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L'art de la résurrection
Rivera Letelier Hernan ; Hausberg Bertille
METAILIE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782864248828
La petite place de pierre semblait flotter dans la réverbération d'un midi ardent quand le Christ d'Elqui, à genoux sur le sol, le visage levé vers le ciel - les mèches de ses cheveux noirs bleuissant sous le soleil de l'Atacama -, se sentit tomber en extase. Il n'en fallait pas moins: il venait de ressusciter un mort.Depuis des années qu'il prêchait ses axiomes, ses conseils et ses sages pensées pour le bien de l'humanité - tout en annonçant au passage: "le jour du Jugement dernier est proche, repentez-vous, pécheurs, avant qu'il ne soit trop tard" - c'était la première fois qu'il vivait un événement d'une ampleur aussi sublime. Et cela avait eu lieu sous le climat aride du désert d'Atacama, plus précisément sur la place d'une compagnie salpêtrière, le lieu le moins approprié pour un miracle. Et, par-dessus le marché, le mort s'appelait Lazaro.Il est vrai que pendant toutes ses pérégrinations sur les chemins et les sentiers de la patrie il avait soulagé un grand nombre de personnes de leurs maux et de leurs douleurs et même tiré de son lit putride plus d'un moribond abandonné par la médecine. Sollicité à son passage par une multitude de malades en tout genre - sans compter la faune d'aveugles et de paralytiques, d'estropiés et de mutilés qu'on lui amenait en civière ou qui se traînaient jusqu'à lui dans l'espoir d'un miracle - il leur donnait l'onction et les bénissait sans distinction de credo, de religion ou de classe sociale. Et si, grâce à une imposition des mains ou à un de ses remèdes maison à base d'herbes médicinales - il en donnait aussi - le Père éternel voulait bien rendre la santé à l'un de ces pauvres malheureux, alléluia, mes frères! Et, dans le cas contraire, alléluia aussi! De quel droit pouvait-il approuver ou désapprouver la sainte volonté du Très Haut?Mais ressusciter un mort était une autre affaire. C'était du grand art. Jusqu'à présent, quand un proche venait lui demander en sanglotant: "Ayez la bonté de vous rendre à mon domicile pour voir si vous pouvez faire quelque chose pour mon petit, décédé pendant son sommeil, señor don Cristo", ou "pourriez-vous porter les saintes huiles à ma mère qui vient de mourir, rongée par la tuberculose, la pauvrette". (Ils laissaient parfois entendre qu'ils lui offriraient une précieuse relique de famille puisqu'il n'acceptait pas de dons en argent.) Dans ces occasions comme dans tant d'autres, le Christ d'Elqui répétait une phrase aussi usée qu'un ticket d'alimentation: "Je suis désolé, mon cher frère, ma chère soeur, vraiment désolé, mais l'art suprême de la résurrection est une exclusivité du Divin Maître."Et c'est ce qu'il avait dit aux mineurs couverts de terre qui étaient arrivés en portant le cadavre d'un compagnon de travail au moment où, en état de grâce, il dissertait sur le pouvoir diabolique de certaines inventions créées par l'homme sur l'esprit des catholiques pratiquants ou de toute personne croyant en Dieu et en la Sainte Vierge. Les porions avaient fait irruption au milieu des auditeurs, portant le corps du défunt, mort de toute évidence d'une crise cardiaque comme ils l'avaient expliqué en l'étendant avec précaution à ses pieds, sur le sol brûlant.Affligés, agités, parlant tous à la fois, ils lui avaient expliqué qu'après avoir mangé la platée de haricots blancs du jeudi, alors qu'ils allaient à l'auberge boire un coup "pour faire passer la terre", la tragédie avait eu lieu: leur camarade s'était soudain pris la poitrine à deux mains avant de s'écrouler comme frappé par la foudre, sans même avoir le temps de dire "santé!"- Maintenant il est là, don. Essayez de faire mieux que ce feignant d'infirmier qui n'a que du permanganate et du sparadrap sur ses étagères, dit l'un d'entre eux.
«À la maison, comme l'argent courait toujours plus vite que nous, quand un film arrivait à la Compagnie et que mon père le trouvait à son goût - juste d'après le nom de l'actrice ou de l'acteur principal -, on réunissait une à une les pièces de monnaie pour atteindre le prix d'un billet et on m'envoyait le voir. Ensuite, en revenant du cinéma, je devais le raconter à la famille, réunie au grand complet au milieu de la salle à manger.»Maria Margarita a dix ans quand on découvre qu'elle a un talent tout particulier pour raconter les films: détails, mimiques, costumes, la petite sait si bien y faire qu'elle devient très vite une star dans son village. Désormais, elle sera Morgane Féduciné, la raconteuse de films.Hernán Rivera Letelier est né à Talca, au Chili, en 1950. Il a toujours vécu dans les déserts des mines de nitrate d'Atacama. Il est l'auteur, entre autres, de La Reine Isabel chantait des chansons d'amour et de Mirage d'amour avec fanfare.Adaptation cinématographique en cours pour Mirage d'amour avec fanfare et La Raconteuse de films.
Résumé : Elle s'appelle Golondrina del Rosario, elle joue du piano et enseigne la déclamation poétique, elle est toute délicatesse et sensibilité. Il s'appelle Bello Sandalio, il est roux et trompettiste de jazz dans les bordels de la région. Ils se sont rencontrés une nuit de passion, elle s'est donnée à lui... Ils vivent dans une colonie minière du désert d'Atacama où l'on attend une visite présidentielle, mais la fanfare des "damnés de la terre", menée par le barbier anarchiste, prépare un autre type de réception. L'auteur de La Reine Isabel chantait des chansons d'amour s'est donné pour tâche de chanter " son " désert " où les seules fleurs sont l'ombre des pierres " et d'en raconter l'épopée infernale à travers des personnages qui vont à l'essentiel : la vie et la mort, la douleur et la folie, la force de l'amour, des rêves et de l'utopie.
Résumé : Récit de la mort et de l'enterrement d'Isabel, la plus respectée des prostituées d'une colonie de mineurs de salpêtre, au nord du Chili, en plein désert d'Atacama. Ce récit est mis en parallèle avec la fermeture de la mine et la fin d'un monde. Premier roman, Grand Prix de littérature du Chili.
Résumé : " Hernan Rivera Letelier est un conteur d'histoires chaleureux, qui nous rend notre capacité de rêver ". Luis Sepulveda Il faudrait énumérer une à une les compagnies salpêtrières perdues dans ces vastes étendues délirantes ; il faudrait être un véritable homme du désert pour être digne de l'honneur de prendre une poignée de terre et la jeter sur cercueil de cette femme héroïque, de cette bienheureuse hétaïre du salpêtre connue dans tout le désert sous le nom de Reine Isabel ; une Reine que nous avions tous fini par aimer comme on aime le désert, avec son âpre horizon de pierres et ses doux mirages bleus. " H. Rivera Letelier a vécu dans le désert d'Atacama et il raconte, dans un style puissant et burlesque l'enterrement de la reine Isabel et celui d'un univers à la fois désespéré et débordant de vitalité. Un inoubliable voyage dans une zone ravagée où les prostituées sont les seules manifestations de la tendresse humaine. Traduit de l'espagnol (Chili) par Bertille HAUSBERG
Un vieux paysan calabrais malade arrive chez son fils, à Milan, pour y subir des examens. Il déteste la vie dans le Nord, cette ville hostile et son ciel gris, mais c'est là qu'il découvre son dernier amour : son petit-fils, Bruno, qui porte le nom que ses camarades partisans lui avaient donné au temps du maquis.Dans ce roman plein de tendresse, d'humour et d'émotion, l'approche de la mort, la vieillesse offrent encore de formidables moments de bonheur et d'apprentissage, qui mènent à la plénitude et à la sérénité si bien représentées par le fameux sourire étrusque." Le Sourire étrusque est fort habilement écrit : touchant comme ces choses qui frôlent la tête pour mieux atteindre plus sûrement le cour. "P. Lepape, Le Monde" Ce livre touchant et d'une tonique simplicité a connu en Espagne un énorme succès populaire. C'est essentiellement rassurant. "M.C. Dana, Le Monde diplomatiqueJosé Luis Sampedro est né en 1917 à Barcelone. Conseiller du commerce extérieur du gouvernement espagnol, il devient sénateur en 1977. Il s'est imposé en Espagne comme un des plus grands auteurs contemporains. Le Sourire étrusque s'est vendu en Espagne à 400 000 exemplaires.
Tatouage, piercing, scarifications, cutting, burning, peeling... Les marques corporelles sont à la mode et se sont débarrassées des valeurs négatives qui leur étaient associées. Que signifient-elles aujourd'hui pour les jeunes générations? Le Breton inscrit ces pratiques dans la tendance contemporaine à considérer le corps comme inachevé, un brouillon ouvert à tous les embellissements, à toutes les modifications. De même relie-t-il sa réflexion à ses recherches sur les conduites à risque, largement développées dans Passions du risque en montrant l'importance des marques corporelles dans le processus de « remise au monde », de reconstruction de soi des jeunes en difficulté. Moins ambitieux que ses livres précédents, Signes d'identité en constitue ainsi une sorte de chapitre supplémentaire particulièrement documenté. --Michel Abescat-- -- Télérama
Revisitant une réflexion menée il y a dix ans, l'auteur constate que le statut de la marche a énormément changé en une trentaine d'années. Aller à pied, livré à son seul corps et à sa volonté, est un anachronisme en un temps de vitesse, de fulgurance, d'efficacité, de rendement, d'utilitarisme. Marcher ainsi de nos jours - et surtout de nos jours, disait J Lacarrière, "ce n'est pas revenir aux temps néolithiques, mais bien plutôt être prophète". Il est l'un des premiers à en retrouver le goût. Les chemins de Compostelle sont devenus en quelques années des lieux très fréquentés et dotés d'une organisation méticuleuse. Nous sommes bien loin des anciens chemins, mal aménagés, mal balisés, avec une population méfiante envers ces gens de passage portant leur sac à dos qui étaient les pionniers de leur renaissance dans les années 70. Ceux qu'essaient alors de reconstituer P Barret et J-N Gurgand ont disparu sous les "coquelicots, les chemins sont goudronnés ou ne sont plus". Les années 80 voient leur réorganisation méthodique, en 1983 est créée la première association jacquaire, qui sera suivie de bien d'autres. Dans les années 90 les chemins de Compostelle prennent leur essor. Aujourd'hui la marche s'impose comme une activité essentielle de retrouvailles avec le corps, avec les autres. Là où ils existent, même dans les villages, rares sont les syndicats d'initiative qui ne proposent pas un répertoire de chemins bien balisés pour la découverte de la cité ou de ses environs. Les imaginaires contemporains de la marche sont heureux, ils réfèrent plutôt au loisir, à la disponibilité. Marcher est un long voyage à ciel ouvert et dans le plein vent du monde dans la disponibilité à ce qui vient. Tout chemin est d'abord enfoui en soi avant de se décliner sous les pas, il mène à soi avant de mener à une destination particulière. Et parfois il ouvre enfin la porte étroite qui aboutit à la transformation heureuse de soi.
Résumé : Shannon, le jeune Irlandais désespéré par la guerre qu'il a faite en Italie, a trouvé refuge auprès d'une équipe de flotteurs de bois qui descend le Haut-Tage. Emporté par le fleuve, il découvre l'univers quotidien d'une société proche de la terre, imprégnée de picaresque, d'honneur, de violence et de révolte. Aux côtés de l'Americano, convalescent des illusions révolutionnaires, de Damaso le cruel, de Galerilla l'enfant qui apprend son métier d'homme et de la troublante Paula, innocente et captive de sa condition de femme jeune et belle dans un monde d'hommes, Shannon va de rencontre en rencontre dans une traversée initiatique de l'hiver des montagnes à la renaissance du printemps et de la vie. José Luis Sampedro raconte, avec la passion et la profonde humanité que ses lecteurs lui connaissent, des personnages forts confrontés à leur destin. Avec eux, il nous entraîne dans une aventure singulière dont le fleuve règle le rythme.
Les histoires de Julio Cortázar s?inscrivent dans une grande tradition classique de la littérature fantastique. Mais chez lui, contrairement à ses prédécesseurs, pas de fantômes, pas d?ambiguïté : les histoires les plus élaborées ne tendent pas vers l?abstraction, elles gardent - et c?est leur mystère - la vitalité du quotidien. Cortázar s?inscrit aussi dans la tradition surréaliste du «merveilleux quotidien», du mystère de la réalité qu?il est réservé au poète de percer derrière les apparences, dans un état de rêve éveillé ou de transe. Il est ce voyant qui extrait l?insolite de la banalité, l?absurde de la logique, le prodigieux de l?ordinaire. L?extrême dépouillement du style ne peut qu?ajouter à l?illusion de la facilité. Ces histoires si simples à lire atteignent un sommet de la sophistication : l?alliance imprévisible du jeu, de la folie, de la poésie et de l?humour.
Gombrowicz Witold ; Plantagenet Anne ; Méjean Mari
Résumé : En 1944 et 1945, Witold Gombrowicz, alors exilé en Argentine, écrit une suite de huit articles consacrée à la femme sud-américaine. Ces textes, dont un inédit en français, sont réunis ici pour la première fois en un seul et unique volume.
Résumé : L'Art de porter l'imperméable, ce sont treize variations tragicomiques autour de la relation amoureuse et de la filiation pour tenter de répondre à cette question : "Ai-je pu rendre quelqu'un heureux ? " De la naissance du sentiment amoureux à la décrépitude du couple et à sa fin annoncée, en passant par l'amour filial et le désamour de soi au travers de la recherche de sa propre (f)utilité, Sergi Pamies s'empare de cette thématique du désespoir avec douceur, drôlerie et finesse. L'Art de porter l'imperméable, c'est aussi un retour dur l'enfance et l'adolescence de l'auteur au coeur d'une famille dédiée au militantisme politique, entre la Catalogne et la France, avec Jorge Semprun en figure de proue de ses célèbres parents. Sous la plume de Seri Pamies, l'impérméable devient la panoplie de la révolte, "l'uniforme informel de la dissidence chic".
Résumé : Dans l'Unidad Modelo, quartier trépidant du Mexico des années 1960, la violence est une affaire de la vie quotidienne. Pour Juan Guillermo, elle est une présence obsédante, qui l'a privé de ce qu'il avait de plus précieux : son frère aîné, Carlos, aussi habile trafiquant que fervent lecteur, assassiné par les "bons garçons" , une bande de religieux fanatiques protégés par les hommes du très corruptible commandant de police Zurita. Anéantis par le chagrin, ses parents meurent à leur tour dans un accident de voiture, le laissant orphelin à dix-sept ans. Unique survivant de sa famille, Juan Guillermo jure de se venger des assassins de son frère. Dans cette vie nouvelle placée sous le signe de la vendetta, seul l'amour fou de Juan Guillermo pour l'intrépide Chelo pourrait l'extirper de la spirale de destruction dont il est captif. En contrepoint de cette histoire se déploie la quête d'Amaruq, un trappeur inuit lancé dans la traque sans relâche d'un grand loup gris à travers les forêts glacées du Yukon - un périple qui le conduira dans les profondeurs de la folie et de la mort. Ces deux récits subtilement enchevêtrés forment une fresque puissante et féroce, faisant écho aux plus belles pages de Herman Melville et Jack London. Une épopée magistrale qui tend un miroir troublant au lecteur, en lui dévoilant comment la société réveille le loup sauvage qu'est l'homme en puissance.