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Chöd # 0
Reumann Helge
ATRABILE
15,00 €
Épuisé
EAN :9782889231591
Le Chöd (littéralement " couper au travers ") est une pratique rituelle appartenant au Shee Ché, une lignée du bouddhisme tibétain. C'est une méthode pour couper au travers des obstacles (c'est-à-dire l'ignorance, la colère, et en particulier le dualisme, surtout le dualisme du sens de soi comme différent des autres) et permet au pratiquant de demeurer dans un état naturel libéré de la crainte", nous apprend Wikipédia, qui ajoute "Le Chöd est en effet traditionnellement considéré comme dangereux et les débutants doivent être guidés." C'est sûr qu'il émane quelque chose d'éminemment dangereux des bandes de Helge Reumann, comme si une menace sourde pesait sur chacune de ses pages, comme si, à chaque instant, tout pouvait basculer dans la violence la plus extrême ou la folie la plus intense. Dans un gaufrier strict de six cases et porté par une ligne précise et tranchante, comme une version pervertie de la sacro-sainte ligne claire, H. Reumann nous emmène dans un monde peuplé d'ectoplasmes inquiétants, de gnomes fumeurs, de créatures dégoulinantes et autres manifestations d'une magie ni blanche ni noire, ou d'un culte aux velléités absconses. Pour l'occasion, Reumann s'est réapproprié l'objet " comics " - pagination courte et agrafes - mais en grand format et tout en couleurs, dans le but affiché de créer avec Chöd une série qui n'en sera pas vraiment une, un véhicule qui présentera dans le futur des récits en bande dessinée, des illustrations, mais aussi des objets et autre installations.
Mise en scène diverses de situations de conflits et d'univers propices à la bagarre. Tout comme dans son album précédent, Helge Reumann utilise les techniques de gouache sur papier ou sur bois et de crayon gris. Il réalise également ses illustrations en dessin au trait imprimé avec une machine à T-shirts et bois découpé peint.
Résumé : Helge Reumann n'est pas un inconnu : ces dernières années, on l'aura vu tenter de corrompre notre fière jeunesse avec quelques beaux titres parus au Rouergue (Bagarre, Poursuite) ; il aura également fricoté avec le monde de l'art contemporain, en compagnie de Xavier Robel au sein d'Elvis Studio, où ils produiront ensemble quantité d'affiches géantes et surtout l'incontournable Elvis Road ; puis en solo, il offrira à Atrabile l'occasion de faire son livre le plus beau et le plus imposant (Black Medicine Book). Pendant toutes ces années, il n'aura eu de cesse d'essaimer son talent au sein de la fine fleur de l'édition (réellement) alternative (United Dead Artist, le Dernier Cri) et dans quelques revues de choix (Kramers Ergot, Bile noire). H. Reumann n'est pas un inconnu, donc, mais il s'est pourtant fait rare dans le magnifique monde de la bande dessinée. Il suffisait d'être patient, et le voilà débarquer avec cet incroyable, et incomparable, SUV. Dans SUV, H. Reumann ne change pas de cap et travaille toujours les mêmes obsessions : violence urbaine et nature austère domptée par l'homme, règlement de compte à coup de tatane, et une méfiance généralisée pour tous ceux, et celles, qui marchent au pas. Il y a bien de la folie, et de l'humour, dans SUV, mais distillé à la sauce Reumann, avec une mise en page et un trait aussi rigoureux que beau, un côté pince-sans-rire qui sait faire des ravages, et une ambiance inquiétante et étrange qui est presque devenue une marque de fabrique.
Résumé : Ce livre vous entraîne dans le sillage de la méchanceté puis vous abandonne là, nu, dans l'obscurité, le bras endolori par le poids d'une tête coupée.
Biographie de l'auteur Pierre Oscar Lévy est un documentariste à la carrière déjà bien fournie. On citera, entre autres films, la série de documentaires sur la grotte Chauvet, Premier Convoi, Georges Perec - Un parmi eux, ou encore Je sais que j'ai tort mais demandez à mes copains, ils vous diront la même chose (Palme d'or du court-métrage en 1983). C'est à travers le projet d'une adaptation cinématographique de Pilules bleues qu'il va rencontrer Frederik Peeters. Château de Sable est son premier scénario pour la bande dessinée. Frederik Peeters n'a eu de cesse de se remettre perpétuellement en question et semble décidé à n'être jamais là où on pourrait l'attendre, comme le prouve sa bibliographie, de Pilules bleues à Pachyderme, en passant par Lupus, RG ou Koma, et comme le confirme aujourd'hui Château de Sable.
Baladi découvre tout d'abord "les Robinsons suisses" sous forme de série télé durant les années 70, puis tombe par hasard bien des années plus tard sur le roman à la base de la série, roman écrit en allemand par un écrivain bernois, et datant du début du 19e siècle. C'est en jouant avec l'idée d'adapter ce livre (qu'il n'a toujours pas lu ! ) qu'il déniche alors la traduction qu'en a fait la Baronne de Montolieu. Mais la Baronne de Montolieu ne s'est pas contentée de traduire le livre, elle en a changé certains passages jugés trop moralisateurs, et a même écrit des chapitres supplémentaires au roman. Baladi va donc décider de s'atteler à une adaptation, mais en commençant par le chapitre 37 (le premier de la suite écrite par la Baronne, vous suivez ? ) et en se sentant très libre (comme la Baronne ! ) dans son adaptation. De la matière première, il va garder la situation de base (une famille suisse doit survivre sur une île lointaine suite à un naufrage) et le charme un peu suranné des histoires d'aventure à l'ancienne ; mais Baladi va surtout malaxer, transformer, trahir et transcender cette matière pour en faire une bande dessinée à la portée évidemment politique. Il faut le préciser, la paisible famille suisse craint une confrontation avec de terribles sauvages qui semblent rôder, des sauvages que certaines caricatures montrent menaçant et dangereusement enturbannés... Au niveau graphique, Baladi s'est surpassé et propose un travail en couleur rare, mélange de découpages et de couleurs directes, et réalise ainsi certaines de ses plus pages. Le livre sortira peu avant le festival BDFIL, dont Baladi est cette année l'invité d'honneur (succédant entre autres à Zep, Blutch, Frederik Peeters, Anna Sommer, etc.)
Edimbourg, début du XXe siècle. Charles Hamilton a tout pour être heureux : un confort financier qui le met à l'abri du besoin, des nuits bien remplies et des journées oisives juste ce qu'il faut. Et pourtant, après la fête, c'est la descente. Victime de troubles de l'humeur, de hauts et de bas, Charles Hamilton se sent en alternance. Déçu par l'amour, Charles est néanmoins père d'une petite Sophia, mais ne voit pas là de quoi combler ce vide existentiel qui l'habite. Ce qu'il lui faudrait c'est un exemple - un maître, un sage, là, au fond de son jardin. En s'inspirant de l'histoire (réelle) de Charles Hamilton et de son "ermite ornemental" , Gabrielle Piquet traque des maux bien modernes - recherche d'un bien-être perpétuel, positivisme à tout crin - et nous interroge sur cette dictature du bonheur qui voudrait éradiquer de nos vies toute forme d'aspérité, comme si la vie ne pouvait, ne devait être que réjouissance et béatitude. On retrouve dans La Mécanique du Sage toutes les qualités qui faisaient déjà le charme de La Nuit du Misothrope : un dessin aux influences retro tout en élégance, une écriture mélodieuse d'une grande finesse, avec un prime une touche d'ironie et un humour pince-sans-rire du plus bel effet.