Edy-Legrand fut de ces artistes qui, au fil de leur imagination puis de leurs voyages, nous transporte dans un monde de rêves et de couleurs. Eloigné de tous les courants de peinture, indépendant par nature, parfois presque plus proche de ses amis littéraires que de ses amis peintres, il ne renonça à aucun effort pour traduire ce qu'Il aimait. Tout à la fois illustrateur, lithographe, artiste animalier, décorateur, il se fit à partir de 1933 le porte-parole du Maroc où il s'était installé, non loin de son ami Majorelle, C'est dans cette période qu'il arrive le mieux à concilier le lyrisme et l'harmonie, l'intelligence et la sensibilité. Comme il le dit lui-même, animé du sentiment d'éternité, ayant trouvé dans cette région du monde une représentation de l'homme de toujours, comme projeté hors du temps, régi par les grandes lois du ciel et de la terre, il exécutera les illustrations de la Bible, ainsi que les illustrations de l'Apocalypse sur un texte d'Henri Bosco. Pendant quatre ans, en regard de son oeuvre picturale, il rédige un journal, véritable reportage de la vie simple et rurale qu'il a décidé de mener en sillonnant le Maroc, de Goulimine à Fès, du Haut Atlas aux confins du désert. Chaque page, véritable document sur cette époque, nous éclaire également sur son travail. Ce sont d'abord les carnets de croquis et les feuilles de dessins qui se recouvrent inlassablement de visages berbères, de scènes d'A'wach, de danseuses de Guédra parées de riches costumes, de scènes de fantasia si colorées que l'on entend le brouhaha alentour, puis il commence ses toiles sur le motif, chevalet planté dans le sable; ensuite seulement viendront des toiles faites à son retour dans l'atelier de Marrakech ou de Rabat. Beaucoup de ces toiles ont trouvé amateur directement sur place, ou bien aux Etats-Unis où la galerie Marie Sterner lui consacre régulièrement des expositions. En 1936, à l'exposition du Carnégie Hall à New York, dans le cadre du pavillon français, il expose entre Picasso, Fernand Léger et Utrillo une grande odalisque allongée qui ne renie pas son ascendance avec Delacroix. L'heure des hommages français viendra plus tard lorsqu'il retrouvera en Provence, entre Bonnieux et Lourmarin, des paysages proches de sa mystique
Gall Sophie ; Ritzenthaler Marie-Pierre ; Sarjas P
Résumé : Vivre les rites chrétiens, c'est entrer dans le mystère de la foi. Cet album souhaite servir la participation des fidèles à la Liturgie en ouvrant le sens des paroles et des gestes, du temps et de L'espace qui donnent à la liturgie sa beauté et sa profondeur. Cinq regards transversaux de l'action liturgique, faisant appel aux sens, sont ici proposés: le repos, l'écoute, la joie, la marche et le repas du Seigneur. Pour chacun des moments, un rappel anthropologique introduit une méditation nommée "Mystagogie", suivie d'une "Petite théologie". Un glossaire clair et précis, ainsi qu'une bibliographie commentée complètent l'ensemble. Textes bibliques de la nouvelle traduction officielle de la Bible de la liturgie.
Une clé une malédiction. Mégane journaliste spécialisée dans le paranormal, ne croit plus aux coïncidences depuis longtemps. Lorsqu'une jeune femme totalement bouleversée trouve une clé ancienne tout bascule. Un appartement hanté, un passé enfoui dans les cendres d'un hôtel oublié. Un pacte ancien, des morts qui ne demandent qu'à parler. A mesure que les ombres s'épaississent, Mégane s'enfonce dans une enquête où chaque porte ouverte libère un peu plus l'horreur.
Lorsque Amélya décide de partir en excursion avec ses amis, elle ignore encore que ce voyage va réveiller les échos d'une vie oubliée. Attirée par une chaumière abandonnée au coeur d'un champ de roses, elle découvre un lieu figé dans le temps : un miroir de souvenirs profondément ancrés en elle. Chaque pas dans cette maison fait renaître des fragments d'un passé révolu, celui de Sarah, une jeune femme disparue tragiquement au début du XXe siècle... et dont elle semble être la réincarnation. Entre visions, émotions inexplicables et retrouvailles avec des lieux familiers, Amélya recompose le puzzle de sa vie antérieure. Une tombe oubliée, un vieux coffre, un parfum inachevé... autant de traces laissées par Sarah, qui révèlent un destin inabouti et une mission transmise à travers les âges.
Francis Ramirez et Christian Rolot sont maître de conférences à l'Université Sorbonne Nouvelle-Paris III et professeur à l'Université Montpellier III. Comptant parmi les meilleurs connaisseurs des arts traditionnels du Maroc, ils ont publié aux éditions ACR: Tapis et tissages du Maroc, une écriture du silence (1995), Arts et traditions du Maroc, introduction à l'esthétique des arts traditionnels (1998) et Jean Cocteau, l'?il architecte (2000).
Ackerman Gerald M ; Parrish Graydon ; Diebold Chri
Extrait de l'introductionL'histoire du Cours de dessinLe Cours de dessin de Bargue-Cérôme, reproduit ici dans son intégralité, est un célèbre et légendaire ouvrage publié à la fin du XIXe siècle. Divisé en trois parties, il renferme 197 planches lithographiques en feuillets mobiles représentant des modèles dessinés avec précision d'après la bosse et d'après les maîtres ainsi que des académies (nus masculins), organisées selon un ordre de difficulté croissante. Le cours était conçu pour préparer l'élève débutant en arts plastiques, par la copie de ces planches, à dessiner d'après nature, c'est-à-dire d'après des objets naturels ou artificiels du monde réel. Son but, à l'instar de celui du programme d'études de l'École des Beaux-Arts de Paris au XIXe siècle dont il partageait les idéaux, était que l'élève qui l'étudiait puisse en définitive choisir d'interpréter la nature à sa guise, d'une manière idéaliste ou bien réaliste. À l'époque de la publication du Cours de dessin, à la fin des années 1860, il était encore généralement admis que l'imitation de la nature constituait l'objectif principal de l'artiste et que son sujet le plus important était le corps humain. L'expression du sujet dépeint n'avait pas encore était supplantée par l'expression de soi.En dépit de sa rareté et de son caractère aujourd'hui singulier, le Cours de dessin de Bargue-Cérôme est l'un des témoignages les plus importants du dernier grand épanouissement de la composition à figures à la fin du XIXe siècle. L'ambition de cette nouvelle édition est d'enseigner le dessin de figure aux élèves de notre époque, de présenter aux historiens un document essentiel du XIXe siècle et d'édifier le grand public sensible à l'art, les collectionneurs et les amateurs.Les planches du Cours de dessin sont des modèles à reproduire par la copie. Le cours se conforme aux habitudes de l'enseignement artistique du XIXe siècle; il débute par la copie de moulages en plâtre, se poursuit par le dessin d'après les maîtres et s'achève sur les modèles masculins nus (dits académies). Cette division tripartite des activités étant implicite dans les programmes d'études de l'époque, les planches furent publiées sans instructions. Comptant sur la compétence des enseignants et praticiens actuels du dessin de figure académique, les éditeurs du présent ouvrage se sont efforcés d'indiquer comment ces planches pourraient être enseignées aujourd'hui dans un cours de dessin ou utilisées par un élève travaillant seul, tout en saisissant chaque occasion pour expliquer la théorie et la pratique du dessin au XIXe siècle.Cet ouvrage présente également la figure de Charles Bargue (1826/7-1883), un lithographe et peintre connu seulement d'un petit groupe de connaisseurs, de collectionneurs et d'étudiants en arts. On a tenté de dégager sa vie de la légende et de rédiger une biographie sur la base des témoignages peu abondants parvenus jusqu'à nous. Son oeuvre peint est limité: seule une cinquantaine de titres est attestée, dont seulement la moitié a été localisée, la plupart se trouvant dans des collections privées. Son Cours de dessin n'est connu que de quelques-uns, à travers le petit nombre de feuillets isolés et épars qui subsistent ainsi que par l'unique ensemble complet du Cours de dessin qui était connu jusqu'à présent, celui de la National Art Library. Deux autres ensembles complets ont été rendus publics en 1991, à la suite de la fondation du musée Goupil, à Bordeaux. Les planches reproduites dans le présent ouvrage ont été extraites de ces deux ensembles. Afin de compléter cette introduction à Bargue, un inventaire illustré et annoté de son oeuvre peint connu a été également inclus.Les deux premières sections du Cours de dessin étaient destinées aux écoles d'arts appliqués, d'art commercial et décoratif de France. On estimait que, dans le cadre de la production d'articles de commerce et d'industrie susceptibles d'être concurrentiels sur le marché international, les dessinateurs d'objets utilitaires tireraient profit de la connaissance des principes directeurs du bon goût. (Tel était du reste l'argumentaire de la brochure publiée par Goupil et Cie pour promouvoir le cours intitulé Des modèles de dessin). Le bon goût, ou «grand goût», reposait sur la forme classique telle que la définissait le style raffiné de la statuaire antique. De l'association du «grand goût» et de l'étude de la nature résultait le «beau idéal» - l'interprétation de la nature dans sa manifestation la plus parfaite - parfois appelé plus explicitement la «belle nature».
Beaufre Florence ; Bousquet Georges ; Denarnaud Ja
Tanger, telle Protée, se présente sous des formes diverses, comme pour défier ceux qui l'interrogent pour y découvrir le secret de son charme. Il tient aux villes différentes, séparées et unies, qu'elle contient. Elles nous parlent leurs langues propres et mystérieuses, constituées par le lieu et l'histoire, les traces des populations qui s'y succédèrent. Elles suscitent les pèlerinages. On y évoque hauts faits et figures du passé, nostalgies et espoirs, ce qui fond, dans une mystérieuse alchimie de l'imaginaire, hier et aujourd'hui. Aux mythes fondateurs se sont ajoutés ceux laissés par chaque grande période d'une histoire millénaire. Ils contribuent, ensemble ou séparément, dans des amalgames changeants, comme les couleurs du jour ou du temps modifient le décor, à faire naître de la ville des émotions multiples, toujours renaissantes dans leur infinie diversité. La ville internationale s'est muée en grosse cité marocaine. Pas tout à fait comme les autres. Les étrangers fidèles de Tanger y continuent d'entretenir un foyer de vie internationale et culturelle particulier. La marque générale espagnole n'est pas effacée. On retrouve dans l'espace urbain les différentes phases d'une longue histoire. Ainsi coexistent la vieille cité, la kasbah, le quartier de la montagne, ses palais et jardins, les quartiers populaires, la banlieue issue du négoce, les grands hôtels de la plage. Les liens spéciaux que la ville entretient depuis des siècles avec l'Europe si voisine sont maintenus. Ils prennent une forme et une force nouvelles. Entre le Maghreb qui tient à s'unir et l'Europe du marché commun, Tanger se retrouve ville-charnière. Tanger se retrouve ainsi entre les deux mondes qui nourrissent son passé, l'Europe et l'Afrique marocaine. Elle se reprend à rêver...