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Saussure au futur
Rastier François
ENCRE MARINE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782350880921
Ce petit livre poursuit un but modeste : donner envie de lire ou de relire les écrits originaux de Saussure, pour mesurer la singularité de sa pensée. La découverte en 1996 de manuscrits inédits a favorisé un courant international de réflexion qui permet de réévaluer le statut et les perspectives de la linguistique, notamment dans ses rapports avec la sémiotique et les sciences de la culture. Les recherches de Saussure éclairent d'un jour nouveau les rapports entre le langage et la pensée, les signes et les objets culturels. Ainsi, elles revêtent une portée générale, qui intéresse la conception de la scientificité elle-même. Après la crise d'identité des sciences de la culture, elles aident à concevoir un projet refondateur. Ce livre entend prendre la mesure de cette situation nouvelle pour engager la réflexion à venir.
?Malgré son nazisme notoire, Heidegger passe toujours pour le plus grand philosophe contemporain et l'on invoque ses disciples et commentateurs juifs pour justifier ce préjugé et banaliser son antisémitisme. Cependant, la publication des premiers Cahiers noirs et leur réception internationale précisent un double projet : légitimer "philosophiquement" l'extermination historique des juifs et détruire le judaïsme de l'intérieur. Pour mettre en oeuvre ce programme, trois courants principaux se concilient à présent : l'extrême droite, le radicalisme révolutionnaire et l'islamisme. Outre un antisémitisme et un antijudaïsme diversement assumés, ils trouvent chez Heidegger et chez ses disciples un messianisme apocalyptique qui s'exprime à travers le thème du Dieu et une prophétie nostradamique : le philosophe pose au prophète de la fin du monde. L'irrationalisme est leur principale matrice et dessine un nazisme dépouillé des pesanteurs de l'hitlérisme mais farouchement opposé à l'Occident, à la technique et à la mondialisation. Enfin, comme Heidegger s'affirme comme un théoricien de l'identité ethnique et spirituelle, tous les courants identitaire, jusqu'aux populistes, peuvent s'appuyer sur lui. Ce livre est le premier en France à analyser cette situation nouvelle, alors que les traductions françaises des premiers Cahiers noirs ont été annoncées.
Résumé : Comment passer de la quantité (la mesure) à la qualité (le grain), bref, des méthodes quantitatives aux évaluations ? Informé par la linguistique de corpus, cet ouvrage aborde les problèmes philologiques et herméneutiques que pose l'étude des corpus numériques. Il s'attache ainsi à la typologie des genres et des discours, à la description de formes et de fonds sémantiques, au repérage de thèmes, à la caractérisation et à l'évolution de concepts, à l'étude des corrélations entre contenu et expression. Épistémologie, méthodologie, descriptions empiriques et applications vont ici de pair. Les analyses présentées décrivent des textes littéraires, philosophiques et scientifiques. Alors que les sciences de la culture font l'objet de nouvelles demandes sociales, la linguistique de corpus fait ses preuves en recherche d'information, en représentation des connaissances, en analyse de sites web : cet ouvrage présente et détaille des exemples d'applications.
Au début du XIXe siècle, l'Europe découvrit le bouddhisme, et bientôt les textes bouddhistes parurent mériter l'attention des philosophes, lesquels écrivirent et épiloguèrent sur le chemin bouddhique et son but ultime: le "nirvâna". Mais comme ils échouèrent à s'en faire une idée positive - car le "nirvâna" suppose l'expérience "sui generis" de la vie allégée de toute souffrance -, ils l'interprètent comme néant. Le bouddhisme était un nihilisme. Ainsi le voient Hegel, Cousin, Renan, Schopenhauer, Gobineau, et Nietzsche avec eux. Mais tandis que les uns (les chrétiens) s'offusquent d'une sagesse d'anéantissement, que d'autres, tel Schopenhauer, y voient avec faveur la confirmation de leur pessimisme, Nietzsche lui oppose une sagesse néo-païenne, dite "tragique". Si "tout est souffrance", comme le veut Bouddha, nier la souffrance, c'est nier la vie: la sagesse tragique implique la "volonté de souffrir", non, certes, que souffrir soit bon en soi, mais, parce que, sans la souffrance, rien de grand ne se fait.
Pour les philosophies théologisées, mixtes de religion et de philosophie, que sont les philosophies modernes, telles celles de Descartes, de Kant, de Hegel, et à l'exception de celle de Montaigne, l'aléatoire ne saurait être au coeur de la réalité puisque, pour l'être transcendant et omniconnaissant, Dieu, tout ce qui arrive et arrivera est de toute éternité, comme déjà arrivé. Si, au contraire, l'on revient à la philosophie libérée de la religion, c'est-à-dire à la manière grecque de philosopher, on est amené à ne pas limiter le champ de l'aléatoire à la zone humaine: on le voit au coeur de la réalité, c'est-à-dire au coeur des mondes innombrables qui s'inscrivent au sein de la Nature infinie elle-même, omnigénératrice et qui, comme le poète improvisant à mesure, avance dans l'incertain.
Toute ma philosophie a sa source dans mon coeur" écrit Vauvenargues ; et Auguste Comte affirme "la prépondérance du coeur sur l'esprit" et entend instaurer le "règne du coeur". De là, ces Conversations avec Vauvenargues, Auguste Comte et d'autres auteurs, autour de la notion de coeur - comme ce qui dans l'homme est le plus sensible à autrui, à sa peine, à sa souffrance - et autour de tous les sentiments ou vertus qui ont leur racine dans le coeur, telles que la fidélité, la gratitude, la ferveur, la pitié, la générosité, l'admiration, mais aussi et surtout l'amitié et l'amour.
Dans tous les pays du monde, lorsque le vigneron élève son vin dans une barrique, la porosité du bois qui en constitue les parois laisse s'évaporer une partie des liquides dans une proportion que l'on ne saurait négliger. On appelle cette évaporation: "la part des anges". Jour après jour, le paysan compense cette part des anges en ajoutant du vin. On appelle cette compensation: l'"ouillage". La plupart des grands vins qui réjouissent nos coeurs sont nés dans ces conditions. Une institution de soin, médico-sociale ou d'éducation, c'est un être vivant comme l'est aussi un vin. Ici les anges sont les rêves, et si les institutions écartent cette part du rêve, cette part offerte au rêve, elles s'étiolent, se referment, et ne produisent plus les effets escomptés. Ce rêve, c'est la régulation qui le fournit ou plutôt qui l'entretient. Si aucun régulateur ne vient plus accomplir cet ouillage dans le tonneau institutionnel, alors la pratique s'évente, s'aigrit, et finalement se mue en vinaigre. Pour vivre, une institution a besoin de cette part du rêve qui semble être une perte de prime abord; mais cette perte est indispensable, à l'instar des vins les plus précieux, pour lui assurer structure et qualité. Cette perte est en définitive un gain. Voilà l'état d'esprit qui m'a guidé pour écrire ce livre. J'ai voulu analyser les rouages de ce que l'on appelle régulation, supervision, ou encore analyse des pratiques selon deux points de vue différents: rendre compte d'une pratique d'une part, sans toutefois tomber dans la banalité du simple témoignage; et proposer des supports théoriques pour en éclairer les bases, pour tenter d'écrire les prémisses d'une théorie de la régulation.