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Chants de la pluie et du soleil
Rebell Hugues ; Peyronnet Joseph
PART COMMUNE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782844181954
Ouvrir les Chants de la Pluie et du Soleil, c est tomber dans une mine où l on puiserait longtemps sans l appauvrir. Ce sont des poèmes en vers ou en prose, mais où le souci de l expression est toujours dominé par la volonté de dire quelque chose de nouveau. Le thème fondamental est la joie de vivre, d être un homme libre, fier, qui ne songe qu à accomplir son destin naturel, en aimant la beauté, en jouissant de tous les plaisirs des sens et de l intelli-gence, et cela sans mesure, sans hypocrisie, avec une fougue ignorante de tous les ménagements et de toutes les morales. C est un livre tumultueux, gron-dant, qui donne l impression d une gare immense pleine de locomotives, de sifflements, de cris et de baisers d adieu ou de retour. On peut le comprendre aussi selon son vrai titre; il est bien de pluie et de soleil (il y a des pages lumineuses, il y en a de troubles), mais à condition qu on y joigne l idée d une foule en rut qui s exalte dans la poussière ou hurle dans la boue.
Une des principales causes du caractère curieusement banal de toute la littérature de notre époque est de toute évidence le déclin du mensonge considéré comme art, comme science et comme plaisir social.
Hugues Rebell (1867-1905) est un auteur qui sent le soufre et le stupre. Poète, romancier et nouvelliste, il manie l'ironie aussi bien que le fouet et darde puissamment son époque comme ses personnages. Hugues Rebell est un personnage hors norme, aux convictions politiques très nettes et sans ombrage. Fin observateur, il porte sur ses contemporains et leurs moeurs un regard acéré, sans compromis. Dans Le professeur à la mode, il raille les travers des universitaires et le règne de l'inculture. Alors que dans Gringalette, il pointe la perfidie dont peut faire preuve l'enfant mais aussi la limite ténue entre bienveillance et mauvaises intentions.
Résumé : Ecrivain météore d'une grande modernité, qui célébrait, avec un humour ravageur et un style flamboyant, le corps, le savoir et le plaisir, Hugues Rebell (1867-1905) est un des grands mystères de notre histoire littéraire. Aujourd'hui étrangement oublié, il fut pourtant l'un des auteurs les plus fêtés de son époque. Rebell était un personnage flamboyant, dispendieux, paillard, à l'aura sulfureuse. Les rééditions de ses textes, dans les années 1970 puis à l'orée des années 1990, ont chaque fois sidéré la critique et les lecteurs, qui ont découvert en lui l'un des précurseurs de la littérature moderne. En une dizaine d'années, ce travailleur acharné a produit une oeuvre d'une richesse et d'une densité remarquables : romans, nouvelles, poèmes, essais, pamphlets politiques, innombrables articles pour les grandes revues de l'époque. Une oeuvre qui se singularise, comme le souligne Nicolas d'Estienne d'Orves dans sa préface, par " sa force de vie, son sens du récit, des chapitres qui claquent, une narration qui caracole, un humour gourmand pour tous les plaisirs que la vie peut offrir ". A l'opposé des arabesques décadentes, Rebell manie une langue claire, robuste, qui fait de lui un de nos contemporains. De son vaste corpus a été tiré un aperçu emblématique de ses talents : ses premiers poèmes - les Chants de la pluie et du soleil (1894) ; ses quatre meilleurs romans - La Nichina (1896), La Câlineuse (1899), La Camorra (1900) et les très vénéneuses Nuits chaudes du Cap français (1902) ; enfin ses gouleyantes nouvelles érotiques, réunies dans le recueil Femmes châtiées (1905). Plus d'un siècle après leur parution, on relit ces textes iconoclastes et provocateurs avec le même enchantement.
Panaït Istrati (1884-1935) est un écrivain roumain d'expression française, fils d'un haïdouk, qui, sur les conseils de Romain Rolland, s'est mis à écrire une oeuvre unique, foisonnante, exaltant la vie, la fraternité, la simplicité. Citoyen du monde, homme libre, chantre d'une langue pure et gorgée de sève, avec Pour avoir aimé la terre - que suit une courte autobiographie - il compose une ode à la liberté et aux hommes, aux espérances qu'ils portent et qui les portent, et livre son testament spirituel. Ecrit peu avant sa mort, ce texte lumineux, vibrant est avant tout un acte de résistance d'un homme généreux contre les tyrannies de tout ordre.
De leur rencontre en 1846 dans l'atelier du sculpteur James Pradier, jusqu'à leur rupture violente en 1854, Gustave Flaubert et Louise Colet échangèrent d'innombrables lettres. Quoi que l'une des plus belles correspondances amoureuses de la littérature, cet ensemble n'a inexplicablement jamais fait l'objet d'une publication isolée. Ces lettres accompagnent par ailleurs la germination de Madame Bovary. Flaubert, qui est encore un tout jeune homme de 25 ans quand il rencontre la belle et brillante Louise Colet, d'une dizaine d'années son aînée, y apparaît tour à tour tendre, malicieux, tourmenté par les " affres de la création " ou savoureusement paillard. Lire ces lettres, c'est découvrir la vraie nature humaine et littéraire de Flaubert, l'extraordinaire liberté de son génie et son tempérament passionné. C'est surtout s'initier à ce qui constitue sans doute l'un de ses chefs-d'?uvre : sa correspondance !
J'aurais pu t'aimer d'une façon plus agréable pour toi. - Me prendre à ta surface et y rester. - C'est longtemps [ce] que tu as voulu. Eh bien non. J'ai été au fond. - Je n'ai pas admiré ce que tu montrais, ce que tout le monde pouvait voir, ce qui ébahissait le public. J'ai été au-delà et j'y ai découvert des trésors. Un homme que tu aurais séduit et dominé ne savourerait pas comme moi ton c?ur aimant jusqu'en ses plus petits angles. " À Louise Colet, 6 juillet 1852.
Confié à Gustave Flaubert par sa mère Laure - qui n'est autre que la soeur d'Alfred le Poittevin, ce « coeur frère qu'on ne retrouve jamais deux fois » - Guy de Maupassant doit ses années de formation à l'écrivain qu'il appelle son Maître. Leurs véritables relations se nouent à partir de 1872. Flaubert lit les manuscrits de son protégé, le conseille, le prend comme collaborateur en le faisant participer à ses recherches pour Bouvard et Pécuchet, et l'introduit parmi ses amis écrivains. Maupassant écrira de nombreux articles sur Gustave Flaubert, voulant défendre son oeuvre, mais aussi l'homme: « Comme il avait horreur du bourgeois (et il le définissait ainsi: quiconque pense bassement), il passa parmi la plupart de ses contemporains pour une espèce de misanthrope féroce qui eût volontiers mangé du rentier à ses trois repas. C'était au contraire un homme doux, mais de parole violente, et très tendre, bien que son coeur, je crois, n'eût jamais été ému profondément par une femme.»