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Prométhée brûle encore. Une histoire de la psychanalyse en Argentine (1900-1960)
Sabsay Focks Gilda ; Greff Santamaria Nathalie
RUMEUR LIBRE
18,00 €
Épuisé
EAN :9782355770647
L'Argentine, terre de psychanalyse, a su faire éclore durablement une science violemment controversée et soutenir sans relâche sa diffusion en Amérique latine. Dans ce premier tome, Gilda Sabsay Foks revient sur les soixante premières années d'expansion de la théorie psychanalytique, remontant aux manifestations initiales d'intérêts pour les idées freudiennes, s'attardant sur le moment historique qui a vu naître l'Association psychanalytique argentine (apa) jusqu'aux années précédant l'apparition de nouvelles ramifications. En toile de fond, elle brosse un tableau rigoureux de l'époque et de ses principaux acteurs, cherchant à comprendre ce qui a fait de ce pays un milieu si fertile pour la psychanalyse, en dépit des soubresauts politiques ou de l'éloignement géographique. Elle est en effet convaincue que "l'engouement de ces années-là a probablement un lien avec les tristes événements qui se produisaient alors en Europe" et que les pionniers, dont plusieurs étaient exilés, "ont trouvé dans cette science un espoir de changer l'homme, de le rendre meilleur". Elle nous livre une lecture inédite en tant que praticienne et partie prenante de cette évolution.
En 1954, frappé du verdict sans appel d'inaptitude à la vie religieuse par la Société de Marie qui lui interdit de renouveler ses voeux, Marius Alliod perd sa raison d'être en ce monde. À l'âge de 24 ans, il se voit exilé dans une forteresse de silence, bien loin de l'espace enchanté où son coeur s'était enflammé. C'est près de cinquante ans plus tard qu'il entreprend cette correspondance fictive avec son directeur spirituel d'autrefois, ce "Père" auprès de qui il dépose sa plainte tragique et son indignation. Trente lettres demandant raison de cette exclusion sans parole, sans confrontation avec ses juges ; éprouvés posthumes devenus pures réminiscences d'un chagrin si puissant qu'il le laissa dans la stupeur du deuil de son désir et la honte angoissée d'avoir failli à son devoir d'amour. Chaque lettre verse le flot furieux de prières et de plaidoyers malheureux destinés à briser cette chape de silence et affronter une hiérarchie coupable d'avoir usurpé le pouvoir de valider l'appel de Dieu ! C'est une âme qui se sonde jusqu'à l'épuisement de toute raison, qui entend la détresse d'une enfance captive de la souffrance d'une mère abîmée en un puits sans fond de mélancolie. Au lendemain de son renvoi, elle lui adressera les dernières lignes écrites de sa main : lamentation sans espoir devant la perte de sa vocation, mais aussi cri ultime d'amour auquel répondent peut-être toutes ces lettres, insistantes et belles dans la pureté d'une langue tendue jusqu'à se rompre, modulant tour à tour au sein de l'ample bercement de la rhétorique ce tremblement intérieur d'une poésie du coeur et la violence éruptive d'une voix qui cherche encore ce lieu où s'éprouve la présence du maître de la Parole.