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Exode et métamorphose
Sachs Nelly
VERDIER
15,22 €
Épuisé
EAN :9782864323617
Ce nouveau volume rassemble l'oeuvre poétique écrite entre 1952 et 1959. Durant cette période, Nelly Sachs, qui vient de perdre sa mère et commence sa correspondance régulière avec Paul Celan, poursuit sa méditation sur le Zohar et cherche dans les textes bibliques des moyens spirituels pour affronter la tragédie de la modernité et ses propres difficultés intérieures. Les prophètes et les patriarches auxquels elle consacre, parallèlement à l'écriture des poèmes, plusieurs drames ou poèmes scéniques, hantent ses vers comme autant de figures vivantes, actuelles, et sont les guides d'un nouvel exode intérieur, d'une ascèse qui prépare à la «métamorphose» nécessaire pour que soit restaurée la confiance dans la vie, par-delà les ténèbres. «Lapidée par la nuit», Nelly Sachs a pris le chemin de l'exil - elle réside à Stockholm depuis 1940 et exprime sa gratitude à la Suède en traduisant en allemand ses poètes - mais elle interroge l'histoire de son peuple avec la conviction, ici affirmée par la voix des Hassidim, qu'«Israël n'est pas seulement un pays». Les poèmes qu'elle en tire, arrachés au silence, sont l'un des sommets de la poésie du XXème siècle.
Les lettres échangées entre Nelly Sachs et Paul Celan sont le vrai lieu de leur rencontre, le lieu privilégié et unique dans son intensité et sa confiance, d'un approfondissement mutuel de leur commune mémoire et commune souffrance, et de l'expression la plus haute du coeur de leur poésie. Cette correspondance dura 16 ans (1954 à 1969) jusqu'aux mois ultimes avant la mort.
Biographie de l'auteur Grand nom de la poésie allemande contemporaine, Nelly Sachs (1891-1970) est issue de la bourgeoisie juive berlinoise. En 1933, sa famille commence à subir la "terreur hitlérienne". Nelly Sachs et sa mère se réfugient in extremis en Suède. Lectrice avide, de Martin Buber et Gerschom Scholem, Nelly Sachs écrit des poèmes nourris de mystique juive. Elle reçoit en 1966 le Prix Nobel de Littérature.
Nelly Sachs (Prix Nobel 1966) a écrit la majeure partie de son oeuvre en Suède, où elle se réfugia in extremis en 1940. C'est là qu'elle composa des poèmes qui, très tôt, bien avant l'effondrement du IIIe Reich, osèrent savoir et dire l'entreprise d'extermination nazie.
Résumé : Maurice Sachs avait composé lui-même pour ce livre écrit en prison, à Hambourg, pendant la guerre, la prière d'insérer que voici : D'autres nations ont leurs poètes, leurs philosophes, leurs dramaturges et leurs romanciers ; mais la France s'est fait connaître entre toutes par ses moralistes. Les Caractères de La Bruyère et les Caricatures de Daumier n'ont-elles pas fait le tour du monde ? Afin de tenter à nouveau une si vaste entreprise, il fallait une profonde connaissance des hommes, l'esprit du mémorialiste, la causticité de l'anecdotier et puis les talents du conteur avec un fond de philosophie. Explorateur des sociétés, voyageur infatigable, aventurier qui ne redoute ni les compromissions ni les périls, Maurice Sachs est l'homme d'une telle oeuvre. Ses dons en faisaient un curieux et un écrivain ; les traverses de son existence en ont fait un moraliste. Cet ouvrage, qui sera célèbre, comporte une galerie de portraits littéraires où la vivacité du style égale la vérité des peintures et l'ingénieuse finesse de l'observation psychologique. On trouvera dans ce livre, d'une lecture si légère qu'on s'étonne qu'il soit si lourd d'expériences humaines, sept cents portraits (répartis en vingt-cinq catégories) dont l'ensemble forme le plus saisissant des documents sur la société occidentale du XXe siècle. Ajoutons que des mille portraits prévus (après sept cents), pour le seul Occident, il ne nous reste que trois cent soixante-huit. La mort emporta Maurice Sachs avant qu'il eût terminé son ouvrage.
Bashõ est l'une des figures majeures de la poésie classique japonaise. Par la force de son oeuvre, il a imposé dans sa forme l'art du haiku, mais il en a surtout défini la manière, l'esprit : légèreté, recherche de la simplicité et du détachement vont de pair avec une extrême attention à la nature. Le haiku naît donc au bord du vide, de cette intuition soudaine, qui illumine le poème, c'est l'instant révélé dans sa pureté.La vie de ce fils de samourai, né près de Kyoto en 1644, fut exclusivement vouée à la poésie. Agé de treize ans, il apprend auprès d'un maître du haikai les premiers rudiments de ce genre. Plus tard, après avoir lui-même fondé une école et connu le succès à Edo (l'actuelle Tokyo), il renonce à la vie mondaine, prend l'habit de moine, et s'installe dans son premier ermitage. Devant sa retraite, il plante un bananier, un bashõ, offert par l'un de ses disciples - ce qui lui vaudra son pseudonyme. Sa vie est dès lors faite de pauvreté, d'amitiés littéraires et de voyages. Osaka sera le dernier. Après avoir dicté un ultime haiku à ses disciples éplorés, il cesse de s'alimenter, brûle de l'encens, dicte son testament, demande à ses élèves d'écrire des vers pour lui et de le laisser seul. Il meurt le 28 novembre 1694. Sur sa tombe, on plante un bashõ.
Le fil de ce récit déroule l'histoire d'une rencontre entre une jeune femme, l'art de Piero della Francesca et un peintre d'aujourd'hui, qui s'appelle lui aussi Piero - un homme aperçu pour la première fois dans un café, au détour d'une place, à Rome. Cette vie à trois devient vite une danse si enivrante, sous la chaleur antique de l'Italie, que souvent l'on ne sait plus au bras de qui l'on danse. "C'est comme l'univers, on ne peut pas dire je le connais. Mais il habite à tel point les nuits et les jours, colore les heures même de repos, s'insinue dans tous les regards jetés, s'immisce dans tous les traits vus, au point qu'un soir, cela devient envahissant, doit naître, et ne cesse plus d'avoir un lieu en moi".
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.
Car un laque décoré à la poudre d'or n'est pas fait pour être embrassé d'un seul coup d'oeil dans un endroit illuminé, mais pour être deviné dans un lieu obscur, dans une lueur diffuse qui, par instants, en révèle l'un ou l'autre détail, de telle sorte que, la majeure partie de son décor somptueux constamment caché dans l'ombre, il suscite des résonances inexprimables. De plus, la brillance de sa surface étincelante reflète, quand il est placé dans un lieu obscur, l'agitation de la flamme du luminaire, décelant ainsi le moindre courant d'air qui traverse de temps à autre la pièce la plus calme, et discrètement incite l'homme à la rêverie. N'étaient les objets de laque dans l'espace ombreux, ce monde de rêve à l'incertaine clarté que sécrètent chandelles ou lampes à huile, ce battement du pouls de la nuit que sont les clignotements de la flamme, perdraient à coup sûr une bonne part de leur fascination. Ainsi que de minces filets d'eau courant sur les nattes pour se rassembler en nappes stagnantes, les rayons de lumière sont captés, l'un ici, l'autre là, puis se propagent ténus, incertains et scintillants, tissant sur la trame de la nuit comme un damas fait de ces dessins à la poudre d'or." Publié pour la première fois en 1978 dans l'admirable traduction de René Sieffert, ce livre culte est une réflexion sur la conception japonaise du beau.