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Sur le papier
Robert Marthe
GRASSET
25,15 €
Épuisé
EAN :9782246856658
On n'a pas oublié comment, dans L'Ancien et le Nouveau, Marthe Robert, exégète attentive de Cervantes et de Kafka, tirait du parallèle entre Don Quichotte et Le Château une philosophie nouvelle de la création littéraire. Sur le papier, recueil d'essais, permet à Marthe Robert de préciser sa pensée et de la ramifier dans des directions imprévues. Cervantes et Kafka restent les points d'appui d'une recherche vouée à mettre en lumière les rapports de l'écrivain avec son oeuvre. Deux études sur les Frères Grimm et sur le conte de fées enchanteront ces lecteurs qui, de plus en plus nombreux, soupçonnent que la para-littérature supposée enfantine cache en réalité des vues profondes sur l'homme. Les épreuves dont le jeune garçon du conte doit tour à tour triompher ne sont que les symboles d'une libération psychologique : s'il continue à exercer à travers les siècles un pouvoir fascinant, c'est parce qu'il rompt avec ses attachements infantiles et réussit là où oedipe a échoué. Enfin, Marthe Robert, dont on connaît les beaux travaux sur Freud, démontre quelle erreur c'est de se représenter le fondateur de la psychanalyse comme un " philosophe ", comme un maître de " valeurs ". Elle souligne son humilité, son refus de collaborer avec les secteurs optimistes de la pensée, son " héroïque trivialité ". Pareille mise au point semblera particulièrement bienvenue au moment où trop d'épigones qui se parent du titre usurpé de disciples tirent à hue et à dia la doctrine de l'illustre Professeur. En cette matière comme dans les autres, le livre de Marthe Robert témoigne en faveur de ce qu'elle met au plus haut : une intelligence émue mariée à une pensée droite.
Résumé : A travers les figures de Don Quichotte et de K. , l'arpenteur du Château, Marthe Robert médite sur l'origine et le destin du roman moderne. Ces héros se soumettent plus volontiers à l'ordre de la fiction qu'à celui de la réalité. Ils veulent forcer les mystères - de la littérature ? de l'humaine condition ? - afin de conjurer la fatalité de la vie. Cet ouvrage publié en 1963 est un classique.
Pourquoi le roman ? En posant cette question au seuil de son livre, Marthe Robert installe d'emblée son lecteur au coeur d'un des problèmes les plus mystérieux de toute la littérature. Quelle est la force obscure qui pousse les hommes à raconter des histoires ? Aucune des définitions données jusqu'à présent pour expliquer un genre à la fois si universel et si disparate n'étant satisfaisante, Marthe Robert prend pour point de départ le texte célèbre de Freud sur " le roman familial des névrosés " pour démontrer - avec des arguments purement littéraires - que tout roman a pour origine le même besoin de bousculer l'ordre des choses, de changer la vie, qui entraîne le petit enfant à se rêver des parents imaginaires meilleurs, plus forts et plus beaux que sa famille réelle. Du conte de fées et du feuilleton populaire aux plus hautes créations littéraires, le héros romanesque est toujours soit l'Enfant trouvé, qui refait le monde à sa guise, soit le Bâtard, qui cherche à imposer sa volonté au monde. Ou plutôt, l'Enfant trouvé et le Bâtard sont indissolublement liés dans toute figure romanesque, car ils reflètent les deux exigences contradictoires mais simultanées du romancier, l'exigence " romantique " et l'exigence " réaliste ", la nostalgie du Paradis perdu et l'ambition conquérante. Selon que l'une ou l'autre de ces exigences se montre la plus forte, on a soit les romanciers de " l'autre côté ", les Cervantès et les Defoe, soit les romanciers de " tranches de vie ", les Balzac et les Flaubert, mais tous, quels qu'ils soient, secrètement écartelés entre le refus scandalisé du monde et le désir d'un bouleversement réparateur. Ce résumé très grossier ne saurait rendre l'admirable complexité des analyses de Marthe Robert. C'est tout le paysage romanesque qui change insensiblement sous nos yeux, une nouvelle histoire du roman qui s'écrit, une nouvelle méditation sur l'éternel rêve humain qui se poursuit sans faiblir dans ces pages.
Franz Kafka est situé au carrefour de plusieurs cultures, de plusieurs histoires, de plusieurs langues : né à Prague, Juif de Bohème, alors partie de l'Empire d'Autriche et où se développe le nationalisme tchèque. il ne s'exprime ni en tchèque, ni en yiddish, mais en allemand. Deux choix sont exclus pour lui : celui de l'assimilation totale (à I'Autriche ? A la culture allemande ? A la Bohème ? ) et celui d'un retour au judaisme ancestral qui n'est même plus celui de son père. De cette situation et de ce déchirement naît l'art moderne le plus audacieux et le plus classique, le seul peut-être en qui modernité et rigueur aient su réellement s'allier. Travaillant uniquement à partir des écrits de Kafka. Marthe Robert s'est attachée, dans cet essai capital, à préciser la position de Kafka à Prague : ses opinions déclarées, sa façon de vivre, ce qui en transparaît dans les textes, notamment le Journal et la correspondance. Elle procède à I'étude intrinsèque des oeuvres, dont elle possède une connaissance intime. Les thèmes, la structure des récits, la situation linguistique ambiguë de Kafka, son recours à une langue neutre, "sans qualités" , dénudée, sont analysés en détail. Le livre de Marthe Robert permet ainsi de mieux comprendre l'altitude de Kafka envers le sionisme, le yiddish, la religion juive et l'antisémitisme. Sur une oeuvre clé de notre temps, une étude fondamentale.
Paru pour la première fois en 1946 dans la revue L'Heure nouvelle, ce texte, désormais classique, de Marthe Robert inaugure le travail d'une vie consacrée en grande partie à Franz Kafka; vie entière passée à en traduire (aussi) les écrits les plus intimes pour en préserver paradoxalement la part secrète, qu'aucune lecture (philosophique, psychanalytique, politique, mystique etc.) n'était en mesure de révéler.
En 2016, Alain Mabanckou a occupé la Chaire de création artistique du Collège de France. C?était la première fois qu?un écrivain africain était amené à y enseigner la littérature et la culture si souvent dédaignées du « continent noir ».Alain Mabanckou est l?héritier de l?histoire littéraire et intellectuelle de l?Afrique, qu?il retrace dans ces Huit leçons sur l?Afrique données au Collège de France. Croisant la stylistique et la vision politique, envisageant la littérature mais aussi le cinéma et la peinture, les Leçons d?Alain Mabanckou sont une nouvelle façon de visiter la francophonie, matière moins conventionnelle que son nom ne pourrait l?évoquer. La France n?est pas le seul centre de gravité de ce monde-langue. De « Y?a bon » à Aimé Césaire, la lutte a été longue pour passer « des ténèbres à la lumière », et c?est une vision apaisée des rapports de la culture africaine au monde que ces Huit leçons proposent.Loin d?être en concurrence avec la culture française, la culture noire, d?Afrique, de Haïti ou d?Amérique, l?enrichit. « La négritude n?est pas essentiellement une affaire de Noirs entre les Noirs, mais une façon de reconsidérer notre humanisme. »Le livre est enrichi d?un avant-propos inédit et de deux interventions d?Alain Mabanckou sur l?Afrique, dont sa fameuse lettre ouverte au président de la République sur la francophonie.Notes Biographiques : Finaliste du Man Booker International Prize, prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic (Le Seuil), Alain Mabanckou est l'auteur de plusieurs romans à succès traduits dans le monde entier, dont Verre Cassé (Le Seuil, 2005), et d?essais comme Le monde est mon langage (Grasset, 2016). Depuis une quinzaine d?années il réside à Los Angeles où il est professeur titulaire de littérature d'expression française à l'Université de Californie -Los Angeles (UCLA).
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.
Résumé : Maurice Sachs brûlait. sa vie comme un acteur brûle les planches. Il avait de la présence, du magnétisme. Luxe plus rare, il avait du regard et de la mémoire. Rescapé chaque soir du jeu d'enfer de sa vie, une vie de jeton de casino, il prenait le temps, avant l'angoisse du matin prochain, de jouer encore à se souvenir... Et il se souvient, ici, du temps du B?uf sur le toit, paradis des Années folles, hanté par Cocteau et tant d'autres qui surent, de la vie, faire un interminable bal tragique...