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Tourisme et utopie aux Baléares
Rozenberg Danièle
L'HARMATTAN
21,00 €
Épuisé
EAN :9782738405203
Lorsque les habitants d'Ibiza évoquent leur histoire, ils disent "avant le tourisme" et "maintenant" car l'afflux de millions de vacanciers a bouleversé l'existence insulaire en le faisant accéder à la "modernité". Pour les émigrés de la contre-culture qui élisent l'île comme refuge dans les années soixante et soixante-dix, le petit territoire du bout du monde incarne le rêve d'une autre vie. Le nouveau contexte socio-économique les acculera au compromis. Depuis vingt ans, Danielle Rozenberg observe sur place les mutations en cours. A travers une minutieuse description du changement, elle nous engage dans une réflexion sur les enjeux de la situation touristique. L'île d'Ibiza, archétype du tourisme de masse en Méditerranée et pourtant différente avec ses résidents étrangers permanents, illustre de façon exemplaire le contact entre visiteurs et visités et, plus généralement, l'ambiguïté des rapports qui s'instaurent entre le tourisme international et les cultures des sociétés hôtes.
Les contributions de ce numéro de Politique européenne tentent d'éclairer la corrélation entre des élections européennes qui suscitent peu d'enthousiasme auprès des électeurs et restent ancrées dans des préoccupations nationales et le pouvoir grandissant du Parlement et sa quête de légitimation.
Mardi 30 septembre 2003, dix-neuf heures. L'appartement, qui donne sur une avenue longeant les douves du palais de Mandalay, est brusquement plongé dans l'obscurité. Coupure générale d'électricité. Yan Shin, interrompant son récit, demande à son épouse d'allumer des bougies. Il reprend:«C'était en 1998, au moment de la cérémonie de pose du pinacle sur la Pagode du Soupir [Lwan Zaydi, édifice religieux construit à la mémoire d'un défunt]. Je devais apporter le pinacle. Nous avions quitté Mandalay avec deux camionnettes. Je conduisais celle de tête. Ma femme et mon fils étaient assis à l'avant à mes côtés. Sur la plateforme arrière, un groupe de gens avec le pinacle. Soudain, Bodaw Bo Htun Aung est apparu [volant] dans le ciel. Mon fils l'a vu en premier. Bodaw Bo Htun Aung a suivi notre camionnette pendant un moment. J'ai arrêté le véhicule et suis descendu pour le regarder. Il a fait demi-tour et a disparu. Les autres ne l'ont pas vu. Seulement ma femme, mon fils et moi. Il était venu pour accueillir le pinacle.»Zaw Win, l'air réjoui, goûte cette histoire qu'il connaît déjà. C'est lui qui a conduit Guillaume et Le-Victorieux chez le riche entrepreneur immobilier. L'ethnologue et son assistant se tiennent face aux deux hommes, assis comme eux sur des chaises en plastique installées dans la pièce réservée à l'autel du Bouddha. Le-Victorieux n'a pas grand-chose à faire: leur hôte est volubile, ses propos s'enchaînent. Yan Shin les a d'ailleurs prévenus dès le début et l'a répété par la suite: «On pourrait en parler sans fin, on pourrait remplir des livres et des livres.» Guillaume prend des notes, l'arrêtant de temps à autre lorsque le sens d'une expression ou d'une situation lui échappe. L'épouse, une femme petite et forte, demeure debout à distance respectueuse, les yeux luisant d'excitation.«Il y en a encore un autre [fait extraordinaire]. C'était il y a cinq ans. Ma soeur aînée avait un cancer du poumon. Le docteur avait déclaré qu'elle mourrait dans les six mois...»Guillaume sent venir l'indigestion. Combien de ces récits, plus incroyables les uns que les autres, a-t-il consignés depuis un mois et demi? Lassitude. Et désarroi en sus. Découvrant ce qu'il recherchait - de l'extraordinaire, qu'on lui prodigue sans compter - l'ethnologue se trouve désemparé. Que faire d'hommes volants?
Résumé : Durant les décennies 1920-1930 furent fondées en Ukraine orientale, dans la région de Dniepropetrovsk, des colonies et kolkhozes juifs devant favoriser l'émergence du nouveau paysan juif soviétique. Envahis par l'armée allemande, ces dizaines de villages et leurs habitants juifs furent rayés de la carte. Ce volet de l'extermination des Juifs d'Ukraine est l'un des moins documentés. Depuis 2004, Yahad-in Unum conduit des recherches sur la " Shoah par balles " : les massacres de la population juive perpétrés hors des camps d'extermination, en grande partie sur le territoire soviétique occupé par les nazis entre 1941 et 1944. Une enquête de terrain minutieuse a permis d'explorer une soixantaine de localités et de recueillir plus de 130 témoignages auprès de paysans ukrainiens. Cet ouvrage en restitue les principaux résultats et apporte un éclairage novateur sur le caractère public ou semi-public des massacres, les réquisitions de voisins ukrainiens pour réaliser une série de tâches en lien avec le crime, les diverses catégories de témoins allant de l'enfant curieux, du paysan spectateur involontaire aux acteurs contraints. Se trouve enfin reconstituée la cartographie de ce qui fut autrefois un district autonome juif prospère au sein de l'Union soviétique, et dont il ne reste aujourd'hui que quelques pierres oubliées.
Né en 1962 à Istanbul, Ali Teoman fait des études d'architecture et d'histoire de l'art en Turquie puis en Europe. Auteur d'une dizaine de livres, romans, récits, essais, il a mis fin à ses jours en 2011.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.