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Syrie, ce proche ailleurs
Rousselet Laurine
L'HARMATTAN
13,50 €
Épuisé
EAN :9782343077062
Syrie, ce proche ailleurs a été écrit au jour le jour. C'est pourtant un livre qui dépasse le temps ponctuel de sa rédaction : il exprime un temps long, celui du cri suspendu, celui d'une rébellion poétique sans fin devant l'infinie cruauté humaine. La révolution syrienne a débuté deux ans avant la rédaction de cet entrelacs de poèmes en prose et de chroniques. Un épilogue, rédigé quelques saisons plus tard, n'a pas eu d'autre préoccupation que ce combat contre le mal et le malheur. A aucun moment l'aurore ne se hasarde, il n'y a pas d'éclaircies, mais les mots portent en eux une telle énergie, à la fois révoltée et chantante, qu'ils sont intarissables de sons et de sens face aux événements prometteurs de cadavres. Il y a, dans la soif de révélation et de dénonciation, une obéissance au désir d'inscrire l'épaisseur du vivre à pleins poumons. Est perdu celui qui n'a plus ni joie ni larmes pour la poésie. Ce livre est écrit par la main d'une femme étrangère à la Syrie, ses mots soufflent sur l'incandescence d'une terre suppliciée, abandonnée de tous parce que soumise aux quatre coins du monde. Puisse le pouvoir des signes, soutenu par la réalité de l'écriture et par celle de la lecture, combattre la perdition et favoriser le salut.
Résumé : Cuba est un corps malade parce que gravement déçu par sa tête qui lui avait promis de changer la vie. Comment oublier pareille promesse quand l'esquisse de sa réalisation a circulé dans vos organes ? Ce fut un début d'un bonheur qui s'est transformé en poison, et l'empoisonnement a infecté les membres, les actions, les pensées, les relations si bien que tout l'organisme s'est pris lui-même en horreur. L'existence est désormais de plus en plus coupée de sa propre vitalité, tandis que la tête continue à s'agiter dans l'illusion d'animer un corps qui lui est étranger... On connaît cette situation, mais de loin abstraitement. On ne l'avait jamais éprouvée avant ce livre de Laurine Rousselet qui nous la fait ressentir physiquement. Sa force vient du partage de la vie quotidienne et, plus mystérieusement, d'une solidarité organique avec le corps collectif cubain. IL y fallait une écoute patiente, une attention aux nuances de la perception et de la communication non verbale et, surtout, une langue sensible à l'empreinte de l'Autre.
Résumé : Qu'est-ce qui pousse à ressentir tout et son contraire dans une même fraction de seconde ? Cette question, parmi d'autres, est à l'origine des Hasardismes, recueil d'aphorismes fulgurants. Les Hasardismes n'ont rien d'un exercice de style ; ils sont, pour l'auteur, une tentative de cohésion avec sa pensée dans une réalité corporelle, porteuse de vérité. D'ascensions suicidaires en chutes vertigineuses, Laurine Rousselet ne craint ni la contradiction ni le foudroiement, dans son désir d'arracher aux mots leur vérité profonde. " Un aphorisme n'a pas besoin d'être vrai, disait Karl Kraus, mais il doit survoler la vérité. Il doit la dépasser d'un trait... "
Résumé : En 2018, Laurine Rousselet rencontre Carolyn Carlson, "poétesse visuelle", écrit-elle. Au cours des deux années suivantes, en résidence d'écrivain à l'université d'Orléans, elle travaille à un spectacle vivant, "Emergence", ayant pour thématique "Le Corps en mouvement". "Emergence" devient aujourd'hui un livre (le cinquième de Laurine Rousselet publié aux éditions L'Inventaire). Dans ce texte où le son s'associe au silence pour articuler une parole en train de se faire, apparaissent, tour à tour et en continu, les quatre âges de la vie d'une femme ? de l'enfance à la vieillesse. Cinq couleurs (vert, bleu, rouge, jaune, noir) y sont autant de repères sensibles. Dans "Emergence" l'urgence de l'écriture trouve son souffle et son rythme dans un dialogue qui fait jaillir le besoin viscéral de dire. Emerge alors une parole libre, capable d'unir tous les langages dans un lieu indéterminé qui appartient à tous et à personne : le lieu du souffle et du mouvement.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.