Stephanie Roza, philosophe spécialiste des Lumières, s’interroge sur le rapport qu’entretient une certaine gauche contemporaine à son propre héritage théorique Les fondements historiques de la pensée de gauche semblent aujourd’hui fréquemment remis en cause. Défendant une pensée de politique progressiste inscrite dans un rapport dialectique à l’héritage des Lumières, l’auteure s’inquiète des dérives post-modernes de certains courants dits « de gauche » qui en viennent à rejeter simplement cet héritage, allant jusqu’à s’approprier ainsi certaines thèses réactionnaires des adversaires des Lumières. L’irrationalisme peut-il être de gauche ? L’anti-progressisme peut-il être de gauche ? L’anti-universalisme peut-il être de gauche ? Voici les questions qui se posent à l’auteure et auxquelles elle entend apporter une réponse éclairée. Une critique progressiste brillante de dérives réactionnaires au sein de la gauche contemporaine. Robin
Depuis plusieurs années déjà s?élèvent des critiques d?une radicalité inouïe contre le ceur même de l?héritage des Lumières : le rationalisme, le progressisme, l?universalisme.Ces critiques se revendiquent de l?émancipation des dominés, marqueur traditionnel des différents courants de gauche.Mais s?inscrivent-elles dans le prolongement de celles qui, depuis l?émergence des mouvements socialiste, communiste ou anarchiste, avaient pour horizon un prolongement et un élargissement des combats des Lumières « bourgeoises » ?Il est malheureusement à craindre que non.Une partie de la gauche est-elle dès lors en train de se renier elle-même ? Stéphanie Roza est chargée de recherches au CNRS, spécialiste des Lumières et de la Révolution française. Ses recherches actuelles portent sur l?héritage du XVIIIe siècle français dans le monde contemporain. Elle a publié Comment l?utopie est devenue un programme politique. Du roman à la Révolution (Classiques Garnier, 2015). A paraître : Lumières de la gauche (Editions de la Sorbonne).
Résumé : A partir des années 1930, la découverte des textes de jeunesse de Marx (les Manuscrits de 1844 et L'Idéologie allemande) amorce une réflexion sur la place de l'humanisme dans le marxisme, qui culmine vingt ans plus tard avec Jean-Paul Sartre et Georg Lukács qui, chacun à sa manière, tentent alors de réintroduire la subjectivité individuelle et son irréductible liberté dans une conception matérialiste et révolutionnaire de l'histoire. Il s'agit de régénérer un projet d'émancipation individuelle et collective après la terrible période de glaciation stalinienne. Mais quelle est la marge de manoeuvre des humains face aux forces sociales qu'ils engendrent par leur activité ? Comment concilier révolution et démocratie ?
Résumé : Le capitalisme a beaucoup changé depuis l'époque de Marx. En quoi ses concepts peuvent-ils encore être utiles à celles et ceux qui se placent dans la perspective de l'émancipation ? Cet ouvrage s'appuie sur les apports d'un siècle et demi de travaux et de débats au sein du marxisme, et particulièrement sur ceux de penseurs humanistes comme Georg Lukács, pour décrypter les tendances de fond de la société contemporaine. Il s'appuie sur l'hypothèse d'une essence humaine universelle : elle ne cesse d'évoluer dans le temps grâce aux efforts fournis par les individus dans l'activité de travail, qui peu à peu humanise le monde tout en accroissant la richesse et la puissance des sociétés. Mais ces progrès ont une face sombre : c'est pourquoi l'analyse s'efforce aussi de mettre à jour les nouvelles formes d'aliénation, en particulier celles engendrées par les plateformes numériques, qui se sont invitées dans notre rapport au travail, aux autres et à nous-mêmes. Le pari de ce livre est le suivant : seule une lecture lucide du monde dans lequel nous vivons peut fournir une base sérieuse à une théorie de la libération adaptée à notre temps.
Les voyages transatlantiques, depuis le XVIe siècle, ont été à l'origine d'un bouleversement culturel duquel a émergé la figure ambivalente du "sauvage", parfois idéalisé, souvent érigé en repoussoir. Ce premier volume du dossier Les "sauvages" des Lumières rassemble six études explorant les enjeux anthropologiques qui se dégagent des récits de voyage et de la façon dont philosophes et scientifiques du XVllle siècle tentent d'appréhender cette humanité "autre". Ce premier volet met en évidence une conception ethnocentrée et évolutionniste des sociétés humaines, oscillant cependant entre préjugés et volonté de compréhension. Il souligne l'émergence d'une autocritique de cet ethnocentrisme et d'un souci d'objectivité dans l'étude des peuples non-européens. Le deuxième volume portera sur les enjeux politiques de cette thématique. Publié avec le soutien de l'université Bordeaux Montaigne. Avec le parrainage de la Société Française d'Etude du Dix-Huitième Siècle (SFEDS).
Résumé : Il s'appelle Sainte-Marie-du-Mont, village posé au bord de la Manche, à la base de la presqu'île du Cotentin. C'est le personnage de ce livre. La plage est commode. En l'an 900, le Viking Vieul Aux Epaules y jeta ses drakkars. Dix siècles plus tard, l'Américain Eisenhower lança sur elle ses barges ; depuis, on la nomme Utah Beach. Juché sur la colline, le bourg essuie depuis toujours les tempêtes magistrales : guerre de Cent Ans, guerres de religion, révolutions, occupations... Il n'est pratiquement pas d'événement majeur qui n'ait laissé sa trace sur ce coin de bocage enclavé dans ses haies, de sorte que la chronique communale ne cesse de renvoyer à l'histoire de France. Mais aujourd'hui comme hier, les gens d'ici vivent à leur pas, car l'Histoire est peu de chose, au bout du compte, auprès des histoires qui tissent la trame des jours ordinaires.
Josy Eisenberg est rabbin et anime "A bible ouverte" et "La source de vie" sur France 2. Il a notamment publié Le Judaïsme pour les nuls (First, 2009). Adin Steinsaltz, rabbin et mathématicien, a reçu le prix Israël pour son commentaire des deux Talmuds.
En 2014, la victoire électorale des nationalistes hindous, remportée en grande part grâce au populisme de leur leader, Narendra Modi, a fait basculer l'Inde dans la démocratie ethnique. Les tenants du sécularisme, des militants politiques aux universitaires en passant par les organisations non gouvernementales, ont été mis au pas. Cibles traditionnelles des nationalistes hindous, les membres des minorités religieuses - les chrétiens et les musulmans en particulier - ont été relégués au rang de citoyens de seconde zone. Non seulement leur mise à l'écart au sein des institutions indiennes - y compris les assemblées élues - est sans précédent, mais ils sont victimes de violences et d'une police culturelle visant tant leurs pratiques religieuses que leurs activités économiques. Cette transformation de la scène politique indienne s'explique par le pouvoir que le mouvement nationaliste hindou, fondé dans les années 1920, a acquis au fil du temps - au plan électoral comme sur le terrain, à travers l'infiltration systématique de l'appareil d'Etat et un dense réseau de militants actifs sur les réseaux sociaux. En retraçant la montée en puissance de Narendra Modi dans son Etat du Gujarat dès les années 2000, puis à l'échelle du pays, Christophe Jaffrelot livre une analyse saisissante de l'essor du national-populisme au sein de la plus grande démocratie du monde.
Le nouveau monde de l'oncle Henry La fin de la guerre froide semblait déboucher sur un monde simplifié: au centre, une Amérique victorieuse et sans rivale, seule superpuissance capable de dicter son ordre mondial et de diffuser partout son mode de vie et ses valeurs. La magistrale leçon d'histoire et de diplomatie d'Henry Kissinger détruit cette illusion: l'Amérique, prévient celui qui a inspiré pendant près de dix ans sa politique étrangère, va devoir réformer profondément sa vision du monde et ses méthodes d'action, sous peine de se réfugier à nouveau dans un isolationnisme aussi dangereux qu'illusoire. Il lui faudra évoluer dans un système complexe d'équilibre des forces, une notion avec laquelle elle est justement en "délicatesse". Cette révision déchirante concerne d'abord le rêve américain de sécurité collective: incarné pendant près d'un siècle par Woodrow Wilson, l'architecte de la paix de Versailles, il se nourrit de grands principes (l'autodétermination), de volonté de coopération, de partage des valeurs (américaines) et du respect du droit international. Cette doctrine prenait le contre-pied d'une conception européenne qui avait dominé les affaires internationales pendant près de trois siècles avant de s'effondrer. Richelieu, Metternich et Bismarck avaient inventé les concepts d'Etat-nation et de souveraineté, dans un équilibre où chacun, toujours prêt au conflit, se déterminait selon son intérêt national et sa marge de manoeuvre. Or la doctrine wilsonienne n'est plus pertinente, et le nouvel ordre "ressemblera davantage aux systèmes étatiques des xviiie et xixe siècles qu'aux schémas rigides de la guerre froide". Il comprendra cinq ou six grandes puissances - les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon, l'Europe (si elle est unie) et peut-être l'Inde -, entre lesquelles s'établira un jeu mouvant. Et l'ancien conseiller des princes conclut sa grande fresque en suggérant à Bill Clinton de s'intéresser "au style de Bismarck". Les solutions les plus inventives, affirme-t-il, consisteront à "construire des structures mixtes, en chevauchement", fondées sur des principes, des préoccupations de sécurité, ou des intérêts économiques communs. Mais le rodage de ce système, dit-il, "prendra sans doute plusieurs décennies"... --Vincent Giret--
Un beau roman qui fait voyager des Indes jusqu'à San Francisco. On y "sent" toutes les couleurs, les odeurs, les sensations... A aucun moment, l'autrice ne juge les traditions indiennes, tout est raconté avec le plus grand respect !
Un superbe premier roman à voix multiples. L'autrice nous offre une réflexion intense sur la parentalité, l'adoption, l'amour filiale. On y découvre aussi l'Inde, ses différents modes de vie et ses coutumes, qui en font un pays si complexe et fascinant. Un récit magnifique, émouvant, bouleversant, relevé à la sauce aigre-douce qui lui donne ce ton tellement touchant et poignant !!!
Un roman puissant qui raconte la vie inimaginable et incroyable de Kya, une enfant abandonnée par les siens au cœur d'un marais. Ce lieu devient son refuge et sa seule famille. Une histoire passionnante, enrichissante et douce-amère. Un superbe hymne à la nature !
Une personnalité rebelle mêlée à un cœur tantôt tendre, tantôt ardent… Et souvent intransigeant. Une lecture toute en souplesse, où chaque élément fait sens et où chaque action a des répercussions bonnes ou mauvaises sur les personnages et le monde qui les entoure. Red Queen est une lecture puissante, un monde gouverné par une dictature scénarisée, par le despotisme mais également par un espoir frappant qui nous prend directement aux tripes. Une saga à dévorer !