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Femmes en armes, savoir en révolte. Du militantisme kurde à la Jineolojî
Rostampour Somayeh ; Delhoum Iris
AGONE
22,00 €
En stock
EAN :9782748905847
Ce livre a pour objet un féminisme qui ne dit pas son nom, qui émerge dans un conflit armé long, un féminisme pensé par et pour des femmes kurdes, au carrefour de plusieurs oppressions. Un féminisme qui bouscule les normes et idées occidentales, qui oscille en permanence entre émancipation effective et renforcement des normes genrées, et dont la théorie et la pratique sont indissociables. Cet objet particulier s'inscrit dans un contexte qui ne l'est pas moins : un peuple sans Etat depuis que son territoire a été découpé sur quatre pays (Turquie, Iran, Irak, Syrie) ; une lutte pour la libération nationale contre l'Etat turc ménée sur tous les fronts (légaux et clandestins, armés et pacifiques) ; une guerre permanente contre Daesh, influencée par l'humeur et les intérêts des pays occidentaux ; et une société patriarcale bousculée par un mouvement qui souhaite mettre la libération des femmes au coeur de son projet de société. L'autrice parvient à analyser l'émergence de cette théorie, résolument collective, en donnant la parole aux actrices qui la crée, sans faire l'impasse sur les contradictions du mouvement. Nuancée, l'autrice ne laisse place à aucune condescendance, et critique à la fois le nationalisme, l'orientalisme et l'eurocentrisme. En se penchant sur l'histoire des combattantes kurdes et sur leur politisation, elle met en valeur leur contribution à l'élaboration d'un discours féministe ancré dans leurs pratiques, rappelle que la sororité peut être un véritable outil politique, et offre un éclairage sans précédent sur la création de savoir en temps de guerre.
Stephen Mumford montre que la popularité universelle du football n'a rien d'accidentel et ne s'explique pas uniquement par des facteurs sociaux ou quelque contingence historique : sa popularité tient à la nature même de ce jeu. En répondant avec une rare clarté aux questions que les discussions passionnées sur le football n'ont de cesse de soulever, Football. La philosophie derrière le jeu permet de mieux comprendre le "beau jeu" : quelle place y occupe la chance ? Quelle est la relation des individualités d'une équipe à ce tout dont elles font partie ? Quel est la fonction de l'entraîneur et des schémas tactiques ? En quoi le football a-t-il particulièrement à voir avec l'espace ? En quoi consiste la beauté de ce sport ? Quelle est sa relation avec la victoire et la compétition ?
Il n'y avait pourtant pas que le politique dans notre vie. "Le personnel est politique", comme les camarades féministes nous l'avaient fait comprendre, bon an mal an. En fait, alors que nous plongions la tête la première dans la dernière tentative de révolution communiste en Europe, c'est dans la sphère des relations interpersonnelles que nous étions en train de faire une révolution... Mais nous n'en avions pas vraiment conscience, pris comme nous l'étions dans des schémas anciens. Nous avions alors 20 ans, quelques-uns plus, d'autres moins. Et nous avions un désir débordant de mordre la vie, de plonger de tout notre corps dans une aventure enivrante, de profiter au maximum de tout ce que la vie pouvait nous offrir, ici, tout de suite, sans attendre ni le paradis céleste, ni le grand soir. "Qu'est-ce que vous voulez ?", nous demandait-on. On répondait : "Nous voulons tout !"
Aux Forges de Clabecq, usine sidérurgique située près de Bruxelles, pour Silvio et ses collègues, le quotidien, c'est d'abord le combat contre les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d'hygiène et de sécurité, Silvio témoigne de trente ans de luttes pour améliorer les conditions de travail, pour combattre le racisme et pour empêcher la fermeture annoncée du site. Son mandat syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre "esprit de Clabecq". Pour mener leurs combats, c'est sur leurs propres forces et sur leur connaissance de leur métier que les ouvriers de Clabecq s'appuient. Quitte à mettre de côté l'appareil syndical sitôt qu'il déclare ne plus rien pouvoir pour eux. Par sa confiance jamais démentie dans le potentiel émancipateur de sa classe, Silvio donne une leçon salvatrice d'optimisme militant.
« En août 1988, à la suite d'un concours de circonstances, je me suis inscrit dans un club de boxe d'un quartier du ghetto noir de Chicago. Je n'avais jamais pratiqué ce sport, ni même envisagé de le faire. Hormis les images stéréotypées que chacun peut s'en former à travers les médias, le cinéma ou la littérature, je n'avais eu aucun contact avec le monde pugilistique. Je me trouvais donc dans la situation du parfait novice. Trois ans durant, j'ai participé aux entraînements aux côtés des boxeurs du cru, amateurs et professionnels, à raison de trois à six séances par semaine. À ma propre surprise, je me suis pris au jeu, au point de passer mes après-midi au gym avant de passer entre les cordes disputer un combat officiel. Les notes consignées au jour le jour dans mon carnet de terrain (initialement pour m'aider à surmonter un profond sentiment de maladresse et de gêne physique, sans nul doute redoublé par le fait d'être le seul Blanc de la salle), ainsi que les observations, photos et enregistrements réalisés lors des tournois et "réunions" où se produisaient des membres de mon club ont fourni la matière des textes qu'on va lire. »
Le système des castes et ses implications. Après la dernière guerre, l'anthropologie sociale, caractérisée par "l'observation participante" du chercheur "sur le terrain", a commencé à s'appliquer, au-delà des petites sociétés de face-à-face, à de grands ensembles sociaux. Ainsi Louis Dumont s'est consacré pendant une vingtaine d'années à une découverte sociologique de l'Inde, qui aboutit au présent livre. Depuis lors, il met en oeuvre le contraste entre la société des castes et la nôtre pour obtenir une vue comparative des idées et valeurs modernes (notamment dans ses Essais sur l'individualisme, 1983).
Résumé : "Enfant, je savais donner ; j'ai perdu cette grâce en devenant civilisé. Je menais une existence naturelle, alors qu'aujourd'hui je vis de l'artificiel. Le moindre joli caillou avait de la valeur à mes yeux ; chaque arbre était un objet de respect. J'admire aujourd'hui, avec l'homme blanc, un paysage peint dont la valeur est estimée en dollars !" T. C. McLuhan donne ainsi la parole aux Indiens pour évoquer leur mode de vie ancestral, en harmonie avec leur environnement naturel, mais aussi la mise en péril de leur existence par l'arrivée de l'homme blanc (anéantissement des troupeaux, invasion des terres), entraînant l'affaiblissement et la disparition de l'esprit de leurs peuples. Un émouvant témoignage des Indiens d'Amérique du Nord, qui racontent leur mode de vie en harmonie avec la nature : un exemple précieux pour l'homme moderne.
Leiris Michel ; Hollier Denis ; Marmande Francis ;
Revue de presse Faisant de lui-même une sorte d'objet d'étude, Michel Leiris (1901-1990) réalisa avec La Règle du jeu sa plus vaste entreprise autobiographique.
Lévi-Strauss Claude ; Debaene Vincent ; Keck Frédé
Alliant le classicisme du style et la modernité de la méthode, l'?uvre de Claude Lévi-Strauss est à la fois pensée du monde, expérience de soi, et expérience sur soi. «Pourquoi et comment devient-on ethnologue ?» «Qu'est-ce qu'un style ?» «Que peut-il y avoir de commun entre un oiseau - l'Engoulevent -, l'art de la poterie, et la jalousie conjugale ?» En quoi la mythologie indienne a-t-elle favorisé la conquête de l'Amérique par l'homme blanc ?... Questions surprenantes, mais qui sont pourtant à la source des enquêtes menées par Lévi-Strauss. Le ton est donné. Son ?uvre relève à la fois de la science et de la littérature, dirait-on, si de telles catégories pouvaient rendre compte de la singularité de son propos. Mais chez Lévi-Strauss, le cloisonnement n'est pas de mise, et le penseur fait «flèche de tout bois». Ainsi le souvenir d'un tableau de la Renaissance sert-il de point de départ à une théorie de la structuration du sensible. Ainsi peut-on retrouver Totem et tabou dans un mythe jivaro. Ainsi la métaphysique bororo éclaire-t-elle d'un jour nouveau la figure de notre Père Noël. Lévi-Strauss est à la recherche des correspondances, au sens baudelairien du terme, entre l'esprit et sa manifestation matérielle. Il met en scène les affinités qu'il perçoit entre les différents objets, le fil caché qui les relie. L'objet de l'analyse se dérobe ; il ne contient aucun message qui soit immédiatement communicable. Car un objet, mythe ou autre, n'existe pas en soi mais dans le rapport, les correspondances, qu'il entretient avec les autres objets. Passerelles, rapprochements inattendus, résurgences, tels sont les jeux d'esprit auxquels invite la lecture de ces ?uvres, qui ébranlent notre vision du monde. La présente édition réunit sept ouvrages choisis par l'auteur : Tristes tropiques, remémoration des expériences de terrain de la fin des années 1930 qui resurgiront dans toute l'?uvre à venir ; Le Totémisme aujourd'hui et La Pensée sauvage, charnières entre la réflexion sur la parenté et l'étude des mythes ; La Voie des masques, La Potière jalouse et Histoire de Lynx, les trois «Petites mythologiques» qui, sur le ton de l'énigme, proposent une version accessible de l'analyse structurale ; Regarder écouter lire, enfin, poursuite de la réflexion anthropologique sur le terrain esthétique. Des textes inédits sont proposés en appendice. Au-delà de leur fonction figurative et documentaire, les illustrations, environ deux cents, en noir et blanc et en couleurs, donnent une forme visuelle à la pensée.