Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
En finir avec le capitalisme thérapeutique. Soin, politique et communauté
Rafanell i Orra Josep ; Stengers Isabelle
EMPECHEURS
18,00 €
Épuisé
EAN :9782359250466
L'Etat demande de plus en plus aux psys et aux travailleurs sociaux d'être des auxiliaires de l'ordre, un ordre qui se fabrique en lien avec l'économie. Il n'est désormais question que de produire des individus motivés, capables de faire valoir leur singularité, pouvant être évalués: il faut les inciter à valoriser leur « capital » humain. La transformation touche autant ceux qui doivent être évalués que les évaluateurs eux-mêmes. Mais peut-on se contenter de dénoncer? Il faut d'abord « sentir » le désastre. On suivra ainsi l'auteur dans sa déambulation dans les lieux où il exerce: avec des usagers de cracks, dans des squats, dans une prison, avec les assistantes familiales de l'Aide sociale à l'enfance, avec les chômeurs en grève, avec les Roms expulsés. Au cours de cette déambulation on ne rencontre pas des individus paumés, désinsérés mais des personnes actives qui appartiennent à des collectifs. Ils doivent apprendre à faire face aux menaces permanentes de destruction que les « polices du social » font régner sur eux. Pour l'auteur qui a appris son métier de psychologue avec Tobie Nathan, ce sont ces collectifs qui permettent l'invention d'une « communisation » de l'expérience. Pour lui, il n'y a pas de thérapeutique possible sans de tels lieux, où se rencontrent les mondes des patients et les mondes des thérapeutes. Les thérapeutes ne peuvent pas rester neutres: ils sont amenés s'ils veulent faire leur travail, à s'engager dans une éthique de la relation qui oblige à la rupture politique avec un système qui intègre, neutralise ou subordonne les différences. La thérapeutique passe, au contraire, par la fabrication de tels lieux.
Il y a maintenant presque huit ans, je me suis retrouvée de façon inattendue éperdument amoureuse d'une chienne rouge piment que j'ai appelée Cayenne. " C'est en partant des gestes les plus ordinaires du quotidien et non pas de grands principes que Donna Haraway nous invite à penser notre relation aux espèces compagnes. Ces espèces avec lesquelles nous " partageons le pain ", depuis les micro-organismes qui nous peuplent jusqu'aux animaux de compagnie. Cet enchevêtrement nous conduit auprès de bouledogues français à Paris, à des projets concernant les prisonniers du Midwest, à des analyses coûts-bénéfices dans la culture marchande autour des chiens, à des souris de laboratoire et des projets de recherche en génétique, sur des terrains de baseball et d'agility, auprès de baleines munies de caméras au large de l'Alaska, sur des sites industriels d'élevage de poulets, etc. Il s'agit ici non pas de domestication, de contrôle ou de rachat de la dette mais de contact. Quelle est la valeur ajoutée du contact ? Que nous apprennent à sentir et à faire les " zones de contact " ? Loin de tout retour romantique à une rencontre sauvage, dénuée d'intérêts et de contamination biopolitique, prendre soin du contact entre espèces " entraîne " à un perpétuel zigzag entre ce qui nous affecte, nous rattache, nous rend interdépendants, simultanément robustes et vulnérables.
Depuis la terrible expérience du confinement, les Etats comme les individus cherchent tous comment se déconfiner, en espérant revenir aussi vite que possible au " monde d'avant " grâce à une " reprise " aussi rapide que possible. Mais il y a une autre façon de tirer les leçons de cette épreuve, en tout cas pour le bénéfice de ceux que l'on pourrait appeler les terrestres. Ceux-là se doutent qu'ils ne se déconfineront pas, d'autant que la crise sanitaire s'encastre dans une autre crise bien plus grave, celle imposée par le Nouveau Régime Climatique. Si nous en étions capables, l'apprentissage du confinement serait une chance à saisir : celle de comprendre enfin où nous habitons, dans quelle terre nous allons pouvoir enfin nous envelopper - ; à défaut de nous développer à l'ancienne ! Où suis-je ? fait assez logiquement suite au livre précédent, Où atterrir ? A Comment s'orienter en politique. Après avoir atterri, parfois violemment, il faut bien que les terrestres explorent le sol où ils vont désormais habiter et retrouvent le goût de la liberté et de l'émancipation mais autrement situées. Tel est l'objet de cet essai sous forme de courts chapitres dont chacun explore une figure possible de cette métaphysique du déconfinement à laquelle nous oblige l'étrange époque où nous vivons.
Résumé : A quelles conditions l'écologie, au lieu d'être un ensemble de mouvements parmi d'autres, pourrait-elle organiser la politique autour d'elle ? Peut-elle aspirer à définir l'horizon politique comme l'ont fait, à d'autres périodes, le libéralisme, puis les socialismes, le néolibéralisme et enfin, plus récemment, les partis illibéraux ou néofascistes dont l'ascendant ne cesse de croître ? Peut-elle apprendre de l'histoire sociale comment émergent les nouveaux mouvements politiques et comment ils gagnent la lutte pour les idées, bien avant de pouvoir traduire leurs avancées dans des partis et des élections ?
Bird Rose Deborah ; Courtois-l'Heureux Fleur ; van
Comment résister à la peur et à l'impuissance que provoquent aujourd'hui les extinctions de masse dans la grande " famille des vivants " ? Deborah Bird Rose nous propose ici de penser, sentir et imaginer à partir d'un terrain concret et situé : les manières de vivre et de mourir avec les chiens sauvages d'Australie, les dingos, cibles d'une féroce tentative d'éradication. En apprenant des pratiques aborigènes, de leurs manières de se connecter aux autres vivants, elle active une puissance que la Raison occidentale a dévolue aux seuls humains : l'amour. Que devient cette capacité de répondre à l'autre, cette responsabilité, quand elle s'adresse à tous les terrestres ? En s'attachant à des bribes d'histoires logées dans nos grands récits moraux et philosophiques, elle fait sentir que le non-humain continue d'insister silencieusement et que cet appel, perçu par Lévinas dans les yeux d'un chien rencontré dans un camp de prisonniers en Allemagne nazie, n'en a pas fini de nous saisir et de nous transformer. Il s'agit de faire sentir et aimer la fragilité des mondes qui se font et se défont, au sein desquels des vivants hurlent contre l'inexorable faillite, tressent des chants inoubliables. Les faits parlent d'eux-mêmes, disent parfois les scientifiques de laboratoire. Ici, ils nous parlent.
Avoir un vécu de migrante - Maroc et Algérie -, d'observatrice du Québec - j'y suis arrivée en 1990 - et de la France - où je vais souvent par plaisir comme pour affaires -, être par ailleurs une grande voyageuse me permettent de m'interroger sur le monde et les sociétés tels qu'ils sont. Sur la manière dont on voit la vie et dont on la vit, sur les enjeux brûlants d'actualité que sont la famille, l'immigration, la religion, la laïcité, la culture, la répartition de la richesse, l'éducation, les jeunes, la place des femmes, l'entreprise, etc. Autant de questions qui, à l'aune de mon expérience et de mes constats, m'interpellent. Cet essai en est la preuve, comme la réponse. Dans cet ouvrage, avec franchise, humilité, humour et, je pense, bon sens, je m'efforce de traiter sans faux-semblants les grands sujets qui concernent chacun, des thèmes au fil desquels une vérité s'impose : quelque part sur le chemin, nous avons abandonné l'essentiel, le contact humain. Et, pour le retrouver, puiser dans les coutumes, la culture, les habitudes des différents pays que je connais bien peut être une solution. A vous de le lire, de le voir, peut-être de l'appliquer. Car ces différences qui nous ressemblent sont aussi celles qui nous rassemblent". D. H.
Puis-je vous parler ?..." "Vous avez un peu de temps ?" ... Parler, se dire, est vital pour chacun. On ne se trouve vraiment qu'en parlant à un autre. Parler suppose donc d'être accueilli par quelqu'un qui se rend compte de ce qu'écouter veut dire. Ecouter, c'est se taire, ne pas juger, c'est accepter l'autre tel qu'il est, comme il est, différent de soi, sans pourtant se renier soi-même. C'est permettre à l'autre d'aller aussi loin qu'il veut, qu'il peut, dans l'expression de ce qu'il vit. Intervenir ? Oui, mais comment ? L'écoute ne s'improvise pas. Elle exige d'être réfléchie, travaillée, sans quoi l'autre très vite de parler retombe dans le silence. L'écoute est sans prix pour celui qui la pratique comme pour celui qui en bénéficie. Elle ouvre sur une richesse autre, sur le plaisir de l'échange, de la rencontre.
Un monde du travail toujours plus sélectif laisse souvent sur la touche les jeunes que la vie, en raison de difficultés ou d'échecs répétés, a rendus plus vulnérables. Comment, dès lors, les aider à mobiliser leurs ressources pour qu'ils reprennent confiance en eux et croient, à nouveau, en la possibilité d'apprendre un métier ? Un accompagnement individualisé peut, en fait, contribuer à les soutenir dans la définition et la concrétisation d'un projet de vie. Cet ouvrage est le résultat d'une étude effectuée en Suisse romande auprès de travailleurs sociaux spécialisés dans le domaine de l'insertion sociale et professionnelle. Il recense une quarantaine d'outils utilisés en entretien, ainsi que des propositions de résolution de situations concrètes illustrant les difficultés que rencontrent ces jeunes. Ces différents éléments sont ensuite discutés afin de mieux comprendre les caractéristiques de cette forme d'intervention. Les professionnels actifs dans l'insertion des jeunes adultes trouveront dans ce livre matière à alimenter leur réflexion sur leur propre pratique. Il s'adresse, plus généralement, à toute personne concernée par cette question sociale.
Je change de file est mon histoire. L'histoire d'une petite fille iranienne arrivée sans ses parents en France à l'âge de 10 ans. En 1979, il y a eu la révolution, en 1981, la guerre Iran-Irak. Je suis envoyée dans ce pays symbole de liberté, égalité, fraternité et laïcité avec mes deux grandes soeurs, ma tante et ma grand-mère. Mes parents sont restés là-bas, pour continuer à travailler et pour nous envoyer de l'argent, mais sans doute aussi parce qu'ils avaient compris qu'en quittant l'Iran ils n'y retourneraient pas de sitôt. Apprendre une langue, un peuple, un pays, ses droits, ses devoirs, sa mentalité. Apprendre avec les moyens du bord, avec les mimiques, les sons, l'école, la télévision et le mimétisme. Apprendre à ne pas se vexer, à encaisser les réflexions et les questions idiotes, mais apprendre avec les bienveillants aussi jusqu'à l'obtention du passeport français, celui-là même qui permet de changer de file à l'aéroport, passant de la file "All Passports" à la file "UE". Ce livre est une déclaration d'amour à ces deux pays. L'un m'a vu naître, l'autre m'a fait renaître."