Riquier Camille ; Fruteau de Laclos Frédéric ; Bia
MINUIT
10,00 €
Épuisé
EAN :9782707321602
PHILOSOPHIE(S) FRANÇAISE(S): le pluriel est destiné à mettre en question l'unité intrinsèque de la philosophie française, simple idéal-type permettant de repérer dans l'histoire certaines convergences thématiques ou méthodologiques?, et son autonomie, tant elle apparaît redevable aux grandes figures de la philosophie allemande (Husserl, Heidegger, le Cercle de Vienne, etc.). Les auteurs de ce numéro, "spécialistes" de philosophie française, ont réfléchi sur leur praxis exégétique et le statut de l'identité implicite du thème "philosophie française", qui est censé se situer en son foyer. Dans "Pour une histoire souterraine de la pensée française", Frédéric Fruteau de Laclos en propose une anamnèse: remémoration des conjonctures qui, en privilégiant certaines thèses et courants, ont occulté des options originales jugées marginales. Cette anamnèse lui paraît nécessaire à la remise en chantier de philosophèmes passés, et notamment à la réactivation, par-delà le structuralisme et l'individualisme méthodologique, des thèses de la psychologie historique fondée par Ignace Meyerson, dont il suit les traces chez le jeune Foucault, François Châtelet et Olivier Revault d'Allonnes. Dans "Descartes et les trois voies de la philosophie française", Camille Riquier s'intéresse à la reprise au XXe siècle de thèmes de la philosophie cartésienne, pour montrer que des tendances fondamentales de la philosophie française ont leur origine dans le déploiement unilatéral de l'une des voies du cartésianisme: celles du cogito, du système et des modernes. Malgré l'inspiration essentielle qu'elle reçoit de la philosophie allemande, la philosophie française ne se comprendrait donc que par son réinvestissement du texte cartésien, qui en constituerait le foyer implicite. Dans "Portées du nom Bergson. Portrait de groupe avec philosophe", Giuseppe Bianco envisage la philosophie française contemporaine sous l'angle d'une socio-histoire des pratiques philosophiques, qui en montre le conditionnement par des changements de nature extra-philosophique. Dévoilant les contextes stratégiques où le bergsonisme a servi à faire, défaire et refaire la ligne de partage de la pensée française, il remet en question celle qui fut instaurée par Foucault, puis réajustée par Badiou, entre un mysticisme vitaliste qui remonterait à Bergson, et un mathématisme trouvant sa source chez Brunschvicg. Dans "L'invention de l'homme moderne. Une lecture de Michel Foucault", Guillaume Le Blanc interroge la généalogie de la question de l'homme chez ce dernier, montrant que loin de se laisser reconduire à la seule figure kantienne, elle s'inscrit dans le registre éthique et politique de l'invention; et que la référence à la vie inventive forme le canevas théorique majeur d'un foyer de la philosophie française où s'intègrent des auteurs aussi distincts que Canguilhem, Foucault, Deleuze et Derrida, mais aussi Sartre, Merleau-Ponty et de Certeau. Enfin, dans "La vie dans la philosophie du XXe siècle en France", Frédéric Worms, loin de postuler une continuité thématique ou méthodologique centrée sur la vie, montre comment celle-ci fut pensée différemment selon les moments qu'elle a traversés, impliquant des ruptures dans la manière dont la question fut à chaque fois thématisée. A travers les problèmes qui se posaient,ceux de l'esprit, de l'existence, du langage et du pouvoir, ce serait la vie elle-même qui, à chaque fois, dévoilerait l'une de ses dimensions. Aussi est-ce le moment présent qui, de plus en plus, serait amené à penser la vie dans sa tension irréductible et ultime.
Résumé : Le projet de retrouver l'unité de la philosophie de Bergson ne pouvait être mené à bien que depuis la méthode qui en avait à proprement parler fait une oeuvre. L'erreur fut de ne pas prendre en considération le statut profondément réformé de la métaphysique qu'il instaure et qui procède au retournement de la métaphysique traditionnelle : non plus se fonder sur un premier principe, mais se fondre dans l'expérience immédiate, c'est-à-dire descendre en soi-même, livre après livre, vers des couches de plus en plus profondes de la durée concrète. L'oeuvre entière doit se comprendre à rebours, en sorte que chaque livre fournit les bases au livre précédent au lieu de le supposer, l'intègre dans un cadre plus large et profond - sorte d'essais concentriques où le dernier livre englobe les précédents. Il s'agit en un sens d'une archéologie, mais comprise dans les limites indéfiniment reculées de l'intuition, Bergson n'atteignant que dans son dernier livre, le véritable principe agissant. Il est dès lors possible de reprendre le mouvement unique qui traverse l'oeuvre. En l'étayant des notes et des cours inédits de Bergson, nous pouvions montrer comment chaque livre doit se prolonger dans le suivant en gravitant à chaque fois autour d'un problème précis : la liberté, l'union de l'âme et du corps, la causalité, la volonté enfin. S'enfonçant dans des couches de durée de plus en plus profondes, Bergson ne fait en vérité qu'approfondir un unique problème, celui de la personne qui est pour la première fois pensée comme temps, chaque livre privilégiant l'une de ses dimensions : le présent (Essai sur les données immédiates de la conscience), le passé (Matière et mémoire), l'avenir (L'Évolution créatrice), l'éternité (Les Deux Sources de la morale et de la religion). C'est l'oeuvre entière qui s'avère être un corpus sur le temps.
La figure de Bergson, un temps éclipsée, resurgit aujourd'hui auréolée de sa gloire enfin conquise, de cette gloire posthume qui est la seule vraie gloire, parce qu'elle n'est plus temporelle mais essentiellement spirituelle. Ce recueil de vingt-quatre contributions inédites vient à la suite du renouveau considérable dont ont bénéficié les études bergsoniennes depuis quelques années, et dresse un état des lieux de la recherche actuelle, en France et à l'étranger. L'ensemble entremêle deux perspectives. La première offre un certain nombre de vues singulières qui introduit chaque fois à l'oeuvre entière, en en abordant les thèmes majeurs (la conscience, la durée, la mémoire, l'imagination, le virtuel, l'élan vital, la morale et la religion). La seconde propose une série de confrontations qui permettent d'en mieux détacher l'originalité profonde, à travers affinités, oppositions et prolongements possibles. En effet, l'une des difficultés qu'il y eut longtemps à appréhender la pensée de Bergson tient à ce qu'elle déjoue les oppositions conceptuelles traditionnelles, en se rendant insituable par rapport à elles. La comparer aux philosophies de Spinoza, Leibniz, Maine de Biran, Schopenhauer, Nietzsche, Le Roy, Deleuze ou encore Levinas, c'est nous permettre de la retrouver plus aisément sur l'échiquier de l'histoire de la philosophie, où, devenue incontournable, elle revêt désormais le statut de pensée classique.
Juin 1940. Chartres, submergée par la foule des réfugiés du Nord, s'est simultanément vidée de ses propres habitants. Quelques unités combattantes en retraite la traversent encore, bientôt suivies par les premiers détachements de la Werhmacht. Resté à peu près seul à son poste, le jeune préfet est convoqué par le vainqueur, qui veut le contraindre à signer un document mensonger portant atteinte à l'honneur de l'armée française. Le dramatique récit de Jean Moulin, dont le dépouillement fait la force, ouvre, le 17 juin 1940, le grand livre de la Résistance.
Il y a le stigmate d'infamie, tel la fleur de lys gravée au fer rouge sur l'épaule des galériens. Il y a les stigmates sacrés qui frappent les mystiques. Il y a les stigmates que laissent la maladie ou l'accident. Il y a les stigmates de l'alcoolisme et ceux qu'inflige l'emploi des drogues. Il y a la peau du Noir, l'étoile du Juif, les façons de l'homosexuel. Il y a enfin le dossier de police du militant et, plus généralement, ce que l'on sait de quelqu'un qui a fait ou été quelque chose, et "ces gens-là, vous savez..." Le point commun de tout cela ? Marquer une différence et assigner une place : une différence entre ceux qui se disent "normaux" et les hommes qui ne le sont pas tout à fait (ou, plus exactement, les anormaux qui ne sont pas tout à fait des hommes) ; une place dans un jeu qui, mené selon les règles, permet aux uns de se sentir à bon compte supérieurs devant le Noir, virils devant l'homosexuel, etc., et donne aux autres l'assurance, fragile, qu'à tout le moins on ne les lynchera pas, et aussi l'espoir tranquillisant que, peut-être, un jour, ils passeront de l'autre côté de la barrière.
L'espace lisse, ou Nomos : sa différence avec l'espace strié. - Ce qui remplit l'espace lisse : le corps, sa différence avec l'organisme. - Ce qui se distribue dans cet espace : rhizome, meutes et multiplicités, - Ce qui se passe : les devenirs et les intensités. - Les coordonnées tracées : territoires, terre et déterritorialisations, Cosmos. - Les signes correspondants, le langage et la musique (les ritournelles). - Agencement des espaces-temps : machine de guerre et appareil d'Etat. Chaque thème est censé constituer un "plateau", c'est-à-dire une région continue d'intensités. Le raccordement des régions se fait à la fois de proche en proche et à distance, suivant des lignes de rhizome, qui concernent les éléments de l'art, de la science et de la politique.
Découvrez les 500 citations les plus importantes de la philosophie, dans un format très pratique à emporter partout ! 500 citations, depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque contemporaine. Un classement selon les notions au programme de l'épreuve de philosophie du baccalauréat : le sujet, la culture, la raison et le réel, la politique, la morale. Un index des philosophes cités.
Résumé : Des écoles grecques à la philosophie contemporaine, plongez dans un monde réputé difficile et qui n'aura bientôt plus aucun secret pour vous ! Grâce à la Philosophie pour ceux qui ont tout oublié, partez à la découverte du savoir de façon simple, accessible et amusante. Laissez-vous conter la vie et l'oeuvre de près de 100 philosophes, de Socrate à Adorno, en passant par Platon, Pascal, Montaigne, Rousseau, Kant, Nietzsche, Freud, Sartre, Ricoeur, Baudrillard, et bien d'autres encore ! Abandonnez vos idées reçues, vivez et voyez les choses sous un angle inattendu grâce à plus de 30 concepts qui vous aideront à comprendre et à construire des problématiques. L'art obéit-il à des règles précises ou ne relève-t-il que de l'inspiration et du génie ? Le bonheur est-il seulement possible ? Puis-je avoir conscience de moi sans avoir conscience de l'autre ? Comment concilier l'autorité de l'Etat et la liberté des individus ? Peut-on être responsable sans être libre ni conscient ? La politique est-elle un art ou une science ? Les animaux ont-ils des droits ? Enrichi d'anecdotes, d'encadrés insolites, de citations mémorables et de dessins humoristiques, ce livre permet à tous de s'initier à la philosophie, de l'Antiquité à nos jours.
Imaginez un monde dans lequel vous pourriez être jugé "immoral" pour vos actions non seulement à l'égard des autres, mais aussi de vous-même. Qui aimerait vivre dans un tel monde, où rien de ce qu'on est, pense ou ressent, où aucune de nos activités, fût-elle la plus solitaire, n'échapperait au jugement moral ? C'est pourtant ce que propose aujourd'hui l'éthique, largement ralliée aux thèses maximalistes d'un Aristote, qui nous recommande tout un art de vivre et pas seulement un code de bonne conduite en société, et de Kant, pour qui nous avons des devoirs moraux à l'égard d'autrui comme de nous-même. C'est oublier les éthiques alternatives, minimalistes, pour lesquelles le monde moral, moins envahissant, se limite au souci d'éviter de nuire délibérément à autrui. Toute l'histoire de l'éthique aujourd'hui est l'histoire de l'opposition entre maximalistes et minimalistes.
Résumé : L'esthétique est une fois encore à l'ordre du jour philosophique. Notre époque, pressée d'en découdre avec la fin proclamée de l'Art, tient pour évident l'objet de cette discipline. Or l'esthétique est relativement récente : la réflexion sur l'art est une histoire parallèle à celle de la rationalité. Marc Jimenez en retrace ici le développement. C'est au siècle des Lumières que l'esthétique s'autonomise, qu'elle conquiert ses lettres de noblesse, quand devient primordiale la question du Beau comme accès au sens, à la vérité. Alors s'ouvrent des voies diverses : la science du beau (Kunstwissenschaft) n'est pas la faculté de juger kantienne ni la philosophie de l'Art, entre tradition et modernité, imaginée par Hegel. D'où les grands changements de perspective opérés au XXe siècle : le tournant esthétique de la philosophie, inauguré par Nietzsche ; le tournant politique de l'esthétique (Lukàcs, Heidegger, Benjamin, Adorno notamment) ; le tournant culturel de l'esthétique (Goodman, Danto, etc.). Rarement un ouvrage aura dressé un panorama aussi exact qu'utile de l'esthétique d'hier à aujourd'hui, alors que l'art demeure, pour la philosophie, une question essentielle.