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La portée du désir ou La psychanalyse même
Rosolato Guy
PUF
22,82 €
Épuisé
EAN :9782130478904
Avec cette approche visant la spécificité du désir il importait d'abord de le libérer d'une réduction qui n'y verrait qu'une force, une énergie, au seul repérage économique, ou qu'une pulsion biologique, de vie ou de mort, en marge des mécanismes mentaux et de sens. Car le désir est fondamentalement lié aux représentations, aux signifiants qui les constituent, à leurs articulations menant au sens dans la pensée et le langage. On sait depuis Freud que le rêve représente le désir et son accomplissement, et selon la double potentialité de l'inconscient, d'oubli, de refoulement, ou au contraire de résurgences signifiantes. Si le désir mène certainement à la satisfaction des plaisirs, il vise, essentiellement, un dépassement, grâce aux effets de la négation, vers un inconnu, à condition que celui-ci soit identifiable, accepté, et puisse ainsi conduire à des questions, sources de toutes recherches et de découvertes, au-delà des illusions, des fantasmes, dans la réalité même. Le désir atteint toute sa portée d'inconnu quand se manifeste la finitude, celle du savoir, du pouvoir. L'" objet de perspective ", cause et objet du désir, centre la liaison active à l'inconnu, où s'orientent les cinq champs des idéaux humains et leurs sublimations tant de la haine que de l'amour sexuel. Ainsi le désir anime les fantasmes originaires qui eux-mêmes organisent les axes des grands mythes servant à saisir et dominer l'inconnu, et surtout celui de la mort. Il y a lieu cependant de cerner une idéalisation du désir lui-même lorsqu'une surenchère narcissique pousse aux excès de l'austérité et du masochisme, au retrait de la solitude, ou aux confins de la passion ou des délires, avec la mort comme enjeu dans les violences sociales ou le suicide. Enfin les rapports entre le désir et la Loi impliquent un franchissement réciproque : la Loi surmonte le désir, mais en est le produit ; et le désir a le pouvoir de transgresser la Loi qui lui donne les moyens de se réaliser.
Résumé : On ne peut, aujourd'hui, étudier le sacrifice en faisant abstraction des acquis freudiens. Ce livre analyse les fonctions du sacrifice, à savoir : comme " traitement " de la culpabilité, usage et canalisation de la violence et de cette destructivité en laquelle l'homme ne connaît plus de limites, où une paranoïa collective prend le relais des manifestations individuelles, l'ensemble bâtissant une union, une alliance de groupe ayant pour axe la relation Père-Fils, dans le but d'obtenir un pouvoir sur la mort. Cette recherche met en évidence une structure en cinq pôles du sacrifice, comportant un Idéal, un Meneur et des Fidèles dont les relations se nouent par rapport à une Victime émissaire, puis avec une Victime rituelle, commémorative. A partir de ces repères, une étude différentielle peut se centrer sur les mythes sacrificiels religieux qui sont à la base de notre civilisation, qui s'intègrent à son développement et l'animent, dans leurs particularités judaïques, chrétiennes et musulmanes. En outre, cette méthode d'analyse va permettre d'observer des mythes sacrificiels nouveaux, par exemple dans l'?uvre de Freud (avec le mythe d'OEdipe, avec, dans Totem et tabou, le meurtre préhistorique du père, et, dans L'homme Moïse et la religion monothéiste, le meurtre de Moïse). Elle aidera à reconnaître la permanence ou la réapparition des imagos sacrificielles dans les cures psychanalytiques. Enfin, elle pourra détecter la résurgence, dans la réalité, des actes sanglants contre un bouc émissaire et y découvrir les premiers signes de sacrifices naissants.
La question du symbolique, telle qu'elle est posée par la pratique de la psychanalyse, est abordée avec les essais réunis dans cet ouvrage sous trois chefs. D'abord celui des organisations qui soutiennent l'interdit, la prohibition de l'inceste : le complexe d'Oedipe et son pivot, le père ; le système généalogique suivi au coeur du mythe religieux, avec le sacrifice ; la différence des sexes. Puis, sur des exemples pris dans la peinture et la tragédie, le fait esthétique est exploré quant au fonctionnement symbolique des règles, et selon une sémiologie qu'elles ordonnent. Enfin, la psychose et la perversion permettent d'exposer soit le défaut de symbolique, soit ses structures singulières, en rapport avec la mort, ou plus précisément, dans le sens d'une réflexion freudienne, avec la pulsion de mort.
Résumé : La pratique psychanalytique incluant ses bases théoriques peut être décrite selon des orientations distribuées en cinq axes. Certains d'entre eux constituent des options dominantes, propres aux courants actuels, mais ils sont surtout des potentiels toujours présents auxquels le psychanalyste peut se référer. On distinguera : 1/La psychanalyse logodynamique qui tient à l'essentiel de toute pratique, à la relation de parole qui par elle-même conduit à la découverte du refoulement et de l'inconscient où se révèle le désir. L'écoute de l'analyste soutient cette dynamique des signifiants et du sens en écartant les effets de suggestion. Cet axe est toujours présent dans la cure où le sujet se trouve à juste titre en position d'analysant. 2/La psychanalyse technologique regroupe les acquis depuis Freud qui orientent rationnellement la pratique. Elle situe des repères bien mis en évidence par l'expérience, à savoir : le cadre, les interprétations, le transfert et le contre-transfert, et les résistances. 3/La psychanalyse idéaloducte répond à la valeur prise par l'idéalisation des théories et des pratiques dans la transmission d'une expérience et d'un savoir, d'une science, dans la succession des maîtres à travers les générations. 4/La psychanalyse au négatif a mis en relief la nécessité d'une remise en cause continuelle des théories en fonction d'un inconnu, en limitant les interprétations systématiques et abusives, en s'ouvrant à un appel du désir vers des découvertes successives. 5/La psychanalyse transgressive, à l'exemple des recherches de Ferenczi, de Rank et Reich, offre des voies d'exploration selon des techniques actives, ou de suppléance et de compensation, ou libératrices, lesquelles, au minimum, peuvent être virtuellement évoquées par le psychanalyste. Enfin, en un dernier chapitre, un examen critique des cinq axes permet d'évaluer le choix exclusif de l'un d'eux et les raisons de recourir aux autres.
Résumé : Les yeux du monde se tournent actuellement vers la Chine, et l'Occident s'aperçoit combien mince est sa connaissance de l'âme chinoise... Or cette âme s'exprime avec une vigueur particulière dans la poésie. Et la poésie chinoise n'est nulle part plus libre, plus vigoureuse qu'à Taiwan, où les auteurs ne sont bridés par aucune censure extérieure. Le heurt de la tradition et de la modernité, et en même temps la continuité dans l'expression des sentiments et des préoccupations apparaissent avec force dans les ?uvres des douze poètes taiwanais vivants, qui composent cette anthologie. Souvent très jeunes, parfois encore inédits, ils mettent le lecteur sur la piste de l'identité intime d'un peuple en pleine mutation.
Les enseignants et formateurs du XXIe siècle peuvent-ils espérer que la psychologie scientifique les aide dans leur pratique? Cet ouvrage prend le parti d'affirmer que, même si la science ne peut apporter toutes les réponses attendues, elle peut identifier des conditions nécessaires mais non suffisantes! pour « apprendre et faire apprendre »: des conditions liées aux caractéristiques des apprenants en interaction avec celles de leur environnement d'apprentissage. Les psychologues d'aujourd hui n'étudient plus l"« Apprentissage » avec un grand « A », comme s'il s'agissait d'un objet défini et statique. Ils préfèrent en décrypter les mécanismes et les dynamiques spécifiques. Leur objet est donc moins « l'apprentissage » qu" « apprendre », verbe d'action qui permet d'intégrer les facettes cognitives, affectives et sociales en jeu. L'expression « faire apprendre » rappelle par ailleurs que l'action ne se déclenche pas nécessairement d'elle-même. Elle nécessite une implication de l'apprenant lui-même, mais aussi de celui qui lui transmet connaissances et compétences: l'enseignant, le formateur ou tout autre éducateur. Les auteurs ont dès lors choisi de convoquer les sous-disciplines de la psychologie qui, en 2006, peuvent l'éclairer: les neurosciences cognitives, dont fait partie la psychologie cognitive, la psychologie différentielle, qui cherche à comprendre les spécificités individuelles, la psychologie du développement, mais aussi la psychologie sociale et la psychologie de la motivation. En plus d'être collectif, cet ouvrage est donc pluridisciplinaire et fondé sur les travaux de recherche les plus récents, tout particulièrement dans les différents pays francophones.
Publié dans une version reliée en 1991, puis réédité dans un format poche, ce dictionnaire est un « outil culturel » passionnant et indispensable, non seulement pour connaître les grands noms de la discipline (94 ethnologues sont présentés) mais aussi pour comprendre leur langage et leurs concepts, car « c'est avec cet instrument analytique qu'ils affrontent la réalité sociale, organisent leur savoir et définissent les orientations de leur réflexion et c'est à travers leur langage que, de l'extérieur, la discipline est identifiée » (P. Bonte et M. Izard).
L'ouvrage aborde des situations cliniques diverses (victimes d'agressions violentes, de viol et d'inceste, réfugiés du Kosovo ou du Rwanda) rencontrées lors de prises en charge individuelles ou de groupe. Il décrit le travail de survivance grâce auquel le psychisme mobilise des défenses actives contre les expériences d'anéantissement et contre leur fascination. Il analyse les processus psychiques comme la subjectivation de la mort et sa liaison à la vie qui permettent aux personnes de se remettre à vivre. Il souligne également le travail de reliance par lequel la personne violentée parvient à se relier à la communauté humaine et à restaurer un sentiment d'appartenance à l'humanité qui avait été détruit.
Héraclès, Thésée, Jason, Athéna, Zeus... Tous ces héros et ces dieux nous sont familiers, mais connaît-on véritablement les mythes qui s'attachent à leurs noms? Pourtant, Ceux-ci revêtent une importance considérable pour qui se passionne pour l'histoire de la pensée humaine. Mais l'intérêt de les connaître concerne aussi chacun d'entre nous. Constamment repris, réutilisés dans la littérature antique, médiévale, mais également contemporaine, ils sont devenus des références que nul ne peut ignorer, un patrimoine que chacun se doit de connaître. Pierre Grimal, grand spécialiste des études latines, n'a pas eu pour objectif de proposer un système explicatif de ces mythes, mais de les faire connaître et d'apporter ainsi des éléments indispensables à la compréhension de nombreux textes et oeuvres d'art. Fruit d'un colossal travail d'inventaire et de classement des textes, ce dictionnaire est d'un abord simple, clair et précis. Classés par ordre alphabétique, les mythes sont accompagnés des références des textes qui en font mention. Complet et pratique, cet ouvrage publié en 1951, réédité de très nombreuses fois, est toujours précieux.