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La bataille d'Einaudi. Comment la mémoire du 17 octobre 1961 revint à la République
Riceputi Fabrice ; Manceron Gilles
CLANDESTIN
15,00 €
Épuisé
EAN :9782369350439
Avant d'être un événement bien connu des historiens, le 17 octobre 1961 a fait l'objet d'une amnésie complète ; c'est elle qu'Einaudi a dû vaincre dans un long combat. Il est d'abord ici question d'un homme, Jean-Luc Einaudi, et aussi d'un procès, celui, en octobre 1997, de Maurice Papon et de son rôle sous l'Occupation. Einaudi est l'auteur d'un livre intitulé La bataille de Paris. 17 octobre 1961, publié six ans auparavant, et c'est à ce titre qu'il vient à la barre : les parties civiles lui ont confié la lourde responsabilité d'être leur seul " témoin d'immoralité " sur la période algérienne de Papon. Le temps d'une journée d'audience, le 16 octobre 1997, ce " citoyen-chercheur " va ouvrir une brèche dans le mur de silence derrière lequel le consensus national avait relégué le massacre de plusieurs centaines d'Algériens dans les rues de Paris, sous la responsabilité de son préfet de police. Au fil d'un récit documenté et passionnant, Fabrice Riceputi retrace les trois décennies du combat mené par Einaudi pour l'élucidation historique et la reconnaissance politique d'un crime colonial d'Etat. Du travail d'enquête solitaire qui permit de redonner " un nom et une adresse " à ce crime nié officiellement et demeuré jusque-là une sorte de rumeur mémorielle, en passant par le double procès retentissant qui aboutit à la reconnaissance du " massacre " par la Justice française et à l'éclatement de la vérité historique, jusqu'au rappel de la résistance acharnée de l'appareil d'Etat lui-même à livrer ses secrets contenus dans les Archives - cette autre " grande muette " de nos institutions -, c'est en définitive à une réflexion profonde sur l'incapacité de notre société à regarder en face son histoire coloniale que nous convie l'auteur. S'achevant sur un tableau effarant du déni qui, sur cette affaire comme sur d'autres, persiste encore au sein du corps social, ce livre constitue un vigoureux plaidoyer pour l'acceptation pleine et entière d'un héritage dont l'occultation alimente, aujourd'hui plus que jamais, les formes les plus dangereuses de retour du refoulé.
Jean-Marie Le Pen, fondateur le plus connu du Front National, parti qui s’est imposé aux dernières élections comme le premier de France, a-t-il pratiqué la torture lors de son engagement militaire durant la guerre d’Algérie ? Voici la question à laquelle Fabrice Riceputi répond ici par l’affirmative, retraçant l’histoire des exactions commises par le député d’extrême-droite comme celle des dénégations à demi-mots et des procès en diffamation qu’il a intentés contre ceux qui entendaient révéler les détails sordides de son passé. L’historien nous livre ici un texte très accessible tout en ne manquant jamais à ses devoirs de rigueur méthodologique.
Résumé : "Sous le pont Saint-Michel coule le sang". Paris, 17 octobre 1961, 20 h 30. A cinq mois de la fin de la guerre d'Algérie, des dizaines de milliers d'Algériens, hommes, femmes et enfants, manifestent pacifiquement contre le couvre-feu qui leur est imposé par le préfet de police Maurice Papon. La répression est d'une violence inouïe : onze mille personnes sont raflées, brutalisées et détenues dans des camps improvisés. Plus d'une centaine sont "noyées par balles" dans la Seine. Pourtant, le lendemain, les rapports officiels ne font état que de deux morts. Face à ce mensonge d'Etat, un "simple citoyen" se fait chercheur. Il s'appelle Jean-Luc Einaudi. Pendant trente ans, ce "héros moral" surmonte les obstacles - omerta, archives verrouillées, procès... - pour faire connaître et reconnaître le crime d'Etat. C'est cette bataille intellectuelle, judiciaire et politique que retrace Fabrice Riceputi dans un récit documenté et passionnant.
Résumé : Juin 2000. Une ancienne militante pour l'indépendance de l'Algérie, Louisette Ighilahriz, confie à une journaliste du Monde, Florence Beaugé, les sévices qu'elle a subis à Alger en 1957. Elle met en cause deux des plus hauts responsables militaires français de l'époque, le général Massu et le général Bigeard, héros de la "bataille d'Alger". Massu exprime des regrets. Bigeard nie en bloc. Un peu plus tard, un homme de l'ombre, le général Aussaresses, avoue sans détour à la journaliste tortures et exécutions sommaires. Il n'est plus question de "bavures", mais de la reconnaissance d'un système. C'est ensuite au tour de Jean-Marie Le Pen de voir son passé algérien le rattraper : une nuit d'horreur dans la Casbah, un poignard oublié... Florence Beaugé donne la parole à ceux qui y étaient, Français et Algériens : cinq ans d'enquête, des témoignages bouleversants et des rebondissements inattendus. Mais ce livre est aussi un document exceptionnel sur le travail d'enquête au quotidien, les difficultés, les émotions, les hésitations d'une journaliste entrainée presque malgré elle dans une investigation difficile.
Résumé : En 1972, R. Silverberg imagine des voyages organisés pour assister à la fin du monde. Dans un avenir proche, des jeunes couples friands de divertissements en tous genres sont réunis à l'occasion d'une soirée entre ami·es. Au centre des discussions, une distraction inédite tout juste expérimentée par la plupart d'entre eux : les agences de voyages temporels proposent une nouvelle destination. Il est désormais possible d'aller assister, à bord d'un vaisseau, à la fin du monde. Tandis que les invité·es comparent, à l'aune de leur caractère spectaculaire, les paysages mortifères contemplés, de l'extérieur arrivent des nouvelles alarmantes (catastrophes naturelles, épidémies...) mais qu'ils semblent totalement ignorer. A l'heure où la notion d'effondrement fait florès tant dans l'industrie culturelle que dans les grands médias, Silverberg nous enjoint à nous arracher de notre position indolente de spectacteur·ices d'un effondrement qui ne relève plus de la fiction. Un cri d´alerte !
La France compte plus de cartes SIM en circulation que d'habitant·es, et demain, avec l'arrivée de la 5G, ce seront tous les objets du quotidien qui seront connectés. Les voitures seront autonomes. Les foyers communicants. Les villes " intelligentes ". Mais est-on vraiment sûr que l'utilisation tous azimuts d'ondes électromagnétiques ne présente aucun risque ? Absolument pas, répond Nicolas Bérard au terme d'une enquête sur l'envers de cette " révolution technologique ". Comment et par qui les normes, censées nous protéger, ont-elles été mises en place ? Quels liens entre opérateurs téléphoniques, médias et gouvernements ? Quels sont les effets de cette technologie sur la santé humaine et le vivant ? A l'aube du développement d'une nouvelle pollution de masse, ces questions ne sont jamais posées dans le débat public."
En 1955, Isaac Asimov imagine le nec plus ultra de la démocratie sondagière. En 2008, les Etats-Unis s'apprêtent à voter pour leur prochain président. Dans l'Etat de l'Indiana, dans le comté de Monroe, dans la petite ville de Bloomington, la rumeur enfle et semble se confirmer peu à peu... Et si c'était ici qu'allait se décider le résultat du scrutin ? Depuis que le pays s'est converti à la "démocratie électronique" , le puissant ordinateur Multivac sélectionne LE citoyen qui décidera du nom du prochain leader du monde libre. L'omnisciente machine est en effet capable d'analyser ses réponses à un questionnaire qu'elle a elle-même savamment établi pour déterminer le résultat de l'élection... qui, désormais, n'a plus de raison d'être. A l'heure où les systèmes démocratiques de la planète vacillent sur leur base, il est intéressant de se rappeler le point de vue d'Isaac Asimov sur les dérives d'une société politique ivre de technologie, d'efficacité et de rendement.