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LOUVOIS. Le bras armé de Louis XIV
Richardt Aimé
TALLANDIER
20,87 €
Épuisé
EAN :9782235021753
Monsieur de Louvois était le plus grand homme en son genre qui ait paru depuis plusieurs siècles, mais dont les talents ont été aussi les plus funestes à la France par les conjonctures où il s'est trouvé. " Rien de plus vaste, de plus fertile, de plus juste que son esprit pour les plus grandes entreprises et pour le secret d'en masquer tous les préparatifs ". Saint-Simon Louvois (1639-1691) fut l'un des artisans du rayonnement de la France de Louis XIV. Il cumula le secrétariat à la Guerre, la surintendance des Postes, des Bâtiments, des Arts et Manufactures, et empiéta même sur le domaine des Affaires étrangères. Véritable créateur de l'armée monarchique permanente, il permit aux roturiers de parvenir aux plus hauts grades, généralisa le port de l'uniforme, créa la milice, fonda des écoles d'artillerie et l'hôtel des Invalides. Ce grand rival de Colbert ne cessa de pousser Louis XIV à une politique de force et d'intimidation qui finit par porter préjudice au royaume : crimes politiques (révocation de l'édit de Nantes en 1685) et surtout crimes de guerres (sac du Palatinat en 1679, bombardement de Gênes en 1684, dragonnades, etc.). Un homme de guerre brillant mais sans scrupule dont le despotisme finit par entâcher l'?uvre. C'est en ce sens aussi qu'il est intéresant. Auteur d'un Colbert et le colbertisme parus chez Tallandier en 1997. Aimé Richardt s'attache ici à ce personnage habile mais exclusivement dur, ambitieux et brutal. Une biographie très informée qui recadre clairement la vie de ce grand serviteur de l'Etat dans son époque.
Il n'est pas possible de lire l'histoire de Louis XV en compagnie d'Aimé Richardt sans penser à l'au-delà du règne. Toutefois, il faut s'efforcer de saisir l'époque, les enjeux et les dialectiques qui lui sont propres, selon le mouvement d'une histoire qui ne recèle rien de déterminé, ni d'inéluctable: telle est l'humble démarche descriptive et explicative de l'auteur, hors de laquelle on s'expose à ne rien comprendre. Les échecs patents et les succès méconnus du règne de Louis XV sont à interpréter d'une monarchie qui poursuit son ?uvre multiséculaire sans savoir qu'elle est un" Ancien régime ", mais sans se croire pour autant éternelle. Dans ce qu'il est convenu d'appeler l'absolutisme, il n'y a pas le fanatisme despotique ou tyrannique de la toute-puissance, de la maîtrise absolue des hommes et de l'histoire. La question de la fragilité du pouvoir politique est posée en permanence, mais, sans doute, avec plus d'acuité pendant le règne de Louis XV que précédemment et il faut être attentif à ce qui, fondamentalement, se défait au tournant du siècle et au-delà. Les failles ne sont pas à rechercher dans l'histoire diplomatique et militaire: les guerres mal engagées, les batailles perdues et les défaites diplomatiques sont souvent funestes pour les dictatures contemporaines, mais pas pour les monarchies. Cependant, sans que personne n'envisage un bouleversement radical de l'Etat et de la société, il y a rupture intellectuelle, manifeste quand on l'observe a posteriori, mais déjà sensible pendant le règne de Louis XV, dans la légitimation du pouvoir monarchique. Cet enjeu politique est d'autant plus concret que le conflit entre le roi et les Parlements se durcit jusqu'au point de rupture. Mais ce qui est détruit n'est pas vraiment remplacé et le pouvoir royal ne parvient pas à imaginer une représentation qui permettrait de renouer le dialogue entre le peuple et le roi. Face aux philosophes, le pouvoir est désorienté, il s'efforce d'obtenir classiquement l'obéissance, non d'emporter la conviction. Mauvais signe. Pourtant, ces hésitations et ces défaillances n'annoncent pas nécessairement la Révolution de 1789. Le paradoxe de l'époque, c'est que la monarchie développe une logique révolutionnaire, selon son génie propre. L'Etat affirme son autonomie et sa puissance dans et pour la nation, contre les désordres corporatistes, au sens large du terme, et les prétentions nobiliaires. Au siècle des Lumières, la France dispose déjà d'une administration intelligente, modernisatrice, décidée à rationaliser la société d'ordres qui est en train de devenir une nation. Mais Louis XV régnant les jeux n'étaient pas faits. C'est ce qui rend le règne passionnant." Bertrand Renouvin.
Résumé : Après le débat sur la grâce et le libre-arbitre à l'origine des sanglantes guerres de religion du XVIe siècle, le mouvement janséniste, à la fin du XVIIe siècle, ouvrit à nouveau la querelle ébranlant, de manière plus " feutrée ", le monde des théologiens. Le sujet fondamental de ce conflit fut, comme le souligne Mgr Guillaume, " le grave et difficile problème des relations entre la grâce de Dieu et la liberté de l'homme : comment Dieu peut-il respecter cette liberté s'il donne à l'homme une grâce efficace pour agir selon le bien ? Si Dieu fait tout, qu'ai-je encore à faire ? Si j'ai tout à faire, à quoi sert Dieu ? Comment comprendre que la grâce, loin de détruire ou de diminuer la liberté de l'homme, en est, au contraire, la source permanente ? ". Le jansénisme révélera aussi de profonds conflits de pouvoir religieux et politiques qui s'avéreront décisifs pour l'avenir à maints égards. La crise révolutionnaire est en effet déjà en germe : certains jansénistes ne se révaient-ils pas " républicains " sous Louis XIV ? De sa plume simple et déliée, Aimé Richardt décrit pas à pas la naissance, le développement et le paroxysme, jusqu'au dénouement apparent, de ce grand débat, en même temps qu'il met en situation de manière très vivante les principaux protagonistes.
Le pape Jean-Paul II a béatifié Ozanam le 22 août 1997, sous les voûtes de Notre-Dame de Paris. Il a ainsi voulu reconnaître sa rayonnante sainteté, authentifier sa fulgurante pensée comme partie intégrante du message de l'Eglise à l'aube du troisième millénaire. Frédéric Ozanam (1813-1853) est l'une des figures les plus marquantes, avec ses amis Lamennais et Lacordaire, du catholicisme français au dix-neuvième siècle. Jeune laïc universitaire engagé dans l'Eglise, journaliste et polémiste talentueux, avocat et historien rigoureux, il est le fondateur de la Société de Saint Vincent-de-Paul, dont l'action bienfaisante se perpétue et s'amplifie de nos jours. Il faut redécouvrir cet apôtre des temps modernes, qui voulait "enserrer le monde dans un réseau de charité" . Ecoutons son cri passionné : "la foi et la prière sont les bases de tout engagement au service des plus démunis".
La croisade contre les Albigeois au XIIIe siècle a profondément modifié le cours de notre histoire. De son issue découle le rattachement du Languedoc à la France. C'est dire l'importance extrême de cette guerre "sainte" prêchée pour la première fois par l'Eglise de Rome à l'encontre d'un peuple chrétien! Menée à l'origine pour extirper du Midi de la France l'hérésie cathare, elle dégénéra vite en guerre dévastatrice de conquête, opposant inexorablement défenseurs de la civilisation occitane et assaillants venus du Nord, c'est-à-dire les "Français". Dans le tumulte des combats, l'atmosphère fiévreuse des chevauchées, des massacres, des incendies où culmine la tragique vision de l'holocauste de Montségur, s'affrontèrent donc pendant un demi-siècle croisés, inquisiteurs, légats du pape et peuple occitan sporadiquement rassemblé sous l'étendard des comtes de Toulouse. C'est l'histoire de ce long et terrible conflit jalonné de bûchers, d'actes d'héroïsme, de dévouements insignes, de duplicité, d'odieux excès, que raconte avec force et sagacité Georges Bordonove.
Lorsque Philippe le Bel fit arrêter les Templiers en 1307, l?Histoire tournait une page: les tempsmodernes, illustrant le triomphe du temporel sur le spirituel, commençaient. L?ordre militaire leplus prestigieux de la chrétienté, qui avait défendu le royaume de Jérusalem pendant près de deuxsiècles au prix de très lourds sacrifices, était sur le point d?être définitivement abattu par le roi deFrance. Leur arrestation massive, minutieusement préparée, fut une gigantesque opération policière: elle stupéfia l?opinion, pris de court le pape Clément V, accabla l?honnête grand Maître de l?Ordre, Jacques de Molay. S?ensuivit une parodie de justice orchestrée par l?inquisition: accusations mensongères, lavages de cerveaux, séances de tortures savamment graduées. Lâchetés et actes d?héroïsme, trahisons et coups de théâtre se succédèrent jusqu?à la suppression du Temple et la mort sur le bûcher de Jacques de Molay en 1314. C?est ce mécanisme diabolique que GeorgesBordonove a mis à plat avec son talent de narrateur. Démontrant l?indigne falsification des chargespesant sur les inculpés, il laisse la vérité s?imposer d?elle-même qui plaide en faveur des victimesde la tragédie.
Paris, août 1945 : le maréchal Pétain, ex-chef de l'État français, assiste, muré dans le silence, à son procès. Nuremberg, novembre 1945 : vingt et un dignitaires du IIIe Reich prennent place sur le banc des accusés. Jérusalem, avril 1961 : Adolf Eichmann répond devant un tribunal israélien de sa participation à la Solution finale. Envoyé spécial de France-Soir, Joseph Kessel met ici son talent exceptionnel d'homme de lettres au service d'un récit dramatique où la justice rencontre l'histoire.
Société de pensée, ordre initiatique, association philosophique, communauté fraternelle ou simple réseau politique, la franc-maçonnerie demeure, pour beaucoup, environnée d'ombres, de secrets et de fantasmes. Née au début du XVIIIe siècle, d'une fondation britannique dont elle s'est affranchie très vite, la maçonnerie a su développer, en France, une identité originale et multiple. "Religion avortée" selon la formule du mathématicien Lagrange, attachée à des rites et des symboles plongeant dans un ésotérisme parfois déroutant, elle a aussi, et dans un même mouvement, fait place à l'esprit des Lumières en pratiquant les vertus du discours et de la raison critique. C'est pourquoi certains ont voulu y voir l'une des sources intellectuelles de la Révolution française. Au XIXe siècle, elle s'est résolument impliquée dans la vie sociale du pays, ce qui l'a conduite à exprimer des conceptions civiques et parfois politiques pour devenir, entre 1870 et 1940, une véritable "Eglise de la République". Au détour de la Seconde Guerre mondiale, après la terrible persécution subie sous l'Occupation, la franc-maçonnerie française, perdant peu à peu de son influence sur les lieux de pouvoir, s'est enfin définie jusqu'à nos jours comme une puissance morale, défendant la laïcité, la tolérance, la dignité humaine, la liberté de l'esprit. Première étude d'ensemble publiée sur ce sujet depuis une quarantaine d'années, ce livre va à la rencontre de ses pionniers, de ses héros comme de ses adeptes obscurs, en découvrant ses hauts faits comme ses petites misères, ses fulgurances comme ses moments les plus faibles, ses rêves inachevés comme ses accomplissements. C'est en effet de cette mosaïque inimaginable qu'est composée son histoire presque trois fois séculaire.