Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'exception culturelle. Culture et pouvoirs sous la Ve République
Rigaud Jacques
GRASSET
25,15 €
Épuisé
EAN :9782246514312
Sous des formes et avec une intensité variables selon les époques, l'Etat, en France, s'est toujours mêlé de ce qu'on appelle aujourd'hui la culture. Nos partenaires, d'Europe ou d'ailleurs, ne laissent pas de s'étonner de cette particularité française dont, selon le cas, ils s'inspirent ou se moquent. Dans le débat européen et la compétition mondiale des années quatre-vingt-dix, on commence à comprendre que la culture, même si elle demeure pour chacun un choix intime, est aussi un enjeu collectif de taille. Facteur d'identité des groupes et des nations, expression de l'esprit créateur, richesse économique, source d'emplois, voire de devises : la culture est tout cela. La France, étatiste, unitaire et encore monarchique par certains côtés, a une manière bien à elle de traiter la culture et revendique aujourd'hui à grand bruit cette exception culturelle qu'elle n'hésite pas à brandir à la face du monde sans trop se demander si elle la sert aussi fidèlement qu'elle le prétend.
Résumé : Brillant, dédaigneux, rempli de cette passion destructrice héritée du mouvement Dada, Jacques Rigaut s'est suicidé en 1929, à l'âge de trente ans. Pour qui méprisait autant la littérature que Rigaut, l'existence même "d'écrits" semble paradoxale. Pourtant si jamais quelqu'un "ratura sur le vif", plus encore que Monsieur Teste, ce fut bien lui. Aux textes déjà publiés, Martin Kay a ajouté un nombre important d'inédits. Il a corrigé et éclairci les écrits déjà édités, déchiffré et ordonné l'épais dossier de manuscrits. L'ensemble éclaire ainsi la figure de ce Chamfort noir, l'insolence glacée, l'obsession "méticuleuse" du suicide, et cette extraordinaire distance avec soi-même, avec les autres, avec la vie, qui donne à la voix de Rigaut son ton métallique, froid, fascinant, inoubliable.
Sans prétendre être le porte-parole d'une génération, je m'adresse, dans ce livre, moins aux gens de mon âge nés dans l'entre-deux-guerres, qu'à nos cadets pour leur rappeler le monde ancien d'où nous venons et comment nous voyons celui qui vient, dans sa complexité et ses contradictions. Un monde de la vitesse, de l'instant et du bruit, où les nouvelles technologies de la communication abolissent en bien des domaines les pesanteurs du temps et de l'espace, au risque de nous faire oublier les vertus de la lenteur, du silence et de la longue durée. Un monde qui voudrait croire au développement durable, à la tolérance et à la diversité culturelle, en dépit de la frénésie consommatrice, du tintamarre médiatique et de la violence toujours à l'oeuvre. Avec le recul du temps, nous mesurons mieux ce qu'a de précieux l'héritage que nous avons reçu de nos parents et de nos maîtres: les valeurs, les principes, les usages et la mémoire qu'ils nous ont inculqués et dont nous tenons le meilleur de ce que nous sommes. Nous avons la passion de transmettre ce legs de sagesse aux générations montantes, à charge pour elles de s'inspirer de ce qu'il peut garder d'actuel dans ses exigences. C'est notre manière d'essayer d'être encore utiles parmi les vivants".
Résumé : Pierre Sudreau a occupé une place aussi singulière qu'atypique dans la vie publique française de la seconde moitié du XXe siècle. Rien ne prédestinait le jeune garçon dont Saint-Exupéry s'inspira largement pour imaginer son Petit Prince, à devenir, à 23 ans seulement, le plus jeune chef de réseau de la Résistance. Son courage, il le paya d'une longue descente aux enfers. Rien ne lui fut épargné la torture, de longs mois d'isolement à la prison de Fresnes, et enfin la déportation à Buchenwald. C'est à ce passé de grand résistant qu'il doit d'entamer à la Libération une carrière fulgurante dans la haute fonction publique. Exemple unique à cette époque, il devient aussi, à moins de 40 ans, le plus jeune ministre du général de Gaulle dans le gouvernement que celui-ci constitue à son retour au pouvoir en juin 1958. Mais si la Résistance lui a ouvert la voie d'une ascension qui semble irrésistible, elle lui a également inculqué une éthique exigeante. Pour ne pas transiger avec ses convictions, il démissionne avec fracas en octobre 1962 du gouvernement Pompidou, brisant par là une carrière politique qu'on lui prédisait brillante. Il rompt alors définitivement avec toute grande ambition politique (sollicité à différentes reprises de renouer avec une carrière ministérielle, il s'y refusera toujours) mais ne cesse pas pour autant de s'intéresser à la " chose publique ", où s'exerce son esprit novateur. Paris lui doit en grande partie son visage moderne (la Défense, le périphérique, le RER, l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle). Il est l'auteur d'un rapport sur " la réforme de l'entreprise " destiné à faire date et, comme président pendant trente ans de la Fédération des industries ferroviaires, est à l'origine du lancement et du succès du TGV. Profondément ancrée dans l'histoire du XXe siècle, mais résolument tournée vers l'avenir, telle apparaît la vie de Pierre Sudreau. Il se faisait une haute idée du service de l'Etat, mais sut toujours se comporter en homme libre, fidèle à lui-même, totalement réfractaire aux pressions, aux compromissions et aux modes, intellectuelles ou autres. Ce qui est assez rare pour rendre son parcours exceptionnel.
Résumé : Un homme, au faite de sa carrière, décide de rompre pour un temps avec la vie qui fut la sienne et s'installe dans une " chartreuse ", loin de tous et de toutes, loin de ses préoccupations jusqu'alors quotidiennes, du monde de la communication et de la culture, loin de tout ce qui fit son quotidien - et son miel - des années durant. Sans nouvelles du monde, lui qui ne pouvait entamer une journée sans se gaver d'informations, il va découvrir une nouvelle vie, faite de silence et de méditation. Dans un détachement qui tend au monacal, notre homme fait le bilan, met au jour bien des sentiments et des dispositions qu'il ne se connaissait guère. A propos de la musique, de la lecture, mais surtout de son rapport aux autres, et de la foi. Un jour, pourtant, il lui faudra bien refaire surface avant que de replonger dans la vraie vie... Jacques Rigaud nous livre, là, son premier roman. Mais un roman paradoxal, si personnel, si lourd de la présence de l'auteur qu'on se demande immédiatement s'il ne s'agit pas de mémoires, ou plutôt, d'anti-mémoires. Fausse autobiographie mais vraie présence. Tout est vrai, sauf l'imaginaire. Le résultat est un livre écrit d'une main alerte. Un étonnant regard sur l'inconscient, non plus seulement d'un homme singulier, mais d'une époque tout entière. La nôtre.
L'idée générale de ce livre est qu'on apprend des choses sans s'ennuyer, j'espère. Sur des écrivains, des oeuvres, des personnages, des notions, sur la littérature, en un mot, et même à côté : que la France doit la laitue et le platane à Rabelais, par exemple ; tous les écrivains n'en ont pas fait autant. Et leurs "morts inhabituelles" ! J'ai essayé de varier les façons de raconter : plutôt que d'exposer ce qu'est A la recherche du temps perdu, j'ai cherché ce que ce roman n'est pas. Un article est progressif afin de montrer comment on entre dans un écrivain ("Green"), un autre sert à dire pourquoi on ne lit pas certains chefs-d'oeuvre ("Les Misérables"). Il y a des pour et des contre ("Céline", "La Princesse de Clèves"), certains articles servent à parler d'autre chose que de l'auteur même ("Bourges"), on y rencontre "un des romans célèbres les plus mal écrits de la littérature française". La grande majorité des auteurs est du XXème siècle ; le plus ancien est Villon, le plus récent, Françoise Sagan.
Bogdanov Igor ; Bogdanov Grichka ; Tettiravou Marc
Résumé : Que diriez-vous si l'on vous apprenait un jour que l'un des plus grands mathématiciens de l'histoire, Bernhard Riemann, le père de la fameuse "géométrie riemanienne", avait découvert en 1859 une mystérieuse formule qui, selon ses propres mots, "indiquait le chemin qui mène vers Dieu ? ". Une formule impénétrable, qui donne le vertige. Son nom ? L'hypothèse de Riemann. Or, malgré des efforts acharnés, aucun mathématicien n'a encore été capable d'en percer le mystère. L'Institut de Mathématiques Clay offre aujourd'hui une récompense d'un million de dollars à celui qui trouvera enfin la solution. S'agit-il du graal dans lequel seraient enfouies, sous une forme algébrique, les réponses ultimes aux questions que chacun se pose sur le sens de la vie ? Une clef permettant de comprendre que la naissance de l'Univers n'est pas le fruit du hasard ? Fascinés, à leur tour, par le formidable secret que recèle la fonction Zeta de Riemann, Igor et Grichka Bogdanov nous plongent jusqu'au vertige au coeur de cette éblouissante énigme mathématique. Une énigme qui pourrait bien confirmer que l'Univers a bel et bien un sens. Et que notre propre existence repose sur un ordre profond décrit, de manière inévitable, par l'équation Dieu.
Résumé : Maurice Sachs brûlait. sa vie comme un acteur brûle les planches. Il avait de la présence, du magnétisme. Luxe plus rare, il avait du regard et de la mémoire. Rescapé chaque soir du jeu d'enfer de sa vie, une vie de jeton de casino, il prenait le temps, avant l'angoisse du matin prochain, de jouer encore à se souvenir... Et il se souvient, ici, du temps du B?uf sur le toit, paradis des Années folles, hanté par Cocteau et tant d'autres qui surent, de la vie, faire un interminable bal tragique...
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.