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TOULOUSE-LAUTREC
SAGNE JEAN
FAYARD
30,50 €
Épuisé
EAN :9782213018744
Un corps d'adulte sur des jambes d'enfant, une tête énorme hérissée d'une barbe folle ont dessiné de Lautrec l'image d'un faune de la Grèce antique. Artisan de la mythologie contemporaine, celle d'un Paris du plaisir et de la fête, lui-même n'a cessé de faire référence à la légende. Pitreries, pieds de nez, facéties, irrévérences ponctuent une existence fantasque, une vie inventée qui a valeur d'oeuvre et se déroule comme un gigantesque happening. A trente-sept ans, l'alcool, la volupté et le travail triomphent de cette force de la nature. A Bordeaux, où il passe l'hiver 1900-1901, Lautrec est terrassé par une crise : " Je me nourris de noix vomique, écrit-il à Joyant, l'ami d'enfance devenu directeur d'une galerie de peinture, aussi Vénus et Bacchus me sont barrés. " Rares sont les peintres qui se sont imposés si vite et avec une telle autorité. Or, peu d'individus ont provoqué un si grand nombre de réactions haineuses. Sans doute sa physionomie inspirait-elle répulsion et dégoût, mais le rejet violent de ses contemporains s'explique autant par la remise en question des valeurs morales qu'exprime sa peinture que par l'aspect monstrueux de l'homme. L'homme est banni, calomnié : son histoire renvoie à celle de la marginalité et de l'exclusion. Pour vivre sa différence, il a dû provoquer, bousculer les idées reçues. Mais il n'a pas hésité non plus à se faire violence, à retourner le miroir sur lui-même et à se caricaturer sans complaisance. En prenant appui sur ces multiples points de vue, Jean Sagne redonne au destin et à l'oeuvre de Lautrec leurs véritables dimensions. Jean Sagne a publié Delacroix et la photographie (Herscher, 1982), L'Atelier du photographe (Presses de la Renaissance, 1984) etCecil Beaton (Le Chêne, 1984).
La vie d'Agnès de Langeac, béatifiée en novembre 1994 par le pape Jean-Paul II, a fait l'objet de deux Mémoires, l'un du père Esprit Panassière, son confesseur dominicain, l'autre du père Arnaud Boyre, supérieur des jésuites du Puy, son " directeur ". Ces textes éclairent la pratique de l'accompagnement spirituel au début du XVIIe siècle. Arrivé en 1653, une vingtaine d'années après la mort d'Agnès, comme supérieur du séminaire du Puy qui venait d'ouvrir ses portes, Charles de Lantages, prêtre de la Compagnie de Saint-Sulpice, compose une vie de la mère Agnès puisant dans les deux Mémoires cités qu'il reproduit abondamment. Il séjourne, à de nombreuses reprises, à Langeac, et s'entretient avec les soeurs du monastère qui avaient vécu avec Agnès. Il recueille ainsi beaucoup d'éléments nouveaux auprès de celles qui l'ont connue et rencontre également le père Panassière en 1661. Le présent ouvrage constitue la première biographie imprimée, publiée au Puy en 1665, par Monsieur de Lantages et est aujourd'hui encore une référence par la qualité de son information, sa sûreté théologique, sa sobriété et la beauté de sa langue.
Résumé : Né dans une famille royaliste, à Rouen, sous la Révolution, Théodore Géricault traverse cette période de profonds bouleversements qui le marqueront à jamais. D'un tempérament vif, impulsif, dans un univers artistique conformiste, l'âme tourmentée aux plaintes comparables à celles de Vigny ou de Musset, il incarne le mal du siècle. Sa lucidité et sa révolte _ proches du vertige de la folie _, sa recherche d'une nouvelle identité pour l'artiste, le placent comme premier peintre de la modernité. Après avoir servi dans les mousquetaires du roi au retour de Louis XVIII, Géricault bascule dans l'opposition à l'heure où il peint Le Radeau de la Méduse. Adoptant les thèses libérales, il se situe comme un démocrate et fait de la figure du Noir du Radeau l'emblème des droits de l'homme, le signe le plus visible de sa conscience politique. Jean Sagne a publié Delacroix et la photographie (Herscher, 1982), L'Atelier du photographe (Presses de la Renaissance, 1984), Cecil Beaton (Le Chêne, 1984), Toulouse-Lautrec (Fayard, 1988).
Qui penserait que le repas, cet acte si banal, soit de si grande portée humaine ? Le père Jean-Claude Sagne se livre dans ces pages à une analyse approfondie de cette pratique. en reprenant. résumant et approfondissant une thèse de psychosociologie soutenue en 1982. Mais pour comprendre ce qui advient lorsque des humains mangent ensemble. il dépasse le cadre de cette discipline et recourt à l'histoire de l'art et à l'observation des communautés contemporaines, à la Bible et à la théologie spirituelle. (...) Humaniser l'acte de manger, c'est en faire un temps de convivialité avec autrui, et même avec Dieu (...) Toute la pédagogie de Dieu avec son peuple est de l'arracher à sa condition de bête de somme où l'a réduit l'oppresseur égyptien pour lui rendre sa dignité humaine, en lui réapprenant en particulier à manger dans le désert par l'accueil de la manne quotidienne : il y a dans l'Exode toute une éducation à l'art de se nourrir, tout un apprentissage du don reçu et partagé. Aussi quand des hommes décident de mener la vie commune en se consacrant à Dieu, ils ne peuvent laisser au hasard la manière dont ils prendront ensemble leur repas. L'architecture médiévale des monastères montre que le réfectoire est comme une réplique de l'église : de la liturgie au chœur on passe à celle de la table, car le repas prolonge l'eucharistie... Frère Etienne Ricaud, osb, abbé de Fleury, Saint-Benoît-sur-Loire. Cette étude sur la symbolique du repas, sur les conduites et les faits de table se conclut par une profonde réflexion sur l'Alliance à laquelle le repas invite. Elle éclairera les communautés religieuses et les familles et les aidera à mieux " manger ensemble pour mieux vivre ensemble ".
Josy Eisenberg est rabbin et anime "A bible ouverte" et "La source de vie" sur France 2. Il a notamment publié Le Judaïsme pour les nuls (First, 2009). Adin Steinsaltz, rabbin et mathématicien, a reçu le prix Israël pour son commentaire des deux Talmuds.
En 2014, la victoire électorale des nationalistes hindous, remportée en grande part grâce au populisme de leur leader, Narendra Modi, a fait basculer l'Inde dans la démocratie ethnique. Les tenants du sécularisme, des militants politiques aux universitaires en passant par les organisations non gouvernementales, ont été mis au pas. Cibles traditionnelles des nationalistes hindous, les membres des minorités religieuses - les chrétiens et les musulmans en particulier - ont été relégués au rang de citoyens de seconde zone. Non seulement leur mise à l'écart au sein des institutions indiennes - y compris les assemblées élues - est sans précédent, mais ils sont victimes de violences et d'une police culturelle visant tant leurs pratiques religieuses que leurs activités économiques. Cette transformation de la scène politique indienne s'explique par le pouvoir que le mouvement nationaliste hindou, fondé dans les années 1920, a acquis au fil du temps - au plan électoral comme sur le terrain, à travers l'infiltration systématique de l'appareil d'Etat et un dense réseau de militants actifs sur les réseaux sociaux. En retraçant la montée en puissance de Narendra Modi dans son Etat du Gujarat dès les années 2000, puis à l'échelle du pays, Christophe Jaffrelot livre une analyse saisissante de l'essor du national-populisme au sein de la plus grande démocratie du monde.
Carnages. Des millions de morts dont le décompte pourrait avoisiner celui des victimes de toutes les guerres depuis 1945. Qui en parle? Qui s?intéresse à ces « carnages incompréhensibles »? Rwanda, Kivu, Sud-Soudan, Somalie, Darfour? Invoquer la folie des hommes ne fournit aucune clé d?interprétation; et l?on ne peut pas se contenter de regarder l?Afrique sous le seul angle des Droits de l?homme ou de la Françafrique.Étonnamment, ces conflits majeurs n?ont jamais été appréhendés dans leur globalité. Qui ont été les soutiens, voire les promoteurs de toutes ces guerres? Quels intérêts ont-elles servis? À contre-courant de tout ce qui s?écrit sur l?Afrique, Pierre Péan expose les logiques stratégiques qui visent à remodeler l?Afrique, et dont les « dégâts collatéraux » ont été d?une ampleur inédite et tragique.Il nous révèle ainsi les dessous du Grand Jeu africain des puissances occidentales et les affrontements feutrés entre elles. Après la chute du mur de Berlin, les États-Unis, aidés notamment de la Grande-Bretagne et d?Israël, ont décidé d?étendre leurs aires d?influence sur le continent africain, en réduisant notamment le pré carré français. L?instauration du nouvel ordre mondial y a été d?autant plus profonde que l?Afrique est devenue un des principaux terrains du « choc des civilisations » qui a installé, avant le 11-Septembre, l?Est africain dans l?espace conflictuel du Proche-Orient. Les regards braqués sur le Grand Moyen-Orient n?ont pas vu que le Soudan était devenu pour Israël et pour les États-Unis un pays potentiellement aussi dangereux que l?Iran: il fallait donc « contenir » et diviser le plus grand pays d?Afrique.Les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, la France, le Canada, la Belgique et plus récemment la Chine ont été les belligérants fantômes de ce conflit. Il est temps que l?on tire au clair les responsabilités des uns et des autres. Pierre Péan est écrivain et enquêteur. On lui doit notamment Une jeunesse française: François Mitterrand (Fayard, 1994), La Face cachée du Monde (avec Philippe Cohen, Mille et une nuits, 2003); Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et une nuits, 2005), Le Monde selon K (Fayard, 2009).
Le nouveau monde de l'oncle Henry La fin de la guerre froide semblait déboucher sur un monde simplifié: au centre, une Amérique victorieuse et sans rivale, seule superpuissance capable de dicter son ordre mondial et de diffuser partout son mode de vie et ses valeurs. La magistrale leçon d'histoire et de diplomatie d'Henry Kissinger détruit cette illusion: l'Amérique, prévient celui qui a inspiré pendant près de dix ans sa politique étrangère, va devoir réformer profondément sa vision du monde et ses méthodes d'action, sous peine de se réfugier à nouveau dans un isolationnisme aussi dangereux qu'illusoire. Il lui faudra évoluer dans un système complexe d'équilibre des forces, une notion avec laquelle elle est justement en "délicatesse". Cette révision déchirante concerne d'abord le rêve américain de sécurité collective: incarné pendant près d'un siècle par Woodrow Wilson, l'architecte de la paix de Versailles, il se nourrit de grands principes (l'autodétermination), de volonté de coopération, de partage des valeurs (américaines) et du respect du droit international. Cette doctrine prenait le contre-pied d'une conception européenne qui avait dominé les affaires internationales pendant près de trois siècles avant de s'effondrer. Richelieu, Metternich et Bismarck avaient inventé les concepts d'Etat-nation et de souveraineté, dans un équilibre où chacun, toujours prêt au conflit, se déterminait selon son intérêt national et sa marge de manoeuvre. Or la doctrine wilsonienne n'est plus pertinente, et le nouvel ordre "ressemblera davantage aux systèmes étatiques des xviiie et xixe siècles qu'aux schémas rigides de la guerre froide". Il comprendra cinq ou six grandes puissances - les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon, l'Europe (si elle est unie) et peut-être l'Inde -, entre lesquelles s'établira un jeu mouvant. Et l'ancien conseiller des princes conclut sa grande fresque en suggérant à Bill Clinton de s'intéresser "au style de Bismarck". Les solutions les plus inventives, affirme-t-il, consisteront à "construire des structures mixtes, en chevauchement", fondées sur des principes, des préoccupations de sécurité, ou des intérêts économiques communs. Mais le rodage de ce système, dit-il, "prendra sans doute plusieurs décennies"... --Vincent Giret--