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Une mémoire vagabonde. La préhistoire que nous vivons
Rheims Maurice
GALLIMARD
18,60 €
Épuisé
EAN :9782070749416
A l'Académie, nous sommes quarante Immortels, du moins jusqu'à nos funérailles. Rester dans les mémoires, laisser une trace indélébile ? Laissez-moi rire ! Déjà s'estompe le souvenir de mes parents, disparus en emportant leurs secrets avec eux. Que reste-t-il de nos enfances ? Ici une image, là une impression, aussi lacunaires que ces mandibules, ces fragments d'outils exhumés des âges préhistoriques. Nous qui sommes en peine de retracer nos premiers maillons - notre préhistoire personnelle-, comment prétendre reconstituer fidèlement la chaîne de l'espèce ? Ni savant, ni érudit, je me suis cultivé à ma façon, accordant foi à ma curiosité, à mon imaginaire, préférant aux scrupules des scientifiques, le hasard, ses désordres et ses plaisirs. Entre l'Hibernatus, sorti congelé d'un sommeil plurimillénaire, et mon aïeul le juif errant, je ne fais guère de différence. Fantômes surgis de la nuit des temps, ils m'ont transmis leur savoir, leur mémoire, leur sensibilité. C'est d'eux que je tiens mon amour du Beau, ses canons plus aimables que ceux de la guerre. De millénaire en millénaire, malgré les drames, en dépit de sa condition mortelle, l'homme a fait preuve d'une inventivité prodigieuse, déjouant les pièges du Diable, rivalisant avec le créateur. De la parole au signe gravé sur la roche, de l'outil au monument de marbre, de la paroi d'une grotte au pinceau, il n'a cessé de vaincre l'oubli, stimulé par la divine étincelle du désir. Pour ma part, cet inlassable élan de génies bricoleurs éclaire amplement nos obscures origines. J'en revendique l'héritage : je suis une homme préhistorique.
Ce pourrait être l'histoire d'une rencontre fomentée par le hasard entre un homme et une femme de dix ans son aînée : lui, obscur avocat ; elle, ultime héritière d'une lignée de forestiers. C'est l'histoire d'un attachement, cimenté par le long cours de deux vies scellées par le pouvoir, la puissance et l'argent. Et c'est bien plus encore. Ce qui lie ces deux êtres d'un lien plus fort que les ans qui s'écoulent appartient à l'univers de la grande légende, à l'immémoriale essence du monde. Entre eux n'ont cessé de croître les racines entrelacées, les feuillages profus, les sombres mousses et les denses humus d'une multitude d'arbres, de bois et de forêts. C'est cette histoire-là qui fait de deux vies un mystère.
Quatrième de couverture Ayant lu l'ouvrage célèbre de Xavier de Maistre Voyage autour de ma chambre, Maurice Rheims a eu l'idée de faire comme lui et de nous promener à travers la chambre (et d'autres pièces) de son appartement pour y dénombrer les objets de prix qui s'y trouvent.En dépit de différences entre les deux écrivains - un grand seigneur savoyard devenu militaire et un académicien dont les ancêtres lorrains étaient colporteurs -, il y a entre eux bien des affinités. Ils aiment tous les deux les dames et les objets.Comment il s'est procuré telle statuette en ivoire ; comment Paul Morand lui a offert un canapé chinois ; comment il a acquis un grand tableau de Canaletto représentant le pont du Rialto ; comment il a acheté et revendu, estimé l'œuvre de Picasso : c'est ce que Maurice Rheims, qui n'a pas oublié qu'il fut commissaire-priseur, raconte avec infiniment d'esprit, au cours de cette promenade amicale.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
Résumé : A Vitry-sur-Seine, Sihem, jeune franco-algérienne de 23 ans, fait sa rentrée en première au microlycée, un établissement pour élèves décrocheurs. Elle loge à la résidence autonomie Auguste Blanqui, où elle fait la connaissance d'Emile, dit Zapata, un vieux révolutionnaire de 82 ans. Sihem ne croit pas en une société qui, pense-t-elle, ne lui offre pas d'avenir. Zapata cherche un sens à sa vie qui s'achève. Hélène, la professeure de français de Sihem, et Rose, la directrice de la résidence, sont les témoins complices de l'amitié naissante entre ces deux écorchés. A l'aube et au crépuscule de leur chemin, ils prendront ensemble leur envol. Sur l'autre rive de la Méditerranée, en Algérie, Achir rêve lui aussi de changement et de liberté... Un premier roman lumineux.
Résumé : Parti sur les traces de Robert Desnos et de son séjour à Cuba en 1928, le narrateur arpente les rues de La Havane, découvre les nombreuses églises et les bars, flâne sur le Malecón pour y capter le " réel merveilleux " auquel il finira par succomber. Au fil de ses séjours, il croise des personnages hauts en couleur, dont un ancien guérillero, des musiciens, des anonymes extravagants rêvant de départs, une riche New-Yorkaise qui attend la chute du castrisme, une mystérieuse infirmière, un prêtre de la santería... Des souvenirs remontent : une amante ensorceleuse, un chauffeur de taxi fanfaron, des poètes et des cinéastes, ainsi que des figures illustres ; Sartre et Beauvoir enflammés par la révolution, Alejo Carpentier, Lezama Lima, le boxeur Kid Chocolate, Paul Morand, le coureur automobile Fangio (kidnappé par les barbudos), Hemingway, Allen Ginsberg, García Lorca et quelques invités surprises, tels que le jeune Leonard Cohen ou encore Anaïs Nin.
Résumé : A Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l'Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l'arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville. Et cela ne sera pas sans conséquences pour le jeune Michel, qui fera alors, entre autres, l'apprentissage du mensonge. Partant d'un univers familial, Alain Mabanckou élargit vite le cercle et nous fait entrer dans la grande fresque du colonialisme, de la décolonisation et des impasses du continent africain, dont le Congo est ici la métaphore puissante et douloureuse. Mêlant l'intimisme et la tragédie politique, il explore les nuances de l'âme humaine à travers le regard naïf d'un adolescent qui, d'un coup, apprend la vie et son prix.
Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons...Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.J.-Cl. G.Prix spécial du jury du prix des Libraires 2019.Prix des lecteurs L'Express/BFMTV 2019.