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Hermès N° 87 : L'érudition
Renucci Franck ; Valade Bernard ; Wolton Dominique
CNRS EDITIONS
24,99 €
Épuisé
EAN :9782271135223
L'érudition est-elle une simple parure, un trompe-l'oeil, ou une forme de recherche foncièrement libre et inclassable ? Cette dualité se retrouve dans les stéréotypes entourant la figure de l'érudit, admiré pour l'étendue de ses connaissances ou moqué pour ses postures singulières. L'érudition suscite des questions qui intéressent d'autant plus la communication que les nouvelles technologies modifient les productions, l'accès et l'usage des connaissances et des cultures. A l'heure des industries de l'information et des moteurs de recherche, l'érudition fait débat. Le Web et les réseaux socio-numériques produisent-ils de nouvelles pratiques érudites ou conduisent-ils au contraire à les marginaliser ? Le flot vertigineux d'informations bouleverse le statut de l'érudition et de la communication. L'expert qui s'affiche sur le Web serait-il donc le nouvel érudit ? Dans un monde algorithmique qui engendre simultanément communication, incommunication et acommunication, les nouvelles formes numériques produisent une rationalisation supplémentaire. Qu'en est-il alors de l'érudition, cette si ancienne et importante activité culturelle qui apporte de la complexité, à l'heure de l'instantané ? Les articles rassemblés ici engagent ce débat. On y trouvera des études consacrées aux formes historiques et littéraires de l'érudition, des analyses qui portent sur le numérique, la traduction, les bibliothèques ou les plateformes. Des entretiens précisent les défis et les traits de l'"érudit" aujourd'hui. En somme, l'érudition ne cesse de se réinventer.
Quiproquo ", " équivoque ", " malentendu ", " sous-entendu ", " ambiguïté ", " désaccord ", " méprise ", " divergence ", " différend " ou " imbroglio ". Autant d'énigmes dans les relations humaines et autant de points d'appui pour la communication, la négociation, la cohabitation entre les individus, les cultures ou les sociétés. Hermès interroge ici ce paradoxe : alors que les idéologies techniques et biotechnologiques oeuvrent pour une réduction de tout écart, de toute marge de manoeuvre, et prétendent obérer toute incommunication et alors que l'acommunication se déploie de plus en plus, questionner ces techniques révèle des incommunications fécondes. Au commencement est l'incommunication ! Communication, incommunication, acommunication : ce triptyque, au coeur des recherches de Dominique Wolton, s'avère d'une grande efficacité pour rendre intelligibles les incompréhensions, les propos émis et pas nécessairement reçus. Tout ce qui circule possède sa signification, souvent en creux. Ce numéro comprend trois parties. La première démontre en quoi les incommunications sont constitutives de la communication - ou, pour le dire autrement, que toute communication se nourrit d'incommunications. La deuxième revient sur les incommunications dans leurs rapports avec les sciences, les techniques et la société : celles-ci s'inscrivent dans des modèles et bénéficient de l'apport des technologies. Ceci n'indiffère pas la société qui, à son tour, incommunique. Enfin, la dernière partie s'attarde sur les arts et la littérature et tente d'expliciter les liens entre incommunications et pratiques artistiques. Franck Renucci et Thierry Paquot
Résumé : Les préjugés sur la Corse ont la vie dure. Qui n'a pas entendu le discours qui voudrait ne voir en l'île de Beauté qu'une terre pauvre, une société repliée sur elle-même, aux m?urs d'un autre âge, associant vendetta et banditisme, omerta et violence ? Le " problème corse " revêt pourtant aujourd'hui une autre dimension : il réside dans la confrontation île/continent. La modernisation est venue menacer l'originalité insulaire. Les Corses n'ont pas pu maîtriser leurs propres transformations. Telles sont les raisons d'une spécificité régionale qui favorise les aspirations nationalistes, et défraie la chronique plus souvent qu'à son tour.
Résumé : "Tout était dévasté, consumé, calciné. C'est de cet enfer qu'allait renaître le Paradis". 1577. Le palais des Doges est en flammes et, avec lui, la fresque du Paradis. Le doge annonce l'ouverture d'un concours pour la remplacer. Dans le décor spectaculaire de la Venise renaissante, l'immense toile devient un personnage vivant, opposant le génie de Véronèse, du Tintoret et des plus grands maîtres de la ville. Entre rivalités artistiques, trahisons familiales, déchirements politiques, Clélia Renucci fait revivre dans ce premier roman le prodige de la création, ses vertiges et ses drames. D'une plume fluide et érudite, Clélia Renucci raconte les guerres intestines et l'élaboration de l'ouvrage magistral. Passionnant. Avantages. Une maturité impressionnante. Le Parisien week-end. Un vrai roman d'aventures. Paris Match. Un style vif et coloré. Marie France. Prix du premier roman. Prix grands destins du Parisien week-end.
Renucci Franck ; Le Blanc Benoît ; Lepastier Samue
Résumé : Au moment où vivant et artificiel convergent, les relations humaines prétendent se simplifier. L'Autre ne serait qu'une donnée. Pourtant, le problème reste entier : la communication bute toujours sur les difficultés de la rencontre car l'altérité est constitutive de la communication et de son horizon. Au début est l'incommunication. Altérités et singularités humaines ouvrent des espaces de négociation, de cohabitation et d'invention pour chacun : Cogitat ergo est. C'est dans la rupture et le discontinu que s'inscrivent l'émergence du nouveau et, souvent, la communication. Aujourd'hui, la vision occidentale qui connecte corps et dispositifs en réseaux vise donc à établir une continuité entre cerveau et esprit, tandis que la science biologique produit de nouveaux artefacts. L'invisible "épaisseur organique" se transforme alors en "surfaces numériques" objectivables. Un être informationnel apparaît, prétendant tout savoir, tout dire et prédire. De pulsionnel et érotique, le corps devient objet et information, résolvant d'un coup l'épreuve et l'expérience de la communication. La question traitée ici est celle de l'altérité à l'épreuve d'un être informationnel. Ce numéro d'Hermès ouvre de nouvelles perspectives pour les sciences de la communication. L'originalité est de mobiliser et de confronter des disciplines aux fondements parfois incommensurables : sciences cognitives, neurosciences, psychanalyse, sciences humaines et sociales. Loin d'une communication transparente, sans butée et sans Autre, la rencontre de ces disciplines montre une nouvelle fois que la communication humaine est sans mode d'emploi. Le corps, la relation à l'Autre manifestent obstinément des points de résistance. La communication s'invente toujours, au-delà des systèmes, des réseaux, des interactions.
(Texte provisoire) En bref Tout sur la monarchie à son âge d'or. Le livre Issue d'un ouvrage collectif sur les monarchies à toutes époques, cette contribution d'Yves-Marie Bercé, synthèse sur une forme politique dominante en Occident de la Renaissance à la Révolution française, est une formidable introduction à l'histoire de l'Europe à l'époque moderne. Il ne s'agit pas d'un catalogue des rois et reines du XVIe au XVIIIe siècle, mais bien d'une histoire de la monarchie à travers l'analyse des fonctions royales. Roi-père, roi-justicier, garant de la Paix. Les nombreux attributs du souverain - vrais ou supposés - soulignent le caractère sacré alors attaché à cette fonction. Mais qu'en est-il vraiment du pouvoir du roi ? Que nous disent les chutes de trône du caractère supposément divin de leur élection ? Quels sont les rapports du roi à l'Etat, alors naissant dans le courant du XVIIe siècle ? Comment l'épithète " absolue " que l'on accole alors à " royauté " se traduit-il dans la pratique ? Et surtout, quelles relations le roi entretient-il avec son peuple ? De François 1er à Louis XVI, d'Elisabeth 1re à Jacques II, de Charles Quint à Charles III le Bourbon, c'est l'âge d'or de la monarchie que nous fait revivre Yves-Marie Bercé, en fin connaisseur de la période. L'auteur Yves-Marie Bercé, chartiste, ancien membre de l'Ecole française de Rome, est professeur d'histoire moderne. Arguments - Une synthèse claire et accessible.
Résumé : Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la "faim de lecture" propre à la période de l'Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l'orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l'intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s'évader hors d'un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d'interdictions et spoliations de l'occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en oeuvre par Vichy à l'ébullition culturelle de la Libération. Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d'initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l'esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral... Jacques Cantier montre qu'en dépit de la défaite, de la peur et des privations, la France continue à lire et à être le théâtre d'une foisonnante vie littéraire et intellectuelle.
L'annexion de la Crimée par la Russie, son intervention en Syrie, l'affaire Skripal ont propulsé Moscou sur le devant de la scène. Elles ont aussi contribué à bouleverser le système international et le rôle que la Russie joue en son sein. L'annexion de la Crimée par la Russie, son intervention en Syrie, l'affaire Skripal ont propulsé Moscou sur le devant de la scène. Elles ont aussi contribué à bouleverser le système international et le rôle que la Russie joue en son sein. Du fait de sa politique, la Russie a perdu l'Ukraine et fragmenté l'espace postsoviétique qu'elle considère comme sa sphère d'influence, elle s'est aliénée une bonne partie de l'Occident, elle s'est engagée dans un incertain virage vers l'Asie, etc. Près de vingt ans après l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, ces événements relancent les interrogations sur les objectifs poursuivis par la Russie. Quels sont les facteurs qui déterminent ses actions extérieures ? Quelle est sa capacité à se remettre des bouleversements qu'elle a connus depuis 1991 ? Cet ouvrage se penche sur ces questions en accordant une attention particulière aux perceptions et aux représentations. Il explore la vision que la Russie a de l'étranger en la confrontant à la réalité de la place qu'elle tient sur la scène internationale ainsi qu'aux regards portés sur elle par le monde extérieur. En croisant ces différents regards, il a pour but de contribuer à la compréhension de la trajectoire russe.
Résumé : Début 2016, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Mein Kampf ressort en Allemagne dans une édition scientifique. Dans le même temps, l'éditeur historique de la traduction française annonce son intention de republier l'ouvrage dûment accompagné d'un appareil critique. Comment expliquer la postérité de ce pensum dont les divagations racistes et complotistes apparaissaient déjà comme telles à l'époque ? La réponse à la question ne serait-elle pas à chercher dans la forme plutôt que dans le fond de cet ouvrage ? En plus d'être le manifeste du national-socialisme, Mein Kampf ne serait-il pas en effet l'archétype d'un genre littéraire bien particulier, celui adopté par des leaders amenés à devenir autocrates, et mêlant propagande, manipulation et autobiographie ? En s'immergeant dans le livre, Albrecht Koschorke fait ressortir les procédés visant à rendre irréfutables les propos avancés, attire l'attention sur la construction de l'ouvrage, les transitions des expériences personnelles aux stigmatisations globalisantes, les changements de registres d'écriture, désintrique les niveaux de lecture et éclaire les divers publics visés. Une approche originale qui, dans la perspective de la prise du pouvoir, s'intéresse moins à la "doctrine" postulée de Mein Kampf qu'à sa "poétique" conjuguant autoritarisme et inconsistance intellectuelle.