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L'incrée. La générosité du père chez maitre Eckhart
Raviolo Isabelle
CERF
44,00 €
Épuisé
EAN :9782204091473
Très peu traitée par les commentateurs, la notion d'incréé (increatus / ungeschaffen) est cependant centrale pour comprendre Dieu et l'homme chez Eckhart. Elle met en lumière le coeur de son oeuvre qui se situe dans la naissance de Dieu dans l'âme et non dans le détachement comme on l'a souvent dit. C'est une manière pour le maître rhénan de commenter Genèse 1, 26 : "Lorsque Dieu créa toutes les créatures, Dieu n'aurait-il pas auparavant donné naissance à quelque chose d'incréé qui porterait en soi l'image de toutes les créatures ?" interroge Eckhart. Sa réponse tient en une métaphore : l'étincelle (scintilla animae). "Cette petite étincelle est si apparentée à Dieu qu'elle est un "un" unique indifférencié et qu'elle porte en soi l'image de toutes les créatures, image sans images et image au-dessus de toutes les images" (Sermon 22). Par "l'étincelle", Eckhart entend ce que l'âme a de plus semblable à Dieu : un "quelque chose d'incréé", un fond sans fond (Abgrunt) dans lequel le Père engendre son Fils comme dans sa propre nature. Par ce quelque chose d'incréé en elle, l'âme est capable de fécondité et devient mère du Verbe, à l'image du Père incréé qui engendre éternellement son Fils en son sein. La maternité de l'âme trouve son principe dans la paternité de Dieu, dans le bouillonnement originaire de la Vie divine. Eckhart développe ainsi une prédication originale : il parle du point de vue de l'éternité, c'est-à-dire à partir de la Trinité en elle-même. Par la fécondité de l'âme, c'est-à-dire par la grâce de l'Esprit incréé, non seulement l'homme devient fils dans le Fils et le même fils, mais encore père dans le Père et le même père.
Ce livre présente les Anges à la manière de super-héros célestes, bien loin de la tradition classique. Richement illustré dans un style pop, inspiré de Roy Lichtenstein, il décrit pas moins de 233 anges et archanges, issus de différentes cultures et religions. On y découvre leur nom, leurs pouvoirs et leurs vertus, dans un format semblable à celui d'une bible. Un livre pour les aficionados, les croyants, les curieux ou tout simplement les fans de super-héros !
De la naissance à la mort, nous sentons et nous expérimentons que nous sommes incarnés. Nous venons au monde et nous le quittons en éprouvant le poids de notre corps. Si nos sentiments, nos passions, nos pulsions, nous le font reconnaître de manière certaine, notre corporéité n'en reste pas moins pour nous un mystère. Le plus originairement mien est en même temps le plus étrangement autre. Qu'en est-il au juste de ma condition incarnée ? Que signifie-t-elle et à quoi m'assigne-t-elle ? Le paradoxe éclairé par la philosophie de Maître Eckhart pose la notion d'incarnatio comme un défi pour la raison philosophique, aussi bien d'un point de vue métaphysique que d'un point de vue moral. Unissant corps et âme sans les confondre, Eckhart intègre ainsi tout l'homme à l'économie du salut divin. Cette chair vivante n'est donc pas disjointe de mon âme, et avec elle de ma liberté humaine. A rebours de tout dualisme, le penseur rhénan ouvre ainsi au lecteur du XXIe siècle la possibilité de penser nouvellement l'incarnation de l'homme (phénoménologie) à partir de l'Incarnation du Verbe (théologie).
Si l'on définit le terme "représenter" par rendre présent quelque chose d'absent en l'évoquant, alors on sous-entend que tout peut être représentable. Mais jusqu'où peut-on représenter le réel ? Dans ce livre, nous verrons en quoi le regard du peintre ne se réduit pas à une relation "physique-optique" avec le monde ; il naît dans les choses comme par concentration et venue à soi du visible. Aussi le tableau n'est-il lui-même spectacle de quelque chose qu'en tant qu'il n'est spectacle de rien. L'art moderne, et les toiles de Mark Rothko en particulier, nous confrontent à ce qui déborde des contours, à l'irreprésentable. Dès lors, l'Etre ne s'oppose plus à l'apparence, mais c'est l'Etre qui se dissimule dans son apparition même.
L'histoire de la papauté est complexe et ne se résume pas à l'histoire de la religion catholique. Institution globale, cherchant à guider les sociétés, la papauté doit être réinsérée dans un cycle historique de long terme, celui qui a vu un espace marginal, désigné d'abord comme "chrétienté" puis comme "Occident" , se développer avant de se projeter à la conquête du globe, jusqu'à la "mondialisation" actuelle. Son rôle a souvent été esquivé par un compromis historiographique entre auteurs laïcs, soucieux de faire un récit du progrès dégagé de l'Eglise, et auteurs catholiques, désireux de faire l'histoire irénique et morale d'une papauté humanitaire au-dessus des Etats, des frontières et des guerres. L'objet de cette réflexion sera au contraire d'envisager la papauté comme un acteur majeur à une échelle globale dans une histoire qui ne peut se réduire à un ordre linéaire et simpliste, celui d'un progrès scientifique, économique ou d'une sortie de la religion, une histoire dont on cherchera à redécouvrir toute la pluralité.
Dans notre société laïque, la chrétienté constitue-t-elle encore un sujet pertinent pour l'histoire ? Plus que jamais, répond Françoise Hildesheimer. En explorant celle de l'Eglise sur le temps long, l'historienne retrace les origines et les développements du conflit d'influence entre religion et Etat qui a enfiévré l'Occident des siècles durant. Or c'est en France qu'il a connu son paroxysme. Doctrine politique originale, le gallicanisme a prôné dès le XIIIe siècle l'indépendance temporelle de l'Eglise de France vis-à-vis du pape ; une spécificité qui, via la rupture de la Séparation, a durablement marqué notre histoire. La France, fille aînée de l'Eglise ? De Clovis à Aristide Briand en passant par Charlemagne, Charles VII et Jeanne d'Arc, Louis XIV et Bossuet ou Napoléon, ce parcours passionnant entrecroise théologie, politique, récit historique et débats d'idées pour proposer une vision inédite de l'histoire de l'Eglise catholique en France.
Pouderon Bernard ; Salamito Jean-Marie ; Zarini Vi
Premiers : les plus anciens de ces textes sont immédiatement postérieurs aux derniers écrits des apôtres (fin du I ?? siècle) ; les plus tardifs se situent à la frontière du II ? et du III ? siècle. Le corpus commence avec des hommes qui ont connu les apôtres : Clément de Rome fut proche de Pierre. Il prend fin avec les disciples de leurs disciples : Irénée de Lyon se réclame de Polycarpe de Smyrne, qui avait connu Jean. - Certains témoignages et quelques poèmes sont moins anciens. Ecrits : les auteurs, "Pères de l'Eglise" pour la plupart, ne cherchent pas encore à bâtir une oeuvre. Ils disent qui ils sont, comment ils vivent et meurent, ce qu'ils croient. Leurs textes adoptent les formes les plus variées : lettre, récit, traité, dialogue, discours judiciaire, poème... formes empruntées à la littérature de leur univers culturel, l'hellénisme, à moins qu'elles n'aient des parallèles dans la littérature juive, comme les actes de martyrs, dont l'Ancien Testament offre l'archétype. Pour exprimer les réalités nouvelles, les vieux mots changent de sens : baptizein, "immerger ", devient "baptiser" ; ekklesia, "assemblée ", signifie désormais "église". Chrétiens : la période est celle de l'autodéfinition du christianisme. Le terme apparaît autour de 117, chez Ignace d'Antioche. C'est le temps de la séparation, plus ou moins rapide et marquée selon les aires culturelles, d'avec le judaïsme. Se constituent peu à peu des usages liturgiques, des règles communautaires, un canon des Ecritures, des doctrines qui formeront le dogme de l'Eglise "catholique", c'est-à-dire universelle. Naissance d'une religion, d'une Eglise, d'une littérature. A la fin du Il ? siècle, sous l'oeil des "païens" et des juifs (dont on présente aussi, en ouverture, les témoignages), l'Eglise est en passe d'unifier ses usages et d'installer ses institutions. Le christianisme a trouvé sa place dans la société. Il a propagé ses idées dans le monde intellectuel. De cette aventure, car c'en est une, les Premiers écrits chrétiens retracent les divers aspects, d'une manière extraordinairement vivante.
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.