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Je n'ai plus de larmes pour pleurer
Sahebjam Freidoune
GRASSET
22,34 €
Épuisé
EAN :9782246356318
C'est dans l'enthousiasme général que des dizaines de milliers d'adolescents iraniens se sont portés volontaires, en 1981, pour secourir la nation en danger et en chasser l'envahisseur irakien". Plus de trente mille d'entre eux sont ainsi morts dans les déserts du Khuzestan, un verset du Coran épinglé sur leurs poitrines. Puis, devant ce charnier, les parents ont hésité et les rafles ont commencé, dans les écoles, les champs, les usines, les terrains de sport. Au fil des années, l'âge de la conscription a baissé: quinze, quatorze et treize ans... Pour chaque enfant mort, les familles ont reçu une modeste pension et tous les" honneurs "du régime islamique. Reza, le garçon dont Freidoune Sahebjam a reçu le témoignage, a perdu sur le front son père et ses deux frères, âgés de seize et quatorze ans. Dénoncé par sa mère qui avait honte de ne pas le voir engagé dans l'armée de l'imam à douze ans, Reza a été finalement enrôlé et envoyé sur les champs de mines. Plusieurs fois blessé, Reza devait se retrouver, quatre mois après son enrôlement, dans un hôpital irakien, les jambes paralysées. Marqué à tout jamais par son expérience d'enfant-soldat et par l'apprentissage de l'horreur, Reza a accepté de tout raconter à Freidoune Sahebjam, devenu son ami."
Il s'agit d'un roman historique qui, évoquant un héros légendaire de l'ancienne Perse, ne songe, bien sûr, qu'à parler du présent iranien. Voici donc l'histoire de Hassan Sabbah, chef de la secte des ismaéliens, entre Ispahan, Bagdad et Alamout de 1075 à 1124. Mystique, ami du poète Omar Khayyam, Hassan est ce musulman qui, avant d'autres, prônera un retour aux sources de sa religion contre les sultans Seljoukides qui règnent alors sur l'Islam. Hassan regroupera autour de lui une troupe de musulman fanatisés, drogués au haschisch (d'où le mot "assassin") qui terrorisent l'empire des sultans jusqu'au jour où ils les manipuleront pour instaurer un véritable Etat théocratique qui durera plus d'un siècle, effrayant l'Occident des croisades par sa cruauté. Dans ce roman, on voit donc, de l'intérieur, comment se bâtit l'âme d'un intégriste. Pourtant Hassan était, aussi, un homme d'immense culture, ami des arts, poète à ses heures. Telle est l'énigme qui porte ce livre : comment peut-on être à la fois un Saint et un Monstre, un farouche défenseur du Bien et un tyran sans pareil, dans ce XIe siècle qui évoque étrangement la fin de notre propre millénaire en proie au fanatisme et à l'obscurantisme ?
L'image enchanteresse de la princesse des contes de fées n'est certainement pas celle de la princesse Mofakham, fille de l'ambassadeur de Perse à la cour du tsar Nicolas II. Déjà, à l'âge de huit ans, il lui faut fuir la Russie avec toute sa famille, car la révolution de 1917 fait rage. C'est en France, finalement à Nice, que tout ce monde va s'installer, en compagnie de tous les déchus des cours d'Europe en attente de revanche. Dès lors, l'éducation de la princesse devient austère, étouffante, résolument xénophobe et raciste. Le prince Mofakham ne reçoit plus que des émissaires de Mussolini, Franco, Hitler... Le mariage de sa fille avec un jeune diplomate iranien ne recueille pas davantage son agrément. Car le jeune marié est au service du nouveau régime de Téhéran. Il est aussi malade du c?ur, et laisse la princesse veuve à 27 ans, avec un enfant à élever au milieu de l'hostilité et des humiliations infligées par ses proches. Ce n'est qu'au décès du prince, en 1938, qu'elle retrouvera un peu de dignité, apprendra la musique et la danse classique, obtiendra même une licence de droit. Cette histoire étonnante, représentative de la fin d'une époque et annonciatrice d'une des plus grandes tragédies de l'histoire, est tout simplement celle de la mère de l'auteur de ce document.
Bilqis, douze ans et demi, est une paysanne afghane qui aide sa mère aux champs et à la maison depuis la mort de son père. Elle est l'aînée de six enfants. Un jour de 1989, elle est violée par des soldats soviétiques qui rentrent dans leur pays, après dix ans d'occupation. Alors commence pour Bilqis une lente descente aux enfers: rejetée par sa mère, puisque "souillée", elle vivra dans l'étable, avant d'être vendue à une famille d'un bourg voisin. Pendant une dizaine d'années, de bourgades en villages, elle sera bonne à tout faire, serveuse, femme de chambre, instrument de désirs et de fantasmes, battue, insultée, violentée... Dans un bordel à Herat, Bilqis a ses protecteurs parmi les talibans. Puis on la retrouve, enlevée par des bandits, prostituée dans une caserne, favorite d'un chef de guerre unijambiste et borgne qui la martyrise, avant qu'elle ne le poignarde et s'enfuie à nouveau... "Celle qui perd sa réputation n'est plus qu'une morte parmi les vivants." Voilà ce que lui dit une de ses compagnes d'infortune. La jeune femme, qui a aujourd'hui vingt-six ans, a été sauvée par une ONG européenne. Elle a appris à lire, à écrire et à calculer. Elle se reconstruit lentement. Un document unique sur la condition des femmes en Afghanistan, et dans les pays ravagés par les guerres, par l'intégrisme, par l'obscurantisme
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.
Bogdanov Igor ; Bogdanov Grichka ; Tettiravou Marc
Résumé : Que diriez-vous si l'on vous apprenait un jour que l'un des plus grands mathématiciens de l'histoire, Bernhard Riemann, le père de la fameuse "géométrie riemanienne", avait découvert en 1859 une mystérieuse formule qui, selon ses propres mots, "indiquait le chemin qui mène vers Dieu ? ". Une formule impénétrable, qui donne le vertige. Son nom ? L'hypothèse de Riemann. Or, malgré des efforts acharnés, aucun mathématicien n'a encore été capable d'en percer le mystère. L'Institut de Mathématiques Clay offre aujourd'hui une récompense d'un million de dollars à celui qui trouvera enfin la solution. S'agit-il du graal dans lequel seraient enfouies, sous une forme algébrique, les réponses ultimes aux questions que chacun se pose sur le sens de la vie ? Une clef permettant de comprendre que la naissance de l'Univers n'est pas le fruit du hasard ? Fascinés, à leur tour, par le formidable secret que recèle la fonction Zeta de Riemann, Igor et Grichka Bogdanov nous plongent jusqu'au vertige au coeur de cette éblouissante énigme mathématique. Une énigme qui pourrait bien confirmer que l'Univers a bel et bien un sens. Et que notre propre existence repose sur un ordre profond décrit, de manière inévitable, par l'équation Dieu.
Résumé : " Une petite fille nous aborde : Qu'est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c'était un hôpital, et j'ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l'eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J'insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n'a pas peur, on les connaît. " C'est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L'élimination - un voyage vers l'enfance et vers les rizières où furent tués, par l'idéologie, la faim et la violence, 1, 8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses soeurs. Mais aussi le grand banyan où il s'abrita, désespéré, à treize ans, avec ses boeufs - sur cette colline, les khmers rouges n'osaient pas s'aventurer. Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s'arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L'oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu'il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d'hommes. D'une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d'un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d'une méditation sur l'idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.