Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Terreur et séduction. Une histoire de la doctrine de la "guerre révolutionnaire"
Rubenstein Jeremy
LA DECOUVERTE
23,00 €
Épuisé
EAN :9782348057366
Les techniques issues de la tradition militaire de " contre-insurrection " et d'action psychologique sont aujourd'hui largement banalisées, y compris dans le management d'entreprise, dans nombre de polices du monde, voire dans des groupes mafieux. Mais on ignore souvent ce qu'elles doivent à la doctrine française de la " guerre révolutionnaire " (DGR). D'où l'intérêt de cet ouvrage, qui retrace son histoire méconnue. Sa genèse remonte aux armées coloniales du XIXe siècle - principalement française et britannique - qui ont constitué un savoir-faire répressif permettant l'émergence de la DGR au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Elle a été formalisée par des officiers français engagés dans la guerre d'Indochine, devenant hégémonique dans l'état-major durant celle d'Algérie. Elle se veut une réponse au mouvement de décolonisation, conçue comme une " guerre totale " impliquant l'ensemble de la société. Et elle vise son contrôle intégral par la propagande et la manipulation, la " conquête des coeurs et des esprits ". Mais aussi par la terreur, associée à la séduction propagandiste : torture, exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées, déplacements de populations... Malgré ses nombreux fiascos, on verra comment la DGR a essaimé depuis les colonies françaises vers bien d'autres terrains, de la guerre du Vietnam à celles d'Irak et d'Afghanistan, de l'Argentine des années 1970 à l'Afrique des années 1980 ou l'Algérie des années 1990. Et comment ses principes se retrouvent aujourd'hui au coeur des techniques violentes de maintien de l'ordre comme des outils de manipulation de l'information.
Rubenstein Richard-E ; Vovelle Michel ; Saint-Upér
Le récent succès de la série Corpus Christi a montré que le refus d'une vision historique et historicisée de la réalité chrétienne n'est plus de mise, que les accusations qui frappèrent Renan et Loisy renvoient à une mentalité aujourd'hui désuète. En tant que religion de l'incarnation, le christianisme est plongé corps et âme dans l'histoire, connaît évolution et mutation. Le savant ouvrage du Pr Rubenstein sur "L'Affaire Arius" en est une preuve éclatante. En effet, le Christ n'a pas toujours été une figure de la divine trinité. Quand, en 324 de notre ère, L'Empire romain devient, par la conversion de Constantin, un état chrétien, la figure du Christ est encore sujette à débat. Face à Athanase, évêque d'Alexandrie et partisan de la divinité du Christ, se dresse le prêtre Arius, favorable lui à une vision d'une humanité supérieure mais non-divine d'un Jésus subordonné à son père. La controverse est violente, durera presque un siècle et prendra des formes de quasi-guerre civile. C'est cette lutte que retrace le livre de Richard Rubenstein, élève de ce grand spécialiste de la Révolution qu'est Michel Vovelle. Il nous dépeint avec précision un affrontement qui révèle avant tout les soubassements politico-culturels des luttes entre Orient grec et Occident romain et réaffirme la dimension historique des croyances. Après celle de la peur et du paradis donnée par Jean Delumeau, voici l'amorce d'une autre histoire : celle de la foi. --François Angelier
Résumé : Parmi les artistes américains expatriés à Paris après-guerre, la peintre Shirley Jaffe a su se forger un langage pictural propre mondialement reconnu. Dans cette première monographie consacrée à son oeuvre, le critique new-yorkais Raphael Rubinstein retrace son évolution artistique, caractérisée par son rejet de l'abstraction gestuelle en faveur d'une approche mettant délibérément l'accent sur la forme et la couleur. Puisant son inspiration dans les méandres urbains de Paris et New York, Shirley Jaffe continue d'éblouir le spectateur avec des peintures exubérantes et complexes célébrant la pluralité visuelle et une poétique de la précision.
Qu'écrire encore sur la Shoah qui ne l'a déjà été? Peut-être son empreinte sur le présent. Comprenant que toute trace de l'existence de ses grands-parents paternels n'a pu disparaître, Marianne Rubinstein décide de savoir ce qu'il reste d'eux. Elle exhume de rares documents d'époque conservés dans une "boîte en fer bleue" et finit même par esquisser un arbre généalogique. Mais alors qu'elle fouille dans te passé, sa recherche ne cesse de déborder sur le présent, de "travailler" sa relation avec son père, de renouveler sa perception de la place et des origines. Récit en forme d'enquête fragmentaire, C'est maintenant du passé récolte les bribes d'une histoire forcément incomplète, ces destins brisés par la Shoah. Et c'est en s'adossant à la tradition littéraire japonaise du haïku que l'auteur parvient à restituer un peu de la vie des siens, pour recueillir la douleur et trouver l'apaisement.
Sujet: Lizzie et Sarah sont les deux meilleures amies du monde. Sarah ayant les moyens de suivre des cours d'équitation, Lizzie vient la regarder évoluer chaque semaine, partageant la même passion. Mais très vite, l'écart va se creuser entre les deux filles: d'un côté les parents de Sarah lui offrent un poney et l'encouragent à participer à des concours. D'un autre côté, Lizzie semble n'avoir aucun espoir, d'autant que son père ne veut pas entendre parler de dépenses financières... Commentaire: Cette histoire très classique prend un départ assez ordinaire. Mais les relations entre les deux amies vont évoluer d'une manière positive, de même qu'entre Lizzie et son père. Les caractères sont un peu forcés, mais la lecture est agréable. Les chapitres sont courts et parsemés de quelques illustrations. Le style est fluide, malgré la traduction, et les termes techniques sont expliqués en fin d'ouvrage. Un roman facile à lire, particulièreent attachant pour les amoureux des chevaux
Crawley Quinn Josephine ; Pignarre Philippe ; Bonn
Qui sont les Phéniciens ? Un peuple de l'Antiquité auquel les Grecs auraient emprunté l'alphabet ? Des commerçants et des navigateurs exceptionnels partis du Levant (Tyr, Sidon, le Liban actuel) pour fonder Carthage, dont l'empire concurrencera les cités grecques en Sicile ou en Sardaigne, jusqu'à sa destruction par Rome ? Un peuple pratiquant une religion cruelle avec un dieu exigeant l'immolation d'enfants, source d'inspiration du Salammbô de Flaubert ? Pourquoi, comparés aux Grecs et aux Romains, sont-ils finalement presque insignifiants dans nos histoires et nos récits de l'Antiquité ? Comme dans une enquête policière, l'auteure retrace tout ce que l'on sait sur eux et qui renverrait à une " identité " phénicienne, à un peuple original. Elle explore successivement la langue, la religion, les colonies, l'influence régionale de Carthage. Elle s'appuie sur l'épigraphie, la numismatique, l'architecture, les dernières découvertes archéologiques. A chaque fois que l'on croit saisir cette identité, elle s'échappe... On n'est désormais même plus du tout certain que Carthage ait été une colonie de Tyr ou de Sidon... Les Phéniciens constituaient-ils un véritable peuple ? Etaient-ils reconnus comme tel par leurs contemporains ? Ce qui est certain, c'est qu'ils ont fait l'objet d'une multitude d'opérations d'instrumentalisation (et de fantasmes ! ) : par les Grecs, les Romains et, quelques siècles plus tard, par les Irlandais puis les Anglais et, enfin, les Français !
Le Grand Remplacement est à nos portes ! ", "La civilisation européenne est menacée ! ", "Le féminisme a proclamé la fin des hommes ! ", "Les valeurs de la nation sont bafouées ! "... Ce bref florilège serait risible par son absurdité s'il ne cachait pas des croyances bien réelles et une percée idéologique virulente, appelant à un nécessaire retour aux sources du "roman national". C'est donc à déjouer les pièges de cette fiction que s'emploie Elise Thiébaut. Elle s'interroge d'abord sur sa propre "identité" : qu'est-ce que l'histoire de cette Française dite "de souche" a-t-elle à nous dire de l'histoire de France ? En se livrant à des tests ADN, à des recherches généalogiques et archivistiques, elle pose des questions qui révèlent des tabous et impensés de la mémoire collective. Que nous apprend la génétique ? Quels sont les liens entre généalogie et patriarcat ? Quel impact la traite négrière et la colonisation ont-elles eu sur sa famille et plus largement sur son pays ? Quel rôle les cocottes et courtisanes du XIXe siècle ont-elles joué dans le mythe de la séduction à la française ? Avec un plaisir aigu et une vivacité pugnace, l'autrice livre une autobiographie de la France singulière comme antidote au roman national.
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.
Harper Kyle ; Pignarre Philippe ; Rossignol Benoît
Comment Rome est-elle passée d'un million d'habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s'est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ? On ne peut plus désormais raconter l'histoire de la chute de Rome en faisant comme si l'environnement (climat, bacilles mortels) était resté stable. L'Empire tardif a été le moment d'un changement décisif : la fin de l'Optimum climatique romain qui, plus humide, avait été une bénédiction pour toute la région méditerranéenne. Les changements climatiques ont favorisé l'évolution des germes, comme Yersinia pestis, le bacille de la peste bubonique. Mais "les Romains ont été aussi les complices de la mise en place d'une écologie des maladies qui ont assuré leur perte". Les bains publics étaient des bouillons de culture ; les égouts stagnaient sous les villes ; les greniers à blé étaient une bénédiction pour les rats ; les routes commerciales qui reliaient tout l'Empire ont permis la propagation des épidémies de la mer Caspienne au mur d'Hadrien avec une efficacité jusque-là inconnue. Le temps des pandémies était arrivé. Face à ces catastrophes, les habitants de l'Empire ont cru la fin du monde arrivée. Les religions eschatologiques, le christianisme, puis l'islam, ont alors triomphé des religions païennes.