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Les rêves du serpent
Ruy-Sanchez Alberto ; Millon Marianne
FONDEURS BRIQUE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782916749563
A Mexico, de nos jours, un narrateur qui ne se nomme pas mais que l'on identifie très vite comme Alberto Ruy Sánchez rapporte qu'il reçoit des courriers énigmatiques, lettres, témoignages, poèmes souvent rédigés sur des cartes au dos desquelles figurent des dessins de fourmis, corbeaux et serpents, des collages, photos etc. L'identité de l'expéditeur, homme ou femme, ne figurant nulle part, il l'appellera "Silhouette" , pensant que cette personne lui écrit d'une prison ou d'un asile. Un jour, on lui livre plusieurs cartons contenant des milliers de documents émanant tous de cette personne, peut-être un arrière-grand-père aujourd'hui centenaire émigré aux USA et dont la famille n'a plus jamais eu de nouvelles. Le narrateur recouvre peu à peu les murs d'une pièce de son domicile avec ces documents, reproduisant ce "Palais de la mémoire" qu'Oliver Sacks a recommandé à son patient, d'après la méthode de Mateo Ricci, un jésuite italien du XVIe, destinée à récupérer la mémoire en attribuant un espace à chaque chose. Peu à peu, une gigantesque mosaïque se dessine, diverses figures ayant réellement existé apparaissent, telles que Adolf Wolfli que Rilke et Cendrars ont lu, et Aloïse Corbaz, ayant comme lui subi l'internement en asile psychiatrique, la figure centrale étant Sylvia Ageloff, travailleuse sociale que Juan, alias John, alias Iván, alias Ioane rencontre lorsqu'il travaille aux usines Ford à New York avant de partir avec des milliers d'autres ouvriers en URSS où Ford a vendu son usine. Fille de russes émigrés à New York, après leur séparation, elle rencontrera Ramón Mercader qui l'utilisera pour approcher Trotski et le tuer le 21 août 1940.
Né au Mexique en 1951, Alberto Ruy-Sánchez a vécu plusieurs années à Paris avant de s'établir à Mexico, où il mène une double activité d'éditeur et d'écrivain. Romancier et essayiste, il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages, récompensés par plusieurs prix
Fatma ne pouvait se détacher de la musique discrète émanant des mouvements de ces femmes gouvernées par le même désir. Elle les vit s'embrasser et éprouva aussitôt une peur immense. Elle ferma les yeux et s'imagina abandonnée dans le salon aux serpents huilés; deux ou trois montaient le long de ses jambes en spirales très lentes. Elle ouvrit les yeux et ne vit qu'une brume rousse, sentant encore et plus que jamais cette humidité crépusculaire lui mordre les lèvres Elle ne savait plus ce qui était au-dedans d'elle et ce qui était au-dehors. À Mogador, port marocain, la jeune Fatma garde les yeux rivés sur la ligne d'horizon, d'où ses parents ne sont jamais revenus. Immobile à sa fenêtre, passant de la jetée au hammam comme dans un rêve, Fatma languit dans une mystérieuse mélancolie que rien ne saurait troubler, et dont personne ne sait le secret. Mais portés par les vents qui accompagnent ses pas, ses désirs vont faire briller d'autres regards, et s'immiscer dans toute la ville, se mêlant aux rumeurs des femmes et aux légendes colportées par les anciens...
Tzontémoc Pedro ; Lemagny Jean-Claude ; Ruy-Sanche
Notes de voyage / Europe" est seulement un fragment de voyage. Un fragment géographique, l'Espagne, la France, l'Italie, la Pologne et le Portugal ; un fragment temporel, 1989-2003. C'est à peine une sélection de photographies, choisies en fonction de sa capacité à activer les mécanismes de la mémoire, de ma mémoire, de la mémoire de ceux qui ont vécu les moments où a été activé le déclencheur… Chacune de ces photographies a autant de niveaux de lecture que de lecteurs, depuis l'indifférence jusqu'à la représentation même du vécu. Ces photographies essaient d'emmener le spectateur à établir une relation plus intime avec l'image, avec le voyage, avec une vie qui a été vécue… «Le blanc et noir en photographie c'est essentiellement le gris. Ces plages nuancées qui donnent relief à l'image. Le dessin, la gravure surtout, reposent sur le choc vibrant du noir et blanc, la photographie d'abord sur les passages entre les deux. Le photographe navigue dans un univers qui n'est constitué que d'ombres et de lumières qui se valent. Voici quelques-uns des défis que Pedro Tzontémoc a relevés. Que le lecteur sache voir ses images comme des réponses maîtrisées à l'afflux informe de la réalité. Et comment il les a fait entrer dans le monde qu'il s'est choisi.» (Jean-Claude Lemagny)
Résumé : Composée de vingt-deux articles (1981-1999), cette première anthologie en français présente ce journaliste d'exception que fut Joaquin Vidal. Depuis son siège des arènes de Madrid (tendido bas 10, rang 6, place 17) ou pendant les ferias de Pampelune ou de Valence, il composa, grâce à la rigueur de son point de vue et à l'élégance ironique de son style, plus que de simples comptes rendus des courses. Quelquefois, le spectacle de la piste n'obtenait même que la portion congrue (Les Rois de la claque et L'esprit du gradin 8 reste vivace à propos du public ; Reste encore à le raconter sur la condition de journaliste taurin...). Si, dans le monde de la critique taurine, il se situait clairement du côté de la critique (Ici sévit une mafia), il ne ménageait pas ses enthousiasmes lors des rares occasions où taureau de combat et véritable torero se rencontraient.
B. Traven reste la personnalité littéraire la plus consciencieusement insaisissable du XXe siècle. Qui fut l'auteur de la dizaine de romans, dont le célèbre Trésor de la sierra Madre, et recueils de nouvelles mettant en scène des exploités? Fut-il Ret Marut, ce jeune acteur et poète anarchiste arrêté lors de la rébellion munichoise de 1919? Ou bien T. Torsvan, un explorateur et scientifique norvégien? Ou alors Hal Croves, scénariste et agent littéraire américain? On parla même de lui comme du fils illégitime du Kaiser Guillaume II... Il est néanmoins établi qu'il vécu et travailla au Mexique, sous diverses identités, du milieu des années vingt jusqu'à sa mort, survenue en 1969. Attiré par cette énigme, en 1975 Jonah Raskin est invité à Mexico par la veuve de l'écrivain pour écrire sa biographie. Il y rencontra ceux qui le connurent, eut accès à ses archives et parcourut les lieux arpentés par l'écrivain. Dans A la recherche de B. Traven, nous contemplons cette identification qui le conduisit au bord de la folie. Cette troublante mise en abîme est le plus bel hommage rendu à l'écrivain qui déclarait dès 1926 :. " Mon histoire personnelle ne décevrait pas les lecteurs, mais elle ne regarde que moi et je tiens à ce qu'il en soit ainsi."
Le texte a paru tout d abord en feuilleton sous le titre de Breaking the Shackles. Jack Black y narre son existence avec une ironie caustique mais sans jamais se départir de générosité et de compassion pour les exclus du système. You Can t Win s inscrit dans la tradition du récit d aventures de l Ouest américain et de ces personnages qui ne tiennent pas en place, se jouent des frontières entre les États et pour qui aucune ville n est trop éloignée. Nous le suivons à travers les États-Unis dans les trains de marchandises, dans les pensions, les fumeries d opium, les tribunaux, les geôles de campagne et les pénitenciers. Il nous fait rencontrer un peuple d Américains dont les livres d histoire ne disent rien, un peuple volontairement souterrain, avec ses codes, ses règles et ses héros. Devenu un livre culte aux États-Unis, ayant servi de matrice au Junky de William Burroughs et annonçant Sur la route de Kerouac, You Can t Win demeure une leçon de vie et un plaidoyer pour une existence affranchie de toute convention.
Le texte a paru tout d'abord en feuilleton à El Paso (Etats-Unis) en 1916. Repris en volume au Mexique en 1920, le livre connut à partir de 1924 un succès qui en fit le roman fondateur de la littérature révolutionnaire mexicaine. Le livre fut rapidement traduit en anglais, en allemand, en français (une première édition en 1928 dans la revue du parti communiste, Monde, sous l'impulsion de Henri Barbusse, puis une deuxième en 1930 préfacée par Valery Larbaud sur laquelle nous basons notre édition). Il fit l'objet d'adaptations théâtrale (1929) et cinématographique (1940), et influença les peintres muralistes comme Orozco. Rénovateur des lettres mexicaines, Azuela annonce les oeuvres de Martín Luis Guzmán (L'Aigle et le serpent, 1926 ; L'Ombre du caudillo, 1929) qui installèrent le thème révolutionnaire au coeur de la production littéraire du pays.