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Quelle Chine, pour quel monde, en 2020 ? Colloque du Futuroscope, 30 août 2013
Ratte Philippe ; Raffarin Jean-Pierre
GINKGO
12,00 €
Épuisé
EAN :9782846792332
En un tiers de siècle seulement, ta Chine a rattrapé et dépassé tous les pays du monde sauf tes USA en termes de PNB. On prédit qu'elle leur prendra la première place dans moins de dix ans. D'ores et déjà, certains se plaisent à imaginer un monde bipolaire dominé par le couple Chine-Amérique. Cependant, depuis la crise en 2008 du système financier mis aux commandes par l'Amérique, et le renouveau en novembre 2012 de la gouvernance chinoise lors du XVIIIe congrès, l'idée que la Chine suivrait une courbe de rattrapage, hier encore assez fidèle à ta réalité, perd de son pouvoir descriptif. Outre que le modèle de référence lui-même ressort brouillé de cette crise, la croissance chinoise s'avère tendre désormais davantage au développement intérieur qu'au service de ta mondialisation occidentale. Au moment où semblait se dessiner l'hypothèse d'un G2, elle fait place à une divergence stratégique à mesure que la Chine se prend toujours davantage elle-même pour projet, tandis que les USA maintiennent leur préférence pour un magistère universel du commerce. Cette évolution en train de germer oblige d'ores et déjà tous les autres pays - non pas à choisir leur camp, on n'est plus en guerre froide - mais à engager pour leur part des stratégies appropriées pour s'adapter à cette nouvelle donne, et si possible peser sur son cours futur. C'est tout spécialement vrai de l'Union Européenne, première puissance économique mondiale mais instance paralysée par son manque d'unité, de qui on attend qu'elle concoure activement au remodelage du monde qui se dessine. Cent ans après son collapsus de 1914, elle n'en retrouvera l'énergie que dans une plus grande unité de vues franco-allemande. Cinquante ans après avoir, la première, reconnu la République Populaire de Chine, la France est en outre à l'honneur pour impulser en 2014 un partenariat amplifié entre l'Europe et la Chine. A la veille de cette année riche en possibilités fécondes, la Fondation Prospective et Innovation a tenu à en éclairer l'avenir en traitant, au Futuroscope, de Quelle Chine dans quel monde en 2020 ?
Gaillard Françoise ; Ratte Philippe ; Schnur Natha
Résumé : Une semaine, à l'écart, à Cerisy : il ne fallait pas moins d'un tel retrait, dans ce lieu prestigieux de la réflexion, pour pouvoir, en suivant l'itinéraire de François Jullien, examiner comment rouvrir des possibles de la pensée. Pour déranger la pensée, en effet, les textes réunis ici croisent les points de vue les plus divers. Repartant de l'investissement initial du travail de François Jullien, ils s'interrogent sur l'écart des langues et des pensées de la Chine et de l'Europe et ce que celui-ci apporte pour envisager à nouveaux frais des questions telles que celles de la morale et de la stratégie. Mais ils font également voyager d'un pôle à l'autre, comme entre les pensées de l'universel et de l'intime ; ou entre la pensée de l'immanence et son expression poétique ; et d'abord entre les ressources premières de la pensée : les langues et leur traduction. Du fait que François Jullien ne prend pas seulement la "Chine" comme un objet d'érudition, mais fait jouer à cette référence le rôle d'un opérateur théorique, le champ balayé est logiquement des plus larges. Il peut aller de la pensée du commencement et du changement en physique à ce qui se redessine des enjeux politiques contemporains. Autant d'approches de prime abord dispersées mais qui font apparaître que c'est, non du semblable, mais de l'écart et de la tension qu'il organise, que peut se produire du commun.
Tandis que les pays riches restent depuis cinq ans obnubilés par "la crise" qui, par ses turbulences inattendues en haute altitude, trouble un peu l'expansion de l'opulence à laquelle ils sont habitués, et que la Chine pour sa part semble atteindre un palier de transformation dans sa prodigieuse croissance, l'Afrique connaît à bas bruit une mutation positive où s'esquisse une émergence qui étonnera le monde. Les plaies endémiques de ce continent (maladie, pillage, guerres, corruption, etc.) reculent tandis qu'une croissance soutenue amorce un chemin de réel développement pour une population en passe d'égaler avant longtemps celle de la Chine ou de l'Inde. Plus significatif encore, le morcellement qui a toujours fragmenté ce continent commence à le céder à une extension rapide de toutes les formes de mise en réseau, tandis que les effets d'une vaste diaspora tissent partout des liens vivaces avec le reste du monde. L'Afrique, dernière venue dans l'immense mouvement tectonique d'émergence qui transfigure le monde depuis un tiers de siècle, apporte à l'humanité l'énergie d'un renouveau avec lequel il faudra compter, et dont les promesses invitent à passer envers elle d'une culture de l'aide à une éthique de la synergie.
L'universalité du succès persistant des aventures de Tintin atteste que cette oeuvre porte en elle une contribution essentielle à l'essor de chacun. Nous sommes presque tous entrés dans la vie forts d'un roman familial donnant une origine à notre identité. Tintin non. Sa personne pose cette question en creux. Jeté dans l'aventure, il y puise d'abord une illusion d'exister, se jouant du réel de manière quasi fantasmagorique, en simple héros de papier. Mais très vite il s'étoffe à mesure qu'il explore le mystère des origines. Cette théodicée intime, consistant à reconstituer La fonction d'un père et celle d'une femme, profite du contrepoint de personnages qui n'y arrivent pas : les Dupondt, Haddock, Abdallah, Milou restent tous piégés dans cette aporie. Tintin échappe au piège de cette élucidation rétrospective impossible en osant passer outre et se fonder lui-même par la conquête de Soi que blasonne le sauvetage de Tchang, miroir de son propre statut d'enfant sans origine, jadis sauvé des eaux. En allant l'arracher à la grotte utérine où le retient la puissance femelle que sont ensemble la terrible Yéti et les neiges qui la voilent d'une virginité nuptiale apotropaïque, il brise le scellé mortifère du secret, celui de la mère sidérée d'avoir fauté en concevant de père inavouable. Par le choix courageux de l'accès à soi, il a détruit le sceau de l'interdit et libéré la vie, enfin. Revivre avec Tintin ce travail du passer-outre a La valeur d'une cure salvatrice de fondation de Soi, une sorte de psychanalyse homéopathique. Cet effet libérateur explique la puissance universelle et constante du succès de cette oeuvre profonde. Car, tous, nous souffrons des fautes tues de nos ancêtres. Vivre c'est passer outre par l'accès à soi, se fonder en s'être.
Michel Godet est professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers et membre de l'Académie des technologies et du Conseil d'analyse économique. Il a notamment publié Le Choc de 2006 (prix du livre d'Economie), puis Le Courage du bon sens qui s'est vendu à plus de 18 000 exemplaires. L'auteur vit à Paris. Il a reçu en 2011 le prix de la fondation E. Bonnefous pour l'ensemble de son ?uvre. Philippe Ratte, ancien éléve de l'Ecole normale supérieure, agrégé d'histoire, est notamment responsable de la programmation stratégique à l'Unesco. Alain Lebaude est concepteur et ancien directeur du Monde Initiatives. Il est également l'auteur de plusieurs ouvrages économiques.
La raison d'être de ce livre est de faire découvrir un pays par trop méconnu et de tordre le cou à une désinformation savamment distillée par le Kremlin et ses relais... La Crimée, brutalement annexée en mars 2014, alors qu'au début du même mois le président russe affirmait le contraire, est-elle déjà passée par pertes et profits ? Fin 2013, Vladimir Poutine a ouvert la boîte de Pandore, déclenchant une déferlante prorusse à l'Est de l'Ukraine. L'Union européenne, les USA et le reste du monde ont-ils enfin réalisé à quel point la Russie est devenue dangereuse pour le monde libre ? Depuis quinze ans, les avertissements de nombreux Russes clairvoyants ou d'observateurs européens avisés, sont restés lettre morte. Et les précédentes opérations néo-impérialistes du Kremlin, menées en toute impunité, n'ont pas suffi à guérir la cécité des leaders occidentaux. "Goodbye, Poutine" n'est pas un simple slogan qui reprend le "dégage" du Printemps Arabe ou du Maïdan 2013-2014. Sous la direction de la russologue Hélène Blanc, les voix multiples, les regards croisés des meilleurs observateurs de l'Union européenne, de la Russie et de l'Ukraine, analysent la crise la plus grave qu'ait connue l'Europe. Leurs éclairages pluriels sont précieux pour notre avenir commun. Cette fois, malgré son double jeu et son double langage, le masque de Poutine est tombé. Goodbye, Poutine...
Extrait En ce vingt-huit avril deux mille, à quatre heures de l'après-midi, le ciel s'était tellement assombri qu'on aurait dit qu'il faisait déjà nuit, comme pendant une éclipse, une panne de l'univers. L'orage se faisait attendre comme une diva. La foule regardait passer tous ces gens célèbres, tous ces artistes à lunettes noires qui se pressaient maladroitement dans ce cimetière comme d'étranges aveugles qui cachent leurs larmes ou leur indifférence. De belles dames en hauts talons trébuchaient sur les vieux pavés du Père-Lachaise; tels des flamants roses en deuil. Toute cette troupe bringuebalante suivait un corbillard de luxe, Cadillac amortie, douce, silencieuse, et qui emmenait une des plus jolies, des plus jeunes et des plus prometteuses actrices du cinéma français, vers le trou béant de l'éternité, pour une place au box-office éternel. Oh ! il en avait vus d'autres sur ses vieux pavés le Père-Lachaise, lui, le cinq étoiles de la mort, depuis qu'on avait enterré une petite fille de cinq ans en 1804, et que tout ce qui était mort de plus célèbre après l'avait suivie... Elle était morte dans son sommeil, sans aucune raison, la veille ; et le médecin légiste qui avait autopsié ce corps superbe en transpirant comme s'il avait touché le corps de Cléopâtre, n'avait rien trouvé qui eût pu expliquer ce décès ; une autopsie blanche selon le jargon de la profession. Elle était morte comme Ophélie, en pleine jeunesse et en pleine beauté; elle allait descendre la rivière entourée des larmes d'Hamlet et d'un public avide d'histoires vécues. Au moment de l'inhumation, le cercle des proches ne comportait que des gens de cinéma : producteurs, metteurs en scène, acteurs, attachés de presse, envoyés spéciaux dont la spécialité était surtout de prendre en photo les larmes des vivants et le sourire des morts. Le cimetière se vida par petits groupes de simples promeneurs dans cette jolie petite ville où les maisons ne sont que les lotissements de la mort. Bientôt tous les journaux et les magazines évoquant le décès de Simone Vitelli se retrouveraient chez les coiffeurs et dans les salles d'attente des dentistes pour quelques mois encore; puis d'autres stars, d'autres drames les remplaceraient et la star se chiffonnera comme une poupée de papier, figée dans son sourire, au Festival de Cannes de l'année d'avant... avant...
La mondialisation urbanise le monde. La ville, qui devient l'écosystème majeur de l'humanité, est le grand chantier du XXIe siècle. L'histoire a légué à chaque peuple un patrimoine de villes qui forment l'armature des nations, mais la mue en cours dans l'habitat humain provoque aujourd'hui une refondation générale du fait urbain. Evolution quantitative sans précédent, et transformations qualitatives impérieuses, se combinent pour faire de la ville l'enjeu capital de l'humanité mondialisée. Au lendemain de Rio + 20, la France et le Brésil sont bien placés pour explorer ensemble cette problématique, chacun apportant une vision et une capacité originales. La ville intelligente qu'il s'agit d'imaginer et de construire devra, pour être durable, à la fois procéder des choix venus de sa population et découler d'une ingénierie sophistiquée mobilisant des centaines de métiers, tout en s'ajustant de manière évolutive aux transformations constantes de son environnement. Les réflexions réunies dans le présent livret explorent comment l'accès à l'autre, concrétisé par la coopération entre deux pays aussi dissemblables que la France et le Brésil, est la matrice même de conception de ce qui est en jeu, à savoir une urbanité de la relation créative durable.
Un trentenaire, après des années de formation et de vaines tentatives, trouve enfin un emploi auprès d'un laboratoire public. L'unique tâche qui lui est confiée étant de vérifier le matériel livré chaque matin.Ses journées se passent ainsi, dans la contemplation du vide. Pour tromper l'ennui, il déambule dans le bâtiment et ouvre le placard n° 13. Là, il trouve des dossiers stupéfiants sur les «symptomatiques», cohorte étrange où se mêlent un «hibernaute» qui a dormi 172 jours, un Pinocchio dont le doigt de bois - une prothèse - reprend chair et sang, un néo-hermaphrodite capable de se reproduire seul et quelques buveurs de pétrole et mangeurs d'acier. Mais le placard n° 13, qui accueille ces cas délirants, est surtout la boîte de Pandore du monde à venir. Les symptomatiques sont les pantins perdus qui font face à la réalité de notre monde.Peinture incisive de notre société, satire féroce, Le Placard s'inscrit dans la lignée des Temps Modernes de Chaplin. Drôle et mordant, mariant avec talent dérision, humour et tendresse, Kim Un-su donne au narrateur une distance particulière. On pensera aussi à Céline, peut-être et surtout à Voltaire et son Candide.Kim Un-su est né en 1972 à Busan, Corée du sud. Après des études de littérature coréenne à l'université Kyung Hee, il publie en 2003 son premier roman Quitter Vendredi, remarqué par la critique. En 2006 avec Le Placard il est le lauréat du prix Munhakdongne. Son dernier roman Les planificateurs a été publié en 2010.