l'information en abondance, mais sans vérifications ni préférences pour des sources crédibles. Pour ce faire, il faut des journalistes et des médias dignes de ce nom. Comment la nouvelle génération de journalistes va-t-elle réussir à se sortir de cette situation ? Comment trouver du travail et des contrats lucratifs tandis que les médias peinent à survivre et à trouver un "modèle d'affaires " ? Que signifie concrètement devenir journaliste indépendant, ou pigiste, ou entrepreneur, dans la crise actuelle des médias ? Quelles sont les habiletés dont un "nouveau journaliste " a besoin, au-delà des compétences de base qu'on enseigne dans les écoles de journalisme ? Comment la nouvelle génération de journalistes va-t-elle réussir à maintenir la liberté de la presse à travers ce dédale ? S'ils peinent à trouver du boulot, qu'ils deviennent journalistes indépendants, les nouveaux journalistes tireront-ils leur épingle du jeu ? Cet ouvrage s'adresse aux journalistes indépendants, pigistes ou blogueurs ou aux équipes qui songent à créer un nouveau média. Il leur apportera ce temps essentiel de réflexion pour mieux saisir les enjeux de la profession et relever leurs manches, à l'heure de la communication planétaire, des algorithmes et des inquiétudes sur l'avenir de la profession.
Les principes directeurs du présent livre sont la libre pensée et la libre expression, ouvertes, mobiles et affranchies des idéologies conservatrices ou progressistes". La guerre des sexes n'est pas morte : sous la pression de mouvements dénonciateurs ou en raison de clivages politiques grandissants, hommes et femmes semblent poussés à l'affrontement. Aussi nombreuses que soient les voix s'élevant pour arbitrer la rixe, celle de Camille Paglia connaît peu d'égales. Ce recueil convie à un riche programme : l'histoire du féminisme, les rapports entre l'inné et l'acquis, l'avortement, la chirurgie plastique, les femmes en politique, le sadomasochisme ou encore l'esthétique (qu'il s'agisse de la représentation évolutive des corps féminins dans l'histoire de l'art ou de l'étude de figures inspirantes, du buste de Néfertiti à la belle du Sud, en passant par Madonna et Germaine Greer). Pareille diversité atteste un apport précieux et original aux débats féministes et culturels contemporains.
Résumé : "La vie ne nous connaît pas et nous ne connaissons pas la vie - nous ne connaissons même pas nos propres pensées". Né à Berditchev, ville de l'Empire russe, Josef Teodor Konrad Korzeniowski, dit Joseph Conrad (1857-1924), eut deux vies. La première, vouée à la carrière maritime. Vingt ans durant il sillonne les mers du globe. Brevet de capitaine au long cours en poche, on le retrouve à Marseille, Singapour, Bornéo, Berau, au Congo, en Australie, au Canada. Parlant couramment le polonais, l'allemand, l'anglais, le français (avec un accent marseillais), il décide, en janvier 1894, de se consacrer entièrement à son oeuvre littéraire qu'il rédige en anglais - sa deuxième vie commence. Du Nègre du "Narcisse" à Amy Foster, en passant par Lord Jim ou Au coeur des ténèbres, ses romans et nouvelles font de celui qui affirmait vouloir écrire pour le plus grand nombre l'un des plus grands romanciers de langue anglaise du XXe siècle.
Résumé : Le nom d'Alain-Fournier, pseudonyme d'Henri-Alban Fournier (1886-1914), reste attaché au Grand Meaulnes, roman publié en 1913. Mort le 2 septembre 1914, à la lisière du bois de Saint-Remy, il est l'auteur d'une oeuvre plus ample - correspondance, nouvelles, poèmes, chroniques et critiques - sur laquelle s'appuie Ariane Charton, nous donnant une image très vivante d'un écrivain marqué par son enfance campagnarde. Ami de Jacques Rivière. Alain-Fournier veut trouver la présence du monde au fond de l'âme et ne jamais la disjoindre de son idéal. Rêvant d'être marin "pour faire des voyages". affirmant "se jouer du monde avec la moindre de ses pensées", il ne voulait pas créer des personnages "moraux ou sympathiques, mais d'abord penser à les faire vivants".
Résumé : "J'affirme que le monde des sens est à l'origine de toute compréhension humaine." Marin, chasseur de phoques, boxeur, chauffeur, repasseur, mineur, correspondant de guerre, vagabond du rail, chômeur, clochard, Jack London (1876-1916) vécut dans sa courte existence plus de mille vies. Sa bibliographie, qui compte une cinquantaine de volumes, comprend des nouvelles, des romans, des pièces de théâtre, des articles, des reportages, des discours enflammés au nom du socialisme. L'Appel de la forêt, Croc-Blanc, Construire un feu, Martin Eden, Le Talon de fer, autant de titres qui composent une ouvre dans laquelle l'autobiographie et le combat pour la vie occupent une place primordiale. A l'aube de sa quarante et unième année, consumé par tous les excès, il décide de mettre fin à ses jours en s'administrant une dose mortelle de morphine.
Résumé : Parti à l'aventure en Asie à vingt-deux ans, prix Goncourt avec La Condition humaine à trente-deux, héros de la lutte antifasciste dans l'entre-deux-guerres, chef d'une escadrille d'aviateurs pendant la guerre civile espagnole, ministre des Affaires culturelles du général de Gaulle, romancier, essayiste, orateur de génie... André Malraux (1901-1976) eut plusieurs vies, comme les chats qu'il aimait tant. Flamboyant, révolté mais hanté par la mort, il a traversé son siècle et sillonné le monde, avide de grandeur et de beauté. Fascinant et agaçant, pudique et ambitieux, fraternel et secret, Malraux fut l'artisan de sa propre légende et s'inventa un destin. On a souvent dit que sa vie était sa plus belle oeuvre. Et si ses livres étaient plus grands encore ?