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Les députés français et l'Europe. Tristes hémicycles ?
Rozenberg Olivier
SCIENCES PO
26,00 €
Épuisé
EAN :9782724622805
Le constat est patent : le métier de député a changé. Cherchant à analyser les effets de l'intégration européenne sur l'Assemblée nationale, Olivier Rozenberg a interrogé une soixantaine de députés sur leur conception de l'activité parlementaire. Sous la pression de l'Europe, le rapport de l'élu à son électeur, à la loi, aux ministres ou à lui-même s'est modifié. Il doit monter des dossiers de subvention, se faire le relais des griefs des électeurs, agir en lobbyiste à Bruxelles, ourdir des "coups" politiques autour des enjeux européens, etc. Ainsi, différents profils de parlementaires s'européanisent. Entrepreneurs locaux, défenseurs du terroir, souverainistes, présidentiables ou experts peuplent de "tristes hémicycles", théâtres d'une profonde transformation depuis Maastricht. Une tristesse qui doit autant aux difficultés d'adaptation des deux assemblées à l'Union européenne qu'aux émotions que les représentants mobilisent quotidiennement dans l'action.
Nous vous aimons, Madame" : les mots élogieux prononcés par Jean d'Ormesson lors de la réception de Simone Veil à l'Académie française, en 2010, résonnent aujourd'hui comme une déclaration partagée par des millions de personnes. Femme politique et populaire, Simone Veil est une pionnière. Première femme ministre de la Ve République en 1974, première présidente du Parlement européen en 1979, elle a occupé pendant quarante ans une place à part dans la vie politique française. Avant cet engagement, elle fut une magistrate passionnée et une militante de l'amélioration des conditions de vie des prisonniers. Tout au long de sa carrière, elle ouvrira la voie aux femmes avec sérénité et détermination, deux traits caractéristiques de sa personnalité. Grâce à de nombreux documents -pour certains inédits-, dont ses archives privées confiées aux Archives nationales en 2012, ce livre rappelle qu'avant de devenir une icône, la jeune Niçoise Simone Jacob fut plongée dans l'enfer d'Auschwitz à l'âge de 16 ans. Ce traumatisme constitue la matrice d'un destin unique marqué par un souci constant de la dignité humaine. Au fil des étapes de sa vie d'adulte, Simone Veil aura transcendé sa condition de victime pour devenir actrice de son histoire et de celle de la France.
Les contributions de ce numéro de Politique européenne tentent d'éclairer la corrélation entre des élections européennes qui suscitent peu d'enthousiasme auprès des électeurs et restent ancrées dans des préoccupations nationales et le pouvoir grandissant du Parlement et sa quête de légitimation.
Parce qu'elles organisent la parole et la représentation du pluralisme, les assemblées sont des lieux d'ordre. Pourtant, du chahut dans l'hémicycle aux échanges d'insultes et parfois de coups, l'ordre parlementaire est souvent troublé. Les exemples récents des rixes à la Rada Suprême d'Ukraine ou des tensions au Congrès américain lors de la réforme de la politique de santé montrent que les épisodes de violence n'appartiennent pas qu'au passé. Ce numéro interroge le rapport spécifique que les assemblées parlementaires entretiennent avec le processus de pacification des moeurs politiques. Ses contributions envisagent ainsi les diverses facettes institutionnelles, historiques et sociologiques de ce phénomène. La rubrique " Sources ", enfin, souligne les efforts paradoxaux de l'institution parlementaire pour contrôler la violence de ses membres en la codifiant aussi bien qu'en la publicisant.
Résumé : Dans un contexte de crise financière et économique, les élections européennes de juin 2014 ont exacerbé la désaffection des citoyens à l'égard de l'Union européenne telle qu'elle s'est construite jusqu'ici. Le constat n'est pas neuf mais l'entrée en nombre des formations eurosceptiques à Strasbourg en juin 2014 constitue une étape symbolique supplémentaire dans le processus. La représentativité des élus est ainsi de plus en plus essentielle à la structuration de l'Union européenne comme espace politique autonome. Elle justifie l'analyse des pratiques individuelles des parlementaires européens. Le présent ouvrage entend répondre à cet impératif en analysant le thème de la formation des compromis et des consensus parlementaires. Grâce à une comparaison originale avec la Chambre des représentants américaine, l'auteure dévoile les secrets de fabrication de ces compromis. Elle explore aussi les motivations des législateurs à s'engager dans des activités parfois laborieuses et coûteuses de construction de compromis. Elle souligne enfin l'importance des règles formelles de procédure comme des enjeux de carrière. De Washington à Strasbourg, les élus ne composent pas avec des aspirations personnelles et des mécanismes réglementaires très différents. L'ouvrage montre aussi la fragilité des équilibres obtenus. Aux Etats-Unis, l'émergence du Tea Party depuis la crise des subprimes illustre la conflictualité extrême entre républicains et démocrates. Dans l'Union européenne, la pression des groupes eurosceptiques, et plus fondamentalement la crise de confiance généralisée des citoyens, menacent la recherche des compromis au Parlement. Cette analyse questionne enfin la relation entre les pratiques parlementaires et la défiance populaire envers les deux systèmes politiques. Les élus européens peuvent-ils sortir l'Union européenne de la crise qu'elle traverse ? Si oui, comment ? Aux Etats-Unis, la confiance dans le Congrès et ses élus ne sort pas renforcée de la confrontation violente entre les deux partis. Les élites politiques américaines semblent de plus en plus déconnectées du peuple. Quelles leçons en tirer pour l'Union européenne ? L'affirmation d'oppositions entre élus de bords politiques opposés, souhaitée par nombre d'observateurs et de praticiens, n'est peut-être pas la panacée. Le système politique de l'Union européenne est unique, mais pas incomparable.
Résumé : La pratique diplomatique a connu plusieurs mutations majeures : elle n'est plus l'apanage de l'Etat et de ses agents, elle use d'instruments d'une technicité croissante, elle investit de nouveaux territoires de négociation. Ces changements ont suscité un regain d'intérêt pour l'analyse de la scène diplomatique par de nombreuses disciplines, de la science politique des relations internationales à l'histoire, en passant par la sociologie. Premier Manuel de diplomatie en langue française, cet ouvrage aborde toutes les dimensions de l'institution diplomatique au XXIe siècle, en la situant dans son évolution historique et en présentant ses aspects classiques comme ses nouvelles formes d'expression. Le livre s'organise en trois parties : vecteurs : bilatéralisme, multilatéralisme, négociation et médiation, nouvelles technologies de l'information et de la communication, diplomaties de clubs et de groupes, paradiplomatie, rituels et protocole ; acteurs : Etat, organisations intergouvernementales, régions (sub- et supra-étatiques), parlements et collectivités territoriales, individus ; secteurs : culture, entertainment, environnement, économie et entreprise, expertise, défense et humanitaire.
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.
Les grandes puissances reprennent leur compétition stratégique, Donald Trump répand sa vision isolationniste du monde, le terrorisme s'internationalise, la Chine devient le nouveau géant, la Russie retrouve son agressivité, les guerres se font cybernétiques... Autant de signes que l'ordre international tel que nous le connaissons a vécu. Si un terme devait résumer la période charnière que nous vivons, ce serait celui du recul des relations internationales : recul de la sécurité, de la stabilité et du multilatéralisme. Pour mieux comprendre la reconfiguration en cours du système mondial, cet ouvrage de référence présente, de manière pédagogique et critique, les concepts fondamentaux des études de stratégie et de sécurité, et revient sur les mutations du caractère de la guerre, les possibilités de régulation des conflits et les stratégies de paix au XXIe siècle.
La manière dont l'Allemagne traite ses habitants [... ] n'est pas plus notre affaire que ce n'est celle d'un autre gouvernement de s'interposer dans nos problèmes". Les mots de Robert Jackson, procureur en chef américain au procès de Nuremberg, sont sans ambages : la répression des crimes racistes commis par les nazis ne saurait ouvrir la voie à un examen international de l'ordre racial qui prévaut alors aux Etats-Unis. L'atteste la définition particulièrement corsetée du crime contre l'humanité adoptée en 1945. A partir d'une enquête sur les lawyers qui, outre-Atlantique, ont jeté les bases du procès, impulsé et conduit les débats, Guillaume Mouralis propose une relecture passionnante de Nuremberg. Il révèle le faisceau des contraintes professionnelles, sociales et culturelles qui ont lourdement pesé sur ce moment expérimental. Il s'interroge finalement sur son legs. Comment a-t-il été mobilisé dans les luttes afro-américaines pour les droits civiques, ou celles, ultérieures, contre la guerre du Vietnam ? Et comment ces appropriations militantes ont-elles marqué l'émergence d'un dispositif judiciaire international ?