?Comment rendre hommage à Alain Viala, à la fécondité de ses travaux, à l'inventivité de son oeuvre sans le transformer en académicien empaillé ? Puisqu'un de ses buts est de décloisonner les genres et d'éviter les prêts-à-penser, on pouvait tout risquer. Des contributeurs enthousiastes ont donné à leur hommage des formes choisies, entre le poème, le témoignage affectueux et la réflexion érudite s'inscrivant dans le prolongement des concepts qu'il a imposés en histoire, sociologie et théorie de la littérature. L'ensemble est ponctué de quelques textes d'Alain Viala, qui dessinent un parcours, menant des postures d'écrivains qui font la dynamique centrale du champ littéraire jusqu'aux bizarreries qui occupent les marges de ce champ. Ce trajet suit le fil des opérations critiques qui ont marqué de manière décisive la pratique des études littéraires : historiciser la littérature, mettre à jour les mécanismes de la valeur, exhiber les tensions et leur fécondité, traverser les frontières, s'engager... Le trajet d'une révolution qui refuse (l'histoire littéraire des grands hommes), revendique (une méthode), désordonne et brouille pour créer du nouveau.
Si la clinique et la psychanalyse des souffrances narcissiques identitaires n'obligent à aucun renoncement concernant les fondements de la psychanalyse freudienne, par contre elle permet d'approfondir certains aspects de ceux-ci. Ce travail, autant clinique que théorique voire technique, conduit à une évolution des paradigmes à partir desquels la vie psychique est appréhendée. Ce livre s'attache à explorer deux de ces paradigmes: celui du jeu, fondé dans la psychanalyse de l'enfant principalement par M. Klein, devenu, en particulier à partir de l'?uvre de D.W. Winnicott, un concept référentiel de la psychanalyse de l'adulte; celui de l'entre "je qui, explorant l'impact de la rencontre de la psyché d'un sujet sur un objet, est aussi un autre sujet ayant lui aussi un impact retour sur le sujet. Au croisement des deux, se situe l'entre jeu quand deux aires de jeu se rencontrent et se croisent. Les souffrances narcissiques-identitaires, résultant de conditions historiques ayant entravé les capacités de jeu, menacent l'entre je, et empêchent que puisse se développer une capacité d'être seul en présence de l'autre nécessaire pour que l'entre jeu délivre ses potentialités créatives. Biographie: René Roussillon, psychanalyste, membre titulaire de la SPP, est professeur de psychologie psychopathologie clinique et directeur du département de psychologie clinique, Université Lyon 2."
Ce dossier porte sur le théâtre à machines en France, depuis les années 1640 jusqu'à la période révolutionnaire. Il étudie les techniques utilisées pour imiter le mouvement du Soleil, faire voler les dieux et les déesses, éblouir les spectateurs... Il interroge les effets et les pouvoirs de ces techniques. La surprise qu'elles suscitent est en effet contradictoire : à la fois source de plaisir et d'adhésion, et violence qui piège et trompe le spectateur. Le théâtre à machines apparaît alors comme le lieu d'une réflexion sur le pouvoir.
Résumé : " Ce livre propose une série de réflexions relatives aux pathologies du narcissisme, aux souffrances identitaires narcissiques, à celles qui mettent en difficulté la fonction subjectivante du moi, celles qui sont à l?origine du manque à être que toute cure de psychanalyse rencontre à un moment ou à un autre de son parcours, de manière centrale ou incidente. Il prolonge et poursuit, en la précisant, la démarche entamée dans Paradoxes et situations limites de la psychanalyse. "
Il ne viendrait à l'idée de personne de refuser à l'Angleterre une place essentielle dans l'histoire du protestantisme. En effet, histoire du protestantisme et histoire d'Angleterre furent de tout temps étroitement liées. Pour les réfugiés flamands du XVI' siècle fuyant la répression espagnole, pour les huguenots français au lendemain de la Révocation de l'Edit de Nantes (1685), l'Angleterre fut un refuge salutaire. C'est d'Angleterre, également, que partirent bon nombre de missionnaires protestants, au XIXe siècle, vers de lointaines contrées. C'est en Angleterre, enfin, que s'élabora un protestantisme renouvelé (comme le méthodisme, par exemple) qui correspondait mieux aux nouvelles conditions de vie de l'époque contemporaine. Angleterre et protestantisme sont donc étroitement liés. Et pourtant, le protestantisme anglais occupe une place particulière dans la mouvance réformée. Pour beaucoup, l'idée communément admise fut, et est encore, que " l'anglicanisme " était une sorte de compromis entre catholicisme et protestantisme. Le mot de Voltaire, selon lequel les Anglais allaient au Ciel en empruntant chacun leur voie, laisse entrevoir. par ailleurs, une réalité pour le moins complexe. C'est donc pour tenter de comprendre cette réalité et saisir l'originalité profonde de la Réforme protestante anglaise que l'Université d'Artois organisa deux journées d'études, en février 2000 et février 2001. Cette originalité, les organisateurs de ces journées souhaitèrent qu'elle soit recherchée dans les domaines les plus variés de la politique, de la sociologie et de la culture sans oublier, bien sûr, le champ du religieux. Le choix d'inscrire cette recherche dans une progression chronologique fut suggéré par la difficulté à situer dans le temps l'apparition du terme (et donc du concept ?) " anglicanisme " (XVIIIe-XIXe siècle...), difficulté révélant, peut-être, une " identité " en permanente redéfinition...
L'homme est un être à part parce qu'il pense, affirme-t-on communément, mais c'est oublier une autre de ses spécificités, tout aussi étonnante : l'homme est le seul animal à boire sans soif. De là vient l'ivresse, compagne de l'homme depuis toujours, présence que la littérature a largement reflétée, suivant des modalités qui diffèrent selon les époques et les cultures. Il est donc utile de mener une réflexion approfondie sur le phénomène de l'ivresse, que la recherche littéraire a jusqu'ici beaucoup moins exploré que d'autres thèmes en apparence davantage empreints de " dignité ". Pourtant, l'ivresse possède depuis longtemps ses lettres de noblesse. Mythes et croyances nous enseignent qu'au voisinage étroit du breuvage qui enivre se tiennent amour, poésie, connaissance suprême, divination, furor... Reprenant ces pistes, les études présentées ici en français s'appuient sur des textes littéraires issus de cultures variées (anglo-saxonne, chinoise, française, germanique, hispanique, portugaise), d'époques diverses, et font appel à un éventail de sources allant des grands textes fondateurs de la culture occidentale (Écritures...) aux productions de la paralittérature. Cette pluralité qui confronte approches et contenus permet d'enrichir d'analyses originales le débat sur le thème proposé.
Le présent recueil réunit les articles de chercheurs littéraires et linguistes qui ont travaillé sur un même thème, "la métaphore, entre langue et texte", lors d'une journée d'études organisée à Arras en mars 2002. Mais à vouloir ainsi croiser regards et perspectives, n'encourt-on pas le risque d'une certaine incohérence? Visiblement non. Bien que l'objet et les outils d'analyse ne coïncident pas nécessairement, cette confrontation montre la complémentarité des approches et la relative continuité des points de vue. Chacun sait que forme et sens sont liés. Tout est donc question de proportion entre priorité donnée au texte et importance accordée à la langue.
Il n'existe pas pour l'instant de volume spécifiquement consacré à Joris-Karl Huysmans critique d'art des primitifs allemands et flamands. Ce volume veut réparer cet oubli en accordant une place prépondérante aux Trois Primitifs, et en particulier à l'analyse du retable d'Issenheim de Grünewald. Cet essai qui ne veut pas se contenter d'être un bilan, une somme, se livrera à une analyse détaillée de l'imaginaire dermographique de la critique d'art huysmansienne (d'où le titre du livre évidemment). Dans son désir de sublimation Huysmans veut toujours exténuer les intériorités physiologiques pour les faire passer sur l'extériorité épidermique. C'est cette fort complexe opération que mettra à jour le livre, montrant qu'à cet égard il existe une véritable solidarité, pour le moins inattendue, entre les premiers textes consacrés aux impressionnistes et ceux consacrés aux primitifs après la conversion. Mais en vérité s'agit-il encore vraiment de peinture une fois que Huysmans a rejoint l'église ?