Il s'agit d'un magasin de démonstration. Aucune commande ne sera honorée.

De la prostitution comme sport collectif
Extrait TROISIÈME MI-TEMPS EN PÉRIL Alec, Michel et moi nous retrouvons au stade, comme d'habitude. Pas très loin de nous, des supporters enragés chauffent l'atmosphère et dès que les présentations commencent, ils se mettent à insulter soigneusement chaque joueur de l'équipe adverse. Mais, nous l'avons remarqué ces derniers temps, le coeur n'y est plus vraiment. Leur vie de supporters engagés n'est plus ce qu'elle était : s'asseoir ensemble est devenu une requête révolutionnaire, ils ne peuvent plus se regrouper dans le même virage, on les empêche de castagner à tout venant et de se casser la gueule virilement, ils n'ont plus le droit d'apporter alcool et objets contondants comme ils en ont envie, et subissent mille autres brimades arbitraires. Nous, supporters ordinaires, nous regrettons plutôt le niveau fâcheusement aléatoire de notre équipe et le nombre de buts qui s'amenuise à proportion inverse des primes des joueurs. Notre match de ce soir ne dément pas les craintes, il relève de la catégorie «nulle» : zéro but, pas de vainqueur à acclamer, pas de perdant à ridiculiser. Devant cette frustration, quelle réaction ? L'abattement... ou aller faire un tour au Bois pour se consoler et se remonter le moral ? La vérité oblige à reconnaître que le côté buts est trop souvent défaillant, alors que le côté distractions au Bois ne l'est jamais. On jurerait que les entraîneurs successifs de nos équipes s'ingénient à tout manigancer pour réduire à la portion congrue le nombre de buts, alors que de gentils organisateurs discrets manifestent une virtuosité extraordinaire pour nous offrir des prostituées débordantes de diversité. Mais avant cette partie de plaisir, nous allons d'abord retrouver d'autres copains au restaurant. Iront ensuite au Bois ceux qui le veulent. La médiocrité du match décourage les commentaires, les transferts de joueurs à des prix inconcevables occupent l'apéritif, puis, dès que nous sommes attablés, certains anticipent l'épisode Bois. Alec, un ami d'école retrouvé grâce au site «copainsdavant», ouvre le feu. Il est très porté sur la chose et apprécie grandement les ébats tarifés. Cela le change de l'ordinaire dit-il, mais au vu de ses exploits, on finirait par se demander si son ordinaire n'a pas élu domicile au Bois. Il nous informe de nouvelles venues brésiliennes. Il commence à nous en détailler les avantages lorsque Michel, le trentenaire ronchon de la bande, intello assumant mal ses problèmes financiers, à la vie privée incompréhensible, déjà peu de cheveux et de grosses lunettes, lui coupe la parole. - Dites donc les copains, vos petites histoires au Bois, vous ne trouvez pas que ça va bien comme ça ? - Qu'est-ce qui t'arrive ? - Vous n'êtes pas au courant ! - Au courant de quoi ? - Vous vous fichez de moi, vous n'avez pas entendu à la radio ? Et le journal de ce matin... - Vas-y, dis-nous. - Cette histoire de pénalisation des clients de prostituées !
| Pages | 124 |
|---|---|
| Date | 31/05/2012 |
| Poids | 149g |
| Largeur | 129mm |
| EAN | 9782315003525 |
|---|---|
| Titre | De la prostitution comme sport collectif |
| Auteur | Rouverand Bernard |
| Editeur | MAX MILO |
| Largeur | 129 |
| Poids | 149 |
| Date de parution | 20120531 |
| Nombre de pages | 124,00 € |
