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LA NATURE HUMAINE : UNE ILLUSION OCCIDENTALE
SAHLINS MARSHALL
ECLAT
10,20 €
Épuisé
EAN :9782841621842
Voici venu le temps de nous apitoyer sur notre misérable sort. Depuis deux millénaires, nous avons toujours été hantés par le spectre de notre propre nature: une nature humaine si cupide et si violente qu elle livrerait la société à l anarchie si on ne la soumettait pas à quelque gouvernement. Cet ouvrage montre qu il s agit d une conception typiquement occidentale, où l opposition entre nature et culture est perçue comme le fondement de notre propre tradition (et de nos propres sciences sociales) et de notre différence par rapport à tous ceux qui considèrent que les bêtes sont fondamentalement humaines, et non que les hommes sont fondamentalement des bêtes.Et ces derniers ont raison, du moins au sens où l espèce humaine moderne, l homo sapiens, est apparue il y a relativement peu de temps dans une histoire culturelle humaine beaucoup plus ancienne. La paléontologie nous l apprend: nous sommes des animaux de culture; notre patrimoine biologique, c est de créer des symboles. Croire que nous sommes à la merci de nos penchants animaux est une illusion qui s enracine aussi dans la culture.
Faisant suite au débarquement allié de Normandie, le 6 juin 1944, celui de Provence ouvre un deuxième front le 15 août, auquel participent les troupes françaises du général de Lattre de Tassigny, bientôt Armée française de la Libération. René de Salins fait part de son expérience comme chef de peloton de chars au sein de cette armée, depuis sa création en Afrique du Nord jusqu'à sa dissolution en Allemagne en 1945. S'appuyant sur des journaux de marche et sur les souvenirs publiés par les hauts responsables militaires concernant ces opérations, le récit de l'auteur est notamment celui d'un témoin privilégié des combats menés en Alsace dont il fait une description saisissante et dont il analyse les résultats. Ces combats incessants et sans merci mènent le lecteur de la libération de Belfort à la réduction de la poche de Colmar, et de l'entrée de l'armée française en Allemagne à la chute du IIIe Reich.
Durant la majeure partie de l'histoire et au sein de la plupart des sociétés, la vie humaine a été soumise à des dieux, des puissances ou des esprits, partout présents dans l'expérience quotidienne. En abordant ces sociétés qui évoluent dans un univers enchanté avec les outils et les préjugés de notre propre monde désenchanté, l'anthropologie n'a cessé de les défigurer. Car pour comprendre les conceptions de ces innombrables hommes et femmes, il faut en réalité rompre avec les notions modernes de religion, de croyance, de surnaturel ou de mythe. Ainsi seulement peut-on ouvrir la voie à une "science nouvelle" attentive aux diverses ontologies. Revisite et synthèse de l'histoire de la discipline, tour du monde conduisant des Inuit du cercle arctique aux Dinka d'Afrique de l'Est, en passant par les Araweté d'Amazonie ou les habitants des îles Trobriand, ce texte posthume de Marshall Sahlins met en lumière ce qui est le coeur battant de la recherche à laquelle il a consacré sa vie : une "double illumination", où la compréhension de sociétés différentes est toujours aussi une manière de mieux se connaître.
La sociobiologie constitue-t-elle la nouvelle révolution copernicienne, reléguant l'anthropocentrisme aux oubliettes de l'archéologie du savoir, en replaçant fermement l'homme et sa culture dans son contexte d'animalité concurrentielle ? Marshall Sahlins dénonce vigoureusement cette aberration antiscientifique et antihumaniste. Accepter la "Nouvelle Synthèse" sociobiologique, c'est faire fi de tout l'acquis des sciences de l'homme. Il ne suffit point d'affubler les comportements animaux d'une terminologie anthropomorphique, ou d'identifier les institutions humaines à des formes de "société" animales, pour établir une continuité entre tous ces phénomènes. De fait, le langage est le propre de l'homme ; la fonction symbolique qu'il exprime introduit une discontinuité radicale dans l'univers : les actes des hommes ne se comprennent que par la signification qu'ils revêtent dans un système d'institutions, au nombre desquelles la parenté a longtemps joué un rôle primordial - à l'antipode de toute "réalité" biologique. Il revenait à l'anthropologue de dégager le sens de la fascination qu'exerce cette éternelle "Nouvelle Synthèse", qui s'est insinuée dans les domaines les plus divers de la connaissance, de l'utilitarisme sociologique à l'économie marginaliste, en passant par la théorie des jeux et la linguistique cartésienne de Chomsky. M. Sahlins en identifie le ressort profond : l'"individualisme possessif", et la dialectique de la nature et de la culture qui lui est propre.
La géométrie non euclidienne fut non seulement un bouleversement sans précédent dans l'histoire des mathématiques, mais également une bouffée d'air pur pour les partisans d'une "vérité sans les dogmes". Par ce "non" augmentatif, elle affirmait l'existence d'un en-dehors de l'Être, vingt-quatre siècles après le Parménide de Platon, et plaçait, more geometrico, la philosophie dans l'espace de la spiritualité occidentale, ouvrant la voie à la liberté dans le domaine des sciences rigoureuses. C'est aux implications philosophiques de cette révolution mathématique qu'est consacré l'essai d'Imre Toth, qui étudie également certains aspects de la pensée de Gottlob Frege, farouche adversaire de la géométrie non euclidienne, pour en démontrer les impasses et les fourvoiements.
Le Banquet des Cendres est le premier des trois grands dialogues métaphysiques de Giordano Bruno, dans lequel il expose, contre les partisans d'Aristote et de Ptolémée et par-delà Copernic, ses conceptions cosmologiques. S'il défend l'hypothèse copernicienne au cours d'un banquet organisé en son honneur par des docteurs anglais le 14 février 1584, jour des Cendres, c'est surtout pour dénoncer la pédanterie et l'obscurantisme desdits docteurs et c'est avant tout le Bruno "inventeur de philosophies nouvelles" comme l'appelle James Joyce, qui apparaît ici.
Dans le domaine métaphysique, le philosophe et théologien médiéval Guillaume d'Occam énonça des préceptes de simplicité passés à la postérité sous le nom de " Rasoir d'Occam " et sous la forme d'une injonction: Il ne faut pas multiplier les êtres et les principes d'explication au-delà de ce qui est nécessaire. Le " Rasoir de Kant " fait jouer ce même principe d'économie dans le domaine moral, et permet ainsi de dessiner les contours d'une éthique minimaliste, mais non moins propre à la vie sociale. Plus de deux cents ans après Diderot, Ruwen Ogien repose, à sa manière, la question du Supplément au voyage de Bougainville concernant les " inconvénients d'attacher des idées morales à certaines actions qui n'en comportent pas ", et soumet la réflexion morale à un diagnostic qui décevra sans doute les amateurs de certitude, mais réjouira ceux qui se refusent à la réduire au moralisme ambiant.