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Réflexions sur Toscanini. Musique et politique
Sachs Harvey ; Homassel Anne-Sylvie
NOTES DE NUIT
22,00 €
Épuisé
EAN :9782954110059
En février 1946, lorsque le gouvernement italien annonça la tenue en juin d'un référendum sur l'abolition de la monarchie, Toscanini se décida à rentrer en Italie pour y diriger un concert à l'occasion de la réouverture de la Scala. Les trois quarts du centre historique de Milan avaient été détruits ou endommagés lors des vingt derniers mois du conflit [...]. Toscanini, arrivé en Italie deux jours plus tôt, n'avait pas tardé à imposer ses règles. La Scala devait réintégrer les musiciens juifs qui, renvoyés en 1938, avaient néanmoins pu survivre à l'occupation allemande : cela concernait en premier lieu Vittore Veneziani, le chef des choeurs. D'autres employés, exclus pour leur opposition au fascisme, retrouvèrent de même leur poste. Le 11 mai, la Scala, qui sentait encore la peinture fraîche, se remplit au double de sa capacité [...]. A vingt et une heures précises, Toscanini, presque octogénaire, apparut sur "sa" scène, pour la première fois depuis seize ans. Les spectateurs se levèrent d'un bond, comme un seul homme, applaudissant frénétiquement, hurlant des "Toscanini ! Toscanini ! " et pleurant à chaudes larmes. La dictature, la guerre, les interminables souffrances du peuple : tout cela était désormais du passé. Le concert s'acheva sur trente-sept minutes de cris de joie et de vivats. En coulisse, l'orchestre offrit à son chef un médaillon en or portant l'inscription Au Maestro qui ne fut jamais absent - son orchestre"."
Résumé : Ces fragments divers de Mémoires reviennent sur des souvenirs déjà contés - souvent en version différente - dans Le Sabbat, et entreprennent le récit des événements qui y font suite.Personnalité abjecte ? Soit ! Est-il besoin de commentaires ? Maurice Sachs était seul. Il plaisait : on ne l'aimait pas. Du moins répétait-il qu'on ne l'aimait pas. Il séduisait trop vite pour séduire. Trop habile pour réussir. On a souvent parlé de Rastignac à propos de Maurice Sachs, et lui-même en parlait souvent. Il y a du Balzac dans ces imbroglios de dettes, de calculs sans cesse repris, promis, compromis, dans cette puissance de l'or, aveugle comme un roc, clairvoyante comme un destin, qui pèse sur les personnages.
Résumé : Maurice Sachs avait composé lui-même pour ce livre écrit en prison, à Hambourg, pendant la guerre, la prière d'insérer que voici : D'autres nations ont leurs poètes, leurs philosophes, leurs dramaturges et leurs romanciers ; mais la France s'est fait connaître entre toutes par ses moralistes. Les Caractères de La Bruyère et les Caricatures de Daumier n'ont-elles pas fait le tour du monde ? Afin de tenter à nouveau une si vaste entreprise, il fallait une profonde connaissance des hommes, l'esprit du mémorialiste, la causticité de l'anecdotier et puis les talents du conteur avec un fond de philosophie. Explorateur des sociétés, voyageur infatigable, aventurier qui ne redoute ni les compromissions ni les périls, Maurice Sachs est l'homme d'une telle oeuvre. Ses dons en faisaient un curieux et un écrivain ; les traverses de son existence en ont fait un moraliste. Cet ouvrage, qui sera célèbre, comporte une galerie de portraits littéraires où la vivacité du style égale la vérité des peintures et l'ingénieuse finesse de l'observation psychologique. On trouvera dans ce livre, d'une lecture si légère qu'on s'étonne qu'il soit si lourd d'expériences humaines, sept cents portraits (répartis en vingt-cinq catégories) dont l'ensemble forme le plus saisissant des documents sur la société occidentale du XXe siècle. Ajoutons que des mille portraits prévus (après sept cents), pour le seul Occident, il ne nous reste que trois cent soixante-huit. La mort emporta Maurice Sachs avant qu'il eût terminé son ouvrage.
Résumé : Ce livre, si volumineux soit-il, est inachevé. Entrepris au début de 1942, quarante-sept chapitres seulement ont été écrits par l'auteur. Toutefois, malgré les lacunes, on suit sans peine l'attachant héros de Maurice Sachs. C'est qu'il s'agit ici d'un roman picaresque, composé d'aventures aisément détachables l'une de l'autre. Avec ses quatre cents pages, le manuscrit a été mené assez loin pour que John Cooper d'Albany se forme devant nous, nous intéresse et nous entraîne. John Cooper d'Albany est un moderne Gil BIas, et la perfection, l'intérêt constant du récit nous font mesurer une fois de plus la perte que les lettres ont faite en la personne de Maurice Sachs. Mais laissons parler un peu l'auteur. Nul mieux que lui ne peut nous présenter son héros. C'est, dit-il, "un homme comme beaucoup d'autres, moins bon que vous, meilleur jamais. S'il traîne de-ci de-là dans cet ouvrage quelque immoralité, il faut en accuser la vie et la société. Et s'il est une moralité à tirer de cet ouvrage, vous la trouverez au dernier mot de l'épilogue". Quel est donc ce dernier mot ? Le voici : "Puissiez-vous rencontrer sur votre chemin l'amour et l'amitié unis en un seul être, ou l'amour d'un côté, l'amitié de l'autre ! Le reste ne vaut pas la peine d'être vécu".
Résumé : Maurice Sachs brûlait. sa vie comme un acteur brûle les planches. Il avait de la présence, du magnétisme. Luxe plus rare, il avait du regard et de la mémoire. Rescapé chaque soir du jeu d'enfer de sa vie, une vie de jeton de casino, il prenait le temps, avant l'angoisse du matin prochain, de jouer encore à se souvenir... Et il se souvient, ici, du temps du B?uf sur le toit, paradis des Années folles, hanté par Cocteau et tant d'autres qui surent, de la vie, faire un interminable bal tragique...
Parfois, quand j'observe mon reflet si ordinaire dans un miroir, ce que je vois me surprend. En toute franchise, je suis souvent tout aussi surpris d'être encore en vie — et d'avoir vécu une vie aussi heureuse et comblée. Cependant, lorsque j'essaie de remonter à l'année 1945 et de déceler ce qui se trouve au-delà de mon reflet, c'est le visage d'un squelette ambulant que je revois. [...] Je me trouvais donc aux Etats-Unis. J'étais un rescapé de la Shoah, un réfugié, un blanc-bec inexpérimenté. Je n'avais ni diplôme, ni métier, ni revenu. J'étais incapable de lire ou de prononcer un seul mot d'anglais. En résumé, j'étais le candidat idéal pour poursuivre le rêve américain ! "
Abel J. Herzberg (1893-1989), juriste et écrivain issu d'une famille juive russe, naturalisé néerlandais en 1922, fut interné de 1944 à 1945 au camp de Bergen-Belsen. En 1950, il publia sous le titre "Entre deux fleuves" le journal qu'il avait rédigé durant cette période.