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Mourir tendre
Régis Guy
SOLITAIRES INT
13,00 €
Épuisé
EAN :9782846813822
PERPÉTUE. - Pleinement éprise je voudrais, Alexandre, sur moi, posé, ton regard d'homme. Pleinement. Je voudrais, voudrais être, par toi, désirée. Pleinement. Je le veux, je le désire, je le veux, par toi, être par toi, déshabillée. Par toi seul, seul toi. Je scande, je souligne, m'y accentue. Alexandre, je veux à moi qu'il soit, à moi, ce corps-là, ma robe, l'enveloppe qui me contient, ce corps-là pour toi dénudé; ce corps, finalement, par toi, habité. Et ton regard, pendant cela, pendant ce temps-là; en ce maigre temps furtif, comme toujours dans ces moments-là. Ces moments maigres et furtifs comme le temps qui les contient, comme tous ces moments comptés, escomptés, contenus dans le temps. Ton regard, en ce temps, en ces moments-là, qu'il m'engloutisse. Auprès de toi, devant ta verticalité, que je m'effondre, que tu t'engouffres, et que nous soyons tous deux pulvérisés, abattus; abattus, pulvérisés comme une ville, comme un pays sous des canons de braises. Comme une ville se laisse abattre, un pays se laisse pulvériser sous le feu, sous les flammes des hommes. Une ville dans sa faiblesse de ville. Un pays dans toute sa sécheresse de pays. Et ces hommes et ces méchants qui s'y mettent avec leurs canons, avec leur feu, avec leur flamme, dans tout leur emportement.Alexandre, nous, abattus, pulvérisés. Que je m'effondre. Que tu t'engouffres. Que l'on s'écroule. Et que nous soyons tous deux emportés. Emportés, ruinés. Anéantis; emportés, ruinés, embarqués; pour que tu nous chavires. Car moi, je le suis déjà transportée, chavirée, détruite, bannie, anéantie par le souffle rageur de notre emportement. Alexandre, m'entends-tu? Alexandre, entends-tu mon corps, l'entends-tu réclamer ton assaut, ton arrimage, ton lest, ton contenant, ton contenu. Ton lest. Ton lest Alexandre. Relâche-toi. Ne retiens pas. Lâche, laisse tout toi tomber. Comme l'eau, tombe. Tombe, envahis-moi. Baigne, goutte, ravage. Tombe. Sois l'eau de la source et moi ta rivière. Moi, ta rivière, je coulerai pour ta gouverne. Je me laisserai écrouler rien que parce que tu chutes. Tombe, jaillis, gicle, fuse, lave, blanchis, souille, ravage, bouleverse, massacre. Tombe, baigne-moi. Tombe, tombe Alexandre, tombe. Jaillis, rejaillis et massacre, massacre-moi. D'eau, de volupté, massacre. L'eau ne connaît pas de barrière. Alexandre. L'eau n'en connaît pas. Je te veux, je te désire, je te veux. Moi, rivière. Je t'attends, j'attends, je n'attends pas, je n'attends plus, je ne peux plus attendre. Tombe. Comme l'eau, je n'attends pas, l'eau n'obéit jamais, nullement jamais. Moi rivière et toi l'eau n'attendons pas, n'attendons plus. On ne peut pas, on ne peut plus attendre. Tombe, car moi je veux, je désire, je veux. Être massacrée, par tes chutes, je veux, je désire, je veux. Déjà je vibre, comme le fond du bassin s'enivre à l'attente de l'eau de la chute, je vibre déjà. Comme le bassin Zim attend la rivière Massacre, déjà enivrée. Déjà enivrée, elle l'attend venir, l'engrosser, je t'attends ivre, déjà ivre déjà. Alors, tu vois, tu vois cela. Tu le vois cet emportement. (...)
Résumé : "Nos" constructions, Sonia. "Nos" constructions. "Nos" villas. Ils nous en veulent ? Tu dis qu'ils nous en veulent, pour cela ? Mais où veulent-ils qu'on aille après ? On n'allait tout de même pas rester ici, dans ce pays, tout le restant de notre vie. Les gens sont fous. Comment peuvent-ils nous en vouloir pour cela ? Les gens sont fous. Franchement les gens sont fous. Voilà plus de trois ans que M. le président est élu pour la reconstruction du pays, mais on n'entend plus parler de lui qu'à travers les frasques de la Première Dame, les dépenses de ses ministres, et les festivités à n'en plus finir. Qu'a-t-il M. le président pour qu'il disparaisse ainsi, au lieu d'entreprendre comme prévu, la reconstruction, raison pour laquelle il a été élu par le peuple ?
Résumé : Le jour où l'enfant voit son père pour la première fois, il a trois ans. Il vit seul au village avec sa mère. Tous les villageois se sont massés autour de la maison. Ils veulent voir l'homme qui avait semé la honte dans la famille, qui avait emmené la fille, l'avait engrossée pour disparaître après. Maintenant, il était là le très attendu, fier de sa jeune beauté. Il avait pris l'enfant dans ses bras, l'avait fait virevolter dans les airs. Puis l'avait posé à terre. "Jouons. ? M'oui Pa-pa ! Pa-pa ! Pa-pa ! ? Attends. Tu sais jouer à l'ombre ? ? C'est quoi jouer à l'ombre ? ? Tu ne sais pas ? Ce n'est pas grave. Je vais te montrer. ? Mm... Pa-pa ! Pa-pa ! Pa-pa ! ? Tu fermes les yeux. Je disparais." Depuis l'enfant l'avait cherché partout, dans tous les visages, dans toutes les moustaches, dans tous les visages d'hommes. "Aujourd'hui à l'âge où je suis vieux, je me surprends à le chercher encore... je le cherche sans répit. "
Biographie de l'auteur Régis Guyotat est journaliste au journal Le Monde. Il a publié avec Shah Bazgar Afghanistan, la résistance au cur (Denoël, 1987), et a effectué des reportages, notamment au Cambodge, pour France Culture.
C'est l'heure de la vengeance du règlement de comptes c'est l'heure où marchant sur mes pas tu viens me faire payer d'avoir été la plus aimée c'est ça ? et toi celle qui soi-disant n'a pas été désirée ? c'est ça ?
Shakespeare William ; Bonnaud Irène ; Pauthe Célie
Quant à sa bonté, Elle ne connaissait pas d'hiver ; c'était un automne perpétuel ; Dont les fruits croissaient en mûrissant. Ses plaisirs ; Ressemblaient aux dauphins qui, en sautant, montrent leur dos ; Au-dessus de l'élément où ils vivent. Parmi ses domestiques ; Marchaient des rois, des princes ; îles, royaumes, Semblaient pièces d'argent tombées de sa poche.
Résumé : C'est ce jour-là, Devant ce nuage noir Que j'ai compris que tout était perdu C'en était fini de nous La démocratie était vaincue Tout Tous nos efforts Tout ce sang versé Toute cette fougue Cette jeunesse Nos espoirs Tout nous était volé. Dans une géographie éclatée entre l'Europe et l'Iran, Les Forteresses déroule le récit de trois destins hors du commun, à la fois conjoints et séparés, exemplaires et universels, où l'intime et le politique sont inextricablement mêlés. Des histoires de femmes, des portraits sous forme de miniatures persanes, qui font la grande histoire de l'humanité.
Résumé : Quand un cri d'indignation traverse péniblement le brouhaha que le mal entretient, une meute d'experts s'empresse d'assourdir ce cri. Quand un citoyen met en évidence l'ignominie d'une pratique, on lui répond que cette pratique, bien qu'ignominieuse, est légale. Nous, les ligués, ne croyons pas que la loi justifie. Nous défendons une justice supérieure, et c'est l'oeil fixé sur les vérités éternelles que nous égorgeons un démon. C'est le coeur tranquille que nous poursuivons et punissons et purifions les cavaliers qui sèment la misère dans leur course effrénée. Après sept ans d'absence, Zarkariya de Sortes profite des funérailles de sa grand-mère pour revenir dans la maison de son enfance. Le jeune homme - membre d'une ligue religieuse meurtrière - fait son retour pour rétablir la justice au nom des innombrables victimes silencieuses du laboratoire pharmaceutique dont Adrien - son oncle, puis père adoptif - est l'actionnaire majoritaire.