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Brouillard à l'encre fraîche
Rottier Jean-François
EX AEQUO
14,00 €
Épuisé
EAN :9782359628890
Une brume inquiétante envahit la côte d'albâtre. Fécamp et ses environs se retrouvent brutalement coupés du monde extérieur, comme mis sous cloche durant des jours, des semaines et des mois. La municipalité ne sait plus comment endiguer l'exode et la violence d'une population affamée. L'armée intervient mais ne peut empêcher les révoltes, les pillages et même les assassinats de notables. Jean-Mary, artiste peintre local, décide de fuir vers la Seine. En chemin il croisera des personnages surprenants puis une femme mystérieuse qui le ramènera au port. La brume obsédante semble vouloir nettoyer cette portion de terre, lessiver l'âme de ses habitants confrontés aux grands choix. Est-ce leur part d'ombre qui se cache au milieu des gouttelettes assassines ?
Après quelques romans inspirés du bord de mer dont les tempêtes nettoient l'âme de personnages attachants et ténébreux, l'auteur nous livre ici une nouvelle marquée par le désarroi d'une femme soudainement amoureuse au crépuscule de sa vie. A-t-elle encore droit à l'amour, aux caresses d'un homme, peut-elle encore rêver, plaire, s'amuser sous les regards réprobateurs de la normalité ? Mais qui est cet homme surgi de nulle part ? Est-ce un mirage ou le mauvais reflet d'un miroir déformant ? Comme à son habitude, l'auteur se joue des ambiguïtés, des paradoxes et du refus de mal vieillir.
Le port de Fécamp subit les assauts des vents d'automne. Une vieille femme est retrouvée pendue, sa chevelure tondue et une croix gammée peinte sur son imperméable. Puis d'autres femmes subiront le même sort... Macabre mise en scène d'un autre temps... La police et la mairie restent tétanisées. Qui peut être ce tueur en série ? N'y a-t-il pas dans la mémoire collective de ce paisible bord de mer quelque mystère enfoui ?
Le commissaire Charles Ozon et la lieutenant Marie Jordan sont alertés par le sauvage assassinat de deux vieillards en EHPAD dans la ville du Havre. Très vite, le passé ombrageux de l'une des victimes les met sur la piste de réseaux liés à la prostitution et à l'hydre d'une mafia polonaise. D'intrigues en rebondissements, ils parviendront à localiser la folie et le sadisme de probables coupables sans parvenir à éviter d'autres crimes sordides.
Ruptures historiques et ruptures personnelles se télescopent dans ce roman qui parcourt les années 1960 à 1990 et leurs bouleversements. Ruptures? s'attarde, plus précisément, sur deux faits marquants de cette période : Mai 68 ? sur rappel de contexte national et international, le roman évoque, de Nancy à Metz et Strasbourg, la situation régionale et raconte, en particulier, le Mai strasbourgeois ? et la chute du Mur de Berlin. Parallèlement à cet argument historique, Ruptures? développe un argument romanesque, celui du désespoir amoureux dont il explore les différentes facettes. L'amour fusionnel qui lie Mathilde à Matt, sur fond de Mai 68, alors qu'ils sont tous deux étudiants, marquera celle-ci à tout jamais et elle n'aura de cesse de retrouver le paradis perdu. D'emblée, cette quête d'absolu, de secrètes blessures, également, voueront à l'échec sa rencontre avec le peu sympathique François. Elles l'enfermeront dans un schéma répétitif dont elle ne parviendra que difficilement à se libérer, grâce en particulier à sa passion pour l'art. Mais, prendra-t-elle le risque, dorénavant, de s'abandonner à l'instant et à l'éternité, selon cette formule de Nietzsche qu'elle avait faite sienne autrefois ?
Avec le vent, l'herbe désignait la venue du voyageur. Le retour vers la maison, avec la parole laissée là, les gestes à revêtir dans le froid de tant d'années. Nous attendions de lui, les grandes Odes blanches dans la lumière cassante. L'érosion des pierres aux terres arides, la patiente alchimie : nous nous étions apprêtés pour recevoir leur parfum. Mais rien de tout cela ne nous a été donné. Allant à sa rencontre, nous n'avons vu que la dissolution d'un corps, un éparpillement d'oiseaux, dans l'éloquence de la pluie.
Quand en 1888, James Ensor peint " L'entrée du Christ à Bruxelles ", il réaffirme le lien insécable qu'il y a entre la figure du Christ et la peinture, entre le Verbe et la lumière. Mais, dans le même temps, une invention vient à manger peu à peu le monde et sa représentation jusqu'alors dévolue à la seule peinture : c'est la photographie. Et la figure de disparaître aussitôt dans l'insignifiance générale. Et la peinture de redevenir curieusement maladroite et bientôt abstraite (de toute figuration). Quelles conséquences en tirer ? Que la peinture, aujourd'hui ne peut être conçue qu'avec ce qui à la fois l'anime et la remet en question, avec ce qui l'a toujours animée, la lumière, et avec ce qui l'interroge depuis l'invention de la photographie, la figure. Telle est l'ambition du peintre Jacques Cauda qui se confond ici avec l'enjeu de son écrit : redonner un regard au monde aveuglé où rien n'existe plus désormais en dehors de son image aveuglante. Un regard ? C'est-à-dire un nouveau verbe, un verbe de lumière : surfigurer !