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L'homme aux livres
Radford Daniel
PRESSES CHATELE
19,95 €
Épuisé
EAN :9782845923911
Extrait du prologueLa nuit est enfoncée dans mes yeux, une nuit épaisse qui pénètre mes orbites, elle s'étale de tout son long sur moi. La nuit et son étouffe-silence, pourtant si bien adaptée au peu de capacité que m'a laissé mon corps. La nuit s'engouffre, s'infiltre dans les mailles serrées de la moustiquaire, elle entre ici avec l'araignée de mes cauchemars. Mon ventre s'alourdit, le vent ne quitte plus mes organes et, malgré tout cet air qui me ballonne à me faire éclater, j'ai peur de rendre mon dernier souffle.Mon corps est las, il ne répond plus. Les yeux, la langue, la bouche, les mains, les seins, tout est répandu sur mon ventre; un bout de moi est si flasque qu'il est déjà mort. Je vis une mort en mitoyenneté, un crépuscule jour-nuit. Comme un gros cafard qui se serait brûlé une aile à la chaleur de la lampe et qui se débattrait maladroitement. Un soubresaut de vie, une métamorphose, voilà ce que je suis.Dans la pièce voisine, où vivait mon époux Rodolphe, sont exposées les photos de tous nos morts. Celle de Rodolphe, bien sûr, mais aussi celle de Bie, ma mère. C'est fou comme elle me ressemble: ce regard fixe et sévère, c'est tout moi. Pourtant, maman Bie était tendre et douce comme le sirop-batterie qui dégoulinait sur nos joues d'enfants. Paulette, ma fille, repose en son image! Paupau que je m'apprête à rejoindre, et Tonton Jean le libraire, hémiplégique pour l'éternité dans sa berceuse penchée. Ils sont vivants, mes morts, ils me parlent en couleur sépia. Dans le silence de mon corps tremblé, distendu, ils ont fait de mes nerfs leur maison. Ils me regardent en souriant ou me considèrent d'un air grondeur. Ils grimacent, peut-être me voient-ils me décomposer avec plaisir.Je suis morte, mais les vivants ne le savent pas encore. Et moi, j'ai des doutes.Je suis morte et pourtant, vivante, j'ai toujours pensé que les instants qui fécondaient l'éternité ne s'arrêteraient jamais. Je croyais aussi que la mort était ce point qui touche l'innommable, un passage insupportable qui réside dans la peur. Eh bien! figurez-vous qu'au moment fatidique, c'est l'araignée-pays qui me fit le plus d'effroi, celle qui guettait ma vie de l'autre côté de la moustiquaire distendue où je savais, pour l'avoir vu, qu'il existait un trou, celle qui me considérait, moi, ravet enfoncé dans mon lit en creux, comme une proie alléchante. J'avais tellement peur d'elle que je suis morte sans le savoir.Les photos de mes chers disparus se sont rapprochées. Oncle Guichard m'a dit: «Viens.» Papa Roro a rajeuni d'un coup dans son cadre et tapoté ma main: «Je suis venu te chercher.» Il souriait. Un brouhaha épouvantable dans ma maison, des cris, des voix, des rires, le coq chantait. Je ne sais pourquoi il était attaché à mon lit.C'est le tour de Paupau. Elle est femme maintenant. Je reconnais à peine son visage. Elle m'appelle «maman». C'est bien elle. Elle me dit des choses. J'ai peur. J'écoute à peine. L'araignée s'approche du trou dont elle détient encore le secret.
Et si Merlin avait eu une fille ? Wren est le fruit de sa passion d'un soir avec Deirdre, une grande prêtresse. Durant son enfance, elle accompagne Merlin sur les routes alors qu'il prépare l'avènement du roi Arthur. Mal mariée, devenue mère,Wren aura besoin de tout son savoir et de ses dons de prophétie pour survivre. Entre ses amours secrètes avec le roi, les manigances de la magicienne Morgane, soeur d'Arthur, et de Nimue, la belle-fille du roi, Wren a de quoi s'occuper. Pendant ce temps, les incursions des Saxons se font menaçantes dans le pays et la religion chrétienne supplante les vieilles valeurs...
Résumé : Le livre codirigé par Jill Radford et Diana E. H. Russell, intitulé en anglais Femicide. The Politics of Women Killing, n'a jamais été traduit en français. Dans le présent ouvrage, une sélection de textes choisis par Lydie Bodiou et Frédéric Chauvaud, co-auteurs à l'Université de Poitiers, de plusieurs livres depuis 2014 sur l'histoire et l'actualité du féminicide, est présentée aux lectrices et lecteurs d'aujourd'hui, trente ans après sa première parution. Depuis 1992 les idées figurant dans cet ouvrage collectif vont cheminer à un rythme lent, mais la notion neuve et ambitieuse de femicide ou de féminicide va transformer les perceptions et les analyses des violences faites aux femmes, dans le couple mais aussi dans l'espace public, obligeant à revisiter les brutalités du passé comme celles d'aujourd'hui que plus personne ne peut ignorer.
Angleterre, XIIIe siècle. A la cour de Jean-sans-Terre, Radburn Blakely déploie ses sombres maléfices pour s'emparer du trône. Dans ses veines coule le sang d'un démon. Qui pourrait contrecarrer ses plans, sinon Resmiranda, héritière d'une longue lignée qui remonte à Merlin et Arthur? Le duel sera sans merci. Pleine de fureur et de passion, la légende d'Excalibur traverse les âges: voici le second tome d'une fresque follement ambitieuse.
Résumé : Longtemps le mythe de la star s'est confondu avec le cinéma, et spécialement le cinéma hollywoodien. L'énumération en serait longue et prêterait sans doute à de nombreux oublis. Alors qui peut-on encore appeler aujourd'hui star et plus particulièrement légende ? Deux acteurs semblent encore répondre à ce qualificatif : Clint Eastwood et Robert Redford. Dans des styles très différents, tous deux ont su transcender leur propre image au point de rejoindre leurs glorieux aînés dans l'iconographie cinématographique. Le fait d'avoir mis en scène leur propre vision du monde contribue peut être à leur image de star du passé bien sûr, mais également à ce que devrait être une star d'aujourd'hui. La star se définit tant par sa dimension universelle qu'à travers ce qu'elle représente dans cette universalité qui doit répondre à l'attente du public. Homme de culture, de réflexion, défenseur de la nature, l'homme Redford est riche d'une personnalité hors du commun. Par la profusion de son cinéma et le regard qu'il porte sur la société américaine, il nous fait partager ses valeurs personnelles. Ses presque cinquante ans de carrière - de Butch Cassidy à L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux en passant par le Condor - laisseront encore longtemps dans l'histoire inachevée du cinéma une trace que l'on espère indélébile.
Durant les premières années d'un pontificat marqué par un retour à la simplicité, le pape François a surpris. Proche de tous, il n'hésite pas à adresser des remontrances aux puissants et parle sans détour... Limpidité, franchise et bienveillance caractérisent ses propos. Composés d'extraits de ses homélies à la maison Sainte-Marthe, ces Conseils pour une vie meilleure attestent de sa conviction : le bonheur peut se trouver à chaque instant, il dépend de notre conviction spirituelle. La joie est un attribut divin ; aussi, susciter l'enthousiasme autour de nous est-il essentiel à la foi. Par son regard lumineux sur de nombreux sujets de notre quotidien, François offre ici un plaidoyer pour une vie simple, à laquelle chacun est appelé avec ferveur. Des mots pour vivre plus heureux.
Au début de notre ère, le monde connaît l'un des événements majeurs de son histoire. Un homme, qui se fait appeler Jésus, prétend être le fils de Dieu ; il parcourt la Judée, en annonçant la "Bonne Nouvelle", et réalise des miracles. Les autorités juives le livrent aux Romains, Ponce Pilate le condamne à la crucifixion. Quelques jours après son exécution, ressuscité d'entre les morts, Jésus appelle ses anciens compagnons à poursuivre sa mission évangélique. Dès lors, malgré les persécutions, le nombre des chrétiens ne cesse de croître, jusqu'à la fondation de l'Eglise "catholique", c'est-à-dire "universelle", englobant toute chose et concernant toutes les formes de la vie. Bernard Baudouin présente l'histoire de l'Eglise catholique, son organisation autour de l'autorité du pape, sa doctrine, ses rites et ses pratiques cultuelles, les conflits liés à la Réforme et à la Contre-Réforme, ainsi que les rapports qu'elle entretient aujourd'hui avec les Eglises orthodoxe et protestante.
Alchimie du vivant, le tantrisme est une voie spirituelle héritée d'une longue tradition indienne, à la croisée de l'hindouisme et du bouddhisme. Le corps y est perçu comme le reflet du cosmos : il recèle tous les pouvoirs, tous les possibles, toutes les douleurs mais aussi tous les chemins menant à la délivrance. De sa naissance au sein du bouddhisme à l'affirmation d'une doctrine, le tantrisme, faisant du Vide l'essence de toute chose, a savamment mêlé symbolisme et rituels, ésotérisme et sexualité, offrant au mysticisme une dimension particulière. Egalement nommée "Véhicule de Diamant", la pratique spirituelle tantrique propose - grâce à la découverte d'un contact sensuel au monde - de raffiner les énergies qui animent l'être humain en le guidant sur le chemin d'une communion profonde avec la vie.
Morin Edgar ; Ramadan Tariq ; Du Bord Claude-Henry
Rencontre inattendue: le penseur de la complexité face au philosophe théologien réformateur. L?agnostique face au croyant. Le descendant de marranes face au fils d?exilés égyptiens. Le « fréquentable » Edgar Morin face à l?« infréquentable » Tariq Ramadan?Loin des clichés attachés à leurs noms, ce sont surtout deux intellectuels ancrés dans leur époque et dans leur culture, deux Européens déclarés qui cherchent ici une « Voie » commune, évoquent leurs années de formation et débattent, avec la complicité de Claude-Henry du Bord, sur l?éducation, les sciences, l?art, la laïcité, les droits des femmes et des minorités, le nouveau Moyen-Orient, le conflit israélo-palestinien, l?antisémitisme et l?islamophobie, la démocratie et le fondamentalisme, la mondialisation et le pardon?Deux conceptions du monde et de la foi, deux philosophies de vie qui ne demandent qu?à s?écouter.
Le roi Salomon suppliait l'Eternel de lui accorder un coeur intelligent. Au sortir d'un siècle ravagé par les méfaits conjoints de la bureaucratie, c'est-à-dire d'une intelligence purement fonctionnelle, et de l'idéologie, c'est-à-dire d'une senti-mentalité binaire indifférente à la singularité des destins individuels, à quelle instance adresser cette prière? Ce livre répond: à la littérature. Me fiant à mon émotion, j'ai choisi neuf titres:"La Plaisanterie"de Milan Kundera,"Tout passe"de Vassili Grossman,"Histoire d'un Allemand"de Sebastian Haffner,"Le Premier Homme"d'Albert Camus,"La Tache"de Philip Roth,"Lord Jim"de Joseph Conrad,"Les Carnets du sous-sol"de Fédor Dostoïevski,"Washington Square"de Henry James et"Le Festin de Babette"de Karen Blixen. Et je me suis efforcé de mettre dans mes lectures tout le sérieux, toute l'attention que requiert le déchiffrement des énigmes du monde". Alain Finkielkraut.
Je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité, si l'on peut ainsi dire. C'est à sa conquête que je vais, certain de n'y pas parvenir mais trop insoucieux de ma mort pour ne pas supputer un peu les joies d'une telle possession." Des projets et des promesses du premier Manifeste du surréalisme (1924) aux prises de position, politiques et polémiques, affirmées dans le Second Manifeste du surréalisme (1930), se dessine ici une théorie de l'expérience esthétique qui a bouleversé tous les domaines de la création au XXème siècle.
La lecture n'a pas toujours été une activité solitaire : elle s'est longtemps pratiquée à voix haute, de manière collective, et, partagée dans les salons ou les jardins, fut un élément majeur de la sociabilité. La lecture est une rencontre : entre un lecteur, un texte et un auteur ; mais aussi entre plusieurs lecteurs qui confrontent leurs interprétations. La frontière entre l'écrit et l'oral s'estompe : la lecture vocalise le texte écrit et le prolonge par la conversation, voire la relation amoureuse. Cette anthologie regroupe une soixantaine de textes (très connus comme rares, français et étrangers) illustrant les différentes manières de lire : les rapports à l'objet-livre, à l'activité de lecture (rêverie, réflexion, méditation...) et au corps du lecteur. Car le plaisir de lire n'est pas seulement intellectuel mais aussi sensuel. On passe progressivement d'une lecture sacrée à une lecture profane, et d'une lecture édifiante à une lecture dangereuse — celle des romans, longtemps accusés de favoriser le vice de la curiosité. A l'heure où la lecture subit de profondes mutations, ces textes sont autant de témoignages d'une activité qui traverse les siècles et questionne notre rapport à la tradition et à l'altérité.
Reid Martine ; Cerquiglini-Toulet Jacqueline ; Vie
Résumé : Résultat d'un travail collectif effectué par dix universitaires françaises et américaines pendant plusieurs années de recherches, cet ouvrage constitue le premier panorama à peu près complet des oeuvres de femmes en littérature, du moyen âge au XXIe siècle, en France et dans les pays francophones. Un tel panorama n'existait pas, les recherches dans ce domaine, aujourd'hui nombreuses en France comme à l'étranger, étant généralement ponctuelles et parcellaires, les quelques ouvrages sur le sujet anciens, et sensiblement moins ambitieux. Outil indispensable à la compréhension de la littérature pratiquée par les femmes et au rôle spécifique qu'elles y ont tenu au fil des siècles, les autrices se sont fixées pour objectifs de dresser l'inventaire des oeuvres publiées dans tous les genres existants (les découvertes dans ce domaine sont nombreuses : dès le moyen âge, c'est par dizaines qu'on compte les oeuvres de femmes en langue vernaculaire) ; accompagner les oeuvres de considérations d'ordre culturel (notamment sur l'histoire du livre et de l'édition) ; replacer ces productions non seulement dans l'histoire littéraire et l'histoire des femmes, mais aussi dans l'histoire des idées ; comprendre enfin la nature des difficultés spécifiques rencontrées par les autrices pendant des siècles et les raisons de leur oubli quasi général aujourd'hui, malgré les tentatives de redécouvertes opérées dans les années 1970. Pour la première fois, la présence continue de femmes en littérature pendant dix siècles, qui constitue l'une des singularités de la culture française, est illustrée par un nombre d'oeuvres aussi important que varié. L'ouvrage rend compte non seulement des productions dans les genres littéraires canoniques (poésie, théâtre, roman ? et, compte tenu du nombre toujours croissant de publications, se limite à ce seul genre à partir de 1914) mais aussi l'essai, la correspondance, le journal et l'autobiographie, le journalisme (à partir de la fin du XVIIe siècle), la littérature populaire et la littérature pour enfants ; la participation active des femmes à la vie littéraire de leur temps, leur présence dans les cours et couvents, les salons, cercles, groupes, réseaux et académies, est dûment répertoriée et le fonctionnement de ces formes spécifiques de sociabilité littéraire analysé. Cette synthèse invite à une réévaluation générale des oeuvres littéraires des hommes et des femmes, et à une autre appréhension de la littérature française et francophone, offrant un portrait plus juste d'une réalité où, pendant des siècles et jusqu'à aujourd'hui, hommes et femmes, ensemble et séparément, semblablement et différemment, n'ont pas cessé de créer, d'imaginer et de publier.