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L'interruption. Jacques Rancière et la politique
Ruby Christian
FABRIQUE
14,20 €
Épuisé
EAN :9782913372955
La politique ne peut exister que dans un acte d'interruption, de dérèglement ou d'effraction" écrit Christian Ruby dans cette introduction au travail de Jacques Rancière. On y trouvera, recensés et éclairés, les concepts qui servent chez Rancière de matériaux de construction - en vrac, le sensible et son partage, la subjectivation, le régime esthétique des arts, le couple police/politique, la mésentente... Parallèlement, Ruby retrace le parcours de Rancière, depuis la plongée dans les archives ouvrières du XIXe siècle (La Nuit des prolétaires) jusqu'aux textes les plus récents (La Haine de la démocratie, Le Spectateur émancipé). Une grande place est réservée à la notion d'égalité, centrale chez Rancière, appuyée sur le magnifique exemple du Maître ignorant. Chemin faisant, Ruby explique les divergences qui opposent Rancière à certains de ses contemporains comme Althusser, Bourdieu ou Lyotard, divergences profondes qui portent sur l'idée maîtresse de sa philosophie, l'émancipation. Aider à entrer dans une ?uvre réputée difficile sans paraphraser ni simplifier: tel est le pari réussi par Christian Ruby dans ce livre alerte et décidément philosophique.
Spectateur et politique Un ample désenchantement domine désormais le regard porté sur le spectateur d'art. Méconnu ou dénigré, il est instrumentalisé dans des pensées crépusculaires de la culture qui voient dans son comportement un grand péril pour la démocratie. Nous proposons de considérer autrement la figure du spectateur à partir d'une enquête dans l'archipel du sensible, au sein duquel se croisent Gilles Deleuze, Michel Foucault, Jean-François Lyotard. Jacques Rancière. Ces amers pris dans la pensée des XXe et XXIe siècles font surgir des spectateurs résistants ou en affirmation de soi. A partir du prisme "spectateur et politique", ils désamorcent tous les a priori à son égard et entrent en polémique avec le grand récit classique du spectateur et avec les nostalgiques d'une époque qu'il convient de considérer comme résolument révolue.
Que signifie être contemporain de quelqu'un ou de quelque chose? "L'artiste est fils de son époque, mais pas son disciple." Voilà ce que notait Friedrich von Schiller dans ses Lettres sur l'éducation esthétique de l'homme (1794-1795), voilà le point de départ d'une méditation sur la beauté moderne et ses perspectives. Historiens de l'art et philosophes retournent sans cesse le même sablier de la réception, inversent l'angle de pensée, défendent une position contre une autre. Le résultat? C'est un paradoxe. La profondeur critique s'est développée à la même vitesse que la confusion dans les esprits. Il est urgent de penser à nouveau - et c'est ici le travail pertinent de Christian Ruby - le rapport de l'individu à l'art et à son époque. De penser vraiment la création et de renouer avec une forme intelligente d'engagement.
En répondant aux critères de l'épreuve de Français-Philosophie des concours des CPGE scientifiques, dont l'oeuvre au programme est De la guerre, de Cari von Clausewitz, cet ouvrage en présente le Livre I (chapitres 1 à 8) et comprend : une introduction avec éléments biographiques et contextualisation ; le texte traduit et modernisé ; un commentaire détaillé avec une mise en perspective des grandes problématiques : différence entre logique et grammaire de la guerre, ainsi qu'entre fin et but de la guerre.
Le Code civil, le Conseil d'Etat, la Légion d'Honneur, les préfets, les lycées... ces institutions familières ont en commun d'avoir été créées, refondées ou redéfinies sous le Consulat, le régime qui est issu du coup d'Etat de Bonaparte (1799) et auquel succède l'Empire (1804). Alors que le pouvoir législatif était le coeur de la Révolution française, il est laminé en 1799 et remplacé par un pouvoir exécutif omnipotent, concentré dans les mains d'un homme qui en fait sa chose. La centralisation administrative, telle que nous nous la représentons aujourd'hui, prend sa source dans la dictature de Bonaparte . Elle rompt avec la logique "décentralisatrice" mise en oeuvre depuis 1789 et renforcée par le Gouvernement révolutionnaire en l'an II. Aussi, ce que l'on nomme abusivement "le centralisme jacobin" devrait être désigné comme le "centralisme bonapartiste" . Le processus de centralisation s'accompagne d'une confiscation de la démocratie. Les décisions prises sont hors du contrôle du peuple, alors qu'il est prétendu souverain. L'administration se substitue alors à la politique, le fonctionnaire remplace l'élu et le citoyen est réduit au statut d'administré. Les experts choisis par Bonaparte sont les seuls habilités à définir l'intérêt général et les politiques censées l'incarner. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen disparaît et la référence à la république, de plus en plus formelle, n'a pour seule fonction que de légitimer le régime. L'ordre social repose sur le propriétaire qui a le "droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue" , le patron dominant ses ouvriers, le mari sa femme et le père ses enfants. La dictature de Bonaparte entend "dépolitiser" la nation et s'appuie sur la surveillance policière et la mise en place d'un régime où la liberté de la presse n'est plus qu'un mot. Le Concordat avec le Pape "recléricalise" la France et fait des prêtres les auxiliaires du pouvoir. Le culte du Chef de l'Etat et les valeurs militaires de l'ordre, de l'obéissance et de l'honneur sont érigés en culture politique dominante. A l'extérieur, le Consulat de Bonaparte est marqué par la construction d'une hégémonie autoritaire sur les peuples "libérés" par les armées françaises (Hollande, Suisse, Italie du Nord, Allemagne rhénane) et par une réaction coloniale sanglante en Guadeloupe et à Saint-Domingue, accompagnée du rétablissement de l'esclavage en 1802. Aujourd'hui, la société propriétaire et les stigmates "bonapartistes" de la Constitution de la Ve République - la monarchie républicaine, la "verticalité du pouvoir" , le législatif marginalisé - suscitent la critique et interrogent la nature de notre "démocratie" et ses dysfonctionnements.
Sartre et la politique : sur ce sujet, c'est toujours de son flirt avec les communistes dont on parle, et toujours pour condamner son coupable aveuglement. Le livre de Birchall n'évite pas le point mais le replace dans son contexte, celui de la guerre froide à sa pire période, où les dirigeants communistes français étaient mis en prison, les journaux saisis, les manifestations brutalement réprimées. Surtout, ce livre est comme une fresque où apparaissent des personnages fascinants avec lesquels Sartre a marché un temps dans ce demi-siècle agité : de Nizan à Leiris, de Colette Audry à Daniel Guérin, de Maurice Nadeau à Jean Genet... Et Birchall rappelle que l'attitude de Sartre pendant la guerre d'Algérie et la guerre du Vietnam lui a permis d'être à peu près le seul intellectuel de renom à pouvoir prendre la parole devant les étudiants en mai 1968. Mais il ne s'agit pas d'une hagiographie : les fragilités, les contradictions, les erreurs ne sont pas gommées, d'autant moins que Sartre lui-même les reconnaissait volontiers. Dans sa solidité documentaire, l'intérêt du livre est double : d'une part il éclaire la vie politique (et non philosophique ou littéraire, bien que par moments...) d'un personnage essentiel du XXe siècle, et d'autre part il offre la vision panoramique d'un territoire mal connu, celui de l'extrême gauche non communiste dans les années de l'après-guerre en France.
Féminismes islamiques : un titre qui en fera sursauter beaucoup, y compris parmi celles et ceux qui se pensent à l'abri de tout préjugé. C'est que le stéréotype "islam= oppression de la femme" croise partout comme un sous-marin, tantôt en surface et pavillon haut, tantôt dans les profondeurs de l'inconscient. Ce que montre ce livre, le plus souvent on ne le sait pas : que dans les pays où l'islam est la religion dominante, des croyantes puissent lutter pour l'égalité, retourner les textes sacrés contre le patriarcat, s'élever contre les autorités politiques et religieuses qui bafouent les droits des femmes. De l'Egypte à l'Iran, du Maroc à la Syrie, en France, aux Etats-Unis et jusqu'en Malaisie, des intellectuelles, des chercheuses et des militantes sont engagées dans une démarche féministe à l'intérieur du monde religieux musulman. Zahra Ali nous fait entendre leurs voix et propose ainsi de décoloniser le féminisme hégémonique.
Comment un certain désir s'y prend-il pour impliquer des puissances tierces dans ses entreprises ? C'est le problème de ce qu'on appellera en toute généralité le patronat, conçu comme un rapport social d'enrôlement. Marx a presque tout dit des structures sociales de la forme capitaliste du patronat et de l'enrôlement salarial. Moins de la diversité des régimes d'affects qui pouvaient s'y couler. Car le capital a fait du chemin depuis les affects tristes de la coercition brute. Et le voilà maintenant qui voudrait des salariés contents, c'est-à-dire qui désireraient conformément à son désir à lui. Pour mieux convertir en travail la force de travail il s'en prend donc désormais aux désirs et aux affects. L'enrôlement des puissances salariales entre dans un nouveau régime et le capitalisme expérimente un nouvel art de faire marcher les salariés. Compléter le structuralisme marxien des rapports par une anthropologie spinoziste de la puissance et des passions offre alors l'occasion de reprendre à nouveaux frais les notions d'aliénation, d'exploitation et de domination que le capitalisme voudrait dissoudre dans les consentements du salariat joyeux. Et peut-être de prendre une autre perspective sur la possibilité de son dépassement.