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J'attends
Ruat Capucine
LGF
7,90 €
Épuisé
EAN :9782253164296
Alors que mon ventre s'arrondit, durcit sous mes mains, je m'aperçois que tu m'as terriblement manqué; tu m'as même manqué chaque jour. Ta présence minuscule, déjà, me réchauffe; elle me fait très peur aussi. Depuis longtemps j'attends autre chose. Cette chose, aujourd'hui, va grandir et s'épanouir; mon poing s'ouvrir et t'accueillir, il sera chaud, doux et aimant. Ce poing-là, je le serrerai fort pour toi. Personne ne te fera du mal.Ce qu'il y a de bien dans notre famille, c'est qu'ils meurent tous. Ils deviennent inoffensifs. Ce qu'il y a de moins bien, c'est que nous mourons avec eux. Bientôt on ne sera plus que quatre, les parents, ma soeur et moi; et ça ne changera pas grand-chose, parce qu'au fond on a toujours été seuls, nous quatre. Moins que les doigts de la main, pourtant serrés comme un poing.L'année passée les grands-mères sont parties, les parents sont devenus orphelins. Ils n'en sont pas inconsolables. Ils sont inconsolables de n'être jamais nés. Il y a beaucoup d'enfants qui ne naissent jamais, et des adultes qu'on n'a pas mis au monde. La mort a fermé les yeux des disparus et ouvert ceux des survivants, tous deux sont à présent parfaitement lucides.J'aimerais l'être moins. J'aimerais te consoler de naître dans cette famille-là. J'aimerais t'inventer un monde qui n'existe pas. J'aimerais être moins seule avec mes questions. De mon histoire j'ignore parfois ce qu'il y a à comprendre, mais je sais qu'il faut m'en débarrasser avant même de connaître ton visage, ton odeur et ta peau, ton premier cri. Pour ne pas te déranger trop tôt, pour conjurer les absences, les silences et la déraison qui rongent nos vies. Ce sont des histoires anciennes qui nous engloutissent pourtant et qui t'engloutiront sinon. Je préfère que tu naisses sans mensonge.La seule vérité c'est que j'attends.
Résumé : Dès les premières pages, il sait. Il est comme un chasseur qui suit une trace. Concentré, recueilli, il passe deux doigts de la main gauche sur sa lèvre supérieure. C'est un acte précieux, délicat, doux. Il est tout entier là, dans ce rituel. Il est drôle, irrévérencieux, de mauvaise foi. Flamboyant au charme fou, un peu voyou, il marque mal. Il incarne la Maison. Autour de lui, une famille d'auteurs. Les livres qu'il publie sont comme ses enfants, il les porte, les protège, les défend. Il est l'Editeur. Et, comme la littérature, il résiste à toute définition. Il s'appelait Jean-Marc Roberts. Voilà dix ans qu'il a tiré sa révérence. A travers son souvenir, Capucine Ruat, éditrice auprès de lui durant quinze ans, raconte l'édition, cette passion brûlante. Et, sous sa plume subtile, ce créateur inclassable rejoint enfin la tribu des personnages de roman.
Résumé : Jean-Marc Roberts (1954-2013) fut l'une des figures les plus flamboyantes de l'édition. Ecrivain précoce, il publie son premier roman à 17 ans et découvre très vite ce que sera sa vie : se mettre au service des auteurs et des livres. Il ne cessera jamais d'être à la fois romancier et éditeur. Successivement éditeur aux éditions Julliard, au Seuil, au Mercure de France et aux éditions Fayard, il prend la direction des éditions Stock à partir de 1998. Sous une couverture bleu nuit devenue iconique, il impose dès lors sa marque. Son style : lire vite, décider seul, prendre des risques, miser sur une oeuvre, parier sur le long terme, protéger, voire mécéner les écrivains et toujours les comprendre et les aimer. Considéré comme l'un des piliers de l'autofiction en France, son catalogue révèle néanmoins son éclectisme. Immense découvreur de talents, il insufflera à la littérature audace et élégance, ne se souciant jamais de la bien-pensance. Ce livre dresse un portrait en kaléidoscope de l'éditeur par 27 de ses auteurs, et permet de découvrir l'esprit intrépide et le charme fou de celui qui fit les grandes heures de l'édition à la française.
« Il y a beaucoup d?enfants qui ne naissent jamais, et des adultes qu?on n?a pas mis au monde. La mort a fermé les yeux des disparus et ouvert ceux des survivants, tous deux sont à présent parfaitement lucides. J?aimerais l?être moins. » Celle qui dit « je », c?est Angèle Videau, soeur d?Arielle, fille d?Armelle et du « père », une apparition dans ce roman de femmes. Des femmes sur trois générations, de Mané à Armelle, d?Armelle à Angèle. Trois générations, pas une de plus. On rencontre Angèle dans la salle d?attente d?un cabinet médical, les mains posées sur un ventre qu?elle a gonflé d?espérance. Alors que se déploie sous ses yeux le ballet des futures mères, des jeunes enfants et de celles qui les ont enfantés, Angèle s?adresse à Éric. Ce prince Éric qu?elle désire de toutes ses forces et porte en elle, elle tente de l?apprivoiser. L?occasion de convoquer les rêves, les souvenirs et de combler les places laissées vides. Pourquoi les désamours et à quel point le manque? A-t-on « raté » sa vie quand on ne la donne pas? Il y a les questions, toutes les questions d?Angèle et qui demeurent sans réponse.Car J?attends, c?est la sensation d?une carence; le coeur bat en sourdine, la laideur, celle qui ne s?altère pas finit par saisir d?effroi, le corps est sec et, si l?on n?y prend garde, bientôt, dans cette famille qui s?amenuise comme une peau de chagrin, les morts auront supplanté les vivants. Angèle aimerait être moins lucide mais pour Éric, elle a tout déballé. Un regard sans filtre, quasi clinique, qu?elle offre sur les siens et sur elle-même et qui révèle, dans une violence contenue et dans le sang, parfois, les secrets, les envies, les pensées honteuses, tout ce qu?on n?a pas su et pas pu dire. J?attends est un roman qui, à travers le point de vue d?une jeune femme et les brèves d?existence de celles qu?elle raconte, les anecdotes, le quotidien, réussit à approcher l?universel: la maternité, la féminité, le lien du sang et la mort.
Résumé : " Le médecin me dit que je suis une enfant. J'ai le corps d'une fillette. Ce n'est pas grave, ça se répare un corps. Il y a un an je ne pesais pas grand-chose, on aurait pu me glisser dans une mallette ou m'accrocher à un cintre. Me souffler comme une allumette ou me froisser dans du papier de soie. Ma peau était une vieille fripe. Je l'enfilais à l'envers et je marchais de travers. J'ai grossi comme j'ai pu ".
Cyrulnik Boris ; Bustany Pierre ; Oughourlian Jean
Résumé : On savait que le cerveau était l'entité la plus complexe de l'univers connu. Mais de récentes découvertes montrent que ses capacités sont bien plus étonnantes qu'on ne le croyait : non seulement le cerveau est élastique (âgé ou handicapé, il peut se reconstruire, apprendre, inventer) mais aussi social (il n'existe qu'en résonance avec d'autres). La combinaison de ces facultés laisse supposer que l'homme peut d'agir sur l'évolution de son cerveau. Patrice Van Eersel, rédacteur en chef du magazine Clés, présente ces recherches fascinantes sous la forme d'entretiens avec cinq médecins-chercheurs réputés (ethnologue, psychiatres, neurologue) : plasticité neuronale, nouvelles techniques d'imagerie cérébrale, mise en pratique des avancées des neurocognitivistes sur les moines en méditation, apport de la médecine orientale.
Résumé : Comment tirer parti de chaque instant ? Accepter la fin d'un amour ? Fuir l'habitude ? En deux mots : comment vivre ? Toutes ces questions, que chacun se pose aujourd'hui, Montaigne y a réfléchi et y a apporté des réponses dans ses Essais. D'où l'extrême modernité de la pensée de cet auteur qui, en écrivant sur sa vie, nous fournit les clés pour un art de vivre. Véritable phénomène d'édition en Angleterre et aux Etats-Unis, ce livre de Sarah Bakewell, abondamment nourri de citations des Essais, aborde de manière chronologique et thématique la vie de Montaigne, les événements qui ont marqué son temps, et nous tend un miroir où chacun peut se reconnaître.
Résumé : Il y a cinq ans, Timmy a été témoin du meurtre de son père. Avant de s'enfuir, l'assassin, aux yeux très bleus, ce dont le garçon se souvient précisément, lui a lancé : "Dis à ta mère qu'elle est la prochaine". Depuis, l'enfant et sa mère, Laurie, vivent sous cette menace. La jeune femme, célèbre productrice télé, démarre une série choc sur les affaires non résolues. Le premier épisode revient sur l'affaire du "Gala des lauréates" : il y a vingt ans, Betsy Powell et son mari organisaient une grande soirée en l'honneur du diplôme de leur fille. La nuit même, Betsy mourait étouffée. Alors qu'on s'apprête à reconstituer la scène du crime dans la splendide demeure des Powell, quelqu'un épie Laurie dans l'ombre, quelqu'un qui a les yeux d'un bleu éclatant. Commence alors un huis clos haletant.