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Le roman généalogique. Claude Simon et George Perec
Ribaupierre Claire de
PART DE L OEIL
32,22 €
Épuisé
EAN :9782930174280
Ce livre met en place la structure d'une double enquête : Claude Simon et Georges Perec, dans La Route des Flandres, Les Géorgiques, L'Acacia, W ou le souvenir d'enfance, La Vie mode d'emploi, questionnent leurs origines. Orphelins, ils font défiler sur la scène littéraire les parents disparus. Comme des détectives, ils scrutent les visages effacés des absents, repèrent des indices, recueillent des témoignages. Mais les souvenirs se confondent, les images se surimpriment. Alors la mémoire défaillante est soupçonnée : c'est l'archive photographique qui lui vient en aide, qui la supplée même parfois. Trace et preuve du passé, témoin d'une existence précédant la disparition, la photographie devient le moteur du récit, la source de l'écriture. L'analyse littéraire proposée ici use, elle aussi, du dispositif de l'enquête : elle tente de démêler les intrigues des textes tissés d'implicite, de recomposer les fragments d'une histoire familiale interrompue. Ce livre démonte les mécanismes de construction du roman généalogique : l'écrivain, en position de dernier-né, engendre, par l'écriture, une lignée d'ancêtres et de prédécesseurs aux parcours tragiques, grandioses, ou dérisoires. L'étude met en évidence le rôle du lecteur et sa complicité avec le texte. Le lecteur, s'il s'engage dans la voie interprétative, risque fort de n'en pas sortir indemne. Il endosse une certaine responsabilité dans le déroulement du récit ; il partage un sentiment de culpabilité avec l'auteur qui, pour redonner vie aux disparus, les interpelle et réveille leurs corps fantômes, leur faisant jouer leur agonie. L'interprétation génère donc une intranquillité, une hantise.
Ribaupierre Anik de ; Ghisletta Paolo ; Lecerf Thi
La psychologie différentielle a pour objet l'étude des différences entre individus, ainsi que l'étude de la variabilité d'un même individu au travers des situations. Longtemps reléguée au rang de discipline appliquée, parce que l'on croyait, comme dans d'autres sciences, à l'existence d'un être humain moyen, la psychologie différentielle s'est pendant des décennies concentrée sur l'élaboration et la consolidation méthodologiques de tests psychologiques en tant qu'outils de diagnostic. En parallèle, cependant, et tout particulièrement dans la communauté francophone, les différentialistes ont cherché à définir des lois générales sous-jacentes à la variabilité inter- et intra-individuelle. Maurice Reuchlin, que l'on peut reconnaître comme le "père" de la psychologie différentielle francophone, a visé à établir des ponts entre différentes sous-disciplines de la psychologie, notamment entre psychologie cognitive, psychologie développementaliste et psychométrie (Reuchlin, 1969). L'étude de la variabilité - des variabilités - est maintenant devenue une question de premier plan dans la plupart des sciences, de nombreux scientifiques, considérant qu'elle joue un rôle fondamental dans les systèmes vivants. Au sein de la psychologie, chacun se plaît à reconnaître que les différences individuelles constituent un phénomène fondamental, si bien que certains ont prédit la disparition de la psychologie différentielle en tara que sous-discipline; chacun, de l'expérimentaliste de laboratoire au développementaliste de l'enfant ou au théoricien du vieillissement, serait un différentialiste en puissance. L'une des questions que l'on est alors en droit de se poser est celle de la (des) spécificité(s) et de l'identité de la psychologie différentielle, en tant que discipline et en tant qu'approche. Cette question a été au centre des XVIIII"Journées Internationales de Psychologie Différentielle qui se sont tenues à Genève du 27 au 29 août 2008. Sans pouvoir apporter de réponse convaincante à la question de la (des) spécificité(s) de la psychologie différentielle, la diversité des thématiques abordées reflète bien la présence de ceux qui se regroupent sous l'étendard de la discipline, et qui lui reconnaissent ainsi une identité propre. L'ouvrage s'adresse aux étudiants, aux enseignants et aux chercheurs de psychologie et des disciplines voisines, ainsi qu'au praticiens intéressés par les différences entre les individus et par les changements intra-individuels."
Les recherches de théorie de l'art concernant la sculpture sont très peu nombreuses pour ne pas dire presque inexistantes. C'est dire que le projet de Luc Richir est novateur et audacieux si pas intrépide. L'auteur a l'ambition de proposer une approche de ce qu'il appelle "le réel de la sculpture", "l'impasse faite sur l'unité du voir". L'approche de la sculpture nous confronte à une perception décousue, à une vision éclatée, tout à l'inverse de l'approche de la peinture tant de fois analysée. Nous rencontrerons donc dans ce livre l'analyse des Åuvres de Cellini et Giambologna qui contorsionnent la figure en variant les profils, du Bernin suggérant la présence d'un point de vue divin, de Rude et Rodin conformant la figure à une série de gestes qui suivent une logique narrative, un développement temporel. L'analyse nous conduit également au seuil des réflexions théologiques et C'est au rejet du corps par la philosophie que nous sommes renvoyés par la confrontation à la sculpture.
Les textes réunis dans cet ouvrage ont été rédigés entre 1962 et 1999 soit sur demande, soit spontanément. Mais dans l'un et l'autre cas, ils s'inscrivent dans le fil d'une même recherche, poursuivie sur deux plans parallèles. Il s'agit de la spécificité de l'art des anciens Pays-bas méridionaux, telle qu'elle peut être saisie dans son développement historique, en rejetant d'une part l'idée de constante historique nationale à fondement ethnique, d'autre part celle d'un déterminisme du milieu à la façon de Taine. Un tel programme impliquait évidemment une idée de l'art et de son historicité. D'où une enquête méthodologique parallèle qui conduit à l'interrogation des principaux maîtres de la Kunstwissenschaft germanique et de la pensée esthétique et critique italienne. A l'assimilation de ces courants fondateurs de l'approche moderne de l'art s'ajoute la circonstance que les considérations sur l'art des anciens Pays-Bas ont été mûries et développées soit pendant, soit après un séjour de vingt ans en Italie, précisément à Rome, et donc à partir d'une familiarité quotidiennement cultivée avec l'art italien, et en particulier l'architecture et le problème de la perspective. Dans cette mesure, l'art des anciens Pays-Bas et de la Belgique du XIXe siècle est vu bien moins à partir d'une tradition de pensée nationale, que plutôt du dehors, ce qui entraînait naturellement un changement radical de point de vue. A la recherche traditionnelle des sources et influences italiennes s'est subrepticement substituée celle de la spécificité des modes de réception et d'interprétation de celles-ci, dans un échange dialectique à échelle européenne où chaque culture trouve son accent propre, qu'elle développe à travers les vicissitudes de sa situation historique, dans un jeu continu de réceptions et de dons, c'est-à-dire de sélection orientée, de création et de rayonnement.
Qu'est-ce que l'espace ? C'est ce qui est ouvert, patent (patio, d'où spatium). Ce qui, plus exactement, s'ouvre en accueillant des figures, des images, des mouvements, des traces. L'espace ne s'ouvre pas tout seul ni pour lui, pour rien : il est ouvert à l'instant qu'il libère une scène, que la différenciation prend tournure. C'est pourquoi l'espace ne précède pas les formes comme le fond, croit-on, préexiste aux figures : ce n'est ni un support fixe, ni un contenant, mais plutôt un champ métastable qui se transforme en détachant des figures et est, en retour, modifié par elles. Lorsqu'on parle d'espace, on pense " grands espaces ", comme si la dilatation, la largeur, le latéral indéfiniment repoussé livrait intuitivement, sinon l'essence, du moins le climat de l'espace. Quant au caractère proprement plastique, il prend aussitôt le relais de cette dilatation, du besoin d'air et de distance que le processus (créateur) de différenciation (critique) porte et impose. Le grec plassein / plattein signifie modeler, façonner. Délibérer lequel, du geste physique de pétrir ou du mental d'imaginer, est premier, ne laisse guère espérer de solution franche, car feindre (fingere = forger) emploie toutes les facultés ; c'est un orgue qui étage les claviers et met en branle les muscles et la cervelle, ensemble avec l'émotion. Seul un esprit d'un corps imagine. Un spiritus phantasticus.