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Les jardins de la terre. Pêle-mêle 2. Suivi de Le toucher des textes et le grain des mots
Richard Jean-Pierre ; Mathieu Jean-Claude
VERDIER
14,50 €
Épuisé
EAN :9782864327752
Présentation de l'éditeur On trouvera dans ces pages six lectures assez diverses, de par la nature des écrivains qui y sont pris comme objet de commentaire, assez voisines pourtant par la tenue des partis pris qui s'y sont donné cours, et lieu. Ainsi une description de la chambre sensitive chez Proust, ou une analyse du fleuve fantasmatique pour Giono. Dans le courant d'une lecture qui se voulait à la fois écoute de la lettre textuelle, et reprise de l'ordre profond des paysages, on a rencontré des romancières et romanciers aussi originaux que Daniel Guillaume, Marilyne Desbiolles, Maylis de Kerangal, toutes oeuvres où s'écrit déjà, il me semble, un véritable futur de littérature. Sans oublier un petit salut final à une forme différente d'écriture, la policière, avec le talent singulier de Fred Vargas. La critique, alors, ici ? Un intérêt sans doute, soutenu, pour ces espaces ambigus, à la fois pulpeux et menacés, que Nietzsche nommait, un peu utopiquement, peut-être, "les jardins de la terre".
Imaginez votre stupéfaction en découvrant un beau jour que vos enfants sont la réincarnation de votre grand-père et de votre grand-tante qui sont aux cieux depuis bien longtemps ! Et tout ça par la faute d'un ange stagiaire qui a interverti la mémoire des enfants et celle de leurs aïeux... Les bavures divines existent et cette étrange aventure survenue dans une paisible petite ville des bords de la Gironde en est la preuve... Avec ce récit original, drôle et tendre, Jean-Pierre Richard brosse un portrait décapant de notre société à travers le regard de deux enfants centenaires.
Que va-t-on trouver dans ce nouveau recueil d'essais ? Des études d'intention apparemment assez diverse. Certaines s'attachent à commenter quelques grands écrivains romantiques (Hugo, Michelet, Musset), symbolistes (Saint-Pol Roux) ou modernes (Proust, Claudel, Ponge, Giono) ; d'autres s'intéressent à des auteurs d'aujourd'hui (Serre, Desplechin, Sansot, Delerm, André, Meens). Il me semble qu'un même souci gouverne cependant tous ces commentaires : celui de lire le texte au plus vif de sa communication avec un monde. Ils cherchent à analyser l'espace de sensations et de désirs que l'écriture y tente toujours, si l'on peut dire, de surprendre. Cette surprise, à la fois étonnement et saisie seconde, la lecture critique peut essayer de la continuer à son tour, de la reproduire en elle. On rencontrera donc ici, toujours à l'état d'éveil, et sous la pression des mots, un peuple d'oiseaux ou de poissons ; plusieurs étendues de fleurs et de feuillages ; beaucoup d'herbe, une touffe de gui ; un fleuve, une maladie de peau ; quelques boules sur un terrain de jeu ; de grands corps urbains ; une météorologie romanesque. Tout le désordre, en somme, toute la marge d'une sorte de critique buissonnière.
Terrains de lecture : ce sont les oeuvres où s'avance le lecteur, avec le sol de leurs mots, leurs reliefs de style, l'espace verbal, en somme, qu'elles ouvrent à la marche mentale - pensée, rêverie, désir. Mais certains livres introduisent à une autre sorte de terrain aussi : ceux qui se fondent, de manière manifeste, sur l'existence d'un rapport singulier noué avec ce que Merleau-Ponty nommait la "chair du monde" . Ces livres-là, même s'ils semblent parler d'autre chose, ne sauraient être vraiment compris hors d'une attention qui se porterait vers cette assise matérielle, ce paysage privé. Les huit écrivains ici commentés - Michon, Bobin, Orcel, Serena, Savitzkaya, Drevet, Rouaud, NDiaye - se prêtent à une telle lecture. L'ambition critique y a été de les présenter, non de les interpréter. La critique : cette écriture au service des écritures.
Nul, au temps de Shakespeare, n'a su autant que lui transmuer l'obscénité verbale en énergie dramatique, jusqu'à produire sous l'intrigue officielle de ses pièces un tout autre spectacle, fait des péripéties salaces du langage lui-même. C'est à cette production parallèle, à cet autre théâtre, le plus souvent désopilant, que nous sommes invités à assister ici. On y découvre un pan méconnu du génie créateur de Shakespeare. Car ce montreur d'hommes est aussi un pornographe hors pair, assurément le plus doué de sa génération. De sa première à sa dernière (39e ? ) pièce, il a cultivé systématiquement une double entente saturée d'obscénité, qui va bien au-delà de la trouvaille ponctuelle, dans le cadre d'une véritable stratégie dramaturgique de l'équivoque. Ce voyage d'exploration pourra éclairer les anglicistes, les traducteurs ou les gens de théâtre. Il se lit aussi comme un recueil des mille et un contes grivois qui composent, pourrait-on dire, le Décaméron de Shakespeare.
Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un « gros déglingo », dit sa fille, un vrai punk avant l'heure. Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixellisé de feue son épouse ; mon père, dit sa fille, qu'elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy et un monde anciennement rural et ouvrier. De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce père Janus, colosse fragile à double face. Capharnaüm invraisemblable, caverne d'Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Que disent d'un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d'érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ? Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos. Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d'outre-tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.Notes Biographiques : Née en 1974 en banlieue parisienne, Anne Pauly vit et travaille à Paris. Avant que j'oublie est son premier roman.
Bashõ est l'une des figures majeures de la poésie classique japonaise. Par la force de son oeuvre, il a imposé dans sa forme l'art du haiku, mais il en a surtout défini la manière, l'esprit : légèreté, recherche de la simplicité et du détachement vont de pair avec une extrême attention à la nature. Le haiku naît donc au bord du vide, de cette intuition soudaine, qui illumine le poème, c'est l'instant révélé dans sa pureté.La vie de ce fils de samourai, né près de Kyoto en 1644, fut exclusivement vouée à la poésie. Agé de treize ans, il apprend auprès d'un maître du haikai les premiers rudiments de ce genre. Plus tard, après avoir lui-même fondé une école et connu le succès à Edo (l'actuelle Tokyo), il renonce à la vie mondaine, prend l'habit de moine, et s'installe dans son premier ermitage. Devant sa retraite, il plante un bananier, un bashõ, offert par l'un de ses disciples - ce qui lui vaudra son pseudonyme. Sa vie est dès lors faite de pauvreté, d'amitiés littéraires et de voyages. Osaka sera le dernier. Après avoir dicté un ultime haiku à ses disciples éplorés, il cesse de s'alimenter, brûle de l'encens, dicte son testament, demande à ses élèves d'écrire des vers pour lui et de le laisser seul. Il meurt le 28 novembre 1694. Sur sa tombe, on plante un bashõ.
Qu'est-ce qu'un grand peintre, au-delà des hasards du talent personnel ? C'est quelqu'un sans doute dont le trop violent appétit d'élévation sociale s'est fourvoyé dans une pratique qui outrepasse les distinctions sociales, et que dès lors nulle renommée ne pourra combler : telle est l'aventure du peintre qui dans ces pages porte le nom de Goya. Ce peut être aussi un homme qui a cru assouvir par la maîtrise des arts la toute-puissance du désir, à ce divertissement noir a voué son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, ou sa propre conscience, lui dise que l'art est là justement où n'est pas la toute-puissance : j'ai appelé cet homme par commodité Watteau. C'est encore quelqu'un qui tôt ou tard doit faire son deuil des maîtres, de l'art et de son histoire, et apprendre que tout artiste pour sa part est de nouveau seul, face à un commanditaire écrasant et peu définissable, dans ces régions arides où l'art confine à la métaphysique, sa pratique à la prière : et j'ai voulu qu'un obscur disciple de Piero della Francesca soit confronté à cela.
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.