Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Regio. Et autres poèmes
Rozewicz Tadeusz ; Du Bord Claude-Henry ; Jezewski
ARFUYEN
18,50 €
Épuisé
EAN :9782845901179
Deux fois couronnée par le prix Nobel - Czeslaw Milosz en 1980 et Wislawa Szymborska en 1996 -, la littérature polonaise des dernières décennies est l'une des plus riches d'Europe. Par sa radicalité et son universalité, l'?uvre de Rozewicz y occupe une place de tout premier plan. Poète, dramaturge, nouvelliste, Rozewicz appartient à une génération qui a eu 20 ans dans un pays martyrisé par les nazis et vécu sa maturité sous la dictature communiste. En rupture d'études, ouvrier, il combat dans les rangs de l'armée clandestine, l'A. K, avec son frère Janusz - qui sera exécuté par la Gestapo en 1944. Au lendemain de la guerre, sa conscience de poète est littéralement foudroyée par le poids de l'histoire : Comment écrire de la poésie après Auschwitz ? " C'est un homme presque sans voix qui parle, tout au bord de ce silence qui étouffe beaucoup de survivants. Pour ces temps d'apocalypse, Rozewicz invente une poétique nouvelle rupture avec le vers classique, abandon de toute métaphore, crudité et rugosité de la langue. Proches de la démarche d'un Paul Celan, ses poèmes sont comme les squelettes de cathédrales calcinées. Véritable révolution dans la poésie polonaise, son ?uvre constitue " la négation d'une littérature " qui, souligne Milosz, " semblait n'être rien d'autre qu'un mensonge recouvrant l'horreur de la brutalité de l'homme envers son prochain. " A partir des années 60, sa poésie s'approfondit encore pour dénoncer la désintégration des liens sociaux et des systèmes moraux et esthétiques dans les sociétés occidentales. Dans le même temps, sa sensation aiguë du néant trouve dans le théâtre un puissant moyen d'expression. Saluées par Grotowski et Kantor, des pièces comme Le Fichier influencent profondément leur esthétique. Rozewicz aime à citer cette belle phrase de Mickiewicz : " Il est plus difficile de vivre décemment une journée que de composer un livre. " Ecrire n'a d'autre sens, d'autre dignité, pour Rozewicz, que de tenter de vivre.
Rozenwicz Tadeusz ; Grazyna Erhard ; Burko Jacques
Se faire poète dans la Pologne des années 50, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, n'était pas une vocation facile. Tadeusz Rozewicz a néanmoins choisi cette voie. Et Julian Przybos, un poète de la génération précédente, dit à son sujet: "Il est des poètes qui frappent longtemps à la porte de la poésie pour trouver leur muse, qui bafouillent longtemps leur vérité car le langage leur manque pour la dire. Et puis il y a des poètes qui jaillissent armés de pied en cap, comme Minerve de la tête de Jupiter. De ceux qui ont fait leurs débuts après la guerre, un seul s'est présenté complètement armé de son imagination. Ce fut justement Tadeusz Rozewicz." Voici que le lecteur français peut désormais aussi faire connaissance avec ce grand poète.
Tout a changé. Mais personne ne l'a remarqué. C'est mieux ainsi. Chaque matin, je me lave, je me coiffe, je regarde mon reflet dans le miroir. J'utilise les mêmes objets et vêtements qu'autrefois, mais il m'arrive de me pétrifier. Je tiens dans la main une brosse ou une cuillère comme si j'ignorais à quoi servent ces objets. "
Publiées seulement en 1997, les Select Meditations ont été écrites avant les Centuries et sur une longue période, sans doute de 1664 à 1667. Tout autant que la beauté de leur écriture, ce qui frappe dans ces textes, c'est la force de l'expérience qui les inspire. En bien des pages, ils témoignent d'un détachement et d'une lucidité qui évoquent l'Advaïta Vedanta : " Dans mes plus Intimes Retraites, certaines années, c'était comme si Personne d'autre que moi n'avait été dans le monde. Tous les Cieux étaient à moi, rien qu'à moi. Et je n'avais rien à faire d'autre qu'à cheminer avec Dieu, comme s'il n'y avait personne d'autre que Lui et Moi. Quand je vins parmi les hommes, je découvris qu'ils étaient des Trésors Surnuméraires. Et Seul je Demeure : le Goûteur de tout. " C'est une vision du monde dynamique et étonnamment moderne que Traherne nous apporte : " C'est nous qui sommes de nature Successive, l'Eternité ne l'est pas. Nous dépassons les arbres lors d'une promenade Bien qu'eux-Mêmes se tiennent immobiles. Les moments se Tiennent là, nous nous déplaçons, nous les dépassons et nous nous écrions que le Temps s'enfuit. [...] Mais il ne peut se déplacer ni même Bouger. Quelle infinie liberté dans Son Royaume ! " Toujours sa méditation de Traherne débouche sur l'émerveillement et la gratitude d'être un témoin de cette Vie et de pouvoir y participer.
«Jouant de tous les registres, depuis les mètres traditionnels jusqu'au poème figuré, jamais Apollinaire n'a montré dans son expression une telle audace et une telle invention.Ni dans son inspiration.Amant persuadé queLe vice n'entre pas dans les amours sublimesil chante la joie et la douleur des corps sans oublier que "le corps ne va pas sans l'âme", à la fois rêvant d'un inacessible absolu et acceptant les partages les plus dérisoires.Soldat vivant au jour le jour les misères des premières lignes, il a le courage de contempler l'insolite beauté que suscite la guerre, et de la dire.Mais dans la magnificence de l'amour comme dans l'émerveillement qu'il ressent, artilleur, sur la ligne de feu, il reste, proche de nous, l'homme qui sait sa faiblesse et le prix de l'attente : Je donne à mon espoir tout l'avenir qui tremble comme une petite lueur au loin dans la forêt.»Michel Décaudin.
Traducteur exemplaire, essayiste d'une grande délicatesse, particulièrement voué à l'espace de la calligraphie et de la peinture chinoises, romancier intuitif et profond, François Cheng a également développé une ?uvre de poète qui le révèle tel qu'en lui-même : discret, pudique, attentif aux mouvements des choses, des êtres et du temps. Cette anthologie poétique, la première composée par l'auteur de L'éternité n'est pas de trop, incite à un partage qui délivre, propose un parcours lucide qui se veut à la fois serein et alerté. Tous les poèmes rassemblés par François Cheng ressemblent à des instants fragiles, des envols à peine notés, des méditations légères. Avec eux, le fugace, l'impermanent peuvent devenir des alliés, des amis bénéfiques et transitoires, même si rien ne peut les empêcher de passer. Sans oublier qu'il est toujours un viatique pour les obstacles qui restent à franchir, pour la route qui reste à inventer, pour la beauté qui reste à capter en chacune de ses incarnations, en chacune de ses métamorphoses.
Dans Folioplus classiques, le texte intégral, enrichi d'une lecture d'image, écho pictural de l'?uvre, est suivi de sa mise en perspective organisée en six points : - Mouvement littéraire : La révolution surréaliste - Genre et registre : Le lyrisme amoureux - L'écrivain à sa table de travail : De l'écriture du poème à la construction du recueil - Groupement de textes : L'insaisissable objet du désir - Chronologie : Paul Éluard et son temps - Fiche : Des pistes pour rendre compte de sa lecture. Recommandé pour les classes de lycée.
La seconde édition des Fleurs du mal, privée des six "pièces condamnées" en correctionnelle pour immoralité, paraît en 1861. Romantiques par la mélancolie à l'ombre de laquelle ils s'épanouissent, parnassiens par leur culte du Beau et la rigueur de leur composition (ils sont dédiés à Théophile Gautier), ces poèmes illustrent la théorie des correspondances horizontales entre les éléments visibles et invisibles, qui sont comme de "longs échos qui de loin en loin se confondent" pour s'élever en correspondances verticales "ayant l'expansion des choses infinies". Exploration du matériau grouillant qu'est la vie, cette quête spirituelle conduit le poète, tiraillé entre Spleen et Idéal, à travers diverses expériences pour échapper à la dualité déchirante. L'amour, un temps envisagé, est bien vite écarté au profit de l'activité qui caractérise les Tableaux parisiens. Mais la contemplation urbaine s'achève sur la vision presque hallucinatoire des brouillards matinaux. Viennent alors Le Vin et autres plaisirs artificiels, puis le vice, fleurs du mal qui n'offrent que mirage et dégoût. Dans une ultime tentative pour échapper au spleen, le poète pousse un cri de Révolte blasphématoire dont les répétitions ne sont plus des échos incantatoires, mais des piétinements stériles. Reste La Mort. --Sana Tang-Léopold Wauters