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Avec Bastien. Portrait
Riboulet Mathieu
VERDIER
14,00 €
Épuisé
EAN :9782864326113
Bastien a la trentaine. Il a passé son enfance en Corrèze dans un hameau isolé, au sein d'une famille aimante. A huit ans il tombe amoureux de Nicolas, un de ses camarades de classe, qui disparaît peu après dans un accident de voiture. N'ayant pu consacrer sa vie à ce garçon, Bastien la consacrera aux hommes que le hasard mettra sur sa route. Bastien est régisseur de théâtre, il aime aussi l'escalade, quand il n'est pas sur les plateaux il affronte les à-pics des grands causses de Lozère. En outre, depuis l'enfance, il s'habille parfois en fille pour voir comment le monde alors apparaît et répond. Enfin il arrive qu'il ne soit ni au théâtre ni au grand air, ni habillé en garçon ou en fille, mais nu dans quelques films pornographiques qui lui permettent d'allier l'utile à l'agréable. C'est dans un de ces films que je l'ai vu pour la première fois. Je ne me suis jamais remis de la liberté insolente de sa présence. Devant l'écran où je me tiens caché, à l'ombre de la lumière que Bastien projette. sans fin j'interroge le mystère de son apparition, le sens qu'elle confère à ma vie. Je tente ici de deviner tout ce que les films où je le vois s'ébattre dérobent à ma vue (son enfance, son travail, sa famille, ses amours, ses habits), me laissant dans l'exercice conjugué du regard et du désir, dans la contemplation d'un portrait lumineux et brutal à peaufiner pour les jours, désormais proches, où l'ombre gagnera.
Quand nous marchons ensemble, vous êtes à ma droite, toi d'abord, puis Luc; à ma gauche, le vide. C'est une habitude que nous avons prise très tôt, à laquelle nous n'avons jamais dérogé, un rituel assez inoffensif, né, je crois, de la répugnance mystérieuse de Luc, même tout petit, à supporter qui que ce soit sur sa droite. Mais, chronologiquement, je suis au milieu. Bien que nous nous suivions tous trois de près, nous avons eu chacun des enfances très différentes, et bien que nous ayons toujours entretenu un contact des plus étroit, à l'occasion même fusionnel, chacun déploya sa tactique propre pour contrer les menées, que d'instinct nous savions destructrices, de notre mère, et celles, plus douces mais pas moins délétères, de notre père, dont j'étais, de surcroît, le fils préféré. Biographie de l'auteur Écrivain et cinéaste, Mathieu Riboulet est né en 1960 et vit dans la Creuse. Il a publié quatre romans aux Éditions Maurice Nadeau Un sentiment océanique, Mère Biscuit, Quelqu'un s'approche et Le regard de la source"
Jérôme Alleyrat avait seize ans quand son père prit l'habitude de coucher avec lui, et lui avec son père. La mère a décidé de s'enfuir. Quand il arrive à Paris, un matin de septembre 1991, il a vingt ans. À cette date, l'épidémie de sida bat son plein. Peu concerné par cet événement, tout entier concentré sur la quête d'un plaisir qui frôle l'anéantissement de soi, Jérôme est arrêté au beau milieu de son accomplissement par l'irruption sous son toit de la maladie, en l'espèce: son voisin de palier qu'il recueillera, soignera, accompagnera jusqu'à la fin. De cet épisode fondateur découlera l'orientation de sa vie tout entière. Sa trajectoire remet au centre de notre attention ce qui désormais a disparu derrière le rideau de fumée de la réification triomphante: le goût du sexe, l'élan vers l'autre, la tentation du bien...
Le narrateur est amoureux d'Etienne mais ne connaît pas sa famille. Quand il se décide à la rencontrer, il s'attend à être regardé en bête curieuse ou à être questionné. La mère, qui porte quelques secrets de famille, tout comme le beau-frère, un peu allumeur, vont se comporter d'une façon étonnante. Ce texte élégant livre la minutieuse étude d'un milieu rural injustement méconnu, tout en décryptant avec finesse le trouble qui naît face à deux hommes qui s'aiment.
Dans un pays dont on ignore le nom, où se succèdent des dictateurs qui tentent de le moderniser, une soeur et son frère jumeau vivent à la ferme de leurs parents, au milieu des plaines. Marcio travaille aux champs avec le père, un homme violent, tandis que Léonora s'occupe de la maison avec sa mère. Ils ont douze ans à peine et leur complicité semble totale, leurs jeux interdits irrépressibles. Mais un soir, alors que leurs corps se rapprochent doucement dans le fenil, le père surgit et voit se confirmer ce qu'il a toujours suspecté. Tandis qu'un nouveau coup d'Etat vient de se produire, les parents décident de séparer les jumeaux. Commence alors un combat long et incertain, celui de la réinvention de soi et de la quête obstinée de liberté.
Qu'est-ce qu'un grand peintre, au-delà des hasards du talent personnel ? C'est quelqu'un sans doute dont le trop violent appétit d'élévation sociale s'est fourvoyé dans une pratique qui outrepasse les distinctions sociales, et que dès lors nulle renommée ne pourra combler : telle est l'aventure du peintre qui dans ces pages porte le nom de Goya. Ce peut être aussi un homme qui a cru assouvir par la maîtrise des arts la toute-puissance du désir, à ce divertissement noir a voué son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, ou sa propre conscience, lui dise que l'art est là justement où n'est pas la toute-puissance : j'ai appelé cet homme par commodité Watteau. C'est encore quelqu'un qui tôt ou tard doit faire son deuil des maîtres, de l'art et de son histoire, et apprendre que tout artiste pour sa part est de nouveau seul, face à un commanditaire écrasant et peu définissable, dans ces régions arides où l'art confine à la métaphysique, sa pratique à la prière : et j'ai voulu qu'un obscur disciple de Piero della Francesca soit confronté à cela.
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.
Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard est une oeuvre monumentale, sans équivalent au cinéma, dans l'histoire de l'art et même dans les manières d'écrire l'Histoire. Le cinéma y apparaît enfin tel qu'il est : la forme d'art majeure du XXe siècle et son centre, au-delà du spectacle divertissant pour lequel on le tient généralement et même de l'objet d'amour particulier des cinéphiles. "Le cinéma a fait exister le XXe siècle", il en a été la fabrique. A l'écoute de ce qui est à l'oeuvre dans Histoire(s) du cinéma, ce dialogue, entre le créateur et le critique, est une approche esthétique, philosophique et historique de ses conditions de possibilités : le cinéma dans le siècle et le siècle dans le cinéma, impliquant le tout de l'homme du XXe — de l'imaginaire des salles obscures, de l'horreur réelle des désastres, aux tentatives de rédemption par l'art.