Ce travail constitue le premier ouvrage d'importance sur le concept de conscience disciplinaire. Il est le fruit d'une longue recherche menée par sept didacticiens, membres de l'équipe Théodile-CIREL de l'université de Lille 3. Il a pour objectif de mieux comprendre les façons dont des élèves de fin de primaire identifient et reconstruisent les différentes disciplines scolaires (Français, Mathématiques, Sciences), c'est-à-dire comprennent (ou non) ce qui est attendu, légitime, interdit, sollicité, sur le plan des contenus, des visées, des situations..., dans les différentes disciplines. Il s'agit là, en effet, d'une composante importante mais encore très sous-estimée de la réussite ou de l'échec scolaire. Après une première partie explicitant le concept de conscience disciplinaire, sa genèse et ses intérêts, suit la présentation d'une enquête menée auprès de quelque trois cents élèves de CM1 et CM2 ainsi que de leurs enseignants. Chaque discipline fait l'objet d'un chapitre spécifique avant d'être approfondie dans le cadre d'une approche comparative. Un éclairage particulier est donné à la discipline Français pour laquelle sont mis en perspective les discours des maîtres et de leurs élèves. Ce travail est enrichi par un chapitre portant sur les questions méthodologiques et par une synthèse des résultats qui ouvre de nouvelles pistes de recherches. Cet ouvrage intéressera le public des chercheurs et des étudiants dans le domaine de l'éducation ainsi que celui des formateurs. Au-delà, il est susceptible de toucher les enseignants et tous ceux qui cherchent à mieux comprendre les dimensions qui participent de l'échec ou de la réussite scolaire.
Cette étude est à la fois une révision profonde de la théorie kantienne de l'expérience et une histoire du bouleversement qu'a entraîné, pour la physique, la découverte du calcul différentiel. La méthode qu'en dégage Cohen est destinée à fonder une nouvelle critique de la connaissance. C'est en même temps l'un des piliers philosophiques essentiels de l'idéalisme critique propre à l'Ecole de Marbourg, qui débouchera sur la pierre angulaire du système de Cohen, sa Logique de la connaissance pure. Cet ouvrage est un remarquable travail de reconstruction philosophique où la part de l'histoire n'est nullement contingente puisque c'est précisément à l'intégration de l'évolution scientifique au sein de la critique de la connaissance que tend Hermann Cohen.
Résumé : Comme forme de production culturelle et symbolique, la cuisine a pu être revendiquée, au cours de son histoire, comme une " science " et comme un " art ", au même titre que les arts consacrés que sont la peinture ou la musique, développant une esthétique visuelle et une harmonie des saveurs. Elle est devenue objet de pensée savante, de discours théoriques, de jugements critiques. Passant du statut de " domestique " au statut d'" artiste ", qui signe des recettes et des livres, le cuisinier a progressivement accédé au statut de créateur d'un acte artistique éphémère qui fait exception, jusqu'à devenir une " star ".
Chercher ensemble dans l'espace de la classe, de la formation, de la recherche : qu'est-ce que cela implique en termes d'activités et de dispositifs ? Qu'est-ce que cela provoque comme tensions et/ou bénéfices ? Comment travail collectif et travail individuel s'articulent-ils ? Comment les relations peuvent-elles se nouer, se défaire, s'épuiser ou se renforcer entre sujets de positions "inégales" ou différentes (enseignant et élèves, formateur et formés, directeur de thèse et doctorants...), mais aussi entre pairs ? Ce volume apporte des éclairages sur ces différentes questions. Les analyses proposées donnent à voir des enjeux, des processus, des fonctionnements, mais aussi des difficultés du travail collectif et permettent de dépasser toute doxa. S'il est ancré dans le champ des didactiques, cet ouvrage ouvre également un dialogue avec les autres disciplines en sciences de l'éducation. Il aborde en trois parties les espaces de l'école, de la formation et de la recherche. Les différentes contributions mettent en perspective les questions posées, les méthodologies mobilisées et les concepts travaillés, pour tenter de définir ce que chercher ensemble signifie.
Cet ouvrage présente les concepts fondamentaux des didactiques en précisant leur définition, les questions auxquelles ils répondent, leurs intérêts ainsi que les problèmes qu'ils soulèvent ou les débats qu'ils suscitent. Chacun des concepts est illustré par des exemples et accompagné d'une brève bibliographie renvoyant aux articles ou aux ouvrages essentiels qui ont contribué à son élaboration ou son examen critique.Cet ouvrage constitue donc un instrument pour s'initier aux didactiques. En tant que tel, il peut être utile aux formateurs d'enseignants pour accompagner leur cours, aux étudiants qui se destinent à l'enseignement et préparent des concours de recrutement, aux enseignants et à tous ceux qui s'intéressent à l'éducation et à l'école. Il constitue, complémentairement, un outil critique qui dresse un état des lieux de ce domaine théorique en grande expansion. En tant que tel, il peut être utile aux chercheurs en sciences humaines et sociales qui s'intéressent aux phénomènes de transmission et de formation, à la culture scolaire et à ses mutations, aux relations entre école et société.Les auteursYves Reuter, Cora Cohen-Azria, Bertrand Daunay, Isabelle Delcambre et Dominique Lahanier-Reuter sont des didacticiens du français, des mathématiques et des sciences. Enseignants à l'Université Charles de Gaulle - Lille 3 et membres de l'équipe de recherche Théodile, ils ont publié de nombreux articles et ouvrages dans leur domaine.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?