Ce livre présente un ensemble de cinquante portraits de Jacques Villeglé réalisé entre 1985 et 2013. Vingt-huit années durant lesquelles le photographe a suivi cet artiste de renommée internationale. Celui-ci contribua activement à la constitution du groupe des " Nouveaux réalistes ", mouvement d'avant-garde fondé en 1960, qui prône le retour à la réalité et à l'utilisation d'objets trouvés dans le processus de création (assemblage, accumulation, lacération.). Il met en avant les " réalités collectives " urbaines et rend un témoignage historique original de la société moderne.Dans ce livre, François Poivret dévoile d'une façon chronologique l'émergence d'ouvres de Jacques Villeglé à travers ses séances d'arrachage, ses découpages de lettres constituant son alphabet socio-politique mais également ce qui sous-tend son ouvre: des traces, des indices (tags, graffitis, signalétiques.) captés dans les villes où évolue l'artiste. Il rend compte enfin des déambulations de Jacques Villeglé à Rome, Istanbul, New-York, San Francisco mais aussi à Paris, Saint Malo.
Résumé : Le quartier parisien est l'objet de mythes qui proviennent généralement d'une représentation sympathique d'un passé perdu. Plaisance ne saurait échapper à ces images. Or, sur la durée, l'historiographie des quartiers parisiens reste très peu abondante. Ce livre veut donc évoquer sous tous ses aspects l'histoire de Plaisance. Un très court temps une banlieue verte et plaisante de Paris, Plaisance est devenu rapidement, mais difficilement, un des quartiers les plus populaires, avec une large dominante ouvrière, de la capitale. C'est alors toute une riche sociabilité, où se côtoient misère, fête et parfois violence, ainsi qu'une intense vie démocratique qui se révèlent. Dans cette histoire urbaine est mis en valeur le rôle décisif des habitants-citoyens dans les politiques publiques parisiennes. Enfin, le livre évoque la période douloureuse de la destruction d'une forte partie du quartier, au prétexte de la rénovation, sans négliger les luttes et la nouvelle culture urbaine qui en sont issues. Quartier périphérique de Paris, quartier populaire, Plaisance est aussi un quartier de la rive gauche. Il en est marqué, en particulier par l'extrême abondance des artistes plasticiens qui y résident ou y ont leur atelier. Mais le livre témoigne de l'absence de présence symbolique du quartier, très peu connu des Parisiens. Il n'est qu'une arrière-cour de Montparnasse. Le livre ouvre alors le chemin à une réflexion sur la construction des légitimités symboliques.
La Rongère est le nom du château où a vécu Bernard Lamarche-Vadel au plus retiré de la Mayenne, et où il s'est suicidé. Quelques années auparavant, Danielle Robert-Guédon avait écrit deux portraits de cet écrivain singulier et critique d'art hors normes. Publier ce livre, bientôt dix ans après la disparition de B.L.V., est aussi un geste vers un homme que l'on n'a pu oublier.
Jean Bizien débarque aux Etats-Unis en 1946. Très jeune homme. Il découvre le pays par une ville ? : New York. Une cité faite de centaines d'autres villes, de milliers de Villages d'Irlande, d'Italie, de Russie, de Chine, du Mali, d'Afrique du Sud, du Mexique, du Brésil... Des milliers de villages, des millions d'hommes, des milliers d'habitudes différentes, des milliers de fêtes, de langues, des centaines de couleurs de peau, des millions de démarches, une seule langue pour parler ensemble. Une seule ville pour vivre ensemble. New York est un miracle. Des millions d'hommes si différents se côtoient, vivent, commercent en paix. New York est un miracle sombre et joyeux. La paix et la justice humaine sont très relatives. Pour pouvoir vivre ensemble, inventons autre chose ?? Une ville haute et plus verticale. Et pourtant les humains photographiés par Jean Bizien sont des villageois dans une ville aux immeubles immenses.
La série "La chute? met en scène les corps en apesanteur de danseurs de Hip Hop de Capoeira et de danse contemporaine. Une « chute de l'ange » des années 2000, toute en tension et en énergie, entre ciel et terre.Juste après la crise des banlieues de 2005, entre pesanteur et gravité, j?ai réalisé des photographies en suspension dans une architecture générique et populaire. J?aime qu?à l?ère de Photoshop, la photographie puisse encore surprendre et témoigner d?instants ayant réellement existé, sans trucages, ni manipulations explique Denis Darzacq.Dans des cités d?un Paris populaire et urbain, il créée des images baroques de corps en apesanteur, en lévitation. Propulsion. Perte de gravité. Energie. Poussée. Bascule des perspectives. Et UNE question: que fait-on de cette énergie? Que fait-on de ces corps qui veulent entrer dans le ?je? et qui risquent de s?écraser au sol si on les ignore, si on les laisse tomber.Il y a dix ans, en pleine guerre du Golfe, l?artiste s?est rendu en Algérie pour faire un reportage sur des danseurs algériens, dont il a tiré une pléthore de photos et de vidéos. Séduit par ces visions de jeunes en suspension dans l?espace, le photographe décide par la suite de se rendre dans les cités et de demander à des danseurs et des sportifs de sauter devant des fonds choisis."