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Le mal de la terre
Richaud André de
TEMPS IL FAIT
11,00 €
Épuisé
EAN :9782868530172
Le Comtat est un pays tragique. On sent bien, à l'angoisse qui étreint le c?ur au crépuscule, que, dans une ferme isolée, dans quelque hameau suspendu au flanc du Ventoux, un drame peut couver, caché, sourd, terrible. " Si la mort survient souvent avec violence dans ces nouvelles, ce n'est jamais pour délivrer leurs malheureux personnages, voués corps et âme à des passions qui les dépassent. Jamais ne seront dénoués les fils emmêlés du mystère. Jamais le surnaturel ne recevra un éclairage raisonnable. Cette " vénération épouvantée " que Richaud porte aux siens maudits, ses semblables, montre l'ampleur de son désespoir, son humilité devant la nuit des hommes - dont il se sauve, lui, parfois, par une page éblouissante et fraîche qui survient comme le matin pour mettre fin au cauchemar.
Résumé : Les personnages de ces six nouvelles sont de mauvais doubles d'êtres vivants, égarés sur la terre paradoxale du Comtat. Richaud les a rencontrés, et son ?uvre en est le légendaire, la chronique imaginaire et armoriée. Ce sont des êtres du Vieux Monde, des gens perdus pour tous, des hommes du fossé. Lunatiques, sauvages, fous, demeurés, en habits de violence ou de peur. Mais qui témoignent d'une présence particulière de la Beauté, sous la forme du merveilleux et du mystère. Richaud est un conteur de village dont les " récits veulent flamber en poèmes ".
Au Panthéon des maudits, André de Richaud s'est taillé une place de choix. Ne réclamant rien à la gloire, il a droit à celle, posthume et étriquée, des écrivains de haut style qui négligèrent de consolider leur statue. Reste pourtant une gerbe de livres splendides et des éclats de talent disséminés dans les revues et les journaux. Le prouvent les onze textes rassemblés dans ce volume qui couvrent sa large palette d'inspiration, des chroniques parisiennes aux nouvelles rurales ou fantastiques. On y retrouve le Richaud lunaire parfois fantaisiste, le tendre, le poignant qui cachait sous son humour une sourde violence que la difficulté d'être lui imposait. Derrière sa concierge ignoble et drôle apparaissent des personnages d'une humilité héroïque ou d'un héroïsme mordant. Un livre pour les nuits blanches et les jours sombres.
Mécompris, censuré, tout ensemble adoré et haï, le recueil des Petites pièces philosophiques (Operette morali) apparaît comme le revers implacable du lyrisme des Canti. Leopardi, négligeant dédaigneusement l'arsenal romantique, y déploie les ressources d'une prose à la fois délicieuse et terrifiante, dont la littérature européenne offre bien peu d'exemples. Dans ce petit théâtre philosophique, fiévreusement élaboré au début du XIXe siècle, le nihilisme moderne semble naître tout armé. Schopenhauer, Nietzsche, grands lecteurs de Leopardi, creuseront ce sillon ; d'autres suivront celui du Désir. Grosses d'un désespoir qui est déjà le nôtre, ces pièces témoignent aussi de la littérature comme activité frivole et nécessaire, comme exercice presque joyeux du sens contre le rien.
De la même manière qu?autrefois il nous avait rapporté les noces d?écume des escargots ou l?étreinte tentaculaire de la seiche, Jean-Pierre Otte s?attache cette fois aux singularités des amours humaines. D?une écriture allègre, il démêle le manège de la sylphide solaire et la stratégie de l?allumeuse, s?émeut d?un fétichiste en arrêt devant le tabernacle d?un porte-jarretelles et d?une culotte de dentelles, salue le retour en grâce de l?obsédé tripoteur et de l?onaniste radieux, et se montre partisan de l?adultère domestique, tout en nous invitant au passage à partager des galanteries étranges et des dégustations intimes. Et il y a aussi des yeux dans l?ombre et quelques claquements de fouet sur une croupe bellement rebondie... Un jeu dangereux, compensé par des traits d?humour, la liberté sans morale d?un regard amusé, et un réel bonheur dans l?expression.
Les personnages de ce petit roman ne se séparent pas de l'auteur : Ils sont l'auteur, mais jeune, en plusieurs personnes, et surtout en Roger Bourcier ; il est tellement l'auteur, qu'il est impossible de parler de lui sans évoquer le paysage de Saint-Samson, près de Morlaix, où est né ce récit, et le jeune homme que j'étais appliqué à la tâche de vivre et d'écrire, à la tâche d'étudiant volontairement raté et de vivant insatisfait. Tout ce qui lui advient m'est arrivé. Ses émerveillements d'amoureux craintif, son angoisse devant la vie, c'est moi. Le lecteur d'aujourd'hui s'y reconnaîtra car tous les jeunes gens, d'une génération à l'autre, passent par là, sous des formes imprévues.