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LE DERNIER EUNUQUE
SAHEBJAM FREIDOUNE
DU FELIN
19,00 €
Épuisé
EAN :9782866455606
C'est une étonnante histoire qui a inspiré ce roman. Mais c'est pourtant une histoire vraie. Elle raconte la fantastique aventure de Mortéza, un petit paysan bossu, rejeté par les siens, et qui, au sortir d'une enfance meurtrie, se voit interpellé par le destin lorsqu'il sauve de la noyade la cousine du prince héritier de Perse, lequel le prend à son service comme jardinier à la cour, puis devient son ami. Devenu adolescent, Mortéza est reconnu impuissant par le médecin du palais et devient "petit eunuque" au sérail royal, chargé de la protection des femmes destinées au plaisir du roi. Devenu "grand eunuque" et jalousé pour sa rapide ascension, il lui faut pourtant garder un secret qui pourrait lui coûter la vie: il n'a jamais été impuissant... Il sera très apprécié par le shah qu'il accompagnera dans des voyages où il rencontrera toutes les familles royales et impériales d'Europe parmi lesquelles la reine Victoria et Sissi d'Autriche. Mortéza est mort en 1933, entouré de ses quatre épouses et de sa très nombreuse descendance, riche et respecté de tous.
Il s'agit d'un roman historique qui, évoquant un héros légendaire de l'ancienne Perse, ne songe, bien sûr, qu'à parler du présent iranien. Voici donc l'histoire de Hassan Sabbah, chef de la secte des ismaéliens, entre Ispahan, Bagdad et Alamout de 1075 à 1124. Mystique, ami du poète Omar Khayyam, Hassan est ce musulman qui, avant d'autres, prônera un retour aux sources de sa religion contre les sultans Seljoukides qui règnent alors sur l'Islam. Hassan regroupera autour de lui une troupe de musulman fanatisés, drogués au haschisch (d'où le mot "assassin") qui terrorisent l'empire des sultans jusqu'au jour où ils les manipuleront pour instaurer un véritable Etat théocratique qui durera plus d'un siècle, effrayant l'Occident des croisades par sa cruauté. Dans ce roman, on voit donc, de l'intérieur, comment se bâtit l'âme d'un intégriste. Pourtant Hassan était, aussi, un homme d'immense culture, ami des arts, poète à ses heures. Telle est l'énigme qui porte ce livre : comment peut-on être à la fois un Saint et un Monstre, un farouche défenseur du Bien et un tyran sans pareil, dans ce XIe siècle qui évoque étrangement la fin de notre propre millénaire en proie au fanatisme et à l'obscurantisme ?
Bilqis, douze ans et demi, est une paysanne afghane qui aide sa mère aux champs et à la maison depuis la mort de son père. Elle est l'aînée de six enfants. Un jour de 1989, elle est violée par des soldats soviétiques qui rentrent dans leur pays, après dix ans d'occupation. Alors commence pour Bilqis une lente descente aux enfers: rejetée par sa mère, puisque "souillée", elle vivra dans l'étable, avant d'être vendue à une famille d'un bourg voisin. Pendant une dizaine d'années, de bourgades en villages, elle sera bonne à tout faire, serveuse, femme de chambre, instrument de désirs et de fantasmes, battue, insultée, violentée... Dans un bordel à Herat, Bilqis a ses protecteurs parmi les talibans. Puis on la retrouve, enlevée par des bandits, prostituée dans une caserne, favorite d'un chef de guerre unijambiste et borgne qui la martyrise, avant qu'elle ne le poignarde et s'enfuie à nouveau... "Celle qui perd sa réputation n'est plus qu'une morte parmi les vivants." Voilà ce que lui dit une de ses compagnes d'infortune. La jeune femme, qui a aujourd'hui vingt-six ans, a été sauvée par une ONG européenne. Elle a appris à lire, à écrire et à calculer. Elle se reconstruit lentement. Un document unique sur la condition des femmes en Afghanistan, et dans les pays ravagés par les guerres, par l'intégrisme, par l'obscurantisme
L'image enchanteresse de la princesse des contes de fées n'est certainement pas celle de la princesse Mofakham, fille de l'ambassadeur de Perse à la cour du tsar Nicolas II. Déjà, à l'âge de huit ans, il lui faut fuir la Russie avec toute sa famille, car la révolution de 1917 fait rage. C'est en France, finalement à Nice, que tout ce monde va s'installer, en compagnie de tous les déchus des cours d'Europe en attente de revanche. Dès lors, l'éducation de la princesse devient austère, étouffante, résolument xénophobe et raciste. Le prince Mofakham ne reçoit plus que des émissaires de Mussolini, Franco, Hitler... Le mariage de sa fille avec un jeune diplomate iranien ne recueille pas davantage son agrément. Car le jeune marié est au service du nouveau régime de Téhéran. Il est aussi malade du c?ur, et laisse la princesse veuve à 27 ans, avec un enfant à élever au milieu de l'hostilité et des humiliations infligées par ses proches. Ce n'est qu'au décès du prince, en 1938, qu'elle retrouvera un peu de dignité, apprendra la musique et la danse classique, obtiendra même une licence de droit. Cette histoire étonnante, représentative de la fin d'une époque et annonciatrice d'une des plus grandes tragédies de l'histoire, est tout simplement celle de la mère de l'auteur de ce document.
Odile de Vasselot a 18 ans lorsque les Allemands envahissent la France. Convaincue dès le début du conflit de la nécessité de résister, elle est orientée vers des réseaux qui, bien qu'animés en grande partie par des civils, ont des objectifs militaires. A partir de 1942, elle est mise en contact avec deux vastes réseaux antinazis oeuvrant en Belgique, en France et en Espagne. Odile de Vasselot est d'abord agente de liaison pour le service de renseignement Zéro, puis sert, au sein du réseau Comète. comme convoyeuse de pilotes anglais rescapés des batailles aériennes, des opérations à haut risque et très mouvementées menées depuis le territoire belge. C'est en brossant le portrait de ses compagnons d'armes portés par leur courage, leur modestie et leur ténacité que l'autrice nous fait revivre une phase essentielle de la Résistance.
Résumé : Modernité hermaphrodite aborde près de deux siècles de l'histoire de ceux qu'on appelait jusqu'au début des années 2000 les hermaphrodites, qui, pour beaucoup, aujourd'hui préfèrent adopter la dénomination d'intersexes. Il commence au moment où pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle les savants, anatomistes, philosophes, mythologues, artistes, littérateurs et érudits éclairés leur ont accordé un intérêt méthodique et symbolique particulier, et se termine au début du XXe siècle lorsqu'on a commencé à vouloir faire disparaître leurs anatomies sous les scalpels des chirurgiens. L'attention toute particulière qu'accorde Johann Wickelmann, père de l'histoire de l'art, aux hermaphrodites en fait le symbole du beau idéal, transcendant l'anatomie des deux sexes au travers d'un individu, jusqu'au XXe siècle où les mutilations quasi systématiques de ce qui représente, dès la naissance, un tabou médical et social deviennent la norme. Magali Le Mens met en lumière les paradoxes et les conséquences de la confusion entre une population bien réelle et tout l'imaginaire qu'elle véhicule.
La pensée chinoise a trois fondements: le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme. Selon les époques, l'un de ces courants a prédominé, laissant les deux autres jouer en sourdine. Et aujourd'hui? Ni le taoïsme et son "laisser faire" (Wou wei), ennemi de tous les artifices de la civilisation, sceptique face au progrès, ni le bouddhisme, prêchant l'évasion hors de ce monde, ne paraissent aptes à assurer la stabilité d'un système politique et les règles de la vie sociale. On n'est pas surpris d'observer un regain du confucianisme, illustré par une dizaine de grands penseurs, parfaits connaisseurs de la philosophie occidentale. Bien sûr, on s'interroge sur les soubassements idéologiques d'un tel renouveau. Cinquante années après le marxisme maoïste, dans une Chine préoccupée essentiellement par son développement économique, cette réhabilitation du confucianisme peut être interprétée, tantôt comme une utopie, tantôt comme le témoignage d'un nationalisme rétrograde. Que ce retour aux sources ne soit en rien une stagnation stérile, mais qu'il manifeste la vivacité d'une philosophie riche de possibles, voilà l'enjeu de ce livre. Biographie: Régine Pietra est professeur de philosophie à l'université de Grenoble. Elle est l'auteur d'un essai sur Paul Valéry (Valéry, directions spatiales et parcours verbal, Minard, 1981) et de Sage comme une image, figures de la philosophie dans les arts (Le Félin, 1992).
En 1940, la France capitule. En 1941, Jacques Lusseyran, alors qu'il est aveugle et n'a pas 18 ans, entre en résistance en rejoignant le mouvement Défense de la France. Le 20 juillet 1943, il est arrêté par la Gestapo, interrogé pendant des jours interminables et enfermé à Fresnes. Il sera. déporté en 1944 à Buchenwald. Comment un aveugle peut-il survivre à cet enfer? Grâce à la protection d'un groupe de Russes et à sa connaissance de l'allemand qui lui permettra d'informer les autres déportés des agissements des S.S. Après un an et demi d'horreur, il est libéré et revient en France où il poursuivra ses études en affirmant ses aspirations littéraires balayées par la guerre. Cette autobiographie est un exceptionnel exemple d'amour de la vie, de courage et de liberté face à l'adversité.