Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Écritures
Roger Gilbert lecomt
WAKNINE
9,00 €
Épuisé
EAN :9782916694818
Parfois dans sa chambre d'hôtel, après je ne sais combien de pipes d'opium, quand il était dans cet état qu'il appelait l'état de l'assèchement de ses marécages intérieurs, quand Roger [Gilbert-Lecomte] qui ne s'était pas levé, qui était toujours en pyjama et depuis des heures et des heures n'était pas descendu dans la rue, eh bien, quand devant quelques amis dont moi (parfois j'y étais, parfois je n'y étais pas), il se mettait à parler d'une voix d'or et de bronze - il parlait d'une manière tellement extraordinaire - ce qu'il disait, les problèmes qu'il posait d'abord, et la manière dont il les résolvait, les citations qu'il faisait, c'était tellement remarquable, tellement extraordinaire que c'est dommage que cela soit perdu. Car je ne l'ai plus entendu nulle part, après.
Résumé : Le Grand Jeu et ses principaux animateurs sont entrés aujourd'hui dans l'histoire littéraire et dans la légende. La correspondance de Roger Gilbert-Lecomte adressée à René Daumal, Roger Vailland, Pierre Minet, René Maublanc, Vera Milanova et le docteur Jean Puyaubert nous fait connaître au naturel ces lycéens des années 1923-1926 qui révolutionnaient les nuits rémoises, avant de connaître, au bout d'aventures spirituelles divergentes, des destins remarquables. On découvre aussi la vie tragique de Roger Gilbert-Lecomte, marquée par la drogue et par une rigoureuse négation du monde.
Résumé : Telle qu'elle nous est parvenue, composée de fragments accolés sans ordre apparent, de notes éparses et de projets simplement énoncés, l'ouvre de Roger Gilbert-Lecomte manque de la structure rigoureuse qui devait en constituer le fondement, et, dans une certaine mesure, se réduit à des miettes. Mais on pourrait lui appliquer ce que Friedrich Schlegel disait des Fragments de Novalis : "Poussière, oui ! Mais poussière de diamants !"Ecartelé par les contradictions de son existence tourmentée, conscient du gouffre creusé par le langage entre sa vision du monde et l'expression écrite qu'il lui fallait en donner, Roger Gilbert-Lecomte a gravi jusqu'au sommet ce calvaire qu'est l'exigence innée d'absolu.
Gilbert-Lecomte Roger ; Daumal René ; Dranty Billy
La correspondance croisée de René Daumal et Roger Gilbert-Lecomte, les deux bâtisseurs et principales têtes chercheuses du Grand Jeu (1928-1932), est un document de premier ordre. Ces quelques 154 lettres échangées entre 1924 et 1933 - ici pour la première fois rassemblées, publiées dans leur intégralité et richement annotées - retracent au plus près l'évolution des deux poètes, en leur amitié vive jusqu'à la rupture. Automne 1927, Daumal écrit à Lecomte : "tu me ressembles si peu que ce qu'il y a de commun entre nous ne peut être que sublime." Aussi, des premiers pas du Simplisme et ses expériences-limites à la création du groupe du Grand Jeu tenant tête au surréalisme glouton, c'est bien coude à coude et contre la Grosse Machine occidentale qu'ils vont traverser les steppes de grand'peur, la peur de la conscience claire, effroyablement claire comme du soleil. Mieux qu'un roman épistolaire ou de formation, ce livre qui pourrait s'intituler Les années d'apprentissage de Roger Gilbert-Lecomte & René Daumal ne relève d'aucun genre littéraire, mais tous y sont pratiqués en les faisant sauter en éclats.
On trouvera réunis dans ce volume les deux recueils de poèmes publiés de son vivant par Roger Gilbert-Lecomte (1907-1943), principal animateur, avec René Daumal, du groupe Le Grand Jeu. "Roger Gilbert-Lecomte rompt avec les poètes du temps, retrouve ce ton organique, cette atmosphère déchirée d'organes, cet air foetal, humide, ardent, qui a de tout temps appartenu au vrai lyrisme". Antonin Artaud, 1934.