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L'humanité augmentée. L'administration numérique du monde
Sadin Eric
ECHAPPEE
12,00 €
Épuisé
EAN :9782915830750
HAL, FIGURE (PARTIELLEMENT) PRÉMONITOIREL'infini astral sensible sur l'écran: «Mission Jupiter 18 mois plus tard» se superpose en lettres capitales lactées sur un fond obscur ponctué d'étoiles. La proue d'un module spatial pointe progressivement, sa masse semble s'étirer sans fin par le fait d'une taille visiblement gigantesque et d'une vitesse probablement abyssale, dont on infère la mesure par une perception opérée à l'inverse en quelque sorte, sous un mouvement paradoxal d'une lenteur hiératique, accentué par la suite lancinante de Gayaneh à l'ampleur cosmique composée par Aram Khatchaturian. Chorégraphie majestueuse et solitaire du vaisseau à l'architecture sophistiquée et longiligne, enveloppée d'une peau laiteuse immaculée, frappée par une lumière solaire invariable dans la torpeur de l'Espace. Tout signale que la Terre des origines se situe dans une autre sphère du Cosmos, pour une odyssée déjà embarquée vers un ailleurs incommensurable à notre intelligence.À l'intérieur, un homme s'adonne à un footing le long d'une galerie entièrement repliée sur elle-même - à 360° -, structure analogue à celle d'une roue de souris, composant l'allée centrale d'une vaste chambre blanche tout autant circulaire. Corps composé de chair recherchant la dépense physique, néanmoins immergé au sein d'un milieu de part en part artificiel, exaltant un contraste, ou une hybridation désormais sensible et généralisée dans les salles de fitness hautement équipées qui rythment toujours plus densément l'urbanité globale contemporaine. L'environnement intègre une multitude d'écrans, de voyants lumineux, de sièges au design approprié, et quelques caissons, dont on ne sait s'il s'agit là de lits dédiés aux séquences de sommeil soumises à l'apesanteur, ou d'inquiétants sarcophages destinés à de sombres perspectives toujours probables.Ce qui marque ici: c'est la tension entre l'élan vital de la course et la sophistication machinique ambiante, formant comme une unité indivisible, l'un l'autre en symbiose; harmonie intensifiée par une lumière bleutée qui mêle sous une même irradiation physiologie humaine et dispositifs techniques, dans un halo commun ou un plasma partagé-organico-synthétique. Sensation générale amplifiée par le «glissement» fluide de la caméra, qui suit de façon homothétique ou rotatoire les girations continues du parcours, supposant en creux l'absence de focale, par la grâce d'un mouvement semblant flotter ou se jouer de tout support physique.En écho à cette large structure oblongue, apparaît une forme circulaire indéterminée, dont le noyau émet une lueur orangée, de toute part cernée de rouge. Dispositif protégé par une plaque de verre, dont on devine qu'il s'agit probablement d'une machine de calcul, d'un ordinateur, ou plus exactement d'un «cerveau électronique», opérant lui-même un mouvement giratoire continu, peut-être voué à saisir à la trace les oscillations de l'homme dans sa course. Sensation en partie confirmée par le reflet discret mais persistant de sa silhouette sur la surface de «l'objectif», chacun dessinant à l'unisson l'un de l'autre une trajectoire concentrique. Est-ce le corps qui détermine les mouvements de rotation de l'appareil, ou règle-t-il au contraire sa cadence d'après les lois dictées par le système? À ce stade, aucune réponse ne s'offre comme pleinement assurée.
C'est l'obsession de l'époque. Entreprises, politiques, chercheurs... ne jurent que par elle, car elle laisse entrevoir des perspectives économiques illimitées ainsi que l'émergence d'un monde partout sécurisé, optimisé et fluidifié. L'objet de cet enivrement, c'est l'intelligence artificielle. Elle génère pléthore de discours qui occultent sa principale fonction : énoncer la vérité. Elle se dresse comme une puissance habilitée à expertiser le réel de façon plus fiable que nous-mêmes. L'intelligence artificielle est appelée, du haut de son autorité, à imposer sa loi, orientant la conduite des affaires humaines. Désormais, une technologie revêt un "pouvoir injonctif" entraînant l'éradication progressive des principes juridico-politiques qui nous fondent, soit le libre exercice de notre faculté de jugement et d'action. Chaque énonciation de la vérité vise à générer quantité d'actions tout au long de notre quotidien, faisant émerger une " main invisible automatisée", où le moindre phénomène du réel se trouve analysé en vue d'être monétisé ou orienté à des fins utilitaristes. Il s'avère impératif de s'opposer à cette offensive antihumaniste et de faire valoir, contre une rationalité normative promettant la perfection supposée en toute chose, des formes de rationalité fondées sur la pluralité des êtres et l'incertitude inhérente à la vie. Tel est l'enjeu politique majeur de notre temps. Ce livre procède à une anatomie au scalpel de l'intelligence artificielle, de son histoire, de ses caractéristiques, de ses domaines d'application, des intérêts en jeu, et constitue un appel à privilégier des modes d'existence fondés sur de tout autres aspirations.
Un phénomène impensable est en train de se produire : l'agonie du néolibéralisme. Tous ses excès – et la crise du covid – ont confirmé sa nocivité. Nous nous mettons alors à espérer un monde plus juste qui adviendrait grâce au retour de l'Etat providence, à la prise en compte des questions écologiques et à une participation citoyenne accrue. Un véritable paysage de carte postale en somme. Or, rien de cela ne nous sauvera du pouvoir des algorithmes, de la marchandisation intégrale de nos vies par l'industrie numérique, ou du déploiement d'une télésocialité contribuant à notre " isolement collectif ". Autant de processus qui engendrent de nouveaux types d'assujettissement, ignorés de la " grande politique ". Si nous savons que l'enjeu majeur est d'être partie prenante des affaires qui nous regardent, cette aspiration prend des formes trop éparses, ne répondant à aucun projet commun défini en ce sens. A contre-courant de cette tendance, ce livre renouvelle les perspectives d'émancipation, en dressant un registre d'actions concrètes. Cela suppose de mener une critique des discours défendant des intérêts privés, de ne plus subir de situations iniques et de constituer un foisonnement de collectifs – dans tous les domaines de la vie – favorisant l'expérimentation, la meilleure expression de chacun, tout en étant soucieux de ne léser ni personne, ni la biosphère. Après tant de désillusions, le moment est venu de ne plus nous en remettre à des instances tierces pour nous engager dans une impérieuse et salutaire politique de nous-mêmes.
La Silicon Valley incarne l'insolente réussite de notre époque. Ce territoire est aujourd'hui le lieu d'une frénésie innovatrice qui entend redéfinir de part en part nos existences à des fins privées, tout en déclarant oeuvrer au bien de l'humanité. Mais c'est aussi et avant tout un esprit, en passe de coloniser le monde, qui entend tirer profit du moindre de nos gestes, une véritable industrie de la vie. Ce livre, qui montre comment un capitalisme d'un nouveau type s'instaure -le technolibéralisme -, est le deuxième volet d'une trilogie devenue la référence sur la compréhension de la nouvelle condition humaine à l'ère numérique. Il fait suite à La Vie algorithmique et précède L'Intelligence artificielle ou l'enjeu du siècle.
Résumé : En à peine 18 mois, deux événements ont changé la face du monde : en octobre 2021, Mark Zuckerberg annonce l'entrée de l'humanité dans le métavers ; fin 2022, le robot conversationnel, ChatGPT, système d'intelligence artificielle capable de rédiger des textes à notre place et appelé à se perfectionner, est mis en ligne. Si Internet nous a fait basculer dans une autre société, les champions de l'industrie du numérique nous promettent maintenant de vivre dans une nouvelle dimension. Mais laquelle ? Quand ? Quels en sont les raisons d'être ? Et l'horizon qui se profile ? Philosophe majeur, Eric Sadin répond à ces questions en retraçant les évolutions technologiques, économiques et sociétales qui nous ont menés là, et expose leurs enjeux politiques et anthropologiques. Car le métavers n'est pas une fantasmagorie, c'est une réalité qui déjà nous environne autant qu'un puissant mouvement, celui de la pixellisation croissante de nos existences (travail, enseignement, médecine, achats, loisirs et interactions ont lieu en ligne - et derrière nos écrans). Un seuil a été franchi avec l'apparition de ChatGPT dont le rôle n'est plus de gérer nos tâches mais de créer en apprenant à se servir de nos facultés fondamentales : le propre de l'humain, le logos, est en passe d'être délégué à des machines. Bientôt, c'est la voix de ces robots qui nous guidera dans nos cavernes de pixels, à chaque étape de nos vies vouées à être sans trêve analysées, marchandisées, désincarnées. Face à cette rupture sans précédent, une philosophie s'impose pour comprendre et agir. Mises en perspectives historiques, analyses des systèmes technologiques, décryptages des intérêts économiques et des conséquences civilisationnelles, La vie spectrale est autant une phénoménologie contemporaine que la pensée du monde qui vient. Un essai magistral et capital.
Heath Joseph ; Potter Andrew ; Saint-Germain Miche
Malgré tous ses efforts pour paraître subversive, la contre-culture n'a pas seulement été inefficace dans sa lutte contre le capitalisme, elle lui a fait faire ses plus grands bonds en avant : création de nouveaux segments de marché, triomphe de l'individualisme, dissolution des structures collectives, exaltation de toutes les formes de consumérisme, fabrication d'un conformisme rebelle... Les auteurs ébranlent de manière argumentée et précise, parfois provocatrice, nombre de certitudes sur la nature du capitalisme et le sens du combat contre celui-ci. Une lecture résolument à contre-courant.
Cederström Carl ; Spicer André ; Jacquemoud Edouar
Vous êtes accro à la salle de sport ? Vous ne comptez plus les moutons mais vos calories pour vous endormir ? Vous vous sentez coupable de ne pas être suffisamment heureux, et ce malgré tous vos efforts ? Alors vous souffrez sûrement du syndrome du bien-être. Tel est le diagnostic établi par Carl Cederström et André Spicer. Ils montrent dans ce livre comment la recherche du bien-être optimal, loin de produire les effets bénéfiques vantés tous azimuts, provoque un sentiment de mal-être et participe du repli sur soi. Ils analysent de multiples cas symptomatiques, comme ceux des fanatiques de la santé en quête du régime alimentaire idéal, des employés qui débutent leur journée par un footing ou par une séance de fitness, des adeptes du quantified self qui mesurent ?gadgets et applications à l'appui? chacun de leurs faits et gestes, y compris les plus intimes... Dans ce monde inquiétant, la bonne santé devient un impératif moral, le désir de transformation de soi remplace la volonté de changement social, la culpabilisation des récalcitrants est un des grands axes des politiques publiques, et la pensée positive empêche tout véritable discours critique d'exister. Résolument à contre-courant, ce livre démonte avec une grande lucidité les fondements du culte du corps et de cette quête désespérée du bien-être et de la santé parfaite.
Nous sommes entrés dans l'ère de la Technopoly. Soit une société dans laquelle la culture est entièrement soumise aux impératifs technologiques. Tout doit y être mesuré, évalué avec le plus haut degré de précision, converti sous forme de données quantifiables et objectives, pour permettre à des machines ou à des experts d'assurer, pour notre plus grand bonheur, la gestion de nos vies. Bien que l'information n'ait jamais été aussi facile d'accès et présente en telle quantité, nous sommes désemparés, incapables d'appréhender un monde devenu d'une grande complexité. D'autant que les institutions sociales (l'école, la famille, les organisations politiques...) et les valeurs au fondement de la culture humaniste - qui structuraient jusqu'alors nos existences tout en favorisant le développement de notre autonomie et de notre faculté de jugement - ont rendu les armes face au monopole de la technique. Les réflexions développées dans ce livre retentissant de Neil Postman, publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1992, n'ont rien perdu de leur actualité. Bien au contraire, elles révèlent avec une rare lucidité les fondements des mutations profondes qui n'ont fait que s'accélérer depuis. En remontant aux origines de la science moderne et de l'idéologie du progrès, l'auteur dresse un constat sans appel : la soumission de la culture à la technique menace à terme de détruire les sources vitales de notre humanité.
Oppression des femmes et destruction de la nature seraient deux facettes indissociables d?un modèle de civilisation qu?il faudrait dépasser : telle est la perspective centrale de l?écoféminisme. Mais derrière ce terme se déploie une grande variété de pensées et de pratiques militantes. Rompant avec une approche chic et apolitique aujourd?hui en vogue, ce livre restitue la richesse et la diversité des théories développées par cette mouvance née il y a plus de 40 ans : critique radicale du capitalisme et de la technoscience, redécouverte des sagesses et savoir-faire traditionnels, réappropriation par les femmes de leur corps, apprentissage d?un rapport intime au cosmos? Dans ce road trip philosophique alternant reportage et analyse, l?auteure nous emmène sur les pas des écoféministes, depuis les Cévennes où certaines tentent l?aventure de la vie en autonomie, jusqu?au nord de l?Inde, chez la star du mouvement Vandana Shiva. Elle révèle aussi les ambiguïtés de ce courant, où se croisent Occidentaux en quête d?alternatives sociales et de transformations personnelles, ONG poursuivant leurs propres stratégies commerciales et politiques, et luttes concrètes de femmes et de communautés indigènes dans les pays du Sud.
4e de couverture : Nous voilà immergés dans une nouvelle ère numérique. La profonde mutation que nous connaissons aujourd'hui n'est pas seulement le fait d'une révolution technologique impliquant des outils inédits, mais aussi le résultat d'une insurrection mentale. En passant d'un système analogique à un système numérique, notre mode de vie, nos réflexes se trouvent profondément modifiés. Afin d'expliciter ce changement, Alessandro Baricco remonte le temps et dresse un historique des événements fondateurs qui ont contribué à forger nos habitudes contemporaines. Avec son style si singulier, mêlant sérieux et humour, il établit une histoire et une géographie de cette nouvelle civilisation. De l'invention du jeu vidéo jusqu'au bouleversement qu'a représenté l'iPhone, en passant par l'invention de Google, chaque innovation a fait évoluer notre rapport au monde, un monde requalifié de «Game», où les problèmes deviennent des parties à gagner, et dans lequel le jeu est élevé au rang de schéma fondateur. Un essai documenté et accessible dans lequel chacun peut puiser quantité d'informations utiles à sa propre réflexion et qui s'adresse autant aux générations qui ont connu les différentes étapes de cette évolution qu'aux enfants de l'ère numérique.
Impossible de lâcher votre smartphone ? Vous (re)concentrer est devenu un challenge ? Vérifier ses mails plusieurs fois par heure, regarder son téléphone dès qu'une notification apparaît, surfer sur les réseaux sociaux machinalement, interrompre systématiquement une tâche en cours pour prendre un appel... Que celui ou celle qui ne se sent pas concerné(e) lève le doigt ! 2 heures Chrono pour déconnecter (et se retrouver) vous invite à repenser votre relation au digital pour mieux la gérer au quotidien. C'est le petit livre pratique pour : - apaiser votre relation au digital - mieux utiliser votre temps - et gagner en efficacité dans votre travail
4e de couverture : «Je traque un homme depuis plusieurs mois. Sans relâche. Comme un chasseur affamé. Cet homme s'appelle Robert Cailliau. Il fuit les journalistes, il refuse les conférences, il se méfie comme de la peste de la moindre photo de lui qui pourrait se retrouver sur Facebook. Il veut juste disparaître des radars. À cette fin, il s'est retranché chez lui, dans les vastes forêts du Jura, à quelques kilomètres de Genève, là où tout a commencé il y a trente ans.» Seul homme à avoir cru dans la proposition d'un jeune Anglais. Tim Berners-Lee, consistant à créer un système d'informations partagé, le World Wide Web, Robert passe aussi, parfois, pour le co-inventeur d'une des plus grandes révolutions dans l'histoire de l'humanité. En remontant aux origines du Web, avant le règne de Google, Facebook, Instagram et Amazon, avant les désillusions et les empoignades, avant la ruée vers l'or, avant que l'Amérique s'en mêle, Quentin Jardon nous raconte la dernière utopie du XXE siècle.
Résumé : Parmi les espoirs et les craintes que suscite la numérisation de nos sociétés, la constitution de grandes bases de données confère une place de plus en plus centrale aux algorithmes qui gouvernent les comportements de chacun. L'ambition de ce livre est de proposer une exploration critique de la manière dont les techniques de calcul façonnent nos sociétés. Classement de l'information, personnalisation publicitaire, recommandation de produits, orientation des déplacements, mesures corporelles, etc., les calculateurs sont en train de s'immiscer, de plus en plus profondément, dans la vie des individus. Cet ouvrage voudrait montrer comment les techniques statistiques qui prennent leur essor avec les big data enferment des conceptions différentes de la société qu'elles calculent. Loin d'être de simples outils techniques, les algorithmes enferment un projet politique. La thèse défendue dans cet ouvrage est que la personnalisation des calculs est à la fois l'agent et la conséquence de l'individualisation de nos sociétés. Elle témoigne de la crise des catégories statistiques traditionnelles qui permettaient à la société de se représenter. Elle encourage le déploiement de la course méritocratique vers l'excellence, la compétition des individus pour la visibilité et le guidage personnalisé des existences. Comprendre la logique des nouveaux algorithmes du web, c'est aussi donner aux lecteurs les moyens de reprendre du pouvoir dans la société des calculs.